DROUOT
jeudi 20 juin à : 15:00 (CEST)

Masters : Arts d’Orient et de l’Inde

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Salons du Trocadéro - 5 avenue d'Eylau 75116 Paris, France
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61 résultats

Lot 1 - * Coupe samanide épigraphique - Asie centrale, Nishapur, Xe siècle Céramique tronconique, à pâte siliceuse à engobe beige, peint en manganèse. Les parois internes sont couvertes d'inscriptions en coufique convergeant vers le point central du fond. Dim. : 9 x 26.5 cm Etat : Cassée, collée, sans bouchage important. Provenance : Vente publique, marché britannique. Ce lot est vendu en importation temporaire. Inscriptions : al-wafa’ ‘aziz (jawwad?) wa qalil fa‘iluhu … La loyauté est chère (généreuse ?), mais rares sont ceux qui la pratiquent...". ‘Loyalty is dear (generous?), but they are few who do it …’ Il s'agit de la même inscription ou d'une variante que celle figurant sur un bol du musée Reza 'Abbasi (A. Ghouchani, Inscriptions on Nishabur Pottery, Téhéran, 1986, n° 54). On peut attribuer aux potiers samanides l'invention du décor contrasté peint à l'engobe brun sur engobe blanc sur faïence rouge. Ces céramiques sont parmi les premières pièces produites dans le monde islamique où l'épigraphie est le seul ornement. Un grand nombre d'entre elles ont été mises au jour à Nishapur et à Samarqand (Afrasiyab) et, bien qu'aucune ne soit datée, elles sont généralement attribuées au 10e siècle. Hillenbrand soulève la question du mécénat et du contexte, car les inscriptions sont exclusivement en arabe, mais elles ont été produites en terre perse. La calligraphie de nos plats rappelle fortement celle que l'on trouve sur les corans copiés en coufique "oriental", où l'utilisation des élongations (mashq) contraste avec les traits ascendants allongés. Alors que les inscriptions sur les objets métalliques sont essentiellement dédicatoires, les inscriptions sur les céramiques samanides sont plus simples, de l'ordre du proverbe. De nombreuses inscriptions font allusion à la foi, à la générosité et à de nobles qualités.

Estim. 15 000 - 20 000 EUR

Lot 4 - Base de chandelier au nom de ‘Ala’ al-Din ‘Ali (m.1350), fils de Balban al-Badri - Syrie, Art mamelouk, Première moitié du XIVe siècle Fabriqué à partir d'une feuille de cuivre martelé dorée au laiton et incrustée d'argent, le corps est orné d'un important bandeau d'écriture en "thuluth" divisé en deux sections par deux cercles à décor de fleurs de lotus, sur fond de fins rinceaux floraux. Etat : Incrustations d'argent lacunaires. Ancienne restauration du plateau, et fissures, bobèche remplacée. 29 x 32 cm Cette pièce a été réalisée pour 'Ala' al-Din 'Ali ibn Balban al-Badri, qui était un émir de la tabal-khana (groupe militaire) à Damas, puis devint gouverneur de Naplouse et de diverses autres localités. Il était connu pour sa droiture et sa bonne conduite. Il mourut en Rabi' II 751/1350 (Salah al-Din al-Safadi, al-Wafi bi'l-wafiyat, vol. 20, Beyrouth, 1420/2000, p. 167). En Égypte, de nombreux chandeliers de ce type étaient offerts à des mosquées, des mausolées et des écoles coraniques. Les souverains mamelouks d'Égypte et de Syrie furent d'importants mécènes des arts et de l'architecture. Provenance : Galerie Alexis Renard, Paris. circa 2015-2016. Inscriptions : - al-maqarr al-‘ali al-mawlawi al-amiri al-kabiri al-‘ala’i amir / ‘ali walad al-janab al-‘ali balban al-badri al-maliki al-nasiri - al-maqarr al-‘ali al-mawlawi al-amiri al-kabiri al-ghazi al-mujahidi a/l-‘ala’i amir ‘ali walad al-janab al-‘ali balban al-badri al-maliki al-nasiri - Une inscription ultérieure de possession au nom de / An owner’s inscription reads: ‘Yahya ‘Ali Rajih’.

Estim. 20 000 - 30 000 EUR

Lot 5 - Bassin au nom d'un grand émir (officier) du Sultan Malik as-Salih - Syrie ou Egypte mamlouque, Seconde moitié du XIVe siècle En cuivre, de forme cylindrique profonde avec un large bord évasé. Le bord intérieur est inscrit d'un large bandeau calligraphique thuluth séparée par des médaillons circulaires animés de canards en vol. Le fond du bassin est gravé de sept médaillons à décor géométrique. L'extérieur du bassin est décoré d'un large bandeau épigraphique, en calligraphie thuluth sur fond d'arabesques spiralées, entrecoupé de trois mandorles foliées. Etat : fissures et restaurations ancienne, patine brune ajoutée. 18 x 45 cm Ce bassin témoigne d'une élégance calligraphique emblématique du travail des artisans mamelouks, héritiers des artisans ayyoubides. Les bandeaux calligraphiques en thuluth allongé sont devenus le principal élément décoratif des objets en métal produits pour les souverains d'Égypte au cours des premières décennies du XIVe siècle. Les deux registres épigraphiques importants, à l'extérieur et sur le bord intérieur donnent les longs titres d'un émir anonyme au service du sultan al-Malik al-Salih. Ce nom peut faire référence à trois sultans mamelouks du XIVe siècle : al-Malik al-Salih Isma'il (r. 1342-5), al-Malik al-Salih Salih (r. 1351-4), al-Malik al-Salih connu sous le nom de al-Mansur Hajji II (r. 1382 et 1389-90). Provenance : Collection particulière française. En prêt à l'Institut du Monde arabe, Paris, de 2005 à 2023. Inscriptions : - Sur le marli / Around the inside of the rim: al-jana[b] al-karim al-‘a/li al-mawlawi al-amiri al-kabir[i] a/l-ghazi al-‘ahidi [sic] [al-mujahid] al-mur[abiti] al-‘aw[ni] / al-‘amili al-sayyidi al-sanadi a / …li al-dhukhri al-humami al-‘alimi / al-maliki al-malali [sic] al-nasiri "Sa noble excellence, le haut, le seigneur, le grand émir, le saint guerrier, le champion de la foi, le défenseur, l'aide, le diligent, le chef, le soutien ... la maison du trésor, l'héroïque, le savant, le possesseur, l'affilié à al-Malik al-Nasir". - à l'extérieur sur la panse : al-janab al-‘ali al-mawlawi al-amiri al-ghazi al-mujahid[i] al-murabiti al-mu’ayyadi al-‘adudi al-dhukhri al-muhtarami / al-makhdumi al-humami al-qawami al-nizami al-nasiri al-kafili al-as’adi al-arshadi / al-iftikhari al-sayyid al-zahidi al-‘abidi al-khashi‘i al-nasiki al-maliki al-nasiri Sa haute excellence, le seigneur, l'émir, le saint guerrier, le champion de la foi, le défenseur, l'assisté (par Dieu), l'aide, le trésor, le vénéré, le bien servi, l'héroïque, le pilier, l'ordre, le vainqueur, le vice-roi, le plus chanceux, le plus juste, la fierté, le chef, l'ascète, l'adorateur, l'humble, le dévot, l'affilié à al-Malik al-Nasir.

