Lithographies

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Nicolas de Staël (1914-1955) Portrait de René Char. (Frontispice pour R. Char, Arrière-histoire du poème pulvérisé, Paris, J. Hugues, 1953). Lithographie. [115x160]. F. Woimant et A. de Staël1422. Impression en couleurs. Très belle épreuve sur vélin blanc, à part du tirage à 100 épreuves pour le livre (outre 20 hors-commerce), annotée «Epreuve» et signée au crayon. Toutes marges. Cadre. Une profonde amitié lia Nicolas de Staël à René Char. Ils se rencontrèrent en février 1951 au domicile du peintre, 7 rue Gauguet (Paris 14e), par l’intermédiaire de Georges Duthuit (1891-1973), historien d’art et critique, gendre d’Henri Matisse. En novembre 1951 paraîtPoèmes, recueil illustré de quatorze bois et d’une lithographie du peintre. René Char a choisi pour répondre aux gravures du peintre treize poèmes en prose, issus duPoème pulvérisé, paru en 1947. Le 8 novembre 1951, Staël écrit à Char: «Je ne te dirai jamais assez ce que cela m’a donné de travailler pour toi. Tu m’as fait retrouver d’emblée la passion que j’avais, enfant, pour les grands ciels, les feuilles en automne et toute la nostalgie d’un langage direct, sans précédent, que cela entraîne. J’ai ce soir mille livres uniques dans mes deux mains pour toi, je ne les ferai peut-être jamais mais c’est rudement bon de les avoir». (Cité par F. de Staël, Nicolas de Staël, catalogue raisonné des œuvres sur papier, Paris, Ides et Calendes, 2013, p.539). En 1953, Nicolas de Staël se tourne vers le collage, dans un moment de mutation de son œuvre. La radicalité de ces recherches se marie avec les expériences d’illustration qui lui offrent une simplification graphique extrême. «Cette même année 1953, Staël réalise un Portrait de René Char, utilisé en lithographie pour un frontispice de L’Arrière-histoire du poème pulvérisé dans lequel il superpose simplement la découpe blanche d’une effigie sur un halo rouge posé lui-même sur un fond bleu violacé. On pense aux planches VII (Le Cœur) et XVI (Le Destin) du Jazz de Matisse mais aussi à l’insistance de Jean-Claude Marcadé sur l’influence orthodoxe: «Comme son ami Lanskoy, Staël voyait les couleurs chanter dans l’icône. Chez Staël, ce chant des couleurs dans son économie même […], dans son ascèse, est au plus proche de la représentation iconique. Cela donne une synthèse totalement originale, sans doute unique dans l’art du XXe siècle: la retenue et l’équilibre français dans une aura iconique.»» (G. Viatte, «Introduction», in F. de Staël, op. cit., p.24).

Estim. 2 500 - 3 000 EUR