DROUOT
mardi 06 déc. à : 14:00 (CET)

VENTE MOBILIER OBJETS D'ART DESSINS ET TABLEAUX

Art Valorem - 01 71 20 31 43 - Email CVV

Salle 4 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot 75009 Paris, France
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Lot 1 - Jean BLAEU . Théâtre des états de son altesse royale le duc de Savoie, Prince de Piémont, Roy de Cypre La Haye, Adrian Moetjens, 1700. 2 volumes grand in-folio, maroquin rouge, triple filet sur les plats, dos à 10 nerfs très joliment ornés, tranches dorées (Reliure de l'époque). Brunet, V-771 / Perret, II-10487 /// I. (9f.)-129 / II. (5f.)-183-(1f.). Édition originale française de ce superbe ouvrage consacré au Piémont et à la Savoie. L'édition originale avait paru en latin, à Amsterdam, en 1682, chez les héritiers de Blaeu. Elle est illustrée d'une très importante iconographie qui se compose de 2 frontispices dessinés par Glaeiresse, gravés par Blooteling et Valck, 3 portraits dont celui de Victor Amédée II dessiné par Bourdin gravé par Gunst, celui de Charles Emmanuel II par Nanteuil et celui de Marie Jeanne Baptiste de Savoie dessiné par Laurent Du Sour, gravé par Nanteuil, 2 vignettes-de-titre, 2 bandeaux, 2 lettrines, 60 culs-de-lampe dont certains répétés, et 135 planches hors texte, parfois sur double page ou dépliantes dont une planche d'armoiries, une de généalogie, 3 cartes, 3 plans et 127 planches de vues de villes, parfois à vol d'oiseau, palais et bâtiment, motifs architecturaux, la plupart de ces gravures ne sont pas signées. On y trouve notamment des vues d'Annecy, Chambéry, Évian, Thonon, Montmélian, Bonneville, La Roche, Nice, Villefranche Perret annonce à tort 142 planches pour les 140 décrites ici qui correspondent parfaitement aux 2 tables placées en fin de volume. Splendide exemplaire en maroquin rouge de l'époque, condition très rare. L'exemplaire porte des fantômes d'armoiries sur les plats. Celles-ci ont été très proprement effacées à une époque ancienne, peut-être à la Révolution, époque où les armes sur les volumes, signe d'une appartenance noble, condamnaient ces volumes à être mutilés par l'imbécillité et la sauvagerie des hommes. Minimes défauts aux reliures avec de petites variations de couleurs sur les plats dues à une reteinte probablement faite après que les armes ont été effacées, déchirure marginale à un frontispice n'atteignant pas la gravure, minimes défauts et quelques pages légèrement brunies.

Estim. 20 000 - 30 000 EUR

Lot 13 - BEAUX ARTS - CUBISME. 6 documents. GLEIZES Albert (1881-1953) 3 lettres autographes signées, Paris, Saint-Rémy de Provence, 21 décembre 43, 1er mars 50 et (le 27 avril s.d.). 4 pp. in-8 et in-4. Sur les pages in-8, tampon à son adresse. La lettre du 27 avril porte 4 trous réalisés par une perforeuse, dans le texte et une déchirure marge latérale droite. Le 1er mars, il remercie son correspondant pour la vente de deux tableaux et poursuit, « Je suis heureux d'apprendre par vous le succès moral et matériel de votre exposition, heureux pour vous et pour les camarades qui ont intéressé les amateurs suisses [] Et je souhaite que ce travail sur le cubisme, auquel vous faites allusions, vous soit confié. Il y a tant de choses à ce sujet qui restent à dire et qui ont échappé jusqu'ici [] ; Le 27 avril, il autorise « bien volontiers à publier l'article extrait d'un manuscrit « En attendant la Victoire », écrit en 1917 à New York [] & paru dans ars nova en mars 1919 - Mais comme cet article ne répond probablement plus tout à fait à ce que je pense aujourd'hui je vous serais reconnaissant de m'envoyer les épreuves afin que je puisse faire des corrections inévitables- [ ] » ; LAURENS Henri (1885-1954) lettre autographe signée à M. Diehl, Paris, 29 mars 50. 1 p in-4 oblong. Il lui demande « [] une notice du salon de mai pour le peintre Danois Mogens Andersen [] » ; LHOTE André (1885-1962) lettre autographe signée, (s.l.) 10 décembre 44. 1 p. gd in-4. Intéressante lettre dans laquelle il le remercie pour un article « [] témoignages d'amitié et de compréhension qui donnent le courage de persévérer dans la vie difficile. Il faudra venir [] pour voir ma nouvelle installation et aussi mes nouvelles gouaches. Je crois que je tiens la synthèse de mes recherches sur la ligne, le clair obscure et la couleur. La boucle est bouclée, et vous verrez que c'est le cas de le dire [] » ; METZINGER Jules (1883-1956) lettre autographe signée à M. Tabarant, St Valery en Caux , 6 septembre 1925. 3 pp. 1/2 in-8. Il explique « La décoration murale et le tableau : deux choses qui n'ont rien de commun ! Qu'on peigne à la fresque les murs des monuments publics, mairies, théâtres, gares, casernes etc. Mais qu'on laisse les tableaux orner nos habitations ! La décoration murale pour appartements me semble contraire au sens de l'intimité On aime à changer les tableaux de place pour en tirer sous un jour nouveau de nouveaux plaisirs ; avec des murs que faire ?[] ».

