René Letourneur s’est vivement investi dans la création de nombreuses œuvres pour l’espace public, comme pour la sphère privée. Il a particulièrement exploré la représentation du nu féminin, et a cherché à faire dialoguer ses œuvres avec l’architecture, en saisissant l’esprit du temps. Cette vacation offre notamment plusieurs sculptures de nu féminin, notamment avec le lot le plus hautement estimé (12 000 – 15 000 €), Nu allongé (lot 105) en marbre pentélique. A travers ce nu, René Letourneur revisite la thématique de la figure étendue telle qu’il l’a conçue pour La Seine, étude pour le pont du Pecq, vers 1962 (lot 88), et donne à son nu féminin des volumes plus compacts, qui piègent la lumière.
René Letourneur, L'Aurore ou L’Aube, 1950
Dans son oeuvre, le dialogue entre sculpture et architecture occupe une place centrale. Dès les années 1920, il reçoit d’importantes commandes publiques; la première pour la façade de l’église de Sailly-Saillissel dans la Somme, puis le Monument à Simon Bolivar pour la ville de Quito en Équateur, création faite avec Jacques Zwobada, ou les reliefs du théâtre Jean Vilar de Suresnes.
La vente présente ainsi une
Étude pour la Victoire du Monument aux Morts des deux guerres d'Alençon, 1952-1954, estimée 2 000 – 3 000 € qui offre un aperçu précieux du processus créatif de René Letourneur pour ce type de commande. Le Monument, emblématique du patrimoine alençonnais, fut conçu par l’architecte Jean-Baptiste Hourlier. Il est couronné par la Victoire de René Letourneur, d'une hauteur de deux mètres et orné de quatre reliefs, dédiés aux victimes des deux guerres mondiales, à la Résistance et aux victimes civiles.
René Letourneur, Étude pour la Victoire du Monument aux Morts
des deux guerres d'Alençon, 1952-1954
Homme engagé, il sert la France lors des deux conflits mondiaux et s’engage dans la Résistance dès juin 1940. Il poursuit dans le même temps son travail de sculpteur tout en menant une réflexion critique sur l’art, qu’il partage dans son ouvrage
La sculpture française contemporaine (1944). À partir des années 1960, il se consacre davantage aux œuvres destinées aux collectionneurs privés, sculptant des marbres d’une grande sensualité. Pédagogue passionné, il transmet son savoir à l’ENSET ( École normale supérieure de l’enseignement technique) et forme son fils Jean, qui devient lui-même sculpteur.
Ainsi, les enchérisseurs auront l’occasion d’acquérir plusieurs œuvres de Jean Letourneur, dont un marbre rose du Portugal, La Flamme, estimé 1.500 — 2.000 € ou encore une table lumineuse en marbre de Carrare et fibres optiques, intitulée Sable en mouvement et estimée 1.000 — 1.500€.