Estim. 15 000 - 20 000 EUR

Lot 7 - Chandelier de la fin des Mamelouks - Egypte ou Syrie, fin du XVe - début du XVIe siècle Fabriqué à partir d'une feuille de cuivre martelé dorée au laiton et ciselé à décor tapissant. Le corps est orné d'un important bandeau d'écriture en "thuluth" divisé en trois sections par trois médaillons au blason d'échanson, sur fond d'arabesques spiralées et fleuronnées. L'épaule bombée et la bobèche cylindrique reprennent le même décor. Etat : légers chocs, partie supérieure de la bobèche manquante et remplacée, fissures restaurées au col. H. : 33 ; Diam. base : 30 cm Le motif héraldique visible sur le blason répété de ce chandelier, se retrouve sur les oeuvres de plusieurs émirs de la dynastie mamelouque. On la retrouve sur nombreuses pièces textiles comme un tapis du musée du Textile de Washington (n° 1965.49.1) et sur des métaux comme un plateau conservé à l'Ambassade d'Egypte de Washington (n°15944). Provenance : Mirabaud et Mercier, 25 novembre 2022, n°140.1 Ancienne collection française. Bibliographie : Atil, Esin, Renaissance of Islam : Art of the Mamluks. Washington, D.C.: Smithsonian Institution Press, 1981. pp. 108-109 et 240-241. Inscriptions : Autour du col, répétitions de : al-maqarr al-ashraf al-‘ali Autour du corps / Around the body: al-maqarr al-ashraf al-karim al-‘ali al-mawlawi / al-amiri al-kabiri al-sayyidi al-maliki / al-humami al-nidami [sic]al-akmali al-amjadi Autour de l'épaule répétitions de : al-maqarr al-‘ali al-mawlawi al-amiri

Estim. 10 000 - 20 000 EUR

Lot 8 - * Al-Sharif ibn al-Sharif Daftar Kwan al-Tusi al-‘Adili Ali ibn Muhammad ibn al-Reza ibn Muhammad al-Husayni al-Musawi (m.1257) - Alf Ghulam wa-Ghulam (Mille et un garçons adorables), Proche Orient, XIIIe siècle Manuscrit arabe sur papier, acéphale, 38 feuillets, 21 lignes à la page, écrit en écriture naskhi noire, mots importants mis en exergue à l'encre rouge, incomplet au début, reliure en cuir composite avec décor estampé et doré. 24.6 x 18 cm Provenance : Collection particulière, Royaume-Uni depuis 1990 Ce lot est vendu en importation temporaire. L'auteur de ce texte n'est pas certain : une copie conservée à la bibliothèque de l'Escurial, Madrid, l'attribue au même nom qui apparaît dans le présent manuscrit. Selon d'autres sources, le nom de l'auteur serait Abu Mansur 'Abdalmalik ibn Muhammad Ismail al-Tha'alibi (d.1038). L'intérêt de notre manuscrit est qu'à la 3e ligne de la dernière page, le nom de l'auteur mentionné vient conforter la mention du manuscrit conservé à l'Escurial, source également soutenue aussi par T. Bauer, "Male-Male Love in Classical Arabic Poetry", in The Cambridge History of Gay and Lesbian literature, 2014. Poète et auteur né à Hama, en Syrie, Al-Sharif ibn al-Sharif Daftar Kwan al-Tusi al-'Adili Ali ibn Muhammad ibn al-Reza ibn Muhammad al-Husayni al-Musawi rédige à l'image des Mille et une nuits (Alf layla wa-layla) une des premières compilations d'épigrammes érotiques, forme littéraire populaire sous les Ayyoubides et les Mamelouks, qui a pour base la représentation de l'être aimé via des typologies. Il a également produit en parallèle, un volume intitulé Les mille et une filles (Alf jariya wa-jariya). De nombreuses descriptions de ghulam (que l'on peut traduire par "beaux/aimables garçons" ou "favoris") sont énumérées dans les marges extérieures de chaque page, notamment celui qui "se tient sous la pluie ; ramasse les grêlons ; se tient dans la neige ; joue avec la neige ; glisse dans la boue ; aime dépenser de l'argent ; boit dans les tavernes ; traverse la mer à la nage ; plonge dans l'eau ; se noie". Al-Sharif ibn al-Sharif Daftar Kwan al-Tusi al-‘Adili Ali ibn Muhammad ibn al-Reza ibn Muhammad al-Husayni al-Musawi (d.1257 AD), Alf Ghulam wa-Ghulam (A Thousand and One Loveable Boys), Near East, 13th century

Estim. 40 000 - 60 000 EUR

Lot 9 - Rare copie ancienne et complète du livre sur « Le retour à la jeunesse du vieil homme grâce au pouvoir du sexe » (Kitab Rujû’ al-Shaikh ila Sibâh fî al-Quwa ‘ala al-bâh), en deux volumes, - de Shihab al-Din Abu al-Abbas Ahmed ibn Yusuf Al-Tifashi (m.1253), Orient, circa 1300. Manuscrit arabe en deux volumes, vol. 1 de 61 feuillets, vol. 2 de 69 feuillets, chacun 23 lignes par page écrite en naskh à l’encre noire, les titres et les mots importants dans une graphie allongée et plus large, des commentaires en marges et le numéro des folios à l’encre sepia. Le manuscrit s'ouvre par une page de titre suivie d’un sommaire des chapitres. Reliure postérieure en maroquin brun estampé à décor différent. Etat : 8 feuillets d’une autre main. Quelques réparations marginales, usures sur les bords, quelques tâches éparses, annotations à l’encre et au stylo. 26 x 18 cm Al-Tifashi, (580-651AH = 1184-1253 AD), était un écrivain traitant de sujets scientifiques et littéraires. Né en Tunisie ou en Algérie selon les sources, il étudie à Tunis puis au Caire où il devient l'élève d'Abd al-Latif al-Baghdadi. Après un séjour à Damas, al-Tifashi s'installe définitivement au Caire. Il est surtout connu comme minéralogiste et médecin, et a écrit de nombreux ouvrages, notamment sur les pierres précieuses ("Azhar al-afkar fi gawahir al-ahgar" = Fleurs de pensées sur les pierres précieuses, traduit en italien en 1818), et la sexologie (Nuzhat al-albab fima la yujad fi kitab = Les délices des cœurs de ce que vous ne trouverez dans aucun livre, et Risala fima yahtaj ilayh al-rijal wa-al-nisa fi isti'mal al-bah mimma yadurr wa-yanfa). Le Ruju al-Sheikh est à la fois son ouvrage le plus important et le plus célèbre. Associé à la littérature des bahnâmeh (de l’arabe bah signifiant luxure et du persan nameh signifiant livre), il a été traduit d’abord en persan par le médecin Muhammad Said bin Muhammad Sadek al-Isfihani, puis compilé et traduit en turc ottoman par le juriste Kemalpasha-zade (Ibn Kemel Pasha) pour le sultan Selim en 1519. À la fin du XIXe siècle, il a également été traduit en anglais sous le titre "The Old Man Young Again", Paris 1898. Au fil du temps, l’aspect médical des Bahnameh a perdu de son importance, au profit de récits narratifs provocateurs à tendances obscènes. Ainsi, la version ottomane du Ruju Al-Sheikh, qui est la plus répandue, est quasi expurgée de la partie médicinale du traité. La présente copie a la particularité de montrer la version originale et complète du traité, où l’aspect médical prime. L’ouvrage est divisé en deux parties de 30 chapitres chacun. La première traite de la physiologie des organes sexuels, de l'hygiène et des aspects nocifs et bénéfiques des rapports sexuels, fournit un grand nombre de médicaments simples et composés qui servent d'aphrodisiaques et décrit des pratiques magiques visant à accroître la puissance sexuelle. Il comprend de nombreuses citations de médecins anciens grecs et arabes. Le second livre est un guide érotique pour les hommes et traite des secrets des femmes, de leur physionomie, des cosmétiques, des aphrodisiaques, de la pratique sexuelle, et regorge d'anecdotes et de poèmes de nature plutôt obscène. Ruju al-Sheikh est l'ouvrage scientifique le plus important de la littérature sur la sexualité du monde arabo-musulman. Contrairement aux versions ultérieures, notre manuscrit est un des rares exemplaires complets du texte originale arabe, dont très peu d’exemplaires nous sont parvenus. Brockelmann répertorie un petit nombre de manuscrits, dont la plupart semblent très tardifs. A la fin du deuxième livre on peut lire une marque de propriété datée de l’an 739 de l’Hégire, (=1338-39). Compte tenu du papier et de la calligraphie utilisés, ainsi que des résultats de la datation au Carbone 14, ce manuscrit semble être le plus ancien manuscrit connu de ce traité, copié au cours de la première moitié du XIVe siècle, quelques décennies seulement après la mort de l’auteur. En outre, aucune version arabe de ce traité (et non les versions persanes ou ottomanes ultérieures) ne semble avoir été proposé aux enchères au cours des dernières décennies. Intégralité de la fiche sur millon.com https://www.millon.com/catalogue/vente3093-masters-arts-dorient-de-linde/catalog/view