Estim. 300 - 400 EUR

Lot 16 - CURIOSA LOUYS Pierre (1870-1925) Bel ensemble de 6 poèmes autographes érotiques (s.l.n.d.). 5 pp. ½. in-4, rédigés à l'encre violette, contrecollés sur carton fort. On joint un jeu d'épreuves de l'ouvrage Cydalise, portant quelques corrections à l'encre. Ces poèmes rédigés à l'encre violette, furent publiés dans l'édition posthume : Pierre Lous, Cydalise, Les Amis de l'Ecrivain, Paris, 1949 ; ainsi que dans OEuvre érotique, Robert Laffont, Paris, 2012. Cet ensemble compte les poèmes « Je palpais » p 37, « Il neige, il vente » p 61, « la fillette à poil s'agenouille » p 80, « Cette enfant-là ne pense à rien » p 101, « j'ai des habitudes » p 104, « Tu mont's chez moi joli garçon » p 112, « Montre-nous ça » p 120. Nous notons des indications intéressantes telles que les poèmes Je palpais et Il neige, il vente sont rédigés l'un à la suite de l'autre sur la même feuille. Cette feuille porte les indications « fin » et « homme et comme ». Les poèmes Tu mont's chez moi joli garçon et Montre-nous ça, portent des variations et des corrections autographes, qui pour certaines ne figurent pas dans le texte de l'épreuve jointe (ratures et ajouts). Dans le premier quatrain de Montre-nous ça : « Fais donc pas la bête, eh microbe ! Monsieur ne va pas t'avaler. Montre-nous çà : lève ta robe ! Mets toi comme pour te branler. 'ouvre bien les pattes, ma belle » [en marge]. Dans les épreuves « lève ta robe » change en « ôte ta robe » l'ajout en marge ne figure pas dans l'épreuve.

Estim. 300 - 400 EUR

Lot 58 - Bernard BOUTET DE MONVEL ( 1881-1949) Portrait de Consuela "Consie" Vanderbilt, 1936 Huile sur toile, 40 x 25 cm monogrammée en haut à droite : « BBM » Provenance: Collection particulière. Un certificat de Monsieur Stéphane-Jacques ADDADE, Membre de la Chambre Européenne des Experts d'Art, sera remis à l'acquéreur. En décembre 1935, William K. Vanderbilt, Jr (1878-1944), magnat de la construction maritime et des chemins de fer surnommé comme l'avait été son bisaïeul " le commodore ", commande à Bernard Boutet de Monvel son portrait. Pour le peindre, l'artiste se rend à Miami, Alva Base, une vaste propriété sur Terminal Fisher island où se trouve amarré le Alva, un yacht de 264 pieds baptisé par le commodore du prénom de sa mère et inauguré en 1931. Son portrait de face présente William K. Vanderbilt, Jr. devant son yacht, tandis que son portrait de profil, peint au même moment par Bernard Boutet de Monvel en préparation de l'exposition " Profiles ", le montre devant la demeure de style spanish revival que venait d'édifier l'architecte Maurice Fatio (1897 - 1943) sur la propriété. C'est cette même villa d'Alva Base que l'on retrouve en arrière-plan du portrait, probablement exécuté gracieusement au vu de son format, de la deuxième fille du Commodore, Consuelo "Consie" Vanderbilt (1903-2011), tout juste divorcée de Mr. Earl E. T. Smith et retournée vivre chez son père. Âgée d'environ 33 ans, le modèle pose de profil, comme pour souligner sa stupéfiante ressemblance avec cette autre Consuelo, sa tante, Consuelo Vanderbilt- Balsan (1877 - 1964), la fameuse duchesse de Malbourough si admirée et portraiturée quelques années plus tôt par John Singer Sargent, Giovanni Boldini ou encore Paul César Helleu. "Consie" Vanderbilt se présente coiffée d'un foulard à larges rayures rouges et blanches noué en fichu. Ce foulard à la dernière mode, qui n'est pas sans rappeler celui arboré par Mlle Jacqueline Delubac pour la scène de dîner dans le film de Sacha Guitry Désiré (1937), est le sujet principal de la composition du tableau. Il offre à Bernard Boutet de Monvel l'agrément, tout en s'écartant d'une palette convenue, de témoigner de son étourdissante virtuosité dans le traitement des plis de la soie, de leur volume, de la déformation de ses rayures, ainsi que dans le jeu de la lumière sur sa matière. Quelques semaines plus tard, le modèle retrouvera son peintre dans son atelier de New York pour découvrir le portrait de son père et lui commander celui de sa fille, avant de raviser, prétextant qu'elle " n'a pas les moyens " d'une telle dépense ; une excuse qui provoquera chez Bernard Boutet de Monvel ce commentaire amusé : " Ça complète ma collection des millionnaires affamée avec Mrs Rockefeller ! "

