Les plus belles écoles de la Péninsule italienne ouvriront la saison, rassemblant une vingtaine d’œuvres d’une rareté singulière allant du Moyen Âge à la Renaissance. La période Baroque sera quant à elle célébrée à travers un véritable chef-d’œuvre de Paolo de Matteis. La réserve d’un ancien antiquaire parisien révèlera un foisonnant ensemble d’objets d’art, peintures, argenterie et mobilier. Les arts d’Afrique, d’Océanie et précolombiens seront également mis à l’honneur à travers un fastueux ensemble de 200 pièces réunies par Antonio Seguí. Dans un esprit de célébration, la 15e édition de « Paris mon Amour », orchestrée par Lucien Paris, fera rayonner la ville lumière. Enfin, le programme se clôturera sur une note festive avec une précieuse sélection de vins, champagnes et spiritueux issus de la cave du restaurant Prunier, promettant aux enchères un dernier toast d’exception.
Tessier - Sarrou & Associés - La cave de la maison Prunier
20 septembre
La vacation rassemble 250 lots de vins, champagnes et spiritueux d’exception provenant de la cave de l’une des plus belles adresses parisiennes, celle de la maison Prunier. Ce superbe restaurant a la façade Art Deco a accueilli le Tout- Paris, dont une riche clientèle venue du monde entier.
Depuis un siècle, c’est un témoin discret de l’histoire parisienne et de rituels gastronomiques, où les grands crus sont choisis avec soin pour accompagner caviars et produits de la mer. Après Francis Scott Fitzgerald, bien d’autres célébrités s’y croisent et s’y fréquentent jusqu’à aujourd’hui, de Jean Cocteau à Ernest Hemingway, de Marilyn Monroe à Yves Montand. On raconte que Colette y a ses habitudes, que Joséphine Baker y commande du homard, et que Salvador Dalí, une fois, demanda un plat « aussi extravagant que son esprit », qu’on accompagna sans ciller d’un Montrachet sublime.
Chaque flacon conservé raconte un chapitre de cette grande maison : les dîners d’après théâtre, les déjeuners d’ambassadeurs, les nuits de fête que seule la capitale sait offrir. C’est toute une époque qui repose derrière ces étiquettespatinées.
Aujourd’hui, avec élégance, cette cave se dévoile au grand jour aux amateurs et connaisseurs de grands vin et spiritueux. Parmi ces trésors, un magnum de champagne Dom Pérignon, de 2009, estimée entre 300 et 400 €, ou encore un magnum Y de Yquem, de 2018, estimé entre 200 et 300 € ainsi que 4 bouteilles domaine de la Grange des Pères 1995, provenant de la cave Pierre Bergé (est. : 400 – 500 € la paire).
Deux bouteilles domaine de la Grange des Pères 1995
provenant de la cave de Pierre Bergé
Est. : 400-500 €
Lucien Paris - Paris mon Amour
22 septembre
Quinzième édition des ventes « Paris Mon Amour », dont chaque numéro célèbre Paris et son patrimoine incomparable, celle-ci rendra hommage à la capitale à travers la collection de François Peyrat.
En plus de 35 ans, ce directeur commercial a mené une quête aussi passionnée qu’exigeante, rassemblant un ensemble unique, consacré à l’exposition universelle de 1900. Objets décoratifs, maquettes, affiches, photographies, documents, livres et souvenirs en témoignent.
À ces trésors s’ajoute un ensemble foisonnant de mobilier urbain de la seconde moitié du XIXe siècle et de la Belle Époque provenant de diverses collections parisiennes.
Organisée à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, la vacation présente un modèle réduit de la célèbre grande roue de Paris, qui fut installée en 1900 près du Champ de Mars (est. : 1 000 – 1 500 €).
Également, un exemplaire du menu du restaurant du pavillon bosniaque dont la couverture est illustrée par Mucha (est. : 300 – 500 €) et un autre de l’affiche des « concours internationaux d’escrime », dessinée par Pal (est. : 2 000 – 3 000 €).
