DROUOT
mercredi 26 juin à : 14:30 (CEST)

HAUTE ÉPOQUE ET CURIOSITÉS

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Salle 9 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot 75009 Paris, France
Exposition des lots
mardi 25 juin - 11:00/18:00, Salle 9 - Hôtel Drouot
mercredi 26 juin - 11:00/12:00, Salle 9 - Hôtel Drouot
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169 résultats

Lot 18 - Rare boîte de forme octogonale, pyxide, âme en bois de résineux teinté, placage d'ébène, os, pâte rouge et bronze. Chaque face est ornée d'une plaque ajourée de huit étoiles à huit pointes sur deux colonnes dans un encadrement avec restes de pâte rouge ; corps souligné de filets en haut et en bas ; couvercle à décor géométrique d'un agencement de frises de tresses entrelacées dessinant une étoile à huit branches ; garniture en bronze composée de pentures, de fausses cornières et de pieds aux terminaisons lancéolées, d'un moraillon articulé avec plaque de fermeture aux angles tréflés comportant trois gâchettes pour le passage d'une goupille et d'un anneau sommital de suspension mobile. Espagne, époque nasride, Grenade, XIV/XVe siècle H. hors tout 13 cm - L. hors tout 11, 7 cm Boîte seule, H. 10,9 cm - L. 10,1 cm (légère déformation du couvercle) Cette pyxide qui nous est parvenue dans un excellent état de conservation appartient à un corpus assez restreint de boîtes réalisées en al-Andalus présentant des plaques en ivoire ou en os ajourées de motifs d'étoiles à huit pointes. De dimensions très voisines, cinq ont été répertoriées jusqu'ici : Collection particulière, León (fig.a), Instituto Valencia de Don Juan, Madrid, inv. 4867 (fg.b), Vente Londres Sotheby's, 10 juin 2020, lot 87 (fig.c), Musée des Arts décoratifs de Madrid, achat 2023, inv. CE 30485 (fig.d), Collection David, Copenhague, inv. 1/2017 (fig.e). Elles proviennent d'ateliers de la péninsule ibérique du temps de l'occupation musulmane et empruntent leur technique et leur décor à l'art arabe du Maghreb. Plusieurs universitaires se sont penchés sur cette production et s'accordent à la situer à l'époque du royaume de Grenade, sous la dynastie Nasride (1238-1492). L'originalité de la boîte présentée ici réside dans la simplicité de son décor qui ne fait pas appel à la technique de la fine marqueterie géométrique connue en espagnol sous le nom de taracea que l'on observe sur les cinq autres exemples précités. L'usage de ces boîtes reste à déterminer, des historiens de l'art semblent y voir des encriers, d'autres des pyxides du fait que certaines aient été vendues par des monastères. Cette dernière hypothèse semble plausible compte-tenu de l'agencement géométrique utilisé par les artisans andalous sous domination musulmane qui dessine des étoiles mais aussi des croix. Ouvrages consultés : - Á. Galán y Galindo, "Evolución de las técnicas de talla en marfil " dans Boletin del Museo Arqueologico Nacional, 29-30-31/2011-12-13, I, p. 5-64 - N. Silva Santa-Cruz, "Entre la ebanisterai y la eboraria : Un probable tintero (Dawät) nazarí y otras taraceas medievales" dans Codex Aquilarensis, 31/2015, p. 233-258

Estim. 12 000 - 15 000 EUR

Lot 29 - Calice en argent repoussé, gravé, ciselé et doré, insertions de deux écus champlevés et émaillés, émaux noir et rouge. Tige cylindrique à nœud médian côtelé entre deux bagues portant les inscriptions ihesus xps / agnus dei [feuillage], coupe évasée, base circulaire à huit pans, dont deux portant un écu armorié, l'un de Salzbourg Mi-parti, au 1 : d'or à un lion rampant de sable lampassé et armé de gueules ; au 2 : de gueules à une fasce d'argent, l'autre de l'archevêque Johann II von Reisberg (1429 - † 1441) D'or à la bande de sable. Autriche, Principauté de Salzbourg, première moitié du XVe siècle H. 19,2 cm - Poids brut : 365,1 g Nombre 368 estampés sur la bordure du pied. (manques aux émaux, coupe d'époque postérieure) Ce calice semble être un remontage avec un nœud côtelé d'un style antérieur au pied bordé d'une fine frise de croisillons. Les armoiries de Salzbourg et celles de l'archevêque ont vraisemblablement été serties à l'occasion d'un présent fait au prélat, à moins que celui-ci ait commandé le calice lui-même et ait demandé à un orfèvre de l'enrichir de ses armoiries. Originaire d'une famille de la noblesse styrienne, Johann II von Reisberg a été en effet prince-archevêque de Salzbourg de 1429 à 1441. Après des études à l'université de Vienne, il est nommé vicaire général de l'archidiocèse de la ville de la principauté avant de devenir doyen de la cathédrale en 1405. On retrouve les mêmes armoiries que celles du calice au "vitrail d'or" de l'église Saint-Léonard de Tamsweg (1433) dont il a été le commanditaire (fig.).

