Conservé dans le secret d’une collection depuis son acquisition auprès de l’artiste en 1944, le fascinant portrait de Dora Maar par Picasso, Buste de femme au chapeau à fleurs, avec ses couleurs intenses, a créé l’événement. Adjugé à plus de 32 millions €, il apparaissait sur le marché pour la première fois (Lucien Paris).
Les ventes de 2025 ont été marquées par des découvertes majeures et des œuvres restées à l’abri des regards pendant des décennies, révélant des facettes inédites de l’histoire de l’art. Parmi les moments forts, la vente du sabre de Napoléon Ier, chef-d’œuvre chargé d’histoire et réalisé par le maître armurier Nicolas Noël Boutet, a suscité un duel d’enchères passionné avant d’atteindre 4,7 millions €. Offert par l’Empereur à Emmanuel de Grouchy en 1815, il était resté dans sa descendance jusqu’à sa présentation au printemps à l’Hôtel Drouot (Giquello).
Autre découverte spectaculaire : un dessin de Daniele da Volterra, élève de Michel-Ange. Cette étude pour l’une de ses fresques de la Trinité-des-Monts, provenant d’une succession de la région nantaise, a battu le record mondial pour l’artiste en s’envolant à 4,1 millions € (Millon). Un dessin d’Eugène Delacroix a lui aussi retrouvé la lumière. Études de lions couchés, documentée mais jamais exposée depuis 1864, a été redécouverte dans une demeure familiale et adjugée 455 000 € (Daguerre Val-de-Loire). Enfin, une nature morte inédite de François Boucher, Nature morte au vanneau huppé et au combattant varié, seule connue de l’artiste, a été vendue 273 000 €, révélant une facette méconnue du premier peintre du roi (Pescheteau-Badin).
Dans un autre registre, celui des chefs-d’œuvre impressionnistes, Pierre-Auguste Renoir a également marqué la saison avec L’enfant et ses jouets – Gabrielle et le fils de l’artiste, Jean. Cette toile émouvante, jamais exposée ni répertoriée, appartenait à Jeanne Baudot, grande amie et unique élève du peintre. Présentée pour la première fois en vente publique, elle a été adjugée 1,8 million € (Christophe Joron-Derem). Gustave Caillebotte a également séduit les collectionneurs avec Pommiers en fleurs, Petit Gennevilliers, peint en 1892 et adjugé 1,1 million €.Conservée plus de soixante ans dans une collection privée parisienne, cette toile n’avait été exposée qu’une seule fois, lors de la rétrospective Durand-Ruel.
La modernité s’est illustrée avec Pierre Soulages. Une composition puissante de 1956 a doublé son estimation haute pour atteindre 1,8 million €. Conservée durant plusieurs décennies dans la collection de Walter A. Netsch avant de rejoindre une première collection européenne en 1990, cette œuvre s’inscrit dans une période recherchée par les amateurs, au moment où l’artiste renouvelle sa technique picturale (DIGARD AUCTION). Les enchères ont également consacré des découvertes inattendues, comme Deux femmes, encre sur soie de Tran Binh Loc, figure majeure de l’art moderne vietnamien, qui a battu un record mondial à 1,2 million € (Mirabaud – Mercier).
Les institutions françaises ont confirmé leur engagement en réalisant près de 140 préemptions au cours de l’année. Parmi elles, deux bas-reliefs en pierre exécutés par Ossip Zadkine en 1927 pour un hôtel particulier parisien décoré par André Groult ont été acquis par le musée Zadkine : Femmes et chiens (351 000 €) et Trois cerfs (325 000 €) (Ader). Autre moment fort : la dispersion d’un fonds inédit de dessins et écrits de Pierre Fontaine, architecte néoclassique, éclairant la genèse du style Empire. 1.7 million € ont récompensé cet ensemble exceptionnel, fort de 900 feuilles disputées aussi bien par les institutions que par les collectionneurs privés (Thierry de Maigret).
Ces résultats illustrent la force d’attraction de Drouot, où se conjuguent histoire, redécouvertes et records mondiaux. Portée par des enchères emblématiques et des œuvres inédites, 2025 s’impose comme une année de référence, confirmant la place de Drouot au cœur du marché de l’art international.
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