Citons encore la toile d’Albert Lebourg représentant Le Pavillon de l’Algérie (est. 6 000 – 8 000 €) et l’affiche d’Étienne Dinet figurant L’Andalousie au temps des Maures (est. : 3 000 – 5 000 €). Au-delà de leur rareté, tous ces objets tissent un récit d’émotions et de souvenirs, témoins directs d’un moment clé de l’histoire de Paris.
Albert Lebourg
Le Pavillon de l’Algérie à l’Exposition universelle de 1889
Est. : 6 000 — 8 000 €
Millon - Collection Antonio Seguí
22 septembre
Réunissant près de 200 pièces d’art Afrique, d’Océanie et précolombien, cette collection lève le voile sur la passion discrète mais profonde de l’artiste pour les formes et les présences venues d’ailleurs.
Sculptures, masques, fétiches ou objets rituels peuplaient les pièces de sa maison/atelier d’Arcueil dans l’écrin singulier de la Maison Raspail. Ces œuvres racontent l’histoire d’un regard sensible, affranchi des modes à la recherche d’authenticité.
Son attachement aux arts d’Afrique et d’Amérique naît dans les années 1950 mais c’est à son arrivée à Paris en 1963 qu’il découvre les arts dits « premiers » au musée de l’Homme puis auprès de Jacques Kerchache, dont l’amitié façonnera son œil.
La vacation présentera une belle maternité du début du XXe siècle provenant de la Côte d’Ivoire (est. : 25 000 – 35 000 €) ainsi qu’une tête rituelle hiératique de la République du Congo de la fin du XIXe siècle (est. : 20 000 – 30 000 €).
S’ajoutent à ces pièces des statuettes Baoulé, des masques Téké, Bamiléké, Fang, ou Ogoni, des figures précolombiennes du Pérou, du Mexique et de Colombie ou encore un grand vase chamanique acquis lors d’un voyage de jeunesse.
Cette vente rend hommage à un homme pour qui collectionner relevait d’un art de vivre autant que d’un regard.
Maternité
Gourou, Côte d’Ivoire
Début du XXe siècle
Est. : 25 000 — 35 000 €
Baron - Ribeyre & Associés - Collection d'un amateur d'art italien
23 septembre
Les plus belles écoles de la Péninsule italienne revivent à travers une vingtaine d’œuvres d’une rareté singulière. Peintres et sculpteurs reflètent les goûts d’un collectionneur italien passionné, attaché à la création artistique de sa patrie entre les XIVe et XVIIe siècles.
Cet ensemble présente un caractère sacré, dont certaines pièces affichent une qualité muséale. C’est le cas d’un Saint Antoine de Padoue, de la main de Taddeo di Bartolo (est. : 20 000 – 30 000 €). Ce tableau est l’un des éléments du pilastre gauche d’un ensemble aujourd’hui démembré, représentant la Vierge de l’humilité entre les saints Jean- Baptiste et André (musée des Beaux-Arts de Budapest), que l’artiste réalisa en 1395 pour un retable de la sacristie de l’église San Francesco.
Une Vierge à l’Enfant sous un dais tenu par deux anges entre saint François et saint Bernardin, réalisée vers 1460 par un suiveur de Benozzo Gozzoli de l’école florentine, témoigne des évolutions de la peinture de l’Italie centrale. Cette scène s’inspire de la composition peinter par le maître en 1452, aujourd’hui au Kunsthistorisches Museum de Vienne (est. : 10 000 – 15 000 €).
Leonardo da Pistoia sera également mis à l’honneur avec une Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste enfant (est. : 20 000 – 30 000 €), dont la composition maniériste illustre les recherches de l’artiste.
Ouvrant le chapitre de la grande peinture du XVIIe siècle, une Vierge à l’Enfant avec sainte Élisabeth, une sainte et saint Jean- Baptiste, d’après Raphaël, est estimée entre 20 000 et 30 000 €. Réalisée par un artiste italien des années 1600, elle reprend la composition de La Vierge de l’Impannata.
Enfin, plusieurs sculptures viendront enrichir la sélection, dont un bas-relief en terre cuite, Christ à la colonne, par Giovanni Minelli de’Bardi (est. : 10 000 – 15 000 €).
