À partir de 1927, Picabia entame une nouvelle phase de son œuvre, marquée par la série des Transparences. Dans ces compositions énigmatiques, qualifiées de « sur-impressionnistes » par le critique Gaston Ravel, les motifs se superposent comme autant de strates de mémoire et d’imaginaire, rassemblant figures féminines, références antiques, mythologiques ou religieuses
Plusieurs œuvres issues de la collection Lenoir appartiennent à ce corpus fascinant : Transparence (1929, 30 000 – 50 000 €), Dagelo (1930–1932, 100 000 – 150 000 €), ou encore une Nature morte (estimation : 20 000 – 30 000 €), l’ensemble étant mené par un superbe Apollon (1926, estimation : 120 000 – 180 000 €), où l’on décèle les contours d’un nu féminin, un rendu très ombré de l’Apollon du Belvédère et une tête à l’expression solennelle.
Cette période coïncide avec les bouleversements personnels de l’artiste. Après ses ruptures successives avec Gabrielle Buffet et Germaine Everling, Picabia épouse Olga Mohler en 1940. Ses dernières œuvres seront marquées par un retour à l’abstraction, et des petites toiles aux compositions géométriques et aux motifs réalistes comme un Nature morte au vase fleuri, circa 1941-1942 (estimation : 15 000 – 20 000 €).
Né en Touraine en 1930, Gérard Lenoir grandit au château de Gizeux, où ses parents travaillent comme intendants, avant de s’installer à Paris pour commencer une formation de coiffeur. Dès la fin des années 1950, il coiffe, sous son nom de scène François, les stars de l’époque dont Catherine Deneuve et Bella Darvi.
Installé à Paris, il fréquente les artistes de son temps dans son salon de coiffure et dans sa sphère privée. C’est au cours de l’une de ces rencontres qu’il se lie d’amitié avec Olga Picabia, veuve de l’artiste depuis 1953, et cliente de son salon.
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