Estim. 80 000 - 120 000 EUR

Lot 10 - Anthologie de littérature arabe andalouse des Xe-XIIe-XIIIe siècle, Copie autographe par Ali ibn Musa Ibn Saïd al-Maghribi (m.1286) - Espagne ou Proche Orient, circa 1255-1285 Manuscrit en arabe, sur papier fort oriental, sans titre ni colophon, de 193 feuillets, calligraphié à l’encre sépia, en beau naskhi de 21 lignes par page, avec les titres en large écriture maghribi. Le manuscrit contient 386 notices plus ou moins étendues de poètes ou prosateurs andalous des V-VI-VIle siècles de l'hégire avec systématiquement des extraits de leur diwan. Les notices couvrent en moyenne une page, mais certains poètes bénéficient de plusieurs feuillets. Reliure à rabat, plats estampés à froid Etat : anciennes mouillures marginales, restaurations de papier ne touchant pas le texte sauf pour une douzaine de feuillets. Notes marginales principalement perpendiculaires, de la même écriture. 20 x 13,5 cm Une datation au Carbone 14 par le laboratoire Ciram confirme la datation entre 1256 et 1304 (2 σ - 86,1% confidence). Provenance : Ancienne collection de son Excellence l'Ambassadeur M. B. A., acquis dans les années 1970. Références bibliographiques:
 Encyclopédie Islamica - III - 950. Levi- Provençal: le Zagel hispanique dans le Mughrib d'Ibn Saïd. Arabica I-fasc. I-1954. G. Potiron: Un polygraphe andalou du XIIIe siècle. Arabica XIII-fasc. 2-1966. L’auteur : 
 Ibn Saïd al-Maghribi (1213-1286), également connu sous le nom d'Ibn Saïd al-Andalusi, est un polymath et le plus grand connaisseur de la poésie produite en Al-Andalus au cours des XIIe et XIIIe siècles. Il est né près de Grenade, dans une famille éminente au service de la dynastie almohade, descendant d'un compagnon du prophète. Sa vie est rythmée par ses recherches qui le mènent à rencontrer de nombreux savants et à explorer de nombreuses bibliothèques (Le Caire, Marrakech, Séville, Damas, Homs, Mossoul, Bagdad, Arménie, Tunis). Il effecture le pèlerinage en 1249, puis se rend à Damas, où il rencontre le sultan ayyoubide al-Mu'adham b. al-Malik al-Salih. En 1254, il entre au service du sultan hafside Abu Abdallah al-Mustansir. Il visite également l'Arménie et se rend à la cour mongol de Hulagu Khan de 1256 à 1265. L’oeuvre de Ibn Saïd Ibn Said aurait écrit ou compilé au moins quarante ouvrages dans tous les genres littéraires, incluant l'histoire, la géographie, la littérature et la poésie. La plupart de ses travaux sont des anthologies et des encyclopédies, comme le présent manuscrit. Sa monumentale œuvre est l'achèvement de l'ouvrage en quinze volumes du "Kitab al-Mughrib fi-Hula al-Maghrib" ("Le livre extraordinaire sur les parures de l'Occident"), initié plus d'un siècle auparavant par Abû Muhammad al-Hijari (m. 1155) à la demande de l'arrière-grand-père d'Ibn Saïd, et complétée par différents membres de sa famille. L'ouvrage, également connu sous le nom de Kitâb al-Mughrib, se situe à mi-chemin entre une anthologie de la poésie et une géographie, rassemblant des informations sur les poètes du Maghreb organisées par origine géographique. Selon Louis Crompton, il s'agit "peut-être de la plus importante" des diverses anthologies de poésie médiévale andalouse. Le présent manuscrit Le present manuscrit, qui contient 386 notices et extraits de poètes andalous, se présente comme une anthologie sans classification, contrairement à la présentation du «Mughrib». Le présent texte semble se rattacher à une partie perdue de l'oeuvre d'Ibn Saïd. En partant de la bibliographie exhaustive établie par G. Potiron, il doit appartenir à l'un des titres suivants réputés comme perdus : le N°8 Muluk al-Shi'r, le N°9 al-Muqtataf min hula-l-Arus al-Andalusiya, le N°10 al-Muqtataf min azahir al-Taraf, le N°22 Kunuz al-Adab, le N°30 al-Mirzama. Trois oeuvres autographes sont connues : - Bibliothèque de l'Escurial, Madrid, - Université de Tubingen - Bibliothèque royale d'Egypte La comparaison des graphies, des particularités de l'arabe hispanique et des rajouts en marge ne laisse pas de doute sur l'authenticité autographe du présent manuscrit. Par ailleurs, à partir de la p. 62, l’auteur fait référence à sa famille. Il arrive enfin à sa propre notice qui occupe les pages 70 à 110. Il entame son anthologie qui occupe 40 pages en parlant à la première personne et se présente comme celui qui mit la dernière main au «Araïs al-Adab» ( ie «Falak al-Adab» titre général du Mughrib et du Muchriq). Il note qu'il fut l'un des secrétaires (katib) de l'Emir almohade Yahia b. Abdelwaheb. Page 82, il cite dix vers d'un poème de sa composition, rédigé en l'honneur du sultan Saladin, à l'occasion de la défaite des croisés à la bataille de Damiette (1250). Anthology of Andalusian Arabic literature from the 10th-12th-13th centuries, autograph copy by Ali ibn Musa Ibn Saïd al-Maghribi (d.1286)

Estim. 30 000 - 40 000 EUR

Lot 11 - Section des Aja’ib al-Makhluqat (Les Merveilles des choses créées et de la création des choses existantes) de Qazwini (m.1283) - Inde, probablement Deccan, XVIe-XVIIe siècle Traduction persane du traité arabe, manuscrit de 74 feuillets, calligraphié en naskh noir sur 27 lignes par page, avec quelques mots en rouge, illustré de 148 vignettes peintes à la gouache figurant des plantes, des créatures, des insectes, des animaux et des oiseaux. Le début et la fin de ce manuscrit qui a été replacé dans une reliure postérieure, manquent. 21 x 15,5 cm Provenance : Ancienne collection d'un antiquaire arménien, Paris, 1980. L'Ajaib al-Makhluqat d'Al-Qazwini a été l'un des ouvrages sur les sciences les plus appréciés et les plus populaires du monde islamique jusqu'au XIXe siècle. Il s'agit d'une cosmographie écrite à l'origine en arabe dans le troisième quart du 13e siècle. Son auteur, Zakariya ibn Muhammad ibn Mahmud al- Qazwini (d.1283), communément appelé "al-Qazwini", a beaucoup voyagé en Mésopotamie, en Syrie et en Irak, avant d'entrer au service de la cour Abbasside. Il dédie son traité de cosmographie, l'Ajaib al-Makhluqat, au gouverneur ilkhanide de Bagdad, Juvayni (m.1283). Cet ouvrage présenté comme une synthèse de l'ensemble des connaissances d'astronomie, de géographie, de géologie, de botanique, de zoologie et d’ethnographie, de l'époque, comporte souvent, dans sa version persane, des illustrations chimériques. A partir de la fin du XVIe siècle, le texte est introduit en Inde et de nombreuses copies sont alors produites dans le Deccan, à partir de modèles timourides et safavides.

Estim. 5 000 - 8 000 EUR

Lot 13 - Une des premières éditions du Coran de Kazan - l’Imprimerie du Gymnase asiatique, au colophon : aux frais de Joseph Ismail Oglou 1821 LE CORAN EN ARABE, Petit in-4 demi-basane à coins, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches jaspées. 764 p. et onze lignes par page. Papier mélangé azuré et blanc. Vignettes d’encadrement au deux pages frontispices. ( Bibliothèque S. de Sacy 1467 - Uns Khaldof, Dalil al-matbou’at fi Roussiya 318/13). La police de caractères utilisée est reconnue comme le naskh de Kazan (Kazanskii nash en russe). Références : Efim A. Rezvan, "A History of Printed Editions of the Qur'an," The Oxford Handbook of Qur'anic Studies ed. Mustafa Shah & M. A. S. Abdel Haleem (2020) 261-262 Yakubovych, Mykhaylo. History of the Printing of the Glorious Qur’an in Europe: Editions, their Quality and Accuracy, in: Studies of the Symposium on Printing the Qur'an (2014), Madinah: King Fahd Glorious Qur'an Printing Complex, 2016, p. 51-76. Le Coran a été publié pour la première fois dans une édition imprimée par des musulmans à Kazan, en 1803. Avant cette date, et pendant la majeure partie du XIXe siècle, le Coran avait été principalement transmis par copie manuscrite dans le monde musulman. Largement diffusé parmi les musulmans de Russie et des pays voisins de l'Empire ottoman, le tirage aurait été de 1 500 exemplaires. Les caractères arabes utilisés furent ceux de la presse de Saint-Pétersbourg, transférés à Kazan, en 1801-1802, lorsque la presse asiatique fut créée au gymnase de Kazan. Kazan et ses environs étaient parmi les régions islamiques les plus peuplées de Russie, ce qui engendrait une forte demande de livres religieux. La presse de Kazan était en fait la seule presse ayant le droit de publier de la littérature religieuse musulmane. L'étude de E. A. Rezvane révèle que l'édition de Kazan du Glorieux Coran occupe une place très importante non seulement dans l'histoire de la publication du Coran, mais aussi dans la préservation de l'identité religieuse islamique dans l'ensemble du monde musulman.