Attribué à Leonardo de Pistoia
Vierge à l’enfant avec saint Jean Baptiste enfant
Est. : 20 000 — 30 000 €
Euvrard & Fabre - Intérieurs de propriétés
23 septembre
Véritable chef-d’œuvre de Paolo de Matteis, Armide invoquant les démons reflète l’influence des séjours parisiens de l’artiste, perceptible dans les couleurs claires aux teintes raffinées de l’enchanteresse.
Estimé entre 80 000 et 120 000 €, ce panneau mythologique illustre un sujet exploré à maintes reprises au cours de sa carrière. L’éblouissante Armide, dressée au centre, déploie ses charmes dans une sinuosité ondoyante. Mais derrière cette allure aérienne se cache une vertu sinistre : la magicienne incarne l’attrait vénéneux et l’assujettissement. Cette œuvre aurait été conçue dans le cadre d’un ensemble plus vaste, accompagnée de pendants ou des toiles compagnes.
Autre œuvre phare de la vacation, une tapisserie exceptionnelle intitulée Le Mois d’Août ou La Moisson, tissée vers 1661 d’après le Maître des Mois Lucas ou l’entourage de Bernard van Orley. Celle-ci illustre les activités estivales dans une composition vivante et foisonnante (est. : 40 000 – 60 000 €).
Ce Mois d’août appartient à la tenture en quatre pièces des Saisons Lucas dont le Cleveland Museum of Art conserve un exemplaire complet.
Le mobilier ancien occupera également une place de choix avec un fauteuil à dossier plat d’époque Louis XV. Commande du cardinal de Rohan pour son palais épiscopal de Strasbourg, il est estimé entre 6 000 et 8 000 €.
Enfin, les regards se tourneront vers une sculpture en noyer représentant Sainte Catherine d’Alexandrie (est. : 2 000 – 4 000 €), réalisée vers 1510-1520. Richement ornée de broderies et de perles sculptées, elle évoque l’élégance du style de Jan van Steffeswert.
Paolo de Matteis
Armide invoquant les démons
Est. : 80 000 — 120 000 €
Coutau-Bégarie & Associés - La collection d'un antiquaire parisien
30 septembre - 1er octobre
Restée fermée pendant plus d’une quarantaine d’années, la réserve d’un ancien antiquaire parisien rassemble un foisonnant ensemble de peintures, d’objets d’art, d’argenterie et de mobilier.
Parmi la sélection, une huile sur toile intitulée Les Antiquaires signée Louis Carrier-Belleuse (est. : 1 500 – 2 500 €) ainsi que La Diligence de Fabius Brest, estimée 1 500 à 2 000 €. Sa fascination pour la culture et les paysages orientaux nait des suites d’un voyage en Turquie réalisé entre 1855 et 1859. Il en rapporte des tableaux et dessins qui nourriront son inspiration jusqu’à la fin de sa vie. Dans la même thématique, La Belle Orientale signée Jacques-Léon Dusautoy est estimée entre 1 000 et 1 500 €.
A propos du mobilier, la vente présentera de belles pièces style Louis XV telle qu’une paire d’étagères à doucine, estampillées G. Durand (est. : 1 200 – 1 800 €) ou bien une table d’appoint en acajou (est. : 800 – 1 500 €). Une sublime commode d’époque Napoléon III, estampillée Krieger, sera également sous le feu des projecteurs.
Tandis que de multiples services en argent offriront un sublime panorama de cet art de la table, la vacation offrira un bel ensemble de vases en marqueterie de verre. La vacation propose deux vases réalisés vers 1910 : le premier, un soliflore en verre multicouche, provient des établissements Gallé (est. : 500 – 600 €), et le second, fuselé, offre un décor de sapins (est. : 400 – 600 €). L’art de René Lalique sera également mis en lumière avec deux vases en verre soufflé-moulé, un Dahlias et un Domrémy dit aussi « Chardons », estimés respectivement entre 400 et 600 €.
Louis Carrier-Belleuse
Les Antiquaires
Est. : 1 500 — 2 500 €