livres anciens et modernes, manuscrits, autographes

Expositions des lots : lundi 12 novembre - 11:00/18:00 - mardi 13 novembre - 11:00/18:00 - mercredi 14 novembre - 11:00/12:00
Vente : mercredi 14 novembre 2018 - 14:00
Salle 1 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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Lot n° 13 - EXEMPLAIRE DE SÉBASTIEN LE PRESTRE DE VAUBAN COMPORTANT QUATRE PAGES DE NOTES AUTOGRAPHES SÉBASTIEN LE PRESTRE DE VAUBAN (1633-1707)
Projet d'une dixme royale, (Rouen) 1707. In-4 (251 x 190 mm).
Veau fauve de l'époque, triple filet à froid en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné de fleurs de lys, pièce de titre maroquin rouge, roulette dorée sur les coupes, tranches marbrées.
4 ff., 204 pp., 19 pp. pour l'index, 1 p. d'errata, un tableau dépliant.

Très rare édition originale.
Les Arrêts du Conseil privé du roi devaient enjoindre que tous les exemplaires (au nombre de 276) fussent saisis, confisqués et mis au pilon»
(En Français dans le texte n°134).
Imprimée furtivement à quelque trois cents exemplaires hors commerce, sans nom d'auteur, la Dîme royale fut condamnée à la destruction par le Conseil privé du roi Louis XIV le 14 février 1707. Les finances étant du domaine réservé de la monarchie, l'ouvrage ne manqua pas de faire grand bruit à Paris et à la Cour. Le maréchal de Vauban avait pris le risque de faire circuler son projet de réforme en usant de tout son crédit de grand serviteur de l'Etat. Sa disgrâce et sa mort, le 30 mars, dénouèrent la crise. Au déclin du grand règne, le maréchal formule un programme trop en avance sur son temps et préconise une dîme proportionnelle aux revenus qui viendrait se substituer aux autres impôts, frappant toutes les classes confondues. Le Projet ruinait le pouvoir des privilégiés et des financiers. «La robe entière en rugit pour son intérêt», écrit Saint- Simon. L'ouvrage révèle le démographe, l'ingénieur, le statisticien, l'agronome. Il évalue la population du royaume à dix-neuf millions de sujets (la sous-estimant de dix pour cent seulement), quand on pourrait en nourrir aisément vingt et- un millions, juge-t-il. Exceptionnel exemplaire de Vauban lui-même comportant quatre pages de notes autographes jugées alors bien trop hardies pour être publiées. Les armes gravées de l'auteur sont collées sur le titre, et en guise de bandeaux et culs-de-lampe pour chaque chapitre. Les quatre pages de notes et corrections sont intercalées entre les pages 170 et 171; les pages 171 à 174 étant elles-mêmes raturées par endroits. On citera ce passage qui donne le ton: «Il faut distinguer deux sortes de nobles: les uns qui le sont par le mérite et les services que leurs ancêtres ont rendus à l'État, ou qu'ils ont rendu et rendent encore eux-mêmes; les autres pour avoir acheté la noblesse par argent. Les uns sont utiles à l'État, parce qu'ils le soutiennent et lui font honneur, au lieu que les autres lui sont à charge, comme il a été montré au commencement de ce traité.
Ainsi, ce qui va être dit regarde la véritable noblesse, dont il serait bon de faire un catalogue dans chaque province, et même dans chaque généralité, pour ne pas s'y méprendre.»
Ce précieux exemplaire est cité par Brunet (Supplément II, 848).
Rousseurs, reliure restaurée, charnières fragiles.

RÉFÉRENCE
En français dans le texte, BN, 1990, n° 134.
Schumpeter, Histoire de l'analyse économique I, 1983, pp. 287-288: «Un des travaux remarquables dans le domaine des finances publiques, inégalé avant ou après dans la clarté et la force de l'argument (...). Jamais personne ne comprit mieux la véritable relation entre les faits et l'argumentation. C'est ce qui fait de lui un classique de l'économie.» Quentin, Fleurons de la Bodmeriana, 2005, n° 44.