Estim. 4 000 - 6 000 EUR

Lot 15 - Une importante section de six juz consécutifs du coran - Maroc, époque des sultanats mérinides ou saadiens, XVe ou XVIe siècle Manuscrit arabe sur papier épais, 65 folios, calligraphié en écriture maghribi sur 17 lignes par page, les séparations de versets sont enluminées, marquées à l'unité par une pastille de trois points en pyramide, par un "ha" festonné pour les cinquièmes versets, par un grand disque polylobé pour les dixièmes versets, accompagnées en marge d'environ 235 grands médaillons variés peints en bleu, rouge et or. Cette section commence à la fin de la sourate Taha/début de la sourate Al-Anbiya (fin du Juz XVI/début du Juz XVII) et se termine à la sourate Fatir - verset 40 (fin du Juz XXII). Cette section contient 15 titres de sourates enluminés en or pour les sourates suivantes : 1. Sourate Al-Anbiya. 2. Sourate Al-Hajj. 3. Sourate Al-Muminun. 4. Sourate Al-Noor. 5. Sourate Al-Furqan. 6. Sourate Al-Shuara. 7. Sourate Al-Namil. 8. Sourate Al-Qasas. 9. Sourate Al-Ankaboot. 10. Sourate Al-Room. 11. Sourate Luqman. 12. Sourate As-sajdah. 13. Sourate Al-Ahzab. 14. Sourate Saba 15. Sourate Fatir. Reliure à rabat moderne en maroquin rouge à décor estampé et doré. Etat : très bon, enluminures redorées à une époque récente. 25,4 x 18,8 cm La corans maghrébins du XVIe siècle portent un attention particulière au traitement des enluminures marginale des Juz, Hizb, ou Sajda. Si ces marqueurs sont moins diversifiés que ceux des productions du siècle précédent, le traitement à l’or, l’usage du rouge, ainsi que les formes en forme de larme en sont héritées. Aussi, les titres des sourates sont écrits en écriture kufi ornementale en or, et sont prolongés par un médaillon illuminé rempli d’entrelacs de feuilles d’or dont la finesse du traitement et la variété du motif ne faiblit pas au XVIe siècle. Provenance : Ancienne collection particulière française, acquis en 2002 à Paris.

Estim. 30 000 - 50 000 EUR

Lot 33 - Vingt-et-un dés pour le jeu de chaupar ou d'échecs - Inde, XVe-XIXe siècle De forme rectangulaire, en os, percé sur la tranche et décoré d'ocelles. L.: 4 à 4.9 cm. Selon l'étude d'A.Contadini, ces longs dés sont une évolution directe de l'astragale, jeu d'osselet romain. Dans le monde arabe, ce type de dé rectangulaire a pu être utilisé pour le jeu d'échecs à quatre mains, et pour le jeu de nard, et sont antérieurs au dé cubique. Le dé rectangulaire est actif en Inde du XIe siècle au XIXe siècle ; il y est appelé pasa, et est également utilisé pour les jeux de course de type pachisi, chausar et chaupur, qui se jouent sur un plateau à quatre branches. La publication de la collection de R. de Wilde semble pencher sur un contexte indien pour le présent ensemble. Selon le Shiv Purana, le jeu de dé remonte à la mythologie hindoue, lorsque le sinistre yogi Narada interrompt l'étreinte du dieu Shiva et de sa bien-aimé Parvati, affirmant qu'il existe quelque chose de plus délicieux que l'amour, à savoir le jeu de dés. Intrigué par son offre, le couple divin commence à jouer. Chacun triche autant que possible, mais peu importe la durée de la partie, le résultat est toujours le même : Shiva perd et Parvati gagne. Le déroulement de la partie est l’occasion d’un récit métaphorique sur l’affrontement, la division, l’illusion, et l’unicité. L'âge d'or du chaupar correspond à la grande période moghole des 16ème-18ème siècle. De passage à Fatepur Sikri au 19e siècle, Louis Rousselet relate la façon dont l'empereur Akbar II organisait des tournois qui pouvaient durer trois mois. Des traces de plateaux géants sont encore visibles, non seulement dans cette ville, mais également à Agra et à Allahabad. Outrepassant largement les frontières de l'Inde, le chaupar s'est joué dans toute l'Asie du sud-est et jusqu'en en Syrie. Provenance : Vente publique, France, Collection de M. de Wilde (1929-2019). Bibliographie : Publiés dans R. de Wilde, Poids, Balances et Pions des Civilisations Anciennes, 2017, p. 219, reproduits p. 280 et 282 pp. 248 Oeuvres comparables / Similar works : Kelsey Museum of Archaeology, 1962.1.52, Ashmolean Museum, acc.no. EA 1974.64 et acc. no. X3322, excavé à Fustat, Egypte, IX-XIe siècle, publié in A. Contadini, fig. 51, fig. 36 et 37, British Museum, inv. no.1027, excavé à Mansura, Inde, Xe siècle (?), publié in A. Contadini, fig. 50.

Estim. 800 - 1 200 EUR

Lot 34 - Piece de jeu d'échecs, le fou - Inde, XVII-XVIIIe siècle Petit éléphant en ivoire (al-fil) surmonté d'un palanquin rectangulaire crénelé, décoré de petits trous disposés horizontalement. Un collier de perles orne le cou de celui-ci et entoure sa croupe. Un petit trou et une fente sur le pied avant droit ainsi qu'un petit trou sous le pied arrière gauche fixait globalement l'animal sur une base aujourd'hui disparue. 5 x 5 cm. 52 gr. Cette pièce massive, similaire en taille aux pièces conservées à Brooklyn et au Metropolitan Museum of Art, a été sculptée dans une partie épaisse et précieuse de la défense, ce qui indique le rang élevé du commanditaire. Veuillez noter que ce lot contient de l'ivoire d'éléphant et qu’il est accompagné de son certificat intracommunautaire n°FR24075012-K. Conformément au règlement européen 2021/2280 du 16 décembre 2021, l'exportation de biens contenant cette matière hors de l'UE est interdite. Millon ne pourra pas assister les acheteurs pour le transport hors Union Européenne de lots contenant de l’ivoire d’éléphant. Un acheteur ne pourra pas différer le paiement du prix de ces lot, ni demander une annulation de leur vente, au motif qu’il serait dans l’impossibilité de les exporter et/ou de les importer hors de l’Union Européenne. Conformément à la loi britannique sur l'ivoire (UK Ivory Act 2018), les clients basés au Royaume-Uni ne sont pas en mesure d'enchérir ou d'acheter ce lot. Provenance : Ancienne collection Jacques A., décédé à St Cloud en 1978. Oeuvres comparables / similar works Brooklyn Museum of Art, 86.227.46. Metropolitan Museum of Art : 17.190.228. Œuvre en rapport : Chess Piece, 18th century or earlier (possibly). Brooklyn Museum, Gift of the Ernest Erickson Foundation, Inc., 86.227.46. Plakas Auctions, Londres, 15 mai 2024, lot 164. Un carbone 14, réalisé par le laboratoire Ciram en date du 27 février 2020, confirme la datation supposée.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR

Lot 38 - Anthologie poétique persane, comprenant le « Verger de Sa'adi », « Les paroles / L’admonestation de Khawâdjâ Abdallah al-Ansari », « Le jardin secret de la vérité de Sanai Ghaznavi » et « Sa'adat-Nameh de Nasir-e Khosraw » - Iran, XVIe siècle et quatre illustrations postérieures Manuscrit en persan, 152 feuillets aux marges mouchetées d'or, en écriture nasta'liq à l'encre noire, sur quatre colonnes parfois disposées en biais pour la poésie, avec de nombreux titres à l'encre dorée, rouge et bleue. Illustré de quatre miniatures dans le style safavide, ne correspondant pas directement aux sujets. Chaque miniature et sarlowh porte le sceau d'un propriétaire : « Malik al-Haqq al-Mubîn - Haji Ali 1117 (1705) . Reliure ancienne en cuir souple. (Restauration, petits manques dans les marges, mouillures, salissures, reliure très usée) D. 17 x 10,4 cm Copié par deux scribes différents, le manuscrit comprend quatre textes distincts, chacun marqué par un unwân (frontispice) enluminé et polychrome : Bustan de Sa'adi, l’admonestations de Khawâdjâ Abdallah al-Ansari, Le jardin secret de la vérité de Sanai Ghaznavi, et le Sa'adat-Nameh de Nasir-e Khosraw. Provenance : Ancienne bibliothèque de l'explorateur et orientaliste Henri Moser avec son ex-libris. Les auteurs : Saadi (m.1292), l'un des plus grands poètes et conteurs persans, est connu comme moraliste ; son style est à la fois clair et épuré. Khawadja Abdallah al-Ansari, (m.1089) est faqih/juriste, exégète, maître du hadith, historien réputé et orateur hors pair. Grand maître soufi, ses recueils sont parmi les chefs-d'œuvre de la littérature persane. Sanai Ghaznavi (XIIe siècle), célèbre poète soufi persan, mécène des sciences et philosophe, son recueil Hadiqat al Haqiqa (Le jardin de la vérité), a eu une influence significative sur les poètes mystiques du Moyen-Orient. Nasir-e Khosraw (m.1088), philosophe, théologien, grand voyageur et poète persan, il fut l'un des plus éminents missionnaires de son époque et contribua à la diffusion de l'ismaélisme dans le monde oriental Iranien.

