Calendrier des ventes
LUNDI 1 DÉCEMBRE 2025

En décembre à Drouot

D écembre s’annonce foisonnant à Drouot, avec une série de ventes qui déroulent, chacune à leur manière, un pan entier de l’histoire de l’art et du goût français. Du retour spectaculaire de deux sculptures inconnues de Falconet à la redécouverte d’un Renoir spolié, des détours sentimentaux de Picabia aux boîtes espiègles de Line Vautrin, jusqu’à un sac "Birkin" chargé de souvenirs et l’unique nature morte de François Boucher ou encore un spectaculaire bureau en acier de Ben Swildens : c’est tout un paysage artistique — du XVIIIᵉ siècle à nos icônes contemporaines — qui se dévoile, jalonné de chefs-d’œuvre, d’histoires oubliées et de pièces inédites. Un riche calendrier de l'avent, à l’image de ce que décembre réserve chaque année aux fidèles amateurs de l'Hôtel Drouot.

Villanfray Pommery | Vente Cataloguée - Successions & à Divers

3 décembre 

Etienne-Maurice Falconet (1716-1791) 
La Chasse et La Pêche 
Modèles originaux créés pour la manufacture de Sèvres en 1758
Deux sculptures de décor de parc en pierre formant pendants
Signé et daté « F. Fyt 1780 » sur la Pêche 
Estimation : 80.000 – 100.000€


Achevées en 1780, peu après le retour d’Étienne-Maurice Falconet de Russie, La Chasse et La Pêche réapparaissent aujourd’hui comme deux sculptures monumentales d’une rare importance. Bien que dérivées de modèles créés pour Sèvres en 1758, elles n’avaient jamais été recensées dans le catalogue raisonné de l’artiste. Leur attribution a été confirmée par un texte inédit de l’historien Louis Réau, conservé au musée du Louvre.

Des compositions galantes et dynamiques
Les groupes, sculptés en pierre, déclinent les allégories de la chasse et de la pêche à travers des nymphes graciles et des putti joueurs. Falconet y déploie son vocabulaire caractéristique : silhouettes allongées, drapées à l’antique, composition tournante offrant une multitude de points de vue.  L’esprit rococo y demeure, mais déjà tempéré par les prémices du néoclassicisme.

Aux origines : Sèvres, 1758
Les sculptures reprennent, à grande échelle, deux modèles conçus à l’origine pour la Manufacture royale de Sèvres. Pensées pour les fastes des surtouts de table, ces compositions comptent parmi les œuvres qui ont assis la renommée de Falconet, alors soutenu par Madame de Pompadour et influencé par l’univers gracieux de François Boucher.

Un projet monumental achevé au retour de Russie
De retour en France après douze années au service de Catherine II – période durant laquelle il conçoit notamment le célèbre Cavalier de bronze –, Falconet reprend plusieurs chantiers laissés en suspens. L’inscription « 1780 » portée sur le groupe de la Pêche confirme que ces œuvres s’inscrivent dans ce moment charnière de sa carrière.

Une esthétique nouvelle pour la statuaire de jardin
Conçues pour un décor de parc, La Chasse et La Pêche rompent avec la tradition baroque encore dominante chez les sculpteurs de l’époque. Falconet privilégie des scènes apaisées, horizontales, pensées pour dialoguer subtilement avec le paysage. Leur composition innovante, intime et raffinée, préfigure une nouvelle manière de concevoir la sculpture de plein air.

Provenance et redécouverte
Ces sculptures, témoins du passage de Falconet du rococo à un néoclassicisme plus sobre, ne figuraient pas dans le catalogue établi par Louis Réau en 1922. L’historien les identifia ensuite sur la Côte d’Azur et leur consacra un tapuscrit aujourd’hui conservé au Louvre. Leur parcours a depuis été partiellement reconstitué : visibles vers 1922 à la villa Fantasia d’Èze, puis passées dans la collection d’Antenor Patiño, elles ont successivement orné le château de Rubelles et le domaine de Sandricourt.
 



