Upcoming auctions
TUESDAY, JUNE 16, 2026

Rubens & Antonello Da Messina : Deux chefs-d'œuvre de la Renaissance et du Baroque

L a maison Ader dévoile deux peintures majeures de la Renaissance italienne et de l’art baroque. Découvertes dans une collection privée, elles sont de la main d’Antonello da Messina et Pierre-Paul Rubens. Ces deux œuvres inédites apparaitront pour la première fois en vente publique le 16 juin à l’Hôtel Drouot.
Le premier tableau, un portrait de Saint peint sur panneau par Antonello da Messina vers 1476-1477 au moment de son retour en Sicile, est une véritable découverte de la main du grand technicien de la Renaissance italienne (estimation : 1 - 2 millions €). Le second, La bataille des Amazones, est une œuvre de jeunesse, peinte vers 1603-1606 par le maître de la peinture Baroque, Pierre-Paul Rubens (estimation : 2 – 3 millions €). La trace de cette scène puissante avait été perdue depuis le XVIIe siècle avant d’être retrouvée par David Jaffé, ancien conservateur à la National Gallery de Londres, en 2005.

Antonello Da Messina - Une oeuvre rare rejoint un corpus de seulement 40 tableaux

Antonello da Messina
Visage d’un jeune saint (fragment), 1476-1477.
Panneau de pin, une planche, non parqueté
Hauteur : 30 cm ; Largeur : 21,5 cm ; Epaisseur : 2,9 cm
Estimation :  1 – 2 millions €

Antonello da Messina est un mythe de l’art occidental. Au même titre que Léonard de Vinci ou Vermeer, il est connu pour un nombre très restreint d’images fortes et célèbres. Seulement une quarantaine de ses tableaux nous sont parvenus, dont une quinzaine de portraits iconiques et vingt-cinq sujets religieux. La découverte de cette peinture est donc un ajout essentiel au corpus de l’artiste.

Antonello da Messina est reconnu comme celui qui a introduit la pratique de la peinture à l’huile en Italie, et pour avoir réalisé un pont entre la tradition réaliste de Van Eyck et Petrus Christus en Flandres et la première Renaissance italienne.

L’intelligence d’Antonello lui a permis d’assimiler des influences diverses : la maitrise technique nordique, la spatialité florentine, la lumière douce de Piero della Francesca, ou son dialogue avec Giovanni Bellini lors de son séjour vénitien. Tout cela fait de son œuvre la quintessence de l’art du Quattrocento, juste avant que Léonard de Vinci ne pousse encore plus loin ses découvertes.

Ces caractéristiques se retrouvent dans ce panneau inédit :  un visage en un volume géométrique de forme ovoïde, la frontalité de la figure, parfois enrichie d’une très légère rotation mettant en valeur le visage et ses particularités, le fond or et la forme des poinçons du nimbe qui sont comparables à certaines de ses œuvres encore conservées en Sicile, notamment au Jésus enfant du polyptyque de Saint Grégoire (Musée régional de Messine, vers 1472-1475).  

L’œuvre partage aussi de nombreux éléments avec ses chefs-d’œuvre universellement connus peints lors de son séjour à Venise: Le Condottiere (musée du Louvre) et surtout le retable de San Cassiano (Vienne, Kunsthistorisches Museum), où les visages se superposent presque.

En l’absence d’un attribut précis, il est difficile d’identifier le personnage, qui était certainement un religieux ou un saint. Il est possible que cette peinture ait constitué le panneau central d’un étendard de procession (gonfalone) - on sait qu’à son retour en Sicile, Antonello en a réalisé plusieurs pour les églises de Catane.

Une oeuvre de jeunesse puissante chez Rubens

Pierre Paul Rubens (Siegen, 1577 - Anvers, 1640)
La bataille des Amazones, vers 1603-1606
Toile
Hauteur : 89 cm, Largeur : 135,5 cm
Estimation :  2 – 3 millions €
(détail - oeuvre complète page suivante)
 
Dès sa jeunesse, Rubens a peint d’ambitieuses compositions tirées de l’Antiquité grecque et romaine. Mêlant plusieurs dizaines de figures nues et habillées, en mouvement, preuve d’une ambition et d’une virtuosité précoce assez surprenante. Celui de la bataille des Amazones l’a tout particulièrement intéressé puisqu’il l’a traité à plusieurs reprises. Une première fois à Anvers, en collaboration avec Jan I Brueghel (Postdam, château de Sanssouci) vers 1597-1598, celle proposée par la maison Ader date de son séjour à Mantoue vers 1603-1606, puis encore dans une célèbre version tourbillonnante en 1618 (Munich, Alte Pinakothek).

Entre les deux premiers tableaux de jeunesse, la composition a été totalement révisée. Rubens opte pour un paysage plus italianisant, avec une grande attention portée au jeu de la poussière montante et de la lumière du soleil scintillant à travers les nuages. Le pont en arc, déplacé de la droite vers la gauche, mis en valeur, préludant à tout un ballet de lances qui hachent le second plan. Comme une vague géante, la cavalerie grecque déferle sur le rivage, écrasant tout sur son passage.

Au travers un prétexte mythologique, Rubens peint une scène de bataille à son paroxysme, sujet de prédilection à la Renaissance. Malgré l’horreur des têtes tranchées et des corps empalés, la palette confère à la scène une dimension onirique. On peut presque entendre les cris s’échappant des bouches béantes et le fracas des trompettes, tandis que chevaux et cavaliers sont décimés par la phalange descendante de lances.

Ce tableau constitue un puzzle de motifs que Rubens emprunte à l’art classique et à la Renaissance, en particulier aux sculptures à l’instar du groupe d’Hercule luttant avec deux femmes qui rappelle celui du Laocoon ; le cheval cabré de profil à l’extrême gauche fait lui écho à celui des Dioscures de Monte Cavallo, à Rome ; les chevaux reprennent le motif central de La Bataille d’Anghiari de Léonard de Vinci et la composition d’ensemble et d’autres détails font référence à La Bataille de Constantin contre Maxence (La Bataille du Pont Milvius) de Raphaël au Vatican ainsi qu’à La Bataille de Spolète de Titien perdue. 

Nommé en 1603 peintre de la cour par l’important mécène et collectionneur Vincent de Gonzague, Rubens réalise alors ses premiers grands chefs-d’œuvre intégrant toute sa culture gréco-romaine dépassant les compositions de la Renaissance et du Maniérisme. 

L’artiste exprime une fluidité de mouvement ainsi qu’un enchaînement tourbillonnant des groupes qui appartient pleinement au Baroque dont ce tableau est l’une des premières expressions.  Rubens trouve déjà son style personnel qu’il va développer tout au long de sa carrière et qui influencera la peinture européenne pendant des siècles.

 
Tableaux anciens - Arts Décoratifs
live June 16 | 02:30 PM

Tableaux anciens - Arts Décoratifs

Ader
Hôtel Drouot - Salle 9, Paris

evenement from 28 October to 9 November 2026

Nouveau Regard : Une sélection d'œuvres par Judith Touitou

evenement from 31 October to 11 December 2026

Un Samedi à Drouot | Découvrez l’univers fascinant des enchères

annonce 29 October 2026

Une œuvre inédite d’Anna-Eva Bergman en vente à Drouot

app icon