Estim. 3 000 - 5 000 EUR

Lot 39 - Anthologie de poésie au format "safina". - Turquie ottomane, vers 1550-1600 Manuscrit poétique, 92 folios, sur papier crème et couleurs parfois marbré, copié en écriture en taliq ottoman, le plus souvent sur deux colonnes de 10 à 14 lignes dans un jadval (cadre) noir et or. Le texte comprend des ghazals (poèmes) de Fuzuli, Mahmud Abdülbaki, Rohi Baghdadi et d'autres, avec des annotations marginales de différentes mains. Trois pages sont illustrées de dessins représentant un peri (fée) à côté d'un arbre, un combat entre un dragon et un simurgh (phénix) et deux guirlandes de feuilles. Une page porte le cachet du sultan Abdulmejid I (r. 1839-1861). Reliure postérieure en maroquin brun, avec médaillons estampés et dorés contenant des bandes de nuages stylisées sur un réseau de vignes spiralées. Même décor sur l'étui. 21.5 x 7 cm Ce type de manuscrit dont le contenu et la forme ont été initiés sous les Timourides au XVe siècle, devient de plus en plus populaire dans les productions de manuscrits de la cour persane et turque. Ces anthologies Safina contiennent des poèmes et des motifs décoratifs sélectionnés selon les goûts du commanditaire, et en tant que tel, étaient des objets très personnels, prisés par leurs propriétaires qui les emportaient avec eux en déplacement, et dont on ne conserve que de rares exemplaires. Le terme safina - tiré du mot arabe pour désigner un navire - semble avoir été utilisé pour la forme oblongue de ce type de manuscrit, dont l’avantage est qu'elle était facilement portable et pouvait tenir dans les plis d'un vêtement. Les trois dessins au crayon, réalisés dans le style « saz », reprennent trois thèmes qui ont connu une grande popularité au XVIe siècle. Le style saz, qui trouve son origine à Tabriz ou Herat au XVe siècle, acquiert ses lettres de noblesse en Turquie vers 1555-1560. Ces dessins, toujours monochromes durant la première phase de développement du style, montrent des formes florales fantaisistes, parfois accompagnées de figures animales telles que des dragons et des simurghs (Cleveland Museum of ART, acc. 1944.492). L'importance du tracé est fondamentale dans ces dessins. Le style saz a cessé d'être populaire dans les manuscrits vers 1600, limitant dans le temps la production de notre safina. L’influence des œuvres des grands maîtres Shāh Qulī (actif circa 1550) et Vālī Jān (actif vers 1580) se reflètent dans les pages de ce volume unique en son genre. Si son contenu s'éloigne des somptueuses productions impériales, ce recueil donne un aperçu inédit de l'usage privé des manuscrits poétiques, ainsi que de leur transmission au sein de cercles étroits de connaisseurs. Par son contenu, sa décoration et son histoire, il peut être considérée comme un spécimen véritablement représentatif des productions artistiques, littéraires et matérielles ottomanes du XVIe siècle. Provenance : Collection particulière, Golfe persique. Ce lot est vendu en importation temporaire.

Estim. 20 000 - 30 000 EUR

Lot 40 - Munajat de l'imam 'Ali (Suppliques de l'Imam Ali), copié par Rustam ‘Ali Shahi - Iran, Art safavide, daté 966 de l'Hégire (=1558-59) Manuscrit en arabe et persan, six feuillets, sur papier brun calligraphié en élégant nasta'liq sur 12 lignes par page à l'encre blanche, rose ou jaune, dans des cartouches nuageux, et décoré de motifs d'arabesques bilobés. Monté en album, probablement à l'époque qajar, avec des marges au papier de différentes couleurs, décorées à l'or de motifs végétaux et animaliers. Signature sur le f. 6 r., accompagnée de la date. Reliure postérieure. Texte : 16 x 8.5 cm ; Page : 26.5 x 16.5 cm Elève de sultan Ali Mashadi, neveu du peintre Behzad, Rustam 'Ali Shahi travaille dès 1530 pour la bibliothèque du prince Bahram Mirza (1517-49 ap. J.-C.). En 1540-41, il se trouve à Tabriz, où il copie un Divan de Hafiz. Il s'installe ensuite à Mashhad où il travaille pendant sept ans sous le patronage du fils du prince Bahram Mirza, Ibrahim Mirza jusqu'à la fin de sa vie en 1562/63. Les munajat, ou "entretiens confidentiels", du premier imam chiite Ali b. Abi-Talib prennent la forme de prières adressées à Dieu. Ces livres ont servi de guide doctrinal aux chiites dès l'époque médiéval. Provenance : Vente publique, France. Ancienne collection particulière française. Références: Bayani, Mehdi, Ahval va ʾathar-i khushnivisan-i irani, vol.1-2, Téhéran, 1984, vol I, pp. 207-209. Oeuvre comparable / Similar work : Le style de ce manuscrit est à rapprocher d'un autre Munajat 'Ali, daté de 967 H. (=1559-60), signé par Mahmud Nishapuri, voir Christies, Art of The Islamic and Indian World, Londres, 23 Octobre 2007, lot 103. Seulement trois manuscrits complets signés de Rustam 'Ali subsistent / Only three complete manuscripts signed by Rustam 'Ali survive: Gulistan de Sa'di daté de 919 H/1513-14 J.-C., Salar Jung Museum and Library, Hyderabad, inv.no.a/N.241.M., no19) ; Divan de Hafiz, daté de 947/1540-1541 J.-C. et copié à Tabriz, Fondation Calouste Gubelkian, Lisbonne (inv. no. GULB.LA.165) ; Gulistan de Sa'di, daté de 950/1543-1544 J.-C. proposé chez Sotheby's, le 28 avril 2004, lot 30.

Estim. 16 000 - 20 000 EUR

Lot 42 - * Nur al-Din 'Abd al-Rahman Jami (mort en 1492) - Le livre de Joseph et Zulaikha daté 1218 de l'Hégire (=1804) Charmant petit manuscrit sur papier, en persan, 149 feuillets, calligraphié en écriture nasta'liq à l'encre noire sur 14 lignes par page, ouvrant par un unwan (frontispice) enluminé et polychrome avec des motifs floraux et géométriques, l'intégralité du texte dans des nuages d'or, les têtes de chapitre à l'encre rouge sur fond enluminé dans des cartouches. Le manuscrit comprend deux illustrations à la gouache : l'une représente Zulaikha et ses courtisanes observant Joseph rendant la justice ; la seconde dépeint Joseph à cheval rencontrant Zulaikha sous la forme d'une vieille sorcière, juste avant de lui rendre miraculeusement sa jeunesse et sa beauté. Colophon signé et daté, avec trois cachets ex-libris. Belle reliure en papier mâché laqué dont les plats extérieurs sont à fond rouge décorés de gul-o-bulbul, les fleurs à différents stades de croissance, tandis que les plats intérieurs représentent pour l'un le majlis (éblouissement) de Zulaikha, pour l'autre la distribution par Joseph des grains pendant les sept années de famine. 11 x 7,3 cm Provenance : Vente publique, 3 mai 2019, n°197, Chiswick auction. Ancienne collection européenne. Ce lot est vendu en import temporaire. Nûr ad-Dîn 'Abd ar-Rahmân Jâmî, était un célèbre poète sunnite persan connu pour ses réalisations en tant qu'érudit prolifique et écrivain de littérature mystique soufie. Ses œuvres poétiques les plus célèbres sont Tuhfat al-Ahrar, Layla wa Majnun, Fatihat al-Shabab, Lawa'ih, Al-Durrah al-Fakhirah. Jami appartenait à l'ordre soufi Naqshbandi.

