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VENDREDI 11 SEPTEMBRE 2026

Cette semaine dans la Gazette : Bianca Cappello, femme de pouvoir et son portrait par Alessandro Allori

« Il y a plus d’un roman moins étrange et moins curieux que cette histoire » écrit Alexandre Dumas en découvrant le destin de Bianca Cappello, ici portraiturée par Alessandro Allori. Entre l’éclat de sa parure, l’ivresse du pouvoir et l’ombre des secrets, son portrait semble prolonger le roman de son existence.
Par Carole Blumenfeld

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Dans la chambre du Cardinal, à la villa Médicis, Ferdinand, qui n’avait pas encore renoncé à la pourpre, fit représenter au plafond l’horoscope qu’une vieille femme avait dressé à sa naissance et qui avait tant alarmé son père, Cosme Ier.

Les astres annonçaient que, malgré l’existence d’un frère aîné et des fils que celui-ci engendrerait, le nouveau-né serait un jour appelé à régner sur la Toscane. La prophétie, toutefois, resta muette sur Bianca Cappello, dont le rôle fut pourtant décisif dans son accomplissement.

 
Alessandro Allori (1535-1607)
Portrait de Bianca Cappello
Panneau de peuplier
86 x 68,5 cm.
Estimation : 200 000 - 300 000 €

Une héroïne d’Alexandre Dumas

Il existe nombre de portraits de Bianca Cappello. Le plus sensible demeure peut-être celui qu’Alexandre Dumas traça dans Une année à Florence. Il la dépeint à l’âge de 15 ou 16 ans, « au teint blanc et mat, sur lequel, à toute émotion, le sang passait comme un nuage rosé ; aux cheveux de ce blond puissant dont Raphaël venait de faire une beauté, aux yeux noirs et pleins de flamme, à la taille souple et flexible, mais de cette souplesse et de cette flexibilité qu’on sent pleine de force, toute prête à l’amour comme Juliette, et qui n’attendait que le moment où quelque beau Roméo se trouverait sur son chemin pour dire comme la jeune fille de Vérone : “Je serai à toi ou à la tombe.” »

La belle Vénitienne, issue d’une famille patricienne, s’enfuit avec Pietro Bonaventuri, jeune homme de modeste condition attaché à la maison des Salviati, qu’elle épousa au terme d’une liaison longtemps tenue secrète. Sa rencontre avec François Ier de Médicis fut ensuite aussi romanesque qu’Alexandre Dumas pouvait le souhaiter. Tandis que Bianca régnait sur le cœur du prince, son épouse légitime s’effaçait dans l’ombre : « La pauvre Jeanne d’Autriche, de son côté, n’était pas heureuse : elle était grande-duchesse de nom, mais Bianca Cappello l’était de fait. » Après la mort de Jeanne d’Autriche, Bianca le devint en titre.

 

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