Calendrier des ventes
DIMANCHE 1 FÉVRIER 2026

Février à Drouot : un mois d’explorations et de découvertes

D e l’audace du design postmoderne aux trésors méconnus des cabinets de curiosités, en passant par les secrets de Triqueti ou la bohème de Montparnasse, l’Hôtel Drouot vous invite en février à un voyage à travers l’art et l’histoire.
Sous le signe de l’éclectisme, le mois de février à l’Hôtel Drouot débute par le design deux vacations, avec la vente ULTRA 80 de la maison Baron Reverdito, puis la vente Collections Modernes par l’étude Leducq.  Le 12 février propose un double rendez-vous : l'immersion dans l’univers du sculpteur Henry de Triqueti avec la maison Ader, ainsi qu’une exploration scientifique et insolite à travers le cabinet de curiosités d’Euvrard & Fabre. 

Le lendemain, 13 février, la maison Coutau-Bégarie fait revivre la bohème de Montparnasse grâce au fonds Thérèse Hummel et ses souvenirs de Modigliani ou Picasso.  Les découvertes se poursuivent le 17 février chez Villemur.art avec de l’orfèvrerie rennaise et un dessin inédit de Géricault, pour s’achever le 18 février par la dispersion de la collection Guy Loudmer chez Auction Art Rémy Le Fur & Associés, mêlant art moderne et arts premiers.
 

Deux audacieuses ventes de Design

Baron Reverdito - ULTRA 80 - From Sottsass to Starck | 10 février 2026
Leducq - Collections Modernes | 12 février 2026
 
Philippe Hiquily (1925-2013)
Table de salle à manger modulable dite « Tables design », modèle créé en 1968
Estimation : 40 000 - 60 000 €
(Collections Modernes - Leducq)
 
Icônes des 1980s
La maison Baron Reverdito propose  pour sa part une vacation consacrée au design postmoderne européen, issue de la collection d’un amateur exigeant. Près de cent pièces iconiques montrent comment le design s’émancipe du fonctionnalisme pour raconter des histoires. Philippe Starck occupe une place centrale, avec des créations de sa période 1980-1990, issues de commandes historiques pour l’hôtel Sanderson (Fauteuil Swann, (estimation : 800 - 1 200 €) ou le fauteuil J Lang (estimation : 1 200 - 1 800 €), conçu pour le ministère de la Culture.

La sélection inclut également des œuvres de Borek Šípek, aux formes organiques et accents baroques comme un prototype de sa Steltman Chair (estimation: 3 000 € - 5 000 €), et des pièces d’Enzo Mari, Nathalie Du Pasquier ou Ron Arad, témoignant du laboratoire créatif que fut cette période. Le Groupe Xylos, plus confidentiel, est représenté par la table Gerris (estimation : 3 000 - 4 000 €) et le bahut Janus (estimation : 8 000 - 12 000 €) en loupe de peuplier, incarnant un artisanat d’exception. 

Le meilleur du design français

Les designers français seront à l’honneur lors de la vente Collections Modernes proposée par Leducq le 12 février. La pièce phare est une tableude salle à manger modulable dite «Table Design» de Philippe Hiquily, estimée 40 000 - 60 000 €. Créée en 1968, ce modèle massif en acier est composé de seize éléments triangulaires ajustés formant un plateau aux angles en pans coupés.

Autre pièce de mobilier notable, un important bureau en placage de sycomore et poirier par Michel Dufet, est à rapprocher d’un bureau présenté par le designer au salon d’Automne de 1928 à Paris (estimation : 30 000 - 40 000 €). On retiendra enfin un lampadaire épuré, modèle Cerf Volant, de Pierre Guariche, vers 1952 (estimation : 7 000 - 9 000 €), et une ingénieuse applique murale téléscopique de Robert Mathieu, vers 1952 également, estimée 6 000 - 8 0000 €. 
 