Giquello | Antique et Classique

5 décembre 

Pierre-Auguste Renoir
Laveuse, circa 1916 
Huile sur toile, porte le cachet de la signature en bas à droite 
H. 30 - L. 35 cm 
Estimation : 220.000 - 300.000€


La maison Giquello mettra en vente le 5 décembre à l’Hôtel Drouot un tableau majeur de Pierre-Auguste Renoir provenant de l’ancienne collection Alfred Weinberger, dont les œuvres avaient été saisies pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette nouvelle mise en vente intervient après la restitution de l’œuvre à ses ayants droit.

Des œuvres saisies et un collectionneur contraint à l’exil
Alfred Weinberger, expert et marchand d’art reconnu, né le 7 avril 1887 à Losoncz en Hongrie, réside à Paris depuis de nombreuses années lorsqu’il doit fuir la capitale pour se réfugier à Aix-les-Bains au début de l’Occupation. Avant son départ, il prend soin de déposer plusieurs tableaux, dont cinq Renoir, à la banque Morgan & Cie à Paris, pensant les mettre en sécurité. Malgré ces précautions, les autorités nazies s’en emparent peu de temps après.

Les tableaux saisis sont inventoriés par l’Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), puis déposés au Jeu de Paume le 4 décembre 1941, avant leur transfert vers l’Allemagne. Bruno Lohse, l’expert nazi responsable des opérations, a confirmé avoir inventorié ces tableaux, et leur transfert en Allemagne en 1942, sur ordre de Göring.

Laveuse de Renoir appartenait à Alfred Weinberger depuis 1925, comme l’atteste une lettre de la galerie Renou & Poyet (12 mai 1958), et provenait de la succession de l’artiste. Paysage avec pommiers et femme (31×31), figure dans les archives photographiques de l’ERR, conservées au Bundesarchiv de Coblence (Wbg 124). Il est répertorié après-guerre dans le Répertoire des biens spoliés en France (n° 6396) au nom de Weinberger.

Une découverte qui éclaire l’histoire du tableau
Le tableau, mis en vente publique une première fois en mai 2023*, a été découvert dans un inventaire de succession réalisé par la maison Giquello. Acquise de bonne foi par une collectionneuse dans les années 1980 auprès de la galerie Segoura, l’œuvre disposait de toutes les certifications usuelles : certificat Wildenstein et licence de libre circulation de la Direction des Musées de France. 

C’est pourtant l’adjudicataire de 2023 qui découvre, en consultant les archives, la trace de sa spoliation. La maison Giquello annule aussitôt la vente et engage une procédure avec un cabinet allemand spécialisé, menant à la restitution de l’œuvre aux héritiers Weinberger. Ces derniers ont ensuite choisi de lui confier à nouveau sa mise en vente, qui aura lieu à Drouot le 5 décembre.
 



Tessier & Sarrou | XXe siècle

5 décembre 

Francis Picabia
Sans titre, circa 1942
Huile sur carton contrecollé sur panneau, signé en bas à gauche
106,5 x 76 cm
Estimation : 200 000 - 300 000 €
 

La maison Tessier – Sarrou présentera le 5 décembre à l’Hôtel Drouot une œuvre majeure de Francis Picabia, conservée dans la même collection depuis 1942. Le collectionneur l’avait acquise lors d’une vente organisée par la Croix Rouge aux bénéfices des soldats Américains à Alger en 1942.

Picabia à Golfe-Juan : un tournant stylistique
En 1940, fuyant Paris et l’Occupation, Francis Picabia s’installe à Golfe-Juan, sur la Côte d’Azur. L’artiste, qui fut l’une des figures majeures du mouvement dadaïste, entame alors une période singulière et déroutante de sa carrière. Dans ce climat de guerre et d’isolement, il délaisse les expérimentations abstraites et les provocations conceptuelles qui avaient fait sa renommée pour se tourner vers une peinture figurative, souvent d’un réalisme ambigu.  Il se consacre à la création de grandes toiles représentant des scènes pastorales et paysannes, des nus, ou encore des figures sentimentales.

