Dans l’un de ses carnets, Jean Hélion raconte une nuit de déambulation de 1925, durant laquelle il rapporta des Halles une citrouille. La fascination fut grande, notamment lorsque, s’armant d’une hache de cuisine, il l’éventra.
Néanmoins, il fallut attendre la fin des années 1940 pour que cette cucurbitacée, emblématique de la saison automnale et symbole dionysiaque, ne devienne la protagoniste de ses tableaux. Sa couleur solaire, ses formes complexes et sculpturales ainsi que sa chair filandreuse en font un fruit particulièrement vivant et charnel, mais aussi un champ de recherches formelles idéal.
En 1957-1958, Hélion peint une série de scènes d’intérieur, des portraits de sa femme Pegeen, mais aussi des natures mortes à l’image de La Citrouille à l’atelier.
Ses dernières compositions abstraites remontent alors à 1939 : dans les années 1940, il a amorcé un retour à une figuration encore cubisante avant d’atteindre dans la décennie qui nous occupe une plus grande liberté, presque expressionniste.
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