Estim. 5 000 - 7 000 EUR

Lot 34 - Croix processionnelle, âme en noyer, argent repoussé, ciselé et doré, figures d'applique, restes d'émaux noir, vert et bleu. Branches à redents se terminant par un quadrilobe, pourtour agrémenté d'éléments sphériques, décor de rosaces et rosettes, rinceaux fleuris sur les tranches. Face : Christ à la tête inclinée vers l'épaule droite, périzonium drapé avec chute latérale, pieds superposés ; bustes de la Vierge, de saint Jean, de Dieu le Père bénissant et de Marie-Madeleine. Revers : à l'intersection, saint François recevant les stigmates entouré du Tétramorphe. Nœud sphérique en cuivre doré, orné de quatre médaillons en argent gravé représentant saint Sébastien, la Nativité, saints Gervais et Protais et un saint devant des remparts tenant de sa main droite une monstrance (?). Italie, Abruzzes ou Marches, entourage de Pietro Vannini (Ascoli, vers 1413 - 1496), milieu du XVe siècle H. 61,5 cm - L. 39,5 cm Socle en noyer mouluré H. totale 75,4 cm - Poids total : 3,541 kg (éléments sphériques manquants, petits accidents, bagues d'époque postérieure, nœud de même époque et de qualité de facture comparable possiblement associé) La facture de cette croix processionnelle est de belle qualité et son état de conservation remarquable hormis quelques pertes d'émaux. Le nœud qui lui est associé, avec ses grands médaillons d'argent et ses cercles finement ciselés, témoigne également du travail d'un orfèvre majeur. En comparaison avec la grande croix de procession conservée au musée de Cluny attribuée Pietro Vannini (inv. Cl. 9927, fig. a), on peut rapprocher ici les figures d'appliques du travail de cet orfèvre d'Ascoli (fig. b et c). Ouvrages consultés : - Sculture preziose. Oreficeria sacra nel Lazio dal XIII al XVIII secolo, Rome, 2015, p. 102-103 et p. 206-207 - Emile Bertaux, «Trésors d'Eglises. Ascoli Piceno et l'orfèvre Pietro Vanini», In: Mélanges d'archéologie et d'histoire, tome 17, 1897, p. 77-112 - Giuseppe Clerici, «Cultura e oreficeria del Quattrocento marchigiano: Pietro Vannini», In : Storia dell'arte, Nuova serie, n. 11, 2005, p. 35-58 - Ilaria Pecorelli, «Pietro Vannini's processionnal cross», In : Revista chileno-española, académico científica de humanidades, arte y cultura, n° 7, mars 2020

