DROUOT
dimanche 26 mai à : 13:30 (CEST)

"Les Phares", 2024

Farran Enchères - 04 67 60 90 18 - Email CVV

1, rue de la Crouzette 34170 Montpellier - Castelnau-le-Lez, France
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227 résultats

Lot 6 - MITSOGHO, GABON. Poteau de maison. Le sommet figurant un visage stylisé. Bois et pigments. Haut. : 170 - Larg. : 15,5 cm (accident au niveau du losange et restauration, traces de colle) Provenance : Yves Ebrard ami et partenaire de route de Claude Andrault. Misson Andrault puis collection privée française. Une œuvre semblable de même provenance vendue par la Galerie Ratton. Les Mitsogho, peuple bantou d’Afrique centrale établi au centre du Gabon, notamment dans la région de la Ngounié, sont réputés pour leur pratique d’initiation élaborée qui par la suite s’est répandue dans le pays, nommée bwiti. Ce rite permettait aux initiés d’accéder à la connaissance du monde, de soi et de l’humanité selon leurs croyances et idéologies de ces ethnies. Le rite initiatique se déroulait au sein du temple, de la maison des hommes appelé chez les tsogho, Ebanza dont la toiture était portée, supportée et maintenue par des piliers sculptés soit d’un ou plusieurs personnages, soit de motifs géométriques symboliques. Les entités mythiques ainsi matérialisées dans les éléments architecturaux. Certains allaient par paire installés dans le sanctuaire, ils incarnaient la dualité homme/femme, représentant symboliquement l’ancêtre mâle nommé disumba, et l’ancêtre mère appelée gheonga, cette dualité première se traduisait par une codification élaborée de couleurs, le fem signifiant le blanc de kaolin, le ba se traduisant par le rouge de padouk: le trait blanc et rouge tracés sur le front comme dans ce rare exemplaire indique le «marquage de ceux qui sont initiés au bwiti, qui connaissent des secrets inconnus de la plupart.» Cette œuvre, élément architectural rare, du temple Ebanza, long pilier allongé, aplani, présente sur sa surface un décor géométrique alterné de motifs géométriques triangulaires et losangés réhaussés de pigments noirs, blancs et rouge, l’ensemble scindé par une longue ligne médiane rouge. Le cou du personnage signifié par un losange blanc aux pourtours noirs présente en son centre un losange horizontal réhaussé de rouge. Le visage stylisé, dont les joues pointues s’effilent, s’étirent géométriquement sur les côtés, au sommet arrondi réhaussé de rouge et de noir, est sur l’entièreté de sa surface recouvert de kaolin. Les petits yeux effilés sont magnifiés par de belles arcades sourcilières, fines arquées, noires, formant quasiment un cœur et savamment reliées au petit nez triangulaire. De la petite bouche ouverte jaillit une longue langue rectangulaire rouge. Expert : Madame Aurore Krier-Mariani.

Estim. 7 000 - 10 000 EUR

Lot 9 - MADAGASCAR. Statue Sakalava. Bois érodé. Haut. : 92 - Larg. : 22 cm (bras ajoutés, dans le même bois ayant subis la même érosion) Si l'empreinte du temps a effacé les traits de son visage, a marqué plus profondément ses veinures, dans son bois dur érodé, la prégnance de cette sculpture féminine Sakalava s'impose cependant, indéniablement, tout en sensibilité à travers la fluidité de ses formes en mouvement. Subtile ambivalence de la stature fière, campée, figée, et du mouvement suggéré, par la flexion des jambes et des bras. A sa force de présence onirique répond sa valeur symbolique. Elle incarne un hymne à la vie déposé auprès des tombeaux, animé d'une force lyrique et poétique. Imprégnée d'une puissance à la fois tranquille et dynamique, elle est l'une des expressions les plus sensibles de la statutaire africaine. L'art funéraire, création emblématique de la civilisation malgache, apparaît au centre-ouest de Madagascar, au XVIIe siècle à la naissance du royaume Sakalava. Le sculpteur par son geste se fait médiateur du sacré. Ces poteaux étaient dédiés au culte sacré des défunts, ils symbolisaient le passage dans l'autre monde en marquant et indiquant le tombeau. La vie communautaire étant intimement reliée aux ancêtres défunts, l'enclos funéraire était digne d'une attention très particulière, il était le point clé de confluence entre le monde physique et le monde spirituel. Le lieu du mythe incarné. Puissance et fierté solennelle s'entremêlent et se lisent dans sa gestuelle, celle, du visage penché légèrement en arrière vers le spirituel. L'importance du personnage incarné révélée à travers le travail de la coiffe élaborée. Une œuvre comparable provenant de la Galerie 62 fut exposée au Musée de Grenoble lors de l'exposition «L’Art au futur antérieur» en 2004. Provenance : Collection Claude et Sylvette Féraud. Artiste, surréaliste, cofondateur des éditions Fata Morgana et membre du groupe Phase. Expert : Madame Aurore Krier-Mariani.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR

Lot 22 - Moïse KISLING (1891-1953). Bouquet de mimosas. Huile sur toile. Signée en bas à gauche. Circa 1937. Haut. : 65 - Larg. : 54 cm (petite restauration) Pour enchérir sur ce lot merci de contacter l'étude préalablement au +33 4 67 60 90 18 ou sur [email protected], IL NE SERA PAS POSSIBLE D'ENCHÉRIR SUR LE LIVE. Provenance : Importante collection d'industriels catalans, mis en dépôt et exposé dans les collections permanentes du musée de Céret entre 2021 et 2023. L'oeuvre sera incluse dans le « Volume IV et Additifs aux Tomes I, II et III » du Catalogue raisonné de l’Œuvre de Moïse Kisling actuellement en préparation par Marc Ottavi. Le prêt de cette œuvre est sollicité pour une exposition dédiée à Moïse Kisling, organisée par le musée Villa la Fleur à Konstancin-Jeziorna en Pologne, du 09 septembre 2024 au 31 mai 2025. Kisling aimait la vie et la vie l’aimait. Cette recherche de bonheur se lit, bien sûr, dans son caractère apprécié de ses contemporains et sa fidélité en amitié mais elle se découvre aussi par le choix restreint de ses thèmes en peinture. Ainsi le Catalogue Raisonné de son Œuvre ne se compose que de cinq chapitres, tous liés aux plaisirs de la vie et aux choses simples : les natures mortes, les nus, les paysages, les portraits et les fleurs où il excelle. En 1937, Kisling s’installe à Sanary-sur-Mer dans la maison « La Baie » qu’il fait construire face à la mer. Un vaste jardin l’entoure et l’artiste y puise son inspiration. Les mimosas occupent, toutefois, une place singulière, se démarquant comme l'un de ses motifs favoris, expressif, éclatant et coloré. Cette fleur élégante et hivernale est l’une des premières à s’épanouir. Le peintre s’en émerveille et compose son bouquet sans qu’il n’y ait besoin, le plus souvent, d’autres graminées. Chaque petite boule jaune est traitée en volume avec minutie. Jean Kisling témoigne: «Les mimosas étaient les fleurs qui donnaient le plus de travail à mon père. Il peignait chaque boule une à une, en faisant tourner rapidement son pinceau généreusement enduit de couleur. A la fin du mouvement, il reculait prestement la main, ce qui formait une petite pointe, un très bas relief.» Dans notre tableau le jaune des mimosas se détache du fond bleu traité en aplat. La simplicité de l’entablement et du vase laissent toute la place à l’exubérance de cette floraison couleur d’or. Expert : Monsieur Marc Ottavi.