Ader | Triqueti intime

12 février 2026 
 
Henri de Triqueti
Projet de décor pour la chapelle Wolsey 
Nathanaël sous le figuier, 1866
Aquarelle gouachée sur traits de crayon noir
rehauts de dorée
Estimation : 12 000 - 15 000€
 
Le 12 février 2026, la maison Ader dispersera aux enchères la Collection Triqueti, conservée au château du Perthuis, dans le Loiret depuis le XIXe siècle. Cet ensemble rare réunit sculptures, dessins, modèles, archives et objets personnels ayant appartenu au baron Henry de Triqueti (1803–1874) et à sa fille Blanche (1837-1886). Plus qu’un panorama de son oeuvre, cette vente donne accès à un versant intime de son parcours, entre atelier, sphère familiale et réseaux européens.
 
Un artiste cosmopolite

Le parcours de Triqueti se déploie à l’échelle européenne. Formé et reconnu en France, il y reçoit rapidement des commandes majeures (portes de la Madeleine, gisant du duc d’Orléans). Le groupe en ivoire La Miséricorde divine accueillant le Repentir (estimation : 50 000 - 80 000 €) est un témoignage majeur de son talent de sculpteur, qui sut séduire ses contemporains. Son oeuvre prend une dimension nouvelle grâce à ses relations étroites avec la cour britannique, qui lui valent le surnom de « sculpteur des princes». Le grand chantier de Windsor, auquel il consacre les dix dernières années de sa vie, marque l’aboutissement de cette reconnaissance.

Windsor, le coeur du parcours

La chapelle Wolsey de Windsor devient le point de convergence de toute une vie de recherche. Pour ce décor monumental, Triqueti développe une technique qu’il adapte et pousse au plus loin : la tarsia de marbre, cherchant à unir sculpture et peinture sur une même surface. Le chantier mobilise ses connaissances, son sens du dessin et son goût pour les programmes symboliques complexe, comme en témoigne le projet de décor représentant Nathanaël sous le figuier (Estimation : 12 000 - 15 000€)

Les femmes autour de Triqueti

Les femmes occupent une place déterminante dans la vie de l’artiste. Sa mère veille à son éducation et à sa foi. Sa fille Blanche, à la vie à la fois mondaine et romanesque, proche de Pierre Loti et Salomon Reinach, prolonge l’héritage paternel. La princesse Victoria, elle-même artiste, est le soutien constant son oeuvre. Et enfin Susan Durant, élève puis collaboratrice, tient un rôle central durant les années de Windsor. La venteprésente plusieurs oeuvres de Susan Durant, notamment un superbe buste en marbre blanc, intitulé Ruth, 1869 (image de bannière - estimation : 40 000 € - 60 000€). 
 

Euvrard & Fabre | Cabinet de Curiosités

12 février 2026
Buffet d’orgue ou sablier double en bronze ciselé à décor floral
France - Milieu du XVIIe siècle
Estimation :  8 000 - 10 000€
 
Sur deux après-midis, cette vente invite à une traversée fascinante des siècles et des disciplines, dans l’esprit des cabinets de curiosités d’antan. Ici, l’étonnement est roi et les estimations s’étirent de 50 € à 20 000 €, dans une succession de lots aussi savants qu’insolites.

Fossiles, météorite et trésors lointains

La première session s’ouvre avec une sélection d’objets mêlant sciences naturelles, arts anciens et curiosités historiques. Parmi les pièces phares, une spectaculaire tranche de météorite Alétaï (10 000 – 20 000 €) dévoile la structure interne de ce fragment céleste dans toute sa complexité. 

Le voyage se poursuit à travers les âges avec une plaque fossile de Diplomystus dentatus de la formation de Green River, datant de l’Éocène (2 700 – 3 000 €), deux narigueras en or de la culture tayrona (IXe–XVIe siècle), proposées ensemble (2 000 – 3 000 €), ou encore une délicate maquette de trois-mâts du XIXe siècle sculptée dans le bois (1 800 – 2 500 €).