La «période sentimentale», entre pastiche et ambiguïté
Il peint des femmes idéalisées et des couples, comme des refuges dans un monde chaotique, tout en gardant une distance critique. Inspirées de photographies de magazines populaires (Mon Paris, Paris Magazine etc…), de charme et de calendriers. 
Loin d’un simple retour à la tradition, cette production témoigne d’un détournement ironique de l’imagerie populaire. Les modèles, souvent copiés sans dissimulation, sont recomposés avec une touche lisse et artificielle, donnant à ces tableaux une atmosphère à la fois séduisante et inquiétante.
Cette «période des transparences réalistes» ou «période sentimentale», selon les termes employés par les critiques, marque une rupture avec le langage avant-gardiste de ses années dada. Pourtant, derrière cette apparente soumission au goût du public, Picabia poursuit son travail de subversion: il brouille les frontières entre art noble et culture de masse, entre sincérité et pastiche, entre beauté et kitsch.

Une œuvre charnière dans l’histoire du modernisme
Ces œuvres, longtemps incomprises, seront redécouvertes à partir des années 1970 et reconnues aujourd’hui comme une étape essentielle de son œuvre, anticipant les réflexions de l’art appropriationniste, héritier rebelle tant du dadaïsme que du pop art,  et le postmoderne. 
À Golfe-Juan, dans le calme trompeur du Midi, Picabia aura donc continué, sous d’autres formes, à interroger le sens même de la peinture et de l’image. 
 



DIGARD AUCTION | Line Vautrin Exclusive

9 décembre 

Line Vautrin
Boite ‘La pêche aux poissons’ - unique dans sa couleur, c. 1980
Boite en bronze doré partiellement émaillé intégrant un pilulier amovible,
signée Line Vautrin au revers, monogrammé LV au verso du pilulier
Estimation :  10 000 - 15 000€
 

Commencée il y a plus de trente ans, cette collection unique de 83 boîtes en bronze doré par Line Vautrin (1913-1997) constitue à ce jour l’une des plus importantes jamais présentées aux enchères. 
Réunissant des pièces emblématiques, parfois rarissimes, estimées entre 2000 a 15 000 €, elle offre un nouveau regard sur le travail de la créatrice française, célèbre pour ses « miroirs sorcière » et pour un univers où le jeu, la poésie et le mystère s’entrelacent.

Poésie, rébus et secrets
Chaque boîte recèle un secret caché sous son couvercle, invariablement scellé de liège. Inspirée par les rébus, les jeux de mots, les silhouettes découpées et les images incrustées, la collection reflète l’imaginaire poétique et ludique de Line Vautrin : « Un monde enfantin, espiègle et spontané », selon Karine Rapinat, présidente de la dotation Line Vautrin.
Le catalogue met notamment en lumière plusieurs pièces emblématiques, parmi lesquelles La pêche aux poissons (lot 46 - illustré à droite), Je t’aime aujourd’hui plus qu’hier et moins que demain (lot 38 - est. 8 000 - 12 000 €), ou encore la boîte Tapisserie (lot 28 - est. 5 000 -  7 000 €), pièce unique, qui illustrent l’inventivité narrative et la finesse de son travail.

Un art entre tradition et modernité
Line Vautrin puise dans la culture française du Moyen Âge à la Renaissance, les mythologies occidentales et orientales, et rend hommage à la littérature et à la poésie. Ses créations évoquent Pierre Ronsard, Guillaume Apollinaire ou encore les cosmogonies chrétiennes (Prière de saint François d’Assise) et combinent humour, ironie et élégance. 