Estim. 8 000 - 12 000 EUR

Lot 43 - Important coffre relatant la vie de Yusuf (Joseph) - Iran, XIXe ou plus ancien De forme rectangulaire reposant sur quatre pieds rectangulaires à chaque coin, le couvercle bombé et sans charnières, en papier mâché laqué à décor peint en polychromie et rehaussé d'or, décoré en polychromie de larges scènes variées. Le leitmotiv décoratif de ce coffret est les différentes étapes de la vie du prophète Yusuf (Joseph). Le couvercle représente sa consécration (ou son entrônement), tandis que sur les côtés, on trouve Yusuf jeune berger, Yusuf en conversation avec Zulaykha ; son procès symbolisé par la balance ; la vente de Yusuf comme esclave, Yusuf interprêtant les rêves de Pharaon, Yusuf au service de Zuleykha. Ces scènes sont encadrées de trois bordures de rinceaux floraux, feuillagés ou de nuages tchis sur fond rouge ou noir, et entrecoupées de médaillons animés de bouquets de fleurs, de cavaliers, de scènes de chasse. Etat : Quelques éclats et soulèvement, fissures du vernis. H. 42 x L. 71 x P. 49 cm Provenance : Ancienne collection Nasseh Nategh, puis par descendance à sa fille Homa Nategh (1934-2016), historienne et professeur de l'Iran contemporain. Ce coffret de taille très importante, parmi les plus grands référencés, est à rapprocher d'un coffret de style approchant, qui partage la même forme, des proportions imposantes - bien que plus petites que le présent coffre -, et les mêmes ornementations secondaires (Museum für Islamische Kunst, Berlin, Inv. n°I. 4655). Ce coffret est signé d'un certain Yusuf et daté de l'ère safavide (1018 H. =1609). La datation réelle de ce type de coffret porte à discussion. Ainsi Leyla Diba considère que le coffret de Berlin est une production du XIXe siècle, et que la datation est apocryphe (cf. L. S. Diba, Lacquerwork of Safavid Persia and its relationship to Persian Painting, 1994, cat. 107). Cependant Karim Zadeh Tabrizi date le même coffret de la période safavide (cf. Aḥvâl wa âtâr-i naqqâshân-i qadîm-i Irân wa barẖî az mashâhîr-i nigârʹgar-i Hind wa ʻUsthmânî, 1985, n°1441, p. 1428.).

Estim. 30 000 - 40 000 EUR

Lot 44 - Deux lisières aux personnages - Iran, Art safavide, XVIIe siècle Deux bordures en soie broché d'or figurant des personnages chapeauté en buste dans des médaillons polylobés, portant une coiffe et tenant un fruit, séparés par des oeillets et des iris stylisés. Dims : 39 cm chacun Provenance : Vente publique, Pierre Bergé, 23 avril 2010, n°148. Ces lisières appartiennent à un groupe de textiles safavides qui illustrent l'apogée du tissage iranien. Composées de bandes d'or, ces "brocarts" ajoutent une qualité somptueuse à la palette sophistiquée de vert pistache, de rose saumon, de crème et d'ocre dont est tissée le lampas de soie. Le résultat est un textile extravagant, qui demande beaucoup de travail et qui ajoute une valeur substantielle à la soie déjà coûteuse dont il est fait. Lorsque les Safavides sont arrivés au pouvoir au début du XVIe siècle, l'industrie textile iranienne était déjà bien développée, la soie était chère dans le monde entier. Sous le règne de Shah Abbas Ier le Grand (r. 1588-1629), la soie devient un monopole d'état, représentant le premier poste d’exportation de l’empire. L'ensemble du processus de production était strictement réglementé et organisé par des agents royaux depuis Ispahan. Parties d'un vêtement aujourd'hui perdu, destiné aux élites sociales et politiques les plus riches qui, en les portant, faisaient étalage de leur richesse et de leur statut social élevé, ces tissus sont devenus l'objet d’artefacts recherchés, encadrés et montés sur les murs des musées et cabinets de collectionneurs comme s'il s'agissait de peintures à l'huile. Si les fleurs décorent régulièrement les tissages, la présence des figures humaines révèle un niveau d'exécution plus exigent encore que les motifs floraux.

Estim. 12 000 - 15 000 EUR

Lot 45 - Bordure de drap aux vases et jeunes filles à l'éventail - Grèce, Epire, Jannina, vers 1700 Etoffe de coton ou lin, brodé de fils de soie et d'argent, au point de passé empiétant, représentant des groupes de femmes aux joues roses tenant un éventail, des vases fleuris de tulipes et d'oeillets, des cyprès, des paons et oiseaux. 260 x 44 cm Provenance : Ancienne collection Benli Exposition : Turquie, au nom de la tulipe, Ed. de l'Albaron, 1993, reproduit p. 22-23, p. 112, n°99 du catalogue de l'exposition. Oeuvre comparable // Similar works : Metropolitan Museum of Art, inv. n°31.42 ; Benaki Museum, inv. ΓΕ 6304 et inv. ΓΕ 6307. Cette pièce faisait partie de l'ameublement d'un lit ou d'un sofa d'une luxueuse maison. Produit dans l'Epire, un important centre de production textile dans les Balkans, cette broderie se distingue par la qualité de son exécution, la diversité de ces motifs, et la présence de ces figures féminines de la haute bourgeoisie. Symbole d’un empire, la tulipe est d’origine turque et donne son nom à une époque historique, l'Ere des tulipes (1703-1730), période qui voit le monde ottoman à s'ouvrir au monde occidental sous l'impulsion du Sultan Ahmet III. La tulipe orne alors les plus beaux objets d’art, tel que le montre cette scène où des danseuses portent des tulipes à leur nez. Il est probable que cette scène illustre la fête des "Lale" (tulipes) ayant lieu au mois d'avril, afin de célébrer leur floraison. Dès que les diplomates et voyageurs purent rapporter des oignons de cette précieuse fleur, elle conquit l'Europe comme une curiosité de la nature. Elle fut ramenée pour la première fois en Autriche vers le milieu du XVIe siècle par l’ambassadeur Ogier Ghiselin de Busbeck.

Estim. 20 000 - 30 000 EUR

Lot 46 - Certificat de calligraphe - Ijazah - pour Al Sayyid Muhammad al-Sadiq - Empire ottoman, Constantinople, daté 1193 de l'Hégire (=1779). Gouache et encre noir sur papier ivoire, calligraphié en naskh sur 33 lignes surmontées de deux lignes en "thuluth" et coiffé d'un frontispice (unwan) enluminé et polychrome à décor floral. Le certificat est divisé en trois parties : - la partie supérieure en large thuluth et en naskh sur fond rose, dans laquelle le calligraphe à qui s'adresse le diplôme, a écrit de sa main ; - la partie médiane copiée par le professeur Katanizade Ahmed Efendi, où ce dernier loue et certifie la calligraphie de son élève et détaille à son tour la chaîne de professeurs dont il est issu : Katanizade par Sugli Ahmed Efendi, à son tour par Hafiz Muhammad Kawkeb (Kevkeb), à son tour par Hafiz Osman, à son tour par Dervish Ali (Buyuk Dervis Ali), à son tour par Khalid (Halid Erzurumi), tour à tour par Hasan Uskudari, tour à tour par Pir Muhmad Dede, tour à tour par son père Mustafa Dede, tour à tour par son père Sheikh Hamadullah, tour à tour par Muhammad Khayruddin (Maráshi), puis par le cheikh Muhammad Waffa, puis par Ahmad al- Sohrawardi, puis par Yaqut al-Mustasimi, puis par le cheikh Yahay Sofi, puis par le cheikh Jamal al-din, puis par Yaqut al-Hamwi, à son tour par shihab al-din, à son tour par sheikh abu Dhar, à son tour par Hilal al-Bagdadi (Ibn al-Baww'ab), à son tour par al-Hasan al-Basri, à son tour par Ali bin Abi Talib sur l'ordre du prophète Muhammad ; - la partie inférieur constituée de neuf certificats supplémentaires de la main de neuf calligraphes : - Berberzade, Hafiz Muhammad connu comme imam de la mosquée Sultan Murad (cf. Vente Millon, 13 décembre 2022, n°398 pour un manuscrit de sa main), Muhammad Salehzade, Sayyid Muhammad dit Khatibzade, Hafiz Muhammad connu sous le nom de Hafiz-zade, Muhammad Rushdi, Ahmed al-Nuri, Muhammad al-Amin, Ahmad al-Hilmi. Etat : Quelques usures et éraflures. Cadré sous verre. 60 x 18 cm Ce diplôme de calligraphie se distingue par sa taille inhabituel. Il est édité en l'honneur d'Al Sayyid Muhammad al-Sadiq, signé par dix calligraphes connus de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il représente un rare exemple de transmission de l'art de la calligraphie dans la Turquie ottomane. En plus des maîtres qui certifient par leur signature la compétence de Al Sayyid Muhammad al-Sadiq comme calligraphe, le cartouche central énumère une chaîne de transmission (Silsila) de cet art, qui ne remonte pas seulement au premier maître de la calligraphie ottomane, Sheikh Hamadullah, mais se poursuit jusqu'au Prophète Muhammad. À cet égard, la relation entre le maître et l'élève se reflète et agit comme un système de liaison continu. Provenance : Ancienne collection particulière suisse.

