Calendrier des ventes
MERCREDI 30 AVRIL 2025

Les arts décoratifs du XXe siècle à l'honneur

L e 30 avril prochain, la maison Millon présentera aux collectionneurs une vente dédiée aux Arts Décoratifs du XXe siècle, mettant à l’honneur les architectes et décorateurs, grands représentants de l'Art Deco, ainsi que des artistes contemporains au premier rang desquels François-Xavier Lalanne.
Parmi les figures majeures, Louis Süe et André Mare. Né en 1875, Süe entre aux Beaux-Arts de Paris en 1893 pour étudier l’architecture, mais son ambition est ailleurs : il rêve de devenir peintre. Il expose dès 1902 au Salon des Indépendants avec les Nabis, avant de rencontrer Paul Poiret en 1909, qui l’oriente vers le design. En 1912, il ouvre le magasin L'Atelier Français dans l’idée de renouveler la décoration intérieure actuelle. C’est également cette même année qu’il rencontre André Mare, avec qui il expose dès 1913 au Salon d’Automne, où ils sont salués pour la cohérence de leurs créations.
La guerre interrompt leurs projets avant de fonder dès 1919 la Compagnie des Arts Français, alliant tradition mobilière et décorative française tout en lui apportant une interprétation neuve et personnelle. Leur objectif : proposer des ensembles évolutifs, pensés dans les moindres détails.

En 1923, à l’approche de l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925, la Compagnie redouble d’efforts pour affirmer son identité. Le duo propose alors un large éventail de créations inspirées des styles anciens, sans les pasticher, adaptés aux goûts et aux besoins de leur époque. La paire de fauteuils en acajou, datée de cette même année, est sans équivoque une belle représentation des pièces nées du talent de ce duo, répondant aux exigences de la Compagnie des Arts Français (estimation : 15 000 — 20 000 €). Leur collaboration perdurera jusqu'en 1928, après un dernier chantier commun et la cession de la Compagnie des Arts Français aux Galeries Lafayette.
 
Louis Süe & André Mare 
Paire de fauteuils en acajou sculpté, modèle créé en 1923
Estimation : 15 000 - 20 000 €.
 


Paul Dupré-Lafon, maître de l'Art Déco, sera également mis à l’honneur, et couronne cette remarquable vacation avec un bureau moderniste estimé 100 000 à 150 000 €.

En 1923, diplôme des Beaux-Arts de Marseille en poche, il monte à Paris, se mettant très vite en activité grâce en partie à son camarade des ateliers de l’école, le peintre Georges Willameur, qui lui présente ses premiers clients. Dorénavant, Paul Dupré-Lafon travaillera pour un cercle très restreint de commanditaires aussi riches que réservés, dont il sera en quelque sorte le miroir. 

En 1929, il reçoit sa première commande d'importance et signe une collaboration durable avec Hermès, à qui il fait appel pour ses cuirs, devenant ensuite un réel partenaire. Sa notoriété s’affirme en 1935 avec l’aménagement de la rue Rembrandt, pour lequel il reçoit un article élogieux dans Art et Décoration. Trois ans plus tard, il signe un autre projet d’envergure, celui concernant l'aménagement d'un hôtel particulier avenue Foch. C’est au cours de ces années-là, avant sa mobilisation en 1940, qu'a été réalisé le bureau présenté dans cette vacation, dont, selon les mots du critique d'art Bernard Champigneulle, « l’incontestable somptuosité provient de la simple mais parfaite mise au point de tous les éléments qui le composent».


 

Paul Dupré-Lafon
Bureau moderniste en placage de palissandre et noyer, circa 1935-1940
Estimation : 100 000 — 150 000 €.

Dupré-Lafon ne reprendra son activité qu’après 1945. S'il est contraint dans le choix de ses matières, il poursuit malgré tout sa formidable créativité qui s’exprimera jusque son dernier chantier, celui visant à la décoration d’une villa à Deauville, en 1971.

Entre l’absurde du Rhinocéros de Ionesco et le surréalisme des « mots-valises » de Boris Vian, François-Xavier Lalanne créé en 1964 un  « Rhinocrétaire » qui deviendra un de ses sujets de prédilection. Pièce majeure de l’exposition Zoophites à la galerie « J » de Jeanine Restany, cette sculpture monumentale en laiton formant un bureau sera décliné dans plusieurs versions, échelles et matériaux, lui attribuant différentes fonctions.

Parmi ces variantes du pachyderme, le lot 218 Rhinocéros Bleu embrasse particulièrement l’imaginaire baroque et malicieux du sculpteur. Édité en 1981 par Artcurial, chacun des 150 exemplaires (dont celui-ci numéroté 132/150) incarne cet insolite propre à la statuaire de Lalanne. Sa couleur, d'un bleu éclatant, fascine tant elle exprime un temps indéterminé qui poursuit sans cesse sa course. Juste avant de taper du marteau pour ce lot fantasmagorique, l’étude présentera une autre œuvre de l’artiste, intitulée OEuf, dont le modèle a été créé en 1968 pour la Manufacture Nationale de Sèvres.


 

François-Xavier Lalanne
Rhinoceros bleu
Sculpture en fonte émaillée bleue
Editions Artcurial, Paris, 1981, portant numéro "132 / 150".
Estimation : 50 000 — 70 000 €

François-Xavier Lalanne
OEuf, modèle créé en 1968
pour la Manufacture Nationale de Sèvres,
celui-ci réalisé en 1978
Sceau à glace en porcelaine.
Socle en bronze doré.
Estimation : 6 000 — 8 000 €





 

Arts Décoratifs du XXè
live 30 avril | 14:00

Arts Décoratifs du XXè

Millon
Hôtel Drouot - Salle 5, Paris

annonce 13 novembre 2026

Des photographies de Matthieu Ricard vendues au profit de l'association Karuna-Shechen

annonce 13 novembre 2026

Paris Photo : Des ventes à ne pas manquer à Drouot

annonce 19 novembre 2026

La vie est belle : Collection Lorenz Bäumer

app icon