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VENDREDI 27 MARS 2026

Cette semaine dans la Gazette : La jardinière d’Eugénie, une porcelaine de Sèvres impériale

A lliant sobriété et raffinement, cette jardinière en porcelaine de Sèvres, livrée en 1866 sur ordre de l’impératrice, constitue un remarquable témoignage du goût de la dernière souveraine des Français.
Par Christophe Provot

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Le 11 juillet 1920, l’impératrice Eugénie s’éteignait à Madrid, à l’âge de 94 ans. Celle qui fut certainement la personnalité la plus controversée – et la plus méjugée – du second Empire avait fini ses jours entre la France, l’Espagne et l’Angleterre, où elle vivait en exil dans sa demeure de Farnborough Hill dans le Hampshire, entourée d’innombrables objets et reliques. Cette jardinière en faisait partie. Sa réapparition sur le marché presque cent ans après sa première vente, le 7 juillet 1927 chez Christie’s Londres, consécutive à la disparition du prince Victor Napoléon (1862-1926), offre une rare occasion de découvrir un objet ayant appartenu à Eugénie.
 


 
Manufacture impériale de Sèvres, second Empire
Jardinière de l’impératrice Eugénie, vers 1866
De forme ovale « Louis XV » en porcelaine dure, reposant sur deux pieds en bronze doré
52,5 x 79 x 39 cm.
Estimation : 40 000/60 000 €



« L’impératrice l’a acquise en 1866 et l’a fait livrer, avec son pendant disparu, pour son hôtel particulier de la rue de l’Élysée, explique l’expert Maxime Charron. Il ne s’agit pas d’une commande directe, mais il est probable que la souveraine l’ait vue au magasin de Sèvres et ait souhaité l’acheter ». En effet, la jardinière ne possède pas la fameuse marque au « N » couronné, attestant d'une commande impériale, du fait de l'absence de dorures et de décor peint. 

« Elle a certainement été montrée à l’Exposition universelle de 1867 à Paris, comme le prouvent les gravures de l’époque. Mais elle n’était pas exposée sur le stand de la manufacture, ce qui signifie qu’elle était prêtée directement par l’impératrice ».  Celle-ci avait présenté pour l'occasion « ving et une pièces d'art contemporain français », c'est-à-dire réalisées après 1855, dont plusieurs porcelaines illustrant les progrès techniques de la manufacture impériale. Sous Napoléon III, cette dernière bénéficie des sollicitudes du couple impérial, qui visite régulièrement les lieux – leur domaine de Saint-Cloud étant tout proche. 

Eugénie, en protectrice des arts, favorise les innovations mises en place à Sèvres tout au long du régime. Dès ses débuts, le second Empire souhaite rompre du point de vue artistique avec la période antérieure.

 

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