Paul Dupré-Lafon, maître de l'Art Déco, sera également mis à l’honneur, et couronne cette remarquable vacation avec un bureau moderniste estimé 100 000 à 150 000 €.
En 1923, diplôme des Beaux-Arts de Marseille en poche, il monte à Paris, se mettant très vite en activité grâce en partie à son camarade des ateliers de l’école, le peintre Georges Willameur, qui lui présente ses premiers clients. Dorénavant, Paul Dupré-Lafon travaillera pour un cercle très restreint de commanditaires aussi riches que réservés, dont il sera en quelque sorte le miroir.
En 1929, il reçoit sa première commande d'importance et signe une collaboration durable avec Hermès, à qui il fait appel pour ses cuirs, devenant ensuite un réel partenaire. Sa notoriété s’affirme en 1935 avec l’aménagement de la rue Rembrandt, pour lequel il reçoit un article élogieux dans Art et Décoration. Trois ans plus tard, il signe un autre projet d’envergure, celui concernant l'aménagement d'un hôtel particulier avenue Foch. C’est au cours de ces années-là, avant sa mobilisation en 1940, qu'a été réalisé le bureau présenté dans cette vacation, dont, selon les mots du critique d'art Bernard Champigneulle, « l’incontestable somptuosité provient de la simple mais parfaite mise au point de tous les éléments qui le composent».
Dupré-Lafon ne reprendra son activité qu’après 1945. S'il est contraint dans le choix de ses matières, il poursuit malgré tout sa formidable créativité qui s’exprimera jusque son dernier chantier, celui visant à la décoration d’une villa à Deauville, en 1971.
Entre l’absurde du Rhinocéros de Ionesco et le surréalisme des « mots-valises » de Boris Vian, François-Xavier Lalanne créé en 1964 un « Rhinocrétaire » qui deviendra un de ses sujets de prédilection. Pièce majeure de l’exposition Zoophites à la galerie « J » de Jeanine Restany, cette sculpture monumentale en laiton formant un bureau sera décliné dans plusieurs versions, échelles et matériaux, lui attribuant différentes fonctions.
Parmi ces variantes du pachyderme, le lot 218 Rhinocéros Bleu embrasse particulièrement l’imaginaire baroque et malicieux du sculpteur. Édité en 1981 par Artcurial, chacun des 150 exemplaires (dont celui-ci numéroté 132/150) incarne cet insolite propre à la statuaire de Lalanne. Sa couleur, d'un bleu éclatant, fascine tant elle exprime un temps indéterminé qui poursuit sans cesse sa course. Juste avant de taper du marteau pour ce lot fantasmagorique, l’étude présentera une autre œuvre de l’artiste, intitulée OEuf, dont le modèle a été créé en 1968 pour la Manufacture Nationale de Sèvres.
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