Calendrier des ventes
VENDREDI 20 NOVEMBRE 2026

La vie est belle : Collection Lorenz Bäumer

L a maison Giquello est heureuse d’annoncer la vente de la collection Lorenz Bäumer, qui se tiendra à l’Hôtel Drouot le 20 novembre 2026. Organisée en deux chapitres, cette vacation dévoile un univers singulier, à la croisée de ses propres créations et des œuvres qui nourrissent son imaginaire.
Au cœur de cet ensemble, une fascination pour la matière, le jeu des textures et le dialogue inattendu entre les matériaux. Amateur éclairé de design et de sculpture, Lorenz Bäumer réunit avec une liberté toute personnelle les sculptures d’Alexandre Noll, le mobilier de Hubert Le Gall, l’orfèvrerie de Gustave Keller ou encore les photographies de Vik Muniz. De ce rapprochement d’œuvres et d’objets naît un véritable cabinet de curiosités, affranchi de toute hiérarchie, où les époques, les disciplines et les sensibilités se répondent. Chaque pièce y porte la trace d’une rencontre, d’un voyage, d’une émotion ou d’une conversation, composant peu à peu le portrait intime d’un regard.

« J’aime m’entourer d’objets dans lesquels on vit et, surtout, qui sont comme une collection de sources d’inspiration… »

Chez Lorenz Bäumer, l’appartement devient l’écrin d’un éclectisme assumé, où la beauté ne se soumet à aucune règle et où la curiosité guide les choix. Plus qu’un ensemble constitué, sa collection est une histoire de sensibilités et de rencontres, faite d’attachements spontanés et de découvertes inattendues. « Je n’ai jamais vraiment choisi les objets. Ce sont eux qui m’ont choisi. Certains m’ont parlé, d’autres m’ont ému ; tous, à leur manière, m’ont donné du bonheur. »

Créations


Plusieurs aquarelles de Lorenz Bäumer témoignent d’une pratique artistique plus intime, affranchie de l’univers de la joaillerie : Idole, 2023 (estimation : 500/1 000 €), et Cairn, 2024 (estimation : 1 000/2 000 €), révèlent un autre versant de sa sensibilité, où le geste et la pensée se prolongent sur le papier. À propos de Cairn, il livre dans le catalogue une formule aussi concise qu’évocatrice : « Le Cairn, marqueur de vie ».
 
Lorenz Bäumer
Idole, 2023
Aquarelle sur papier, signée et datée 30 VI 23
25 x 18 cm
Estimation : 500 - 1 000 €

Pour la couverture du catalogue, Lorenz Bäumer a choisi La Vie est Belle, une sculpture réalisée en 2019 par Valentine Herrenschmidt. La sculptrice décrit cette œuvre comme « une écriture sculpturale aux pleins et déliés subtils, où la maîtrise du geste, héritée de Calder, s’allie à la précision des techniques de bijouterie. Par son caractère unique et son exécution virtuose, cette œuvre affirme une présence singulière et intemporelle. » Un choix qui fait écho au goût de Lorenz Bäumer pour les œuvres où la liberté du geste rencontre la maîtrise de la matière (estimation : 800/1 200 €).

Inspirations


Le second volet de la vente offre un panorama particulièrement éclectique des goûts de Lorenz Bäumer et des amitiés artistiques qu’il a tissées au fil des années. Des créations contemporaines aux pièces du XIXe siècle, en passant par les grands noms de l’Art déco et les arts décoratifs du début du XXe siècle, cet ensemble traverse les époques et les disciplines avec une liberté de choix remarquable : photographies, sculptures, mobilier, luminaires, objets d’art et pièces d’orfèvrerie s’y côtoient sans souci de hiérarchie ni de frontières stylistiques. Une même curiosité semble relier ces œuvres : l’attention portée à la matière, l’inventivité des formes et la singularité du geste artistique. Plus qu’une collection organisée selon une chronologie ou un mouvement, cet ensemble compose ainsi un portrait sensible de Lorenz Bäumer, où les coups de cœur, les rencontres et les affinités esthétiques priment sur toute volonté de classement.

Parmi les artistes contemporains qui occupent une place particulière dans cet univers, Vik Muniz figure au premier rang avec une photographie Vase blanc avec fleurs, d'après Odilon Redon (série Pictures of Magazine, Still life), 2004 (10 000/15 000 €).
 
Vik Muniz
Vase blanc avec fleurs, d’après Odilon Redon
(série Pictures of Magazine, Still life), 2004
Photographie C-Print, édition 6/6
252 x 180 cm
Estimation : 10 000 - 15 000 €


Leur amitié est née à la fin des années 1990. C’est à cette époque que Lorenz Bäumer découvre, au Museum of Modern Art à New York, sa reproduction en sirop de chocolat du célèbre portrait de Jackson Pollock réalisé par Hans Namuth. Vik Muniz est un magicien de l’image, un illusionniste qui utilise des matériaux inattendus (jouets, poussières, caviar, cendres, détritus, sauce tomate…) pour reconstruire des images souvent inscrites dans notre mémoire collective, les mettant ensuite à distance en les photographiant.

