Exécutée à la plume, encre noire et aquarelle, cette œuvre provenant de l’ancienne collection C. du Soulier avait été redécouverte lors d’un inventaire et conservée dans la même famille par descendance. Le motif des chevaux, central dans l’œuvre de Théodore Géricault, trouve ici une expression d’une intensité singulière. Deux chevaux en liberté se détachent dans un paysage nocturne, près de deux arbres, sous un ciel aux nuages sombres. La lumière subtile et la palette bleutée confèrent à la scène une atmosphère empreinte de romantisme et d’une troublante étrangeté.
Cette étude est à rapprocher du tableau conservé au Musée des Beaux-Arts de Dijon, également intitulé Chevaux au pâturage, ainsi que de la lithographie Chevaux flamands datée de 1822. Si l’on observe des variations dans la position de l’encolure du cheval blanc – redressée dans le dessin, abaissée dans le tableau et la lithographie – ainsi que dans le traitement des arbres, la parenté iconographique demeure manifeste.
Figure majeure du romantisme français, admirateur d’Ingres et de Raphaël avant de s’imposer comme chef de file d’une nouvelle sensibilité picturale, Géricault incarne les tensions de son époque. Auteur du célèbre Radeau de la Méduse, présenté au Salon de 1819, il ne connaîtra pas de son vivant la pleine reconnaissance de son œuvre. Ses chevaux fougueux, ses lions majestueux et ses portraits puissants continuent aujourd’hui de susciter l’enthousiasme des collectionneurs, comme en témoigne ce résultat spectaculaire.