Une créatrice singulière et visionnaire
Artiste indépendante, féministe et innovante, Line Vautrin a produit un corpus singulier, mêlant minimalisme et ornements, poésie et humour, art noble et culture populaire. 
Elle a dirigé son atelier avec jusqu’à 50 ouvrières, créant ses modèles en plâtre avant de les faire fondre en bronze. Longtemps marginale, son œuvre est aujourd’hui reconnue comme une étape clé des arts décoratifs français, préfigurant des dialogues entre art, bijou et ornementation
 



Pescheteau-Badin | Objets d’Art & d’Ameublement

11-12 décembre 

François Boucher 
Nature morte au vanneau huppé et au combattant varié, vers 1745
Huile sur toie, 45 x 33.7cm
Signée en bas à gauche : f.Boucher
Estimation :  100 000 - 150 000€

La maison de vente Pescheteau-Badin présente le 12 décembre 2025 à Drouot une découverte majeure qui bouleverse notre connaissance de François Boucher : Nature morte au vanneau huppé et au combattant varié, seule nature morte connue de l’artiste.  

La seule nature morte connue de François Boucher aux enchères
Cette œuvre inédite, qui n’a jamais été présentée sur le marché de l’art ni aux enchères, révèle pour la première fois une facette totalement méconnue du peintre du roi : sa pratique quotidienne de la nature morte. 

Une oeuvre unique dans le corpus du peintre
Cette nature morte constitue un ajout important à l’œuvre peint de François Boucher. C’est un sujet unique dans le corpus du maître. On y ressent l’influence des maîtres nordiques du XVIIe siècle, qui avaient beaucoup inspiré François Boucher dix ans auparavant. 

L’influence d’Oudry et de l’art cynégétique
Ces sujets de natures mortes liés à la chasse évoquent aussitôt Jean-Baptiste Oudry, peintre de cour du Roi. Ce dernier entretient une relation étroite avec le jeune François Boucher de vingt ans son cadet. Le présent tableau témoigne de la maîtrise de l’artiste dans cet exercice, peu représenté aujourd’hui dans son œuvre, et suggère également que ce genre de trophée de chasse pouvait lui être commandé par un amateur. 
La signature de l’artiste, discrète mais apposée en pleine matière, semble en effet indiquer une commande et non un simple exercice, malgré la simplicité du sujet.

François Boucher : au-delà du rocaille
Peintre du roi et directeur de l’Académie royale, François Boucher incarne l’art français du XVIIIe siècle. Élève de François Lemoyne, prix de Rome en 1723, il développe un style gracieux et sensuel qui séduit l’aristocratie de son temps.

Premier peintre de Madame de Pompadour, il excelle dans les scènes galantes, la mythologie et les pastorales qui définissent l’esthétique rocaille. Son influence s’étend bien au-delà de la peinture : cartons de tapisseries, décors d’opéra, arts décoratifs. Maître de Fragonard et de nombreux artistes de sa génération, Boucher règne sur l’art parisien pendant près de quarante ans. 
Cette nature morte révèle une facette inconnue de son génie : loin des bergeries idylliques et des Vénus poudrées, elle témoigne de sa rigueur technique et de sa discipline quotidienne dans un genre qu’il pratique assidûment mais n’expose jamais. 
 

Orne Enchères | Icône(s)

15 décembre

Hermès Paris
Sac Hermès Modèle Birkin 35 
En cuir Box noir, garniture en métal doré
Estimation :  100 000 - 120 000€


La maison Orne Enchères mettra en vente à l’Hôtel Drouot l’un des premiers sacs offerts par la maison Hermès à Jane Birkin mis en vente par Gabrielle Crawford, meilleure amie et biographe de l’artiste, pour aider à financer la future fondation Jane Birkin (estimation : 100 000 – 120 000€). 
Appartenant également à Gabrielle Crawford, le tapuscrit original en anglais du film culte Je t’aime moi non plus annoté par Serge Gainsbourg et Jane Birkin sera également mis en vente au profit de la future fondation (estimation : 15 000 – 18 000€).

Un sac unique confié à son « ange Gabrielle »
Si Jane Birkin avait donné plusieurs de ses sacs au profit de ventes aux enchères caritatives, elle n’avait pas souhaité céder celui qui était probablement son sac préféré. Aussi l’avait-elle confié aux bons soins de sa meilleure amie Gabrielle, celle qu’elle surnommait son « ange Gabrielle ».
Le sac porte les témoignages de ses engagements par les accessoires qui en garnissent les anses. Gabrielle Crawford se souvient que le sac de Jane Birkin « est devenu une sorte d’entrepôt mobile. Des cadeaux du monde entier étaient accrochés aux poignées – clochettes, porte-bonheur japonais (…) Il pesait une tonne. Mais elle et lui étaient indissociables. Elle ne l’oubliait jamais ». 

