Si le découvreur d’Aix-en-Provence auquel nous devons le Visage d’un jeune saint d’Antonello de Messine (voir Gazette n° 13) avait tenu secrète cette première découverte connue par le seul Michel Laclotte, il avait en revanche fait le choix de partager La Bataille des Amazones avec la communauté scientifique et le public.
En publiant cet inédit à l’occasion de l’exposition « Rubens. A Master in the Making » à Londres en 2005, David Jaffé ne cachait pas son enthousiasme : « Il semble presque possible de percevoir les cris jaillissant des bouches ouvertes, ainsi que le fracas des sonneries de trompette, tandis que chevaux et cavaliers viennent s’empaler sur la phalange descendante des lances. »
Le conservateur de la National Gallery s’émerveillait du « passage juste au-dessus du cheval blessé situé dans l’angle inférieur gauche, un passage particulièrement séduisant de jaunes et de roses – les deux jets de sang de l’animal évoquant la Bataille du pont Milvius de l’atelier de Raphaël. La palette confère à la scène une qualité onirique, en dépit de la présence macabre de têtes tranchées et de corps empalés. » De même, il considérait comme l’un des passages les plus accomplis « le cheval cabré à l’extrême droite, dont la croupe légèrement pommelée se distingue avec délicatesse, ainsi que le tapis de selle en peau de léopard ; l’on remarque encore la file de soldats qui serpente à l’arrière-plan, comme déjà happée – presque engloutie – par la poussière qu’elle soulève. »
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