Estim. 4 000 - 6 000 EUR

Lot 48 - Pala signé Sunqur - Turquie, XVIe siècle pour la lame et XIXe siècle pour la poignée Sabre à très belle lame à contre tranchant, en acier à damas gris ondulé, ornée d'inscriptions incrustées d'or disposées dans un médaillon polylobé et deux cartouches oblongs (basmalah et C61:13). Signé sous la garde. La poignée recourbée en corne brune, la garde à quillons droits en argent ciselé, marquée de la tughra et du sah. Fourreau couvert de cuir noir, avec chape et bouterolle en argent ciselé, avec tugra et sah. Etat : Quelques légers points d'oxydation de la lame, notamment sur la pointe. Cuir usagé et plié, montures d'argent avec de légers chocs et usures. L. 94 cm Provenance : Vente publique, France. Les lames du XVIe siècle ont souvent été réutilisées et réajustées sur d'autres hampes en fonction de l'évolution du design et du goût, comme c'est le cas ici. La lame porte la signature de "Sunqur", pour al-Hajj Sunqur, connu pour avoir été l'un des forgerons d'épées travaillant pour le sultan Sulayman Ier (r.1520-66). La présente lame est stylistiquement attribuable au début du XVIe siècle. La soie porte un sceau avec le nom du fabricant. La signature de Sunqur se retrouve également sur des lames fabriquées pour le sultan mamelouk al-Ashraf Qansuh al-Ghuri (r.1501-16), ce qui tend à prouver qu'il commença sa carrière en Egypte. La circulation des artisans entre les royaumes mamelouk et ottoman au XVIe siècle est bien attestée, car la cour ottomane attirait les meilleurs artisans des territoires conquis pour qu'ils travaillent pour elle. Sur cette lame, la signature de l'artisan ne fait pas mention du Hajj (pèlerinage), ce qui tendrait à établir que la lame a été forgée avant que l'artisan ne fasse son pèlerinage, soit à un stade précoce de sa carrière. Pour d'autres lames signées Sunqur / Similar works : - Wallace collection, Londres, inv. n°OA1751 - Musée du Kremlin, Moscou, inv. n°OP-4458 - Askari Museum, Istanbul, inv. n°2529 - Topkapi Saray Museum, Istanbul, inv. n°1/185 - Hermann Historica : Armes, militaria, souvenirs historique, Munich, 15 novembre 2019, lot 3304 Bibliographie : Unsal Yucel. Islamic Swords and Swordsmiths. Edité par Research Centre For Islamic History, Art and Culture, Istanbul, 2001. pl.96. p.161.

Estim. 20 000 - 30 000 EUR

Lot 49 - Yatagan aux Sept dormants d'Ephèse - Empire ottoman, par Abdullah pour Hussein Kalfa, début du XIXe siècle A belle lame en acier à fort dos, considérablement incrusté d'or en koftgari, à poignée à oreillettes et plaquettes en ivoire de morse, la garde en laiton doré à décor tapissant de multiples têtes de clous. La signature de l'artisan (Abdullah) et le nom du commanditaire (Hüseyin Kalfa) sont inscrits dans un cartouche en forme de tughra, suivi d'un médaillon étoilé comprenant le nom des sept dormeurs d'Éphèse et de leur chien. Des formules votives et poétiques sont inscrites dans de longs cartouches rectangulaires, dont un appel à Dhu'l-fiqar, épée d'Ali. Fourreau en maroquin brun à bouterolle en forme de makara (animal aquatique mythologique). Etat : très belle état de la lame, fracture à la poignée. L. 120 cm Le mythe des sept dormeurs d'Éphèse, également connus sous le nom de compagnons de la grotte en islam ou Ashab al-Kahf, connaît une résurgence sous les Ottomans, surtout sur les objets talismaniques. Leur histoire évoque l'idée de la résurrection et de la foi confiante. Le Coran y fait référence dans la sourate al-Kahf, aux versets 8 à 26. La présence de leurs noms sur les lames ottomanes pourrait avoir suggérer à l'invincibilité du propriétaire. Bibliographie : Robert Hales, Islamic and oriental arms and armour : a lifetime's passion. Edition Robert Hales C.I. Ltd. Angleterre, 2013. p. 210 Provenance : Collection particulière française. Ancienne collection Gabriel HANOTAUX (1853-1944) Ministre des Affaires Étrangères et membre de l’Academie Française, puis par descendance.

Estim. 5 000 - 8 000 EUR

Lot 50 - Armure indienne aux katars - Inde, XIXe siècle Ensemble en acier partiellement doré, constitué d'un casque hémisphérique "kulah Khud" avec camaille, de deux avant-bras "bazu-band" et de quatre plaques incurvées formant le plastron "chahar-ayneh", à décor en relief de boutons floraux et de dagues "katar" en laiton doré. Etat : Corrosion Dim. : Casque : 21 x 21 cm. Avant-bras : 32.5 cm. Plastron : 31.5 x 25 cm. Provenance : Vente publique française (Toulouse), ancienne collection particulière de Monsieur A. Dès la première moitié du XIXe siècle, l'Inde sous influence anglaise connait une série de commandes de pièces d'apparat aux sujets et aux formes atypique (voir Musée de l'Ermitage inv. n° BO 1702, BO 5079 et BO 1305). Les meilleurs maîtres indiens étaient alors déterminés à faire valoir leur renommée en dehors de leurs frontières en s'inspirant autant des modèles iconographiques indiens (moghol) que des modèles européens. La présente armure est composée d'une étonnante iconographie de dagues indiennes "katar". Sur le casque, une série de katar imbriqués de fleurs sur la bordure, convergent vers la pointe centrale. Au devant, deux porte-plumets à aigrette ou à plume de paon destinée à enrichir l'esthétique de la coiffure. Le plastron et les avant bras sont également agrémentés de katars et fleurs festonnées. Des boucles de laiton rectangulaires sans ardillons sont serties aux endroits nécessaires pour assembler les quatre plaques du plastron avec des lanières de cuir. Il est probable que cette armure prestigieuse fut commandée afin de compléter une savante collection, très en vogue parmi les intellectuels européens tel que la collection Henri Moser (1844-1923) ou la collection William Ockelford Oldman (1879-1949).

Estim. 2 500 - 3 000 EUR

Lot 51 - MOSER Henri. - Armes et Armures Orientales. Collection H. Moser-Charlottenfels. Leipzig, Karl W. Hiersemann, 1912. large folio (52 x 42 cm). Sous chemise percaline verte rempliée, plats décorés à l'orientale, titre à l’or au dos, tête dorée, sous emboitage. xvii pp. avec 1 titre frontispice dans une cartouche enluminée couleurs et 44 planches lithographiées dont 10 en couleurs montées sur onglet protégées par des serpentes, et figures dans le texte dont le portrait de Moser. Ouvrage tiré à 300 exemplaires dont 125 en version allemande, 75 en version anglaise et 100 avec un texte français tous numérotés à la presse, celui-ci version française porte le n° 94. Ex-libris. Cette précieuse Collection d’armes orientales a été formée, selon l’aveu de l’auteur, à une époque ou le goût pour l’art oriental était loin d’atteindre le degré de développement qu’il a pris aujourd’hui. Dans sa touchante préface Moser raconte comment, simple lieutenant, il partit avec l’armée russe en 1868 pour la conquête du Turkistan. Un des premiers, après Vambéry, il eut l’occasion de visiter Boukhara et fut même détenu quelque temps dans les prisons de l’Emir. Il en arriva parfois d’acquérir de merveilleuses lames de Damas pour une bouteille de vodka ; ou encore « attaché à la première ambassade envoyée à l’Emir de Boukhara par S.M. l’Empereur Alexandre III, je reçus des mains du Général Prince Frederic Sayn-Wittgenstein, les armes mêmes de Shamyl, le grand héros du Caucase ». Cette luxueuse édition s’ouvre, après la préface, par trois aquarelles de Scott reproduites comme le reste des planches, par l’Imprimerie de Vienne et formant une magnifique introduction aux armures complètes, équipement du cavalier et du cheval, casques, brassards, sabres, poignards, fusils et pistolets. Une description succincte des planches, où les noms orientaux (arabes, persans, turcs et indiens) sont donnés en transcription.