L’histoire derrière l’iconique sac Birkin
L’histoire de la genèse du sac « Birkin » est désormais célèbre : dans l’avion, assise sans le savoir aux côtés de Jean-Louis Dumas, président de la maison Hermès, l’actrice et chanteuse vide le panier en osier qui lui sert de sac à main en se plaignant qu’il n’existe pas de modèle aussi grand chez Hermès. Cette rencontre fortuite donnera naissance en 1984 au premier modèle « Birkin ».

Aujourd’hui encore, plus de 40 ans après sa création, cet incontournable de la maison Hermès reste le plus prisé par les collectionneurs et les amateurs de mode du monde entier. Jane Birkin, elle-même, raconte Gabrielle Crawford dans sa biographie était « fascinée par le travail de précision et les compétences nécessaires à la fabrication du précieux accessoire » lorsqu’elle visitait les ateliers de création Hermès.

Toutefois, ce sac unique ne représente pas seulement le modèle iconique créé pour répondre aux besoins d’une mère de famille voyageuse qui lui a donné son nom, mais également l’histoire d’une amitié de près de soixante ans. 



Ferri & Associés |  Il y a trop d’art ici

17 décembre 

Ben Swildens pour Max Ingrand et Croiseau
 Bureau en acier inoxydable poli miroir, créé en 1966
Trois exemplaires réalisés à l’époque pour le siège social de la maison Peugeot

Estimation :  350 000 € - 500 000 €
 

La maison Ferri présentera le 17 décembre à l’Hôtel Drouot une œuvre emblématique du design contemporain : le spectaculaire bureau en acier inoxydable dessiné en 1966 pour le siège de Peugeot, avenue de la Grande-Armée à Paris. 

Un projet visionnaire pour le siège de Peugeot
Commandé par le studio Max Ingrand et fabriqué par Croiseau, il est estimé 350 000 à 500 000 € et apparaît pour la première fois sur le marché depuis le 7 novembre 1992, date de son acquisition par la famille du propriétaire actuel.
Il s’agit de l’un des trois seuls exemplaires, réalisés spécialement pour le showroom avant-gardiste de Peugeot de 1966. Ce projet architectural sophistiqué et audacieux fut mené par Louis Sainsaulieu, et la décoration intérieure du showroom confiée au célèbre maître verrier et designer français Max Ingrand.  

Une création sculpturale de Ben Swildens
Cet impressionnant bureau est une création de Ben Swildens, un designer avec lequel Ingrand collaborait depuis 1962. Toutes les parties de ce design unique ont été réalisées en façonnant un volume long et épais sur mesure, voluptueusement incurvé pour former une surface supérieure plane, une base et un siège intégré. 
La préférence de Swildens pour l’acier inoxydable comme matériau s’inscrivait dans l’austérité générale des choix stylistiques d’Ingrand, tels que le sol en marbre blanc pur de Carrare, les éléments architecturaux à grande échelle et les murs en verre.

Ben Swildens et Max Ingrand : une collaboration fondatrice
En 1961, Ben Swildens, sorti lauréat d’un concours pour Saint-Gobain rencontre Max Ingrand, qui a réalisé quelques années plus tôt l’aménagement intérieur du siège social de l’entreprise de verre à Neuilly. 
Il fera appel à lui dès l’année suivante pour le seconder dans la création du Pavillon français à l’Exposition Universelle de Seattle en 1962. Fort de succès Max Ingrand va créer au sein de son entreprise un département de décoration dont il confiera la direction à Ben Swildens. 
Avec l’ambition de concourir aux projets de sièges sociaux, instituions et collectivités, le département va prendre de plus en plus d’ampleur et c’est tout naturellement qu’il remporte la réalisation du siège social de Peugeot en 1966. 

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