Estim. 12 000 - 15 000 EUR

Lot 38 - Rare ceinture nuptiale en soie rose marron lampassée de fils d'or avec éléments en argent niellé, argent ciselé et doré. Inscriptions tissées sur le ruban : SOLA*FIDES (fidélité seule) séparées par des rosaces et des mains enlacées, mani in fede (littéralement mains en confiance) ; douze œillets (non repercés) en forme de fleurons adossés ont été conservés ; chaque extrémité se termine par un scudiccinolo, plaque-boucle et pendant ; ces scudiccinoli sont divisés en trois compartiments, à décor de deux têtes de putto encadrant un cœur enflammé et saignant pour l'un, double-face pour l'autre, montrant les profils verticaux et inversés d'un couple séparés par un écu armorié de...à une croix au pied fiché de ... sous une couronne fleuronnée ; chaque scudiccinolo est ciselé de différents motifs, putto, rinceaux accostés, colonnettes, capitules floraux, fleurons et petites rosaces ; poinçon au revers de la plaque ; chaînette attachée à l'anneau du pendant. Italie du nord, seconde moitié du XVe siècle L. totale 173,3 cm - L. plaque-boucle 11,2 cm - pendant 11,4 cm Poids total : 144 g (usures et restaurations au ruban) Peu de ceintures complètes sont parvenues jusqu'à nous compte tenu de la fragilité des rubans de soie. On peut citer entre autres, une de facture milanaise au Museo Poldi Pezzoli de Milan (fig. a), une autre, mais exposée en plusieurs éléments détachés, au British Museum (inv. AF.2851), une autre encore donnée comme siennoise du XIVe siècle au musée de Cleveland (fig.b) et une dernière, de la même époque mais vénitienne au Metropolitan Museum of Art (inv.17.190.963, fig. b). Rares sont les éléments orfévrés comportant du nielle, le musée du Louvre conserve cependant dans ses collections une boucle ornée d'un buste de profil, Italie vers 1500 (inv.0A 11114, fig. c) et il est à signaler deux scudiccinoli de même facture que ceux de la ceinture présentée ici passés par le marché de l'art néerlandais ces dernières années réalisés dans un atelier très proche de l'Italie du nord (fig. d). Le cœur enflammé représente l'amour ardent que se portent les deux époux, les gouttes de sang exprimant un degré d'amour encore plus élevé. Il peut être interprété comme un symbole profane mais aussi sacré. Cette polysémie est accentuée par l'inscription répétée SOLA*FIDES qui peut signifier la confiance placée en l'autre dans le cadre du mariage mais aussi l'importance et l'unicité de la Foi en Dieu. Les mains enlacées incarnent quant à elles la fermeté de l'amour unissant les deux époux. Les armoiries sont identiques sur chaque face du pendant, alors qu'elles pourraient être différentes et illustrer ainsi les deux familles unies par ce mariage, comme c'est le cas sur la ceinture du British Museum. N'ayant pu être identifiées dans les différents armoriaux de la noblesse italienne, il est possible que ces armes aient une valeur davantage décorative que symbolique et qu'elles ne soient pas à rattacher à une famille en particulier. La famille de Gonzague, à la tête du marquisat de Mantoue, a pour devise FIDES mais il est impossible d'en déduire un lien avec la ceinture. De nombreuses cités lombardes (dont Mantoue) ont pour armes d'argent à une croix de gueules. Ouvrages consultés : - A. Masetti, “Una cintura nuziale con smalti” dans Annali della Scuola Normale Superiore di Pisa. Classe di Lettere e Filosofia, 1988, Serie III, Vol. 18, No. 1, p. 231-259 - R. W. Lightbown, Mediaeval European Jewellery, Victoria and Albert Museum, 1992, p. 319 à 341 - J. Hall, Dictionnaire des mythes et des symboles, Paris, 1994, p. 110-111 - Exposition Milan 2011/2012, Oro dai Visconti agli Sforza. Smalti e oreficeria nel Ducato di Milano, Museo Diocesano, cat., p. 188-191

Estim. 7 000 - 10 000 EUR

Lot 51 - Bas-relief en marbre figurant le profil droit de Galéas Marie Sforza (1444-1476), dans un encadrement mouluré. Vêtu d'un pourpoint au col souligné d'un ruban perlé, le duc de Milan présente un profil aquilin, un menton lourd et une chevelure mi-longue aux mèches très légèrement ondulées. Inscription GA[LEAZZO] M[ARIA]. Lombardie, vers 1460/70 H. 36 cm - L. 24 cm Attache fixée au plomb au revers (petits accidents et manques en bordure, cassé et recollé notamment au niveau du cou) Galeazzo Maria Sforza, cinquième duc de Milan et frère de Ludovic le More, a la réputation d'avoir été un prince mécène, tyrannique, dépravé, pervers et à la gouvernance peu inspirée. Il fut assassiné à l'âge de 32 ans, au lendemain de Noël 1476, victime d'une conspiration de trois officiers à la cour de Milan, dont un Visconti, famille alliée à la sienne. On connaît deux tondi en marbre dans les collections publiques françaises représentant son portrait au profil caractéristique, l'un conservé au musée des Beaux-Arts de Lyon et l'autre au musée du Louvre (inv. RF 1631, fig.). Tous deux situés à la fin du XVe siècle, ils montrent une image d'un duc plus âgé, correspondant vraisemblablement à celle peu avant sa mort, à la différence de celui-ci où il est figuré encore jeune homme. De facture plus stylisée, ce profil est surprenant par sa précision, mettant en valeur sans complaisance les traits particuliers de ce personnage, son nez busqué débordant sur le cadre. Ouvrage consulté : - G. Bresc-Bautier sous la dir. de, Les sculptures européennes du musée du Louvre, Paris, 2006, p. 241