Naturalia et objets insolites

Le lendemain met à l’honneur les merveilles du monde naturel, avec une impressionnante dent de narval de 225 cm pour 6,7 kg, datant de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle (5 000 – 7 000 €), et une branche de corail rouge de Méditerranée sur son substrat (3 000 – 5 000 €). 

La vente s’achève sur deux pièces singulières: une machine pédagogique conçue par George Atwood en 1884 pour l’étude de la chute des corps (3 000 – 5 000 €) et un étonnant cercueil miniature de Nuremberg du XVIIIe siècle renfermant un corps en cire, estimé 6 000 – 8 000 €.
 

Coutau-Bégarie | Provenances et Collections

13 février
Thérèse Hummel
Baigneuse
Huile sur toile signée et datée en bas à droite 47
Estimation :  80 - 120 €
 

Le fonds de l’artiste Thérèse Hummel fait revivre la bohème de Montparnasse pendant les Années folles, en offrant un regard intime et résolument féminin sur cette période mythique..  

Une bohème au féminin

Issue de la bourgeoisie parisienne, Thérèse Hummel entre à l’Académie de la Grande Chaumière, où elle rencontre Jeanne Hébuterne, future compagne de Modigliani. Autour d’elles se forme bientôt une sororité artistique réunissant Loulou Hummel, Chana Orloff, Renée Kisling et Germaine Taillefer, dessinant les contours d’une communauté de créatrices luttant pour s’imposer dans un monde encore largement dominé par les hommes.

Créer malgré les obstacles

Complices et solidaires, ces femmes affrontent un monde artistique qui leur est encore largement fermé. Thérèse poursuit une carrière discrète, et continue de créer, comme le montrent les oeuvres présentées, de paysages urbains parisiens (Le jardin du Luxembourg, estimation 200 - 300 €), aux portraits (Portrait de George Olive enfant, estimation : 150 - 200€) ou aux nus (Nus féminins, estimation : 100 - 200 €). Ce fonds révèle aussiles liens profonds qui unissaient artistes, modèles et amis au cœur de Montparnasse.

Jeanne Hébuterne, Loulou et les amitiés fidèles

Parmi les pièces majeures figurent quatre dessins attribués à Jeanne Hébuterne représentant Loulou, sœur et modèle flamboyante de Thérèse. Ils constituent un témoignage exceptionnel de la complicité artistique entre ces jeunes artistes, à l’image de Nu de dos, les bras derrière la tête (estimation : 1 000 - 1 500 €) ou Nu debout de face regardant de côté et les bras derrière la tête (estimation : 1 000 - 2 000 €). On compte aussi un large ensemble de photos et de correspondance.

Modigliani et Picasso, témoins d’un cercle intime

Le fonds comprend également deux dessins de Modigliani (dont Portrait d’homme au noeud papillon, estimation : 5 000 - 7 000 €) et une remarquable feuille de Pablo Picasso, (Nature morte cubiste à la bouteille « Wisky Black and Wite », estimation : 4 000 - 6 000 €) dédicacée à la famille Hummel, accompagnée d’une affichette parodique rare. Au-delà des signatures, c’est l’esprit d’amitié, de liberté et d’émulation créative qui se dégage de cet ensemble, restituant avec justesse l’âme vibrante du Montparnasse des Années folles. 
 

Villemur.art | Mobilier et Objets d’Art 

17 février 2026

Théodore Géricault (1791-1824)
Chevaux au pâturage, ou le cheval baie et le cheval blanc
Plume, encre noire et aquarelle
Estimation : 20 000 - 30 000 €

 

La maison Villemur Art présentera prochainement à l’Hôtel Drouot deux découvertes majeures issues de collections privées.

