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VENDREDI 31 OCTOBRE 2025

En couverture de La Gazette Drouot - Caillebotte au Petit Gennevilliers

P einte en 1892, cette toile de l’ami et mécène des impressionnistes montre son attachement à ce coin des Hauts-de-Seine où il s’installa en 1881. Un témoignage pictural avant l’industrialisation, mais aussi une histoire de passion et de peinture.
Par Christophe Provot

Lire l'article Caillebotte au Petit Gennevilliers avec des pommiers en fleurs d’une grande modernité dans son intégralité sur le site de la Gazette Drouot
 
Quiconque passe aujourd’hui entre les ponts d’Argenteuil et de Colombes aura bien du mal à reconnaître les lieux familiers à Caillebotte, autrefois peuplés de villas cossues, de vastes jardins fleuris et de vertes prairies. Si l’environnement a bien changé, Gustave Caillebotte avait su reconnaître en son temps les charmes du Petit Gennevilliers – un quartier de Gennevilliers en bord de Seine, face à Argenteuil et à une dizaine de kilomètres de Paris – qu’il avait découvert en rendant visite à Monet.

À son tour, il acquiert en 1881 avec son frère Martial une propriété, certes petite au regard du domaine familiale d’Yerres vendu après la mort de leur mère en 1879, mais qui présente l’immense avantage de sa proximité avec le club nautique du Cercle de la voile de Paris. Un atout de taille pour ces passionnés de yachtisme. Le peintre du Paris haussmannien minéral qu’est Caillebotte a besoin d’air et cherche alors à s’éloigner de la capitale et de ses désillusions : en 1882, un conflit interne avec ses pairs l’a conduit à quitter son poste d’organisateur de la septième exposition des impressionnistes, qui fut confié au marchand Paul Durand-Ruel. Il garde néanmoins contact avec ses amis peintres qu’il reçoit régulièrement.
 
Gustave Caillebotte (1848-1894)
Pommiers en fleurs, Petit Gennevilliers
1892
huile sur toile, signée et datée en bas à gauche
65 x 54 cm
Estimation : 300 000/400 000 €

 

Quand Martial se marie en 1887, Gustave rachète sa part, acquiert d’autres parcelles autour du terrain, et ajoute un atelier, une immense serre et un hangar à bateaux. Il crée également un vaste jardin qui devient le sujet de nombre de ses toiles. Car il se passionne pour le jardinage, s’échangeant graines et conseils avec Monet, et faisant venir par péniche des cargaisons de terre. C’est sans doute à proximité de ce jardin qu’il peint Pommiers en fleurs, Petit Gennevilliers, en 1892, deux ans avant de disparaître brutalement, emporté par une congestion cérébrale à 45 ans.

 

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