Estim. 60 000 - 100 000 EUR

Lot 27 - Achille LAUGE (1861-1944). Genêts en fleurs. Pastel sur toile signé en bas à droite. Haut. : 34 - Larg. : 44 cm (restauration) Provenance : Ancienne collection du gouverneur de l’Indochine française Albert Sarraut (1911-1914 ; 1917-1919) puis par descendance directe. Achille Laugé, originaire d'Arzens dans l’Aude, débute une formation classique à l’Ecole des Beaux arts de Toulouse en 1876 où il se lie d’amitié avec le sculpteur Antoine Bourdelle. En 1882, il intègre l’Ecole nationale supérieure des beaux arts de Paris, d’abord élève d’Alexandre Cabanel puis de Jean-Paul Laurens, il est frappé par les avant-gardes de Picasso et Seurat. Dès lors, il remet en cause tout son apprentissage. De retour dans sa région natale, il s’installe dans le petit village de Cailhau et applique avec perfection les principes du divisionnisme à la campagne audoise fleurie de genêts. En marge des courants modernes, Laugé participe tout de même Salon des indépendants en 1894, aux côtés de Maurice Denis et Paul Sérusier. Il est soutenu par les galeries et ses amis, dont l’homme d’Etat Albert Sarraut, dont il réalise l'autoportrait aujourd'hui conservé au musée des Beaux-Arts de Carcassonne. L’œuvre que nous présentons ici est un pastel dont la technique se matérialise par de fines hachures, très vives et évanescentes dans le souvenir du divisionnisme. Elle conte alors plusieurs histoires : d’une part et sans conteste, les fameux genêts près de Cailhau, sujet fétiche du peintre, gage de son attachement à ses origines. D’autre part, le lien et le soutien indéfectible qui réside entre lui et Albert Sarraut.

Estim. 1 000 - 2 000 EUR

Lot 40 - Maria BLANCHARD (1881-1932). Maternité. Pastel sur papier. Haut. : 97 - Larg. : 70 cm à vue (une infime abrasion) Provenance : Famille de l'écrivain Paul Claudel. Autrefois en dépôt au Musée de la Piscine de Roubaix jusqu'au 27 janvier 2023. Maria Blanchard naît en 1881 à Santander en Espagne. A son arrivée en France en 1909, elle se forme auprès de Kees Van Dongen. Peintre emblématique de la première école de Paris et des expérimentations cubistes, elle revient à la figuration à la fin de sa vie. Durant sa carrière parisienne, les rapports de cette créatrice avec la communauté artistique du début du siècle sont foisonnants, incluant les noms prestigieux de Picasso, Juan Gris, Laurencin, Modigliani et du poète Paul Claudel. Notre « Maternité » est l’un des pastels les plus imposants et aboutis de la carrière de l’artiste, ancré dans son retour à la figuration post-cubiste du début des années 1920. A l’approche du point culminant de cette période, Paul Claudel rencontre celle qu’il décrit dans son journal, avec sa verve habituelle, comme une « peintresse espagnole effroyablement bossue ». Séduit par sa peinture spirituelle et l’incroyable intensité de ses « visages radieux », le poète achète plusieurs de ses tableaux, dont saint Tarcisius et l’enfant au bol de chocolat. Ce personnage enfantin est vraisemblablement le même que celui qui réapparaît sous une forme féminisée et adulte dans notre tableau. Provenant également des collections de la famille Claudel, notre œuvre, ode à la tendresse maternelle, était conservée au dépôt du Musée de la Piscine de Roubaix, aux côtés d’une autre mère à l’enfant aux accents cubistes de 1924. Que ce soit le poète espagnol Federico García Lorca qui considère Maria Blanchard comme l’une de ses muses et qui voit : « La lutte de l’ange et du démon exprimée de manière mathématique dans ton corps », ou, Paul Claudel, qui lui dédie un poème dans son recueil Visages radieux en 1931, Maria Blanchard meurt en 1932 à Paris en ayant marqué et inspiré les plus grands esprits littéraires de son temps. En 2022, l’artiste rejoint Mela Muter dans l’exposition phare du musée du Luxembourg Pionnières. Elle y affirme sa place historique au sein de l’aventure cubiste, complétant sa présence parisienne au Centre Pompidou, dans sa ville natale de Santander et aux musées madrilènes du Prado, Reina Sofia et des collections Thyssen-Bornemisza.