Parmi les artistes contemporains dont Lorenz Bäumer connaît particulièrement bien le travail, Hubert Le Gall occupe une place singulière. Le designer français a notamment imaginé des espaces et du mobilier pour l’univers du joaillier, à l’instar de sa boutique de Doha, au Qatar, inspirée de la place Vendôme et ponctuée de touches poétiques et minérales.

La vente réunit plusieurs de ses créations, dont une paire de bouts de canapé associant un plateau datant des années 1920 à des pieds contemporains (estimation : 6 000/8 000 €), ainsi que le fauteuil Pénélope et Argos, créé en 2020, dont le dossier se compose de volutes en fer forgé patiné doré (estimation : 8 000/12 000 €).
 
Hubert Le Gall & Lesage Intérieurs
Fauteuil «Pénélope et Argos», modèle créé en 2020,
en fer forgé patiné doré
Signé et numéroté 5/8
H. 144 cm - L. 95 cm - P. 94 cm
Estimation : 8 000 - 12 000 €


Le goût de Lorenz Bäumer pour les formes sculpturales et les matériaux expressifs se retrouve également dans l’œuvre de Yonel Lebovici, artiste inclassable dont la démarche, résolument affranchie du fonctionnalisme, privilégie la recherche formelle et esthétique. Le travail de l’acier, allié à une véritable inventivité mécanique, confère à ses créations une présence singulière. En témoignent la lampe de table Pantographe, modèle créé en 1972, en acier nickelé (estimation : 8 000/12 000 €), ou encore la lampe Satellite, conçue en 1969, composée de trois disques mobiles en méthacrylate transparent sur un socle en acier chromé (estimation : 4 000/6 000 €) - un modèle similaire est conservé au musée des Arts décoratifs à Paris.

Cette attention portée à la matière trouve un autre écho, plus organique, dans les sculptures d’Alexandre Noll, autre artiste cher à Lorenz Bäumer. Comme lui, Noll explore les propriétés des matériaux et la diversité de leurs expressions, en privilégiant notamment les essences de bois les plus variées, des plus précieuses aux plus rustiques. Par la taille directe, il révèle les lignes et les nuances propres à chaque matière, qu’il transforme en formes libres aux accents presque archaïques. La vente présente plusieurs exemples de ce travail, parmi lesquels un vide-poches en ébène (estimation : 3 000/5 000 €), une coupe (estimation : 2 500/3 500 €) et Tête, une sculpture en ébène à corps ovalisé (estimation : 30 000/50 000 €).
 
Alexandre Noll
Tête
Sculpture en ébène en taille directe
Signée
H. 35 cm
Estimation : 30 000 - 50 000 €


Du bois sculpté aux courbes du mobilier, la collection témoigne d’un intérêt constant pour les formes qui conjuguent recherche esthétique et intelligence de la matière. La chaise longue Flugstol, créée en 2004 par Erling Christoffersen, en offre une autre illustration. Ses deux lames de teck courbé dessinent une silhouette épurée, où la souplesse du bois devient le principe même de la composition (estimation : 8 000/10 000 €).

Cet intérêt pour les matériaux et les alliances inédites se prolonge dans les arts décoratifs de l’entre-deux-guerres, avec un remarquable vase-aquarium lumineux conçu vers 1935 par Edgar Brandt (1880-1960) et Georges Bastard (1881-1939). Cette création Art déco témoigne de la complémentarité entre la force expressive du métal et la finesse du travail céramique. Les deux artistes avaient déjà collaboré à la création de vases destinés au paquebot Normandie, réalisés en métal chromé et ornés du sigle de la Compagnie générale transatlantique, dont différentes versions prenaient place dans le hall-galerie et les cabines de première classe. Il s’agit de la seconde collaboration connue entre les deux artistes. Le vase-aquarium fait dialoguer la puissance du ferronnier Edgar Brandt avec la sensibilité décorative de Georges Bastard (8 000/12 000 €).
 
Edgar Brandt & Georges Bastard
Vase-aquarium
métal chromé et ivoire
Signé
Estimation : 8 000 - 12 000 €


Le parcours remonte ensuite au tournant du XXe siècle avec une paire d’aiguières en argent signées Gustave Keller, dont le modèle, créé vers 1900, se distingue par son corps galbé et son anse latérale détachée (estimation : 6 000/8 000 €). Un modèle similaire fut présenté à l’Exposition Universelle de Paris en 1900 ; il est aujourd’hui conservé au musée d’Orsay. À travers cette pièce d’orfèvrerie, c’est une autre expression du travail de la matière qui se dessine, fondée sur l’élégance de la ligne et la maîtrise de l’exécution.

Enfin, la collection s’ouvre sur le XIXe siècle avec une monumentale jardinière d’époque Napoléon III, en bois richement sculpté et redoré. Portée par deux bustes de femmes ailées, enveloppées de feuillages et terminées en enroulement, cette pièce spectaculaire illustre le goût de l’époque pour les compositions ornementales ambitieuses (estimation : 3 000/5 000 €).

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