Estim. 4 000 - 6 000 EUR

Lot 53 - Dhal - Bouclier du Mewar - Inde, Rajasthan, Udaipur, début du XIXe siècle Bouclier circulaire et convexe en peau de buffle préparée, peint en or sur fond noir décoré de quatre registres concentriques animé au centre d'un soleil à visage royal (Surya, emblême de l'Etat du Mewar) entouré de quatre bossages métalliques en forme de lions couchés. Le grand bandeau central met en scène un grand cortège féminin et masculin passant sur la droite. Un dernier agrémenté d'une frise animalière ceinture l'ensemble. L'envers garni d'une poignée. Etat : très bon état de conservation, percé. D. 57 cm Ce remarquable exemple de Dhal est peint avec des détails exécutés par une main particulièrement raffinée. Son caractère exceptionnel se mesure à la rareté des pièces comparables : il est très semblable à un exemplaire présenté par Runjeet Singh, et peut être rapproché d'un bouclier du Musée national de New Delhi, et d'un autre présenté chez Sothebys, 19 Mars 2008, n°328. Le bandeau central est peint d'une saisissante et inhabituelle procession menée par un Maharana trônant sur un palanquin (howdah). Majoritairement composée de femmes de la cour, le peintre a porté un intérêt manifeste aux figures féminines, dans une composition aérée, alors que les hommes défilent en rangs superposés. La finesse accordé aux dessins nous invite à penser que cette pièce fut commandée auprès d'un atelier royal, par un (ou une) riche mécène, afin d'être porté comme symbole d'appart lors de ces événements de cour. Provenance : Ancienne collection particulière allemande, avant 1970 Oeuvres comparables : - Runjeet Singh, ref. 456, pour un exemplaire très similaire, très probablement du même atelier, différent légèrement par les bossages; - Musée national de New Delhi, publié dans Dr. G. N. Pant, Indian Arms and Armour, Volume II, India, 1980, page de couverture; - Sotheby's, New York, 19 Mars 2008, n°328.

Estim. 12 000 - 18 000 EUR

Lot 55 - * Jeunes femmes jouant avec des feux artifices - Inde, Lucknow, fin du XVIIIe - début du XIXe siècle Gouache rehaussée d'or sur carton fort monté en page d'album avec bordure à défilement floral dorée. Au dos, un quatrain en persan calligraphié en écriture nasta'liq: eulogie royale copié par le modeste serviteur, Hafiz Mohammed Borhan al-Din. Etat : Humidité Dim. de la miniature : 19 x 12.5 cm. Page : 45 x 31 cm. Provenance : Ancienne collection britannique, acquis dans les années 1980. Ce lot est vendu en importation temporaire. Oeuvre comparable / Similar work : Sotheby's, Londres, 8 Octobre 2014, n°212, vers 1780, par l'atelier de Mir Kalan Khan. Bien que formé à la cour moghole, l'artiste Mir Kalan Khan s'est installé à Lucknow vers 1750, où il est devenu le principal peintre de la cour de Shuja' al-Daula (r. 1754-75) et d'Asaf al-Daula (r. 1775-98), produisant une œuvre substantielle qui a été largement imitée. On retrouve ici son style distinctif qui traite avec une grande subtilité les ombres et les zones éclairées, et accorde une attention particulière aux paysages réalistes et étendus, avec un traitement spécifique du feuillage. Depuis le XVe siècle, l'Inde célèbre Diwali et d'autres fêtes avec des pétards et feux d'artifice (patakhas). Un grand nombres de textes et de peintures soulignent la popularité de cette usage qui se développe plus encore à Lucknow à la fin du XVIIIe siècle, avec l'introduction de nouvelles techniques par les Anglais. On trouve ainsi mention dans les sources, de longues descriptions de programme de feux d'artifice, notamment pour le Nawab d'Awadh et le Nawab du Bengale aux 18e et 19e siècles.

Estim. 6 000 - 8 000 EUR

Lot 60 - Couple enlacé - Iran, Art Qajar, circa 1840 Huile sur toile Etat : rentoilé, repeints et restaurations. 120 x 80 cm C'est à Ispahan sous l'ère des Safavides que le goût pour les grandes peintures figuratives, appliquées directement sur des murs préparés, ou peintes sur toile avec des pigments à l'huile se développe. Les demeures appartenant aux ministres de haut rang de la cour et aux riches marchands arméniens se disputaient les services des artistes du palais pour créer des peintures qui n'étaient pas nécessairement des individus spécifiques, mais des représentations de types d'hommes et de femmes, qui s'avèrent particulièrement en vogue au sein de la cour de Mohammad Shah Qajar (1832-1848). Assis sur un tapis, les visages idéalisés et ressemblants, les amants sont dépourvus de toute émotion et tournés non pas l'un vers l'autre, mais vers le spectateur. La jeune beauté sert à son prétendant un verre de vin qu'il ne semble pas remarquer. Leurs regards détachés ne correspondent pas à leurs actions. L'arrière-plan n'est pas décoré afin de mettre en valeur l'opulence des costumes hétéroclites et des accessoires des personnages, du tapis et du coussin couvert de roses. Cette œuvre pourrait appartenir au même cycle ou provenir du même atelier que le "couple amoureux" conservé au Musée de l'Ermitage, St Petersbourg. On y retrouve les mêmes caractéristiques de composition, particulièrement complexe pour ce type de sujet, tout en courbes et contre courbes, comprise dans un espace traité de la même manière. On y retrouve la même palette ainsi que les mêmes tapis et coussins. Les personnages arborent également des costumes très comparables dans les deux tableaux, notamment les gilets et bordures de la jupe dont les plis au niveau de la taille sont très spécifiques et similaires. Entrée dans les collections de l’Ermitage en 1961, l’œuvre a, comme la nôtre, souffert dans le temps. Mesurant 131,5 x 77 cm, son format se rapproche de la présente toile puisque celle de St Pétersbourg a été augmentée après avoir été retirée et découpée de son emplacement initial, tandis que le présent « couple enlacé » semble avoir conservé la forme initiale en arc à pans coupés, destinée à une niche dans un cadre architectural, probablement un palais ou un pavillon, où elle aurait été exposée au sein d'un programme décoratif plus large avec d'autres portraits. Provenance : Vente publique, Maître Boisgirard 28 avril 1997, n°174. Références : Musée de l'Ermitage, Saint Pétersbourg, inv. n°VР-1156.

Estim. 15 000 - 30 000 EUR

Lot 61 - Portrait de Nasser al-Din Shah Qajar (r. 1848-96) - par Dust Ali Khan Mo'ayyer-ol-Mamalek (Téhéran, 1876-1966) Fusain représentant le souverain en buste, coiffé d’une aigrette et portant ses décorations. Réalisé d'après l'oeuvre de Toussaint, publié à l'occasion du troisième voyage du Shah en France, dans le Paris illustré du 20 Juillet 1889. Signé et daté au milieu à gauche : 1379 de l'Hégire (=1959) 49 x 33 cm Etat : bon état, cadré sous verre. De par sa mère, Dust 'Ali Khan était le petit-fils de Naser al-Din Shah, shah d'Iran de 1848 à 1896. Du côté paternel, il était le descendant d'une famille d'essayeurs et de maîtres de la monnaie royale dont les racines remontent à l'ère safavide (1501-1736). Egalement peintre et écrivain, avec un sens aigu de l'atmosphère et du détail, il compila ses souvenirs des dernières années de la cour Qajar de Perse. Son récit "Yaddashtha-i az zendegani-e khosusi-e Naser al-Din Shah" (Notices sur la vie privée de Nasser al-din Shah) est une rare source d'informations sur la cour de son grand-père - ses modes de gouvernance, chasses royales, palais et jardins, la vie dans le harem, et bien d'autres choses encore. Issu de famille princière, le peintre n’avait pas besoin de monnayer ses oeuvres. Ainsi, on en trouve très peu sur le marché. Un certain nombre sont conservés au Musée du Golestan, d’autres à la Banque Sepeh (Téhéran) et dans des collections particulières, notamment princière, comme en témoigne la provenance de cette oeuvre. Provenance : Vente publique, Me Kapandji et Morhange, 19 avril 2012, n°214. Ancienne collection de son Altesse royale, Soltan 'Ali Mirza Qajar, petit-fils de Mohammad 'Ali Shah. Références: Pour une biographie de l'artiste, voir "The Artist and the Shah: Memoirs of Life at the Persian Court", par Manoutchehr M . Eskandari-Qajar, 2022, Mage Publishers.

Estim. 12 000 - 15 000 EUR