Avec sa structure de maillons ajourés, son travail de sculpture de l’or parfaitement maîtrisé, l’emploi d’une pierre précieuse traitée en grand cabochon et son vocabulaire décoratif de têtes de créatures fantastiques, ce bracelet est immédiatement reconnaissable : il s’agit d’une création de Louis Wièse, réalisée vers 1890.
Le bijoutier est issu d’une famille de joailliers berlinois venus s’installer à Paris. On parle souvent des ébénistes allemands ayant migré dans la capitale française au XVIIIe siècle et qui y ont totalement renouvelé le mobilier : il faut compter également avec les bijoutiers ! Son père, Jules (1818-1890), y a posé ses outils en 1839.
Formé chez François-Désiré Froment-Meurice, avant d’en devenir le principal fournisseur, il livre des créations d’orfèvrerie et des bijoux au degré d’inventivité n’ayant d’égal que celui de leur technicité. Ces pièces, pleinement en phase avec l’opulence décorative du second Empire, valent à son atelier de prospérer, de compter jusqu’à vingt-cinq ouvriers et de recevoir des médailles lors des expositions universelles de Paris (1855) et de Londres (1862). Louis est donc à très bonne école, et démarre en reprenant certains modèles.
Mais à jeune pousse talentueuse il faut plus d’innovation, et très vite, alors que son père cesse d’exercer en 1880 et lui passe la main, il inscrit son prénom dans cette belle lignée.
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