Cette vacation mettra notamment à l’honneur un important ensemble de jades chinois, des porcelaines de Sèvres issues du précieux Déjeuner de l’Éloge de la Rose offert par Louis-Philippe au Shah de Perse, ainsi qu’un remarquable groupe de laques japonaises maki-e, illustrant le raffinement des arts décoratifs d’Orient et d’Occident.
Au coeur de cet ensemble figure un ensemble de douze jades chinois (lots 337 à 348), témoignant de la place exceptionnelle occupée par cette pierre dans la culture impériale chinoise. Considéré depuis des siècles comme le symbole des vertus confucéennes — bonté, sagesse, courage, rectitude et pureté —, le jade constitue l’un des matériaux les plus prestigieux de l’art chinois. Cet ensemble prend une résonance particulière sous le règne de l’empereur Qianlong (1736-1795), véritable âge d’or du travail du jade, marqué par un goût prononcé pour les pierres dures et les objets de collection raffinés.
Sept des douze objets en jade qui seront dispersé à Drouot.
Au premier plan, un lave-pinceau, une boïte et une plaque de ruyi devant un groupe
sur un bateau.
À l'arrière-plan, deux brûles-parfums et un pique-cierge
Parmi ces pièces se distingue un rare pique-cierge en jade céladon d’époque Qianlong (lot 341, estimation : 30 000 – 50 000 €), directement associé au cérémonial de la cour impériale et utilisé lors des célébrations du Nouvel An par l’empereur Qianlong lui-même. Seuls deux exemplaires comparables sont aujourd’hui connus : le premier conservé au National Palace Museum de Taipei, le deuxième au Palace Museum de Pékin.
La vente réunira également plusieurs œuvres remarquables de la peinture et des arts décoratifs européens. Une tapisserie flamande vers 1500 représentant le Meurtre du duc Louis d’Orléans le 23 novembre 1407 (lot 352, estimation : 10 000 – 15 000 €) évoque l’un des épisodes fondateurs de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Elle côtoie deux volets de retable figurant Sainte Véronique et Sainte Marie-Madeleine réalisés vers 1530 (lot 17, estimation : 15 000 – 20 000 €), dont les faces intérieures et extérieures semblent avoir été confiées à deux artistes distincts, l’un maniériste anversois, l’autre probablement allemand.
École anversoise vers 1530, entourage du maître de 1518 (volets intérieurs)
Deux volets de retable Sainte Véronique et Sainte Marie-Madeleine
Estimation : 15 000 - 20 000 €
Du côté des œuvres sur papier, deux rares portraits de Louis Carrogis de Carmontelle, conservés dans la descendance des modèles depuis leur création au XVIIIe siècle (lots 53 et 54), dialoguent avec un ensemble de quatre Caprices vénitiens de Giacomo Guardi, héritier de la grande tradition védutiste vénitienne (lot 124, estimation : 15 000 – 20 000 €).
Les arts décoratifs occupent également une place importante avec un service exceptionnel de porcelaines de Sèvres (lots 105 à 109) provenant du prestigieux Déjeuner de l’Éloge de la Rose, offert par ordre du roi Louis-Philippe au Shah de Perse. Leur décor associe des rosiers à des portraits en camée d’écrivains ayant célébré la rose dans leurs œuvres, illustrant le goût romantique du XIXe siècle pour l’allégorie florale et les arts de la table. Enfin, un important groupe de boîtes et pots à thé en laque japonaise maki-e (lots 293 à 336) témoigne du raffinement de cet art des « images saupoudrées », où poudres d’or et d’argent composent des décors d’une extraordinaire délicatesse.
Le déjeuner de l'Éloge de la Rose, Manufacture de Sèvres
Service comprenant un pot à lait, une théière, une tasse et un pot à sucre
Époque Louis-Philippe, année 1832