L’orfèvrerie rennaise à l’honneur 

Une paire de saupoudroirs à sucre en argent, réalisée par l’orfèvre Jean Roysard (reçu maître en 1709), constitue un témoignage exceptionnel de l’art de vivre sous Louis XIV. Ces pièces de forme balustre, ornées de godrons et de feuilles lancéolées, sont d’une insigne rareté, les paires de cette époque ayant souvent été fondues lors de la guerre de Sept Ans ou de la Révolution (estimation : 30 000 € - 50 000 €) La présence d’une tête de Maure sur les armoiries suggère un lien direct avec les armateurs bretons enrichis par le commerce du sucre, denrée de prestige au XVIIIe siècle.

Un Géricault inédit 

La vente dévoile également un dessin inédit signé du peintre romantique français, Théodore Géricault. Intitulé Chevaux au pâturage ou le cheval baie et le cheval blanc, ce dessin à la plume, encre noire et aquarelle provient de l’Ancienne collection C. du Soulier. Découverte lors d’un inventaire, cette aquarelle a été conservée au sein de la même famille transmise par descendance jusqu’à ce jour.

Centrée sur les animaux, la scène est illuminée par un éclairage subtil, et les nuages sombres font de ce décor champêtre une œuvre éminemment romantique. (estimation : 20 000 - 30 000 €). Insaisissable et pourtant connu de tous, admirateur d’Ingres et de Raphaël avant d’être nommé chef de file de l’école romantique, Géricault est l’homme des contraires. Pleuré par une large proportion d’artistes après sa mort, les éloges se multiplient : regretté par Delacroix, « homme de talent » selon Balzac, le peintre n’a jamais été témoin de son succès. 
 

Auction Art Rémy le Fur & Associés | Collection Guy Loudmer

18 février 2026

Alexander Calder 
Sans titre
Gouache sur papier signée, datée et dédicacée.
Estimation : 30 000 - 40 000€
 

La maison Auction Art Rémy Le Fur & Associés dispersera le mercredi 18 février 2026, à l’Hôtel Drouot, la collection constituée par Guy Loudmer. Réunissant 189 lots d’art moderne et d’arts d’Afrique et d’Océanie, cet ensemble reflète le regard d’un commissaire-priseur qui, pendant plusieurs décennies, a marqué la scène parisienne du marché de l’art.

Un œil averti sur l’art moderne et les arts premiers

Guy Loudmer se distingue par sa curiosité pour des artistes et des courants encore peu valorisés. Il a contribué à les exposer et à les faire dialoguer, bouleversant les usages des ventes aux enchères avec des formats innovants, des ventes hors les murs et des expériences internationales. Selon Rémy Le Fur, « son œil fulgurant et son goût affirmé pour l’Art Moderne et pour les Arts d’Afrique et d’Océanie ont offert une visibilité nouvelle à ces œuvres, galvanisant les salles avec une présence incomparable ».

Des chefs-d’œuvre du XXe siècle

La collection rassemble des œuvres des plus grands artistes du XXe et XXIe siècle : Calder, Tàpies, Buffet, Richier, Tal-Coat, Ben, Arman, Léger ou Ernst, aux côtés d’objets d’art d’Afrique et d’Océanie. Parmi les lots phares, une gouache d’Alexander Calder (30 000 - 40 000 €), dédiée à Guy Loudmer, illustre ses liens avec les créateurs majeurs de son temps. Un dessin de Fernand Léger (10 000 - 15 000 €) et un lévrier en plâtre signé Rembrandt Bugatti (8 000 - 12 000 €) complètent cette sélection exceptionnelle.

Une passion pour les arts d’Afrique et d’Océanie

Les cinquante lots consacrés aux arts premiers témoignent de la finesse du regard de Guy Loudmer. On y retrouve un tambour polychrome Iatmul du fleuve Sepik (5 000 - 6 000 €), un rare cimier issu des collections Nico Mazaraki et Geneviève Gallibert (12 000 - 15 000 €), un grand appui-nuque des Iles Fidji (3 000 - 5 000 €) et un Épi de faîtage Kanak à l’expression farouche (6 000 - 8 000 €), chacun illustrant la qualité et la diversité d’une collection unique.


 

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