Estim. 20 000 - 30 000 EUR

Lot 42 - Salvador DALI (1904-1989). Ensemble de correspondances inédites de Salvador Dali à Josep Puig Pujades, chef de file des républicains espagnols d'Empordà. "La femme visible". Editions surréalistes à Paris. 1930. Exemplaire n° "service de Presse". Dédicacé et signé. Broché, couverture de papier aluminium rempliée et recouverte de papier cristal rouge imprimé en noir. Avec une eau-forte originale. "Métamorphose de Narcisse". Editions surréalistes. 1937. Exemplaire non numéroté. Dédicacé et signé. On joint quatre lettres, dédicaces et cartes postales adressées par Dali à Puig Pujades. Traduction de la transcription des lettres : 1. Lettre 1. Mon cher ami; Pardonnez-moi de ne pas vous avoir écrit plus tôt, comme vous devez le savoir, la mort de XXX. D'ici quelques jours jours je lui enverrai mon dernier livre. J'espère qu'il aura le [X] de lui faire passer quelques heures agréables ou tout au moins distrayante. Gala et mois sommes [XXX] Votre ami DALI 2. Lettre 2. Ami Puig Pujades, Par courrier vous recevrez mon dernier livre, dans lesquel est reproduit une des mes dernières oeuvres. A l'automne, nous nous verrons comme nous avions décidé XXX de faire un grand film de propagande pour l'étranger que nous viendrions filmer à Barcelone et [sur le côte?] "Montserrat" (grande montagne avec sanctuaire), "Gaudi", les sardanes "xiquets de valls" (troupe de castellers, sûrement), etc. etc.. Tout ce qui constitue le "phénomène d'originalité" de la Catalogne. Avez-vous reçu le paquets de journaux que je lui ai envoyé de New York? Et maintenant un service que je veux vous demander. Je voudrais envoyer de l'argent aux pêcheurs de Port Lligat, pour les aider un peu en ces moments difficiles puisque tous sont (étaient?) nos amis. Le maire de Cadaquès est déjà au courant de comment répartir le montant, le problème étant de faire arriver l'argent, car les banques ne veulent pas prendre la responsibilité de réaliser l'envoi et moi j'ai perdu une fois le montant à Perpignan, et vous pourriez vous occuper de le faire arriver au maire de Cadaquès. Je vous en serais très reconnaissant d'avance. Je suis à l'écoute de vos impressions et si vous les avez à portée de main, j'aimerais quelqu'hebdomadaires de la presse de Figueres. Salvador Dali Homage à votre épouse de ma part et de celle de Gala. 3. Commentaires à la femme visible: Ami distingué, Pardonnez-moi de vous passer simplement un exemplaire de presse mais, dans le contrat que j'ai avec (l'editeur?) je ne dispose pas malheureusement d'exemplaires. (xxx) dans l'exemplaire que je lui envoie et xxx tout est naturellement bien inférieur comme présentation (par ex) il manque une (lamelle?) métallique devant l'habit de Gala, qui fait comme un miroir (xxx xxx xxx xxx xxx) Si cela vous intéresse, je possède un exemplaire de luxe sur xxx (marbre?), (xx xxxx xx) (Costis?) le (moins?) possible, (xxx xx, de l'unité sont déjà souscrits) Cela me manque de n'avoir jamais de (vos) nouvelles XXX a votre épouse et amis, à dans une quinzaine de jours. Bien amicalement Dali Remerciements à Monsieur Tomas Bres Pintat pour sa version des lettres.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR

Lot 47 - Jean LURÇAT (1892-1966) à AUBUSSON. "Épic". Tapisserie en laine signée en bas à gauche et portant le monogramme de l'atelier Tabard Frères & Sœurs en bas à droite dans la trame. Signée, titrée, justifiée tirage 1 sur le bolduc et numérotée 2436 au dos, édition de 1953. Haut. : 196 - Larg. : 158 cm Jean Lurçat est né dans les Vosges et commence sa carrière comme peintre, mais c’est la tapisserie qui le met sur le devant de la scène, ou peut-être plus exactement lui qui redonna à la tapisserie sa gloire d’antan. Au cours des années 1930, il se met en tête de redynamiser cet art alors délaissé. En 1936, il fait tisser sa première tapisserie par la Manufacture des Gobelins, puis s’installe à Aubusson en septembre 1939 avec Marcel Gromaire et Pierre Dubreuil. Là-bas, ses œuvres sont d’abord tissées par l’Atelier Tabard, qui a aussi réalisé celle présentée ici. Lurçat n’est pas seulement un artiste, il est un véritable technicien qui met au point une toute nouvelle méthode redoutablement efficace pour la fabrication des tapisseries : carton numéroté, palette réduite, tissage à large point. Chaque numéro sur le carton correspondant à une couleur facilitant le travail du lissier. Sans trop de difficulté, Lurçat rallie du monde à sa cause et initie une myriade de disciples parmi lesquels Jean Picart Le Doux, Marc Saint-Saëns et Dom Robert. Renouveler l’entièreté du langage d’un art, créer une école d’artistes autour de lui, résister pendant la guerre, cela n’empêche en rien le peintre cartonnier touche à tout de développer son style empreint de lyrisme. Influencé par les Surréalistes, l’univers de Lurçat est peuplé d’une végétation luxuriante, d’un bestiaire mêlant animaux réels et fantastiques, à l’image de notre porc-épic au milieu de ses plantes bleues et vertes, se jouant de la perspective sur ce fond noir. Effet décoratif assuré avec ce pan de laine réalisé par celui qui sut bâtir un pont entre la tradition du Moyen Age et la modernité du XXe siècle.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR

Lot 48 - Jean LURÇAT (1892-1966) à AUBUSSON. " Grotte noire". Tapisserie en laine signée et portant le monogramme de l'atelier Goubely-Gatien dans la trame en bas à gauche. Titrée, signée, numérotée sur le bolduc. Carton nº 1918, Mle nº 2025, édition de 1960. Haut. : 128 - Larg. : 246 cm (une infime partie décousue) Jean Lurçat est né dans les Vosges et commence sa carrière comme peintre, mais c’est la tapisserie qui le met sur le devant de la scène, ou peut-être plus exactement lui qui redonna à la tapisserie sa gloire d’antan. Au cours des années 1930, il se met en tête de redynamiser cet art alors délaissé. En 1936, il fait tisser sa première tapisserie par la Manufacture des Gobelins, puis s’installe à Aubusson en septembre 1939 avec Marcel Gromaire et Pierre Dubreuil. Là-bas, il collabore avec de nombreux ateliers comme celui de Suzanne Goubely, dont notre œuvre est issue, qui reprend l’activité de son père, Emile Gatien. Le goût moderne de Goubely contribue au succès d’Aubusson et s’allie parfaitement avec les idées du peintre-cartonnier. Lurçat n’est pas seulement un artiste, il est un véritable technicien qui met au point une toute nouvelle méthode redoutablement efficace pour la fabrication des tapisseries : carton numéroté, palette réduite, tissage à large point. Chaque numéro sur le carton correspondant à une couleur facilitant le travail du lissier. Sans trop de difficulté, Lurçat rallie du monde à sa cause et initie une myriade de disciples parmi lesquels Jean Picart Le Doux, Marc Saint-Saëns et Dom Robert. A l’entrée de cette grotte, le spéléologue est heureux de rencontrer l’étonnant bestiaire de Jean Lurçat. Une salamandre, un couple de tortues, des papillons, un oiseau et même des poissons nous font entrer dans cette univers lyrique aux tons jaunes et bruns si chaleureux. Effet décoratif assuré avec ce pan de laine réalisé par celui qui sut bâtir un pont entre la tradition du Moyen Age et la modernité du XXe siècle.