PROVENANCE
Henri de Lassize (cat. II, 1867, n° 1288). La collection de ce bibliophile éminent offrait une réunion incomparable de livres précieux consacrés à l'histoire des idées et à l'économie politique.

EXEMPLAIRE DE SÉBASTIEN LE PRESTRE DE VAUBAN COMPORTANT QUATRE PAGES DE NOTES AUTOGRAPHES SÉBASTIEN LE PRESTRE DE VAUBAN (1633 1707) Projet d'une dixme royale, (Rouen) 1707. In 4 (…

Lot n° 14 - CONTES DE PERRAULT DANS UNE RELIURE AUX ARMES D'ALEXANDRE DE LA ROCHEFOUCAULD CHARLES PERRAULT (1628-1703)
Contes de Monsieur Perrault, avec des moralités.
Nouvelle édition. A Paris, au Palais. Chez Nicolas Gosselin, Grand-Salle, à l'Envie, 1724. In-12 (164x90 mm).
Plein veau granité de l'époque. Armoiries au centre des plats. Dos à 5 nerfs ornés. Roulette sur les coupes.
4 ff. (titre, épître dédicatoire), 233 pp. et 1 f.

Septième édition collective des Contes de Perrault, la première ayant paru en 1697. Elle comporte La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître chat ou le Chat botté, Les Fées, Cendrillon, Riquet à la houppe et Le Petit Poucet.
Au-dessus de la dédicace à Mademoiselle (la fille du duc d'Orléans, princesse palatine) figure un bandeau décoré avec la devise «Je suis belle & suis née / Pour être couronnée».
Un feuillet déchiré sans manque a été habilement restauré ainsi que de tous petits défauts à la reliure.
Puisés dans la tradition orale, les Contes de Perrault ont donné une forme littéraire d'une grâce parfaite à des histoires qui, destinées à l'origine aux enfants, mettent en scène des passions et des mythes fondamentaux de l'humanité, ce qui a assuré leur succès universel jusqu'à nos jours. La rareté de toutes les éditions des Contes de Perrault jusqu'au début du XVIIIe siècle s'explique en partie par le fait que, étant donnés en lecture aux enfants, peu d'exemplaires ont résisté aux atteintes du jeune âge.
Leur qualité littéraire et leur valeur bibliophilique ne furent pleinement appréciées qu'au milieu du XIXe siècle sous l'influence notamment de Charles Nodier. C'est pourquoi il est exceptionnel de rencontrer des éditions anciennes en reliure aux armes, qui plus est quand la provenance est aussi illustre.

PROVENANCE
Cet exemplaire fut en effet celui d'Alexandre de la Rochefoucauld (1690-1762), duc de la Rochefoucauld et de la Roche-Guyon, prince de Marsillac, marquis de Liancourt, pair de France, fils de François VIII, arrière-petit-fils du moraliste. Grand maître de la garde-robe du roi, il fut disgracié en 1744 après avoir mené une cabale contre Mme de Châteauroux, favorite de Louis XV. Il se retira dans son château de La Roche-Guyon, qu'il entreprit de réaménager entièrement (notre exemplaire porte sur sa page de titre le cachet de la bibliothèque du château). Il s'entoura de scientifiques, d'artistes et d'écrivains et compta parmi les soutiens des lumières. De cette grande famille aux nombreuses ramifications, c'est l'un des membres qui cultiva le plus assidûment les lettres, et le soin qu'il mit à habiller son exemplaire des Contes témoigne de la sûreté de son goût.
Exceptionnel dans cette condition.

RÉFÉRENCE
Tchemerzine, IX, 181.

CONTES DE PERRAULT DANS UNE RELIURE AUX ARMES D'ALEXANDRE DE LA ROCHEFOUCAULD CHARLES PERRAULT (1628 1703) Contes de Monsieur Perrault, avec des moralités. Nouvelle édition. A Pari…

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