Estim. 5 000 - 8 000 EUR

Lot 66 - DUY TÂN VIETNAM - DUY TÂN ou NGUYEN PHUC VINH SAN, VIETNAM (1900 - 1945). Dessin (1915) et lettre (1916) à son ami Lucien Faraut . DUY TÂN est empereur du Viet-Nam de 1907 à 1916 jusqu'à l'échec de la révolte qu'il mena contre le protectorat français. Détrôné le 13 mai 1916 par le gouvernement français, il est exilé à la Réunion. Cette lettre a été écrite quelques jours avant sa destitution. Lettre datée du 26 avril 1916: « Hué, 26 avril 1916 Mon cher Lucien, J'ai reçu de vous une lettre qui m'a fait très plaisir. En même temps qu'elle relate les divers incidents de votre voyage elle m'apporte le souvenir d'un ami avec lequel j'ai passé plusieurs heures heureuses. Soyez assuré que, à ce sujet, tout mes remerciements vont vers vous. Quoique vous soyez à plusieurs centaines de kilomètres de moi, en écrivant cette lettre, il me semble que je joue encore au tennis avec vous. Moi, ici, je n'ai pas beaucoup de choses à vous apprendre mais si cela peut vous faire plaisir je vais vous raconter brièvement un voyage assez court en lui-même, mais qui faillit devenir d'une longueur. exagérée, j'allais dire étouffante. Le jeudi 20 avril à 7 heures et demi du matin, mon précepteur et moi nous montons en auto pour aller vers ce qui a été pour nous un mythe: Le col des nuages. Le commencement de notre voyage s'effectuera sans qu'il y ait rien à noter sauf cependant un fait physiologique de nature à intéresser les colonels-médecins qui sont en Annam.Quand on passe le matin de bonne heure devant les cai-pha , on remarque que tous les bons bourgeois qui se réveillent baillent comme des huîtres. Arrivés à Iruï nous entendons comme un coup de revolver sous l'auto. Pan! Un pneu qui crève. Vite nous nous mettons le steph-pneu. 500 mètres plus loin, un nouveau coup de pistolet. Ah! Pour le coup, c'en est trop. Il faut nous arrêter et laisser le chauffeur regonfler son pneu. Il nous demande une demi heure laquelle demi heure se prolonge et se change finalement en 2 heures. Nous décidons de déjeuner sous une cabane du voisinage, avec les provisions que nous avons eu soin d'emporter. Dès que nous eûmes fini, le chauffeur nous dit que la voiture pouvait marcher. Nous nous y embarquons et de là à Can-Haï il y eut 3 crevaisons de pneus. Nous fûmes obligés de nous arrêter à la gare de l'endroit et de télégraphier à Monsieur le Président Supérieur en le priant de nous envoyer une auto. Le vieux chauffeur de la Résidence Supérieure nous l'amena avec un empressement digne de louanges. Quand elle fût arrivée nous rentrâmes d'une traite à Hué sans incidents nouveaux. Voilà, mon cher ami ce voyage charmant que j'ai accompli le 20 avril et à ma prochaine lettre je vous raconterai une visite que j'ai faite à l'Agriculture. Recevez, mon cher Lucien, l'expression de mes sentiments affectueux. Duy Tan » Encre sur papier fin plié en deux . Dim : 23 X 17,5 cm. Pliure dans la partie médiane. Quatre déchirures au niveau des pliures. Tache sous la signature. Etait joint à la lettre, un dessin signé DUY TAN, daté d'août 1915 figurant très probablement le visage de son ami Lucien Faraut. Annoté, Dua Vung. Dessin au crayon sur fin papier quadrillé. Dimensions : 11,5 x 15 cm. (Pliure dans la partie médiane. Deux déchirures en bordure n'affectent pas le dessin lui-même, la plus grande mesure 3 cm.) Lucien Faraut ( 1902 Marseille - 1999 Aix en Provence) possédait trois concessions à Dalat où il était planteur. Son père était présent dans la région dès le début du 20ème siècle. De nombreuses photos de famille et documents témoignent de cette vie indochinoise qui va perdurer jusqu'au milieu du siècle.

Estim. 1 500 - 2 500 EUR