Estim. 3 000 - 5 000 EUR

Lot 80 - Joseph Etienne BLERZY (1735-1821) et Pierre-Adolphe HALL (1739-1793). Tabatière circulaire en or jaune guilloché et émaux bleu, vert et blanc rehaussés de paillons et pastilles d'or, à décor de festons, palmettes et guirlandes feuillagées. Le couvercle orné au centre d'une miniature figurant le portrait d'un officier d'infanterie récipiendaire de l'ordre de Saint-Louis dans un entourage serti de perles fines. Poinçon de Maître-orfèvre : Joseph Etienne Blerzy, reçu maître en 1768. Poinçon de charge : Paris de 1783 à 1789, fermier général Henri Clavel. Poinçon de décharge : tête de vanneau, Paris de 1783 à 1786. Gravée du numéro 721 sur la gorge. La miniature signée Hall.f (pour fecit) en bas à droite. Diam. : 7 - Haut. : 2,5 cm - Poids brut : 130,3 g (manques à l'émail) Accessoire très « prisé » de l’aristocratie de la fin du XVIIIe siècle, la fonction première de la tabatière est de conserver le tabac mais aussi d’être admirée. C’est en effet un véritable marqueur social attestant de la richesse et du raffinement de son propriétaire. Ces artefacts précieux sont réalisés par des orfèvres spécialisés dans la création de menus objets, les plus recherchés étant les artisans parisiens comme Adrien Vachette, Jean Ducrollay, Louis Roucel, Etienne Nitot ou Joseph Etienne Blerzy. Installé sur le Pont au Change à l’enseigne «A la ville de Leipzig, le bijou d’or », ce dernier est considéré comme l’un des meilleurs orfèvres de son temps. En témoigne sa présence de l’Almanach Dauphin de 1776 répertoriant les meilleurs artisans, artistes et commerçants du royaume. Notre écrin porte deux fois son poinçon de Maître. Chef d’œuvre de technique, il associe l’excellence de l’orfèvrerie, des émaux et de la joaillerie avec l’adjonction de perles fines délicatement serties. A la fois tabatière et boîte à portrait, la préciosité de l’objet tient aussi à la finesse de la miniature qui orne son couvercle. Elle porte la signature du peintre suédois Pierre Adolphe Hall, surnommé par Diderot « le Van Dyck de miniature ». Parti à Paris pour parfaire son art sous la protection d’Alexandre Roslin, il devient agréé à l’Académie Royale en 1769 avant d’être nommé peintre du Cabinet du roi et des enfants de France. Ces ouvrages orfévrés étaient souvent offerts comme cadeau diplomatique ou militaire, destinés à la personne représentée. C’est probablement le cas de notre boîte figurant un officier d’infanterie chevalier de Saint-Louis. Des objets de vertu de Blerzy figurent aussi dans les collections publiques, une tabatière comparable à la notre au musée du Louvre portant le portrait de Joseph II Empereur du Saint Empire, au musée des Arts décoratifs, au musée Cognac-Jay,au Metropolitan Museum ou encore au Victoria and Albert Museum.

Estim. 4 000 - 6 000 EUR

Lot 99 - SWEERT Emmanuel. Florilegium, tractans de variis florib. et aliis Indicis plantis ad vivum delineatum in duabus partib. et quatuor linguis concinnatum. Amsterdam, Jansson, 1647-1654. 2 parties en un volume in-folio, cinquième édition de ce célèbre ouvrage, initialement publié en 1612. L'illustration se compose d'un titre gravé figurant les portraits de Charles de l'Escluse et Rembert Dodoens, d'un portrait de l'auteur et de 110 planches hors-texte gravées sur cuivre, comprenant chacune plusieurs espèces représentées, pour un total de 560 plantes différentes, en partie reprises d'après les ouvrages de Vallet et De Bry. Il se divise en deux parties, la première consacrée aux fleurs à bulbes comprenant 67 planches numérotées, la seconde aux fleurs dite "à racines chevelues" comprenant 43 planches numérotées. Texte des deux parties en français, latin, allemand et hollandais relié en début de volume, page de titre dédiée pour la seconde partie. Cet ouvrage eût un rôle très important dans la fameuse "tulipomanie" que connurent les Provinces-Unies au début du XVIIème siècle. Emmanuel Sweerts, responsable des jardins de l'empereur Rodolphe II d'Autriche, fut avant tout un acteur direct du marché de la Tulipe, qu'il vendait, entourée d'objets de curiosités, aux foires de Francfort et d'Amsterdam. Encouragé par l'empereur, il se consacra à la publication du Florilegium, véritable catalogue en latin, français, néerlandais et allemand des fleurs à acquérir lors de ces deux foires. Ce luxueux catalogue lui valut une grande notoriété, si bien qu'une variété d'Iris blanc, l'Iris Sweertii, porte aujourd'hui son nom. Reliure plein veau marbré d'époque, dos orné à 6 nerfs. (reliure usagée avec manques de cuir aux plats et au dos, mors fendus, quelques rousseurs affectant principalement les premiers feuillets, marges du frontispice et de la dernière planche légèrement effrangées, papier légèrement bruni, petites rousseurs sur quelques planches) Expert : Monsieur Nicolas Asvisio.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR