Constituée sur cinq décennies, cette vente rassemble plus de 240 tsuba (lots 35 à 276). Elle offre ainsi une nouvelle occasion de découvrir cet art peu connu en Occident, sous toutes ses formes, matériaux et écoles, avec une large sélection de tsuba d’époque Edo
Cinquante ans de passion
Une grande partie des pièces de la collection de Patrick Liebermann a été acquise au Japon, où il s’est rendu une vingtaine de fois, d’où la présence de nombreuses pièces rares. Amoureux de la nature, il s’est passionné pour les motifs animaliers et floraux, et les paysages, en particulier les vues du Mont Fuji et l’univers des samouraïs.
Une véritable oeuvre d'art
Les tsuba ne se limitent pas à une simple fonction protectrice : elles sont de véritables oeuvres d’art, témoins du raffinement et du savoir-faire des artisans japonais. D’abord utilitaires et épurées à leurs débuts, elles deviennent, à partir de l’époque d’Edo (1600-1868), des objets hautement décoratifs, sculptés, ajourés et parfois incrustés de métaux précieux. Leurs motifs, souvent inspirés de la nature, de la mythologie ou du folklore, reflètent le rang et le goût de leur propriétaire. Réalisées en fer ou en alliages sophistiqués comme le shakudo (cuivre et or) ou le shibuichi (cuivre et argent), elles incarnent l’équilibre parfait entre force et esthétisme.
Avec une incroyable diversité, cet objet raconte la culture du samouraï, qu’on découvre épris de théâtre autant que d’affaires militaires, observateur de la nature et de la société qui l’entourent.
Ainsi on comptera parmi les pièces phares une tsuba en métaux ajourés représentant deux figures de la mythologie japonaise, les dieux du vent et du tonnerre Futen et Raiden (lot 243 - est. 3,000 - 4,000€), une autre saisissant presque sur le vif une scène d’un rapace guettant un singe et son petit se cachant dans une forêt de bambou près d’une cascade (lot 112 - est. 2,000 - 3,000€) ou encore une illustrant une scène de kitsune se transformant en femme près d’un ruisseau (lot 239 - est 2,000 - 3,000€).
Patrick Liebermann
Ce globe-trotter curieux des cultures est né à Strasbourg en 1948. C’est au court d’un premier voyage au Japon en 1970, année de l’Exposition Universelle d’Osaka, qu’il acquiert sur un coup de coeur sa première tsuba, sans savoir que c’était une garde de sabre. Il se passionne pour cet objet, et grâce aux conseils avisés de grands marchands, il devient rapidement un collectionneur chevronné. Pendant plus d’un demi-siècle, il rassemble son impressionnante collection, privilégiant toujours la qualité.