Délaissant les charmes rustiques de Crozant, Armand Guillaumin pose cette fois son chevalet sur les bords de Seine pour saisir ce paysage fluvial où de légers nuages roses se reflètent à la surface de l’eau. La lumière de la fin du jour s’y fragmente en larges touches juxtaposées, emblématiques de la technique du postimpressionniste, et préfigurant l’avènement tout proche du fauvisme… Cette toile a été peinte vers 1900 à Samois, village situé à six kilomètres de Fontainebleau et qui aura été l’un des lieux d’inspiration favoris pour les artistes parisiens en rupture avec l’art conventionnel.
Formant une petite communauté mouvante, s’y succèdent pour travailler sur le motif Berthe Morisot, Odilon Redon, Paul Signac, Albert Marquet ou encore Maurice Utrillo. Armand Guillaumin, lui, s’y rend à de nombreuses reprises dès la fin des années 1890, réalisant plusieurs paysages qui adoptent ce même titre, La Seine à Samois, ainsi qu’un cadrage identique laissant apercevoir au loin les maisons du Bas-Samois. Parmi ces tableaux, citons celui conservé au MuMa du Havre, animé de deux personnages (1898), tandis qu’un deuxième (vers 1902, ancienne collection Durand-Ruel) figure au catalogue raisonné établi par Georges Serret et Dominique Fabiani sous le no 551. .
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