Initiée en 1986 par Jacques Boutersky lors d’une vente orchestrée par Ader-Picard-Tajan en salle 5-6 de l’Hôtel Drouot, la collection débute avec l’achat d’une
Nature morte aux aulx pour 7 000 francs. Dès lors, le charme opère, Jacques Boutersky, galeriste sur la promenade des Anglais à Nice, décide de rencontrer la veuve de l’artiste, Toji. La chasse aux œuvres du peintre japonais débute alors, en galeries, en ventes publiques, auprès des collectionneurs. Près de 40 ans plus tard c'est une collection exceptionnelle que Jacques Boutersky et sa famille décident de dévoiler aux enchères.
Le lot phare de la vente, un
Autoportrait aux pinceaux, est estimé 20 000 – 30 000 €. L’artiste s’y représente, impassible, le pinceau tenu parfaitement à l’horizontal du bout des doigts.
Toshio Bando
Autoportrait aux pinceaux, 25 avril 1925,
Huile sur toile
Estimation : 20 000 — 30 000 €
Toshio Bando voit le jour en 1895 à Tokushima, au sein d’une famille aisée, descendante de deux lignées de samouraïs. Selon la volonté de son père, Yasutaro, il débute des études de comptabilité, mais sa vocation est d’être artiste-peintre. Soutenu par celui-ci, qui lui trouve un professeur à Osaka, Bando prend la décision d'aller se former à Tokyo en 1913, puis il atterrit à Paris en 1922.
Le japonais se lie très vite d’amitié avec Léonard Foujita, déjà présent dans la capitale depuis une dizaine d’années, grâce à qui il rencontre Kiki de Montparnasse et Man Ray. A son tour, Bando est admis aux Salons d’automne, des Tuileries ainsi qu’aux Indépendants. Repéré par Georges Chéron, le marchand de Soutine et de Modigliani, il est invité à participer à une exposition intitulée « Foujita et la jeune peinture japonaise » dans sa galerie du 56, rue de la Boétie. Son art, à la fois raffiné et intimiste, séduit la critique par la finesse de ses traits et sa palette subtile.
Toshio Bando
Nu à l'éventail fond or, 9 juin 1925
Huile et feuille d'or sur toile.
Estimation : 10 000 — 15 000 €
En novembre 1924, Bando quitte Paris pour s’installer au 19 rue Lafontaine, à Pierrefitte-sur-Seine. Cette maison lui permet d’accueillir plusieurs chiens et chats, quelques oiseaux ainsi qu’une petite guenon. Tout ce petit monde lui sert de modèles au quotidien, comme le montrent les nombreuses peintures animalières présentées en vente.
Toshio Bando
Le Chat blanc fond or, 26 octobre 1925
Huile et feuille d'or sur toile.
Estimation : 3 000 — 5 000 €
Aujourd’hui les œuvres de Toshio Bando sont présentes en France dans les musées Saint-Germain d’Auxerre, d’Art et d’histoire Paul Eluard à Saint-Denis, Calvet à Avignon et également au Japon dans la Choueke Family Residence à Kobe ainsi qu’au musée d’art moderne de Tokushima