À bien des égards, Moret-sur-Loing fut pour Sisley ce qu’Auvers était pour Van Gogh, Giverny pour Monet ou Gennevilliers pour Caillebotte : une source d’inspiration constante, et surtout un lieu où finir ses jours.
C’est en 1880 qu’il découvre cette ancienne cité médiévale au sud-ouest de Fontainebleau, autrefois sise à la frontière du royaume de France et du duché de Bourgogne. La ville possède quelques vestiges de ce passé, telle la porte de Bourgogne, que Sisley peignit à plusieurs reprises. En un peu moins de vingt ans, celui-ci a produit plus de 400 toiles à Moret-sur-Loing.
Sisley occupe une place à part au sein des impressionnistes, ne peignant qu’exclusivement des paysages. « Le plus impressionnistes des impressionnistes » selon le mot de Pissarro, se fait le chantre de l’Ile-de-France et de ses villages, dont il apprécie la douceur. Cette toile constitue un remarquable témoignage de cette quiétude qu’il se plaisait à retranscrire avec fidélité.
"C’est un très beau tableau, avec une belle atmosphère et remarquable par ses effets de reflets sur l’eau", s’enthousiasme l’experte Agnès Sevestre-Barbé. Une vue presque identique se retrouve sur une carte postale ancienne, vers 1900. Sisley s’est plu à représenter des oies au premier plan. Il a d’ailleurs consacré une série de pastels à ces animaux. Les oies sont ici le seul élément de vie dans cette vue vierge de toute figure humaine.
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