Estim. 1 200 - 1 500 EUR

Lot 52 - Rare buste reliquaire d'un saint Franciscain, buste en bois sculpté et doré et tête en cartapesta modelée et dorée. Portant le simple habit monacal au col relevé et échancré en accolade, le saint présente un visage massif à l'expression sévère traité à l'image d'un portrait : chevelure tonsurée, front barré de rides, petits yeux en amande soulignés de pattes d'oie, nez fort, joues émaciées, bouche serrée à la lèvre inférieure légèrement charnue, mâchoire large. Tête amovible percée d'une petite ouverture carrée à l'arrière fermée par une porte en bois (hêtre) doré, anciennement munie d'une serrure. Anneaux de suspension sur les côtés de la tête. Toscane, seconde moitié du XVe siècle H. 40,5 cm - L. 41,5 cm Socle garni de velours de soie rose (usé) (petits accidents et manques) Ce buste arbore une frontale sévérité, fascinante par son réalisme, faisant penser à certains bustes de dignitaires du Quattrocento florentin. La pauvreté des matériaux, bois et cartapesta, compensée par la dorure épaisse, est vraisemblablement le choix d'une communauté de franciscains ayant fait vœux de pauvreté en accord avec leur saint patron. Cependant la technique habilement employée n'a pas empêché de donner à ce buste une certaine préciosité à l'imitation d'une pièce d'orfèvrerie. Le recours au papier mâché a permis ici d'obtenir un chef évidé afin de conserver la relique que l'on n'aurait pas pu réaliser dans une pièce de bois. Les artistes florentins maîtrisaient parfaitement la fabrication de sculptures en stuc ou en cartapesta, technique qui avait l'avantage d'être peu onéreuse et conférait une légèreté à l'œuvre. Provenance : - Vente Paris, Hôtel Drouot, Me Ader, 7 décembre 2009, exp. Raud, lot 165, comme Travail italien fin XVI/début XVIIe

Estim. 5 000 - 7 000 EUR

Lot 54 - Tête de femme, gisant ?, en pierre calcaire sculptée en applique avec traces de monochromie sur les joues. Visage ovale aux yeux fendus jusqu'aux tempes, paupières gonflées, bouche bien dessinée aux commissures relevées, menton rond ; chevelure partagée par une raie médiane recouverte par un voile plissé. Languedoc, entourage du Maître de Combefa, fin du XVe siècle H. 14,5 cm - L. 12 cm - Ep. 8 cm (petites épaufrures, essentiellement au nez) Cette surprenante tête présente des traces de gradine sur la partie supérieure et droite du voile qui semblent indiquer qu'elle était située sous un dais. La stylisation très personnelle des yeux et le traitement soigné des lèvres comme la qualité de la pierre calcaire utilisée renvoient à des caractéristiques de la sculpture languedocienne. On pense notamment à la Mise au tombeau de Monestiés-sur-Gérou (Tarn) (fig. a et b). Cet exceptionnel ensemble en pierre calcaire polychromée qui se compose d'un Christ en croix, d'une Lamentation et d'une Mise au tombeau ne compte pas moins d'une vingtaine de figures. Avant d'être recueilli dans la chapelle de l'hôpital Saint-Jacques de Monestiés, il avait été commandé par Louis d'Amboise pour la chapelle de son château de Combefa consacrée en 1490. Bien que l'on s'accorde à reconnaître plusieurs mains ayant travaillé à cette commande, une typologie commune se dégage dans la physionomie des visages féminins, reconnue unique dans l'art de la statuaire du Moyen Âge. Le maître anonyme inspirateur de ce style très particulier a été nommé par défaut Maître de Combéfa dans l'ouvrage de Jacques Baudoin sur le Rouergue et le Languedoc. Provenance : - Ancienne collection du Périgord depuis plus de vingt ans Ouvrage consulté : - J. Baudoin, Rouergue - Languedoc, La sculpture flamboyante, éd. Créer, Nonette, n.d., p. 249-257

Estim. 3 000 - 4 000 EUR

Lot 71 - Rare matrice en bronze gravé en taille d'épargne représentant la Femme de l'Apocalypse. Debout sur un croissant, la tête ceinte de la couronne d'étoiles, elle porte un enfant sur son bras droit, tenant un sceptre fleurdelisé de la main gauche ; encadrement orné de phylactères portant les inscriptions du verset biblique MULIER AMICTA SOLE ET LUNA SUB PEDIBUS EIUS (Une femme revêtue du soleil et la lune sous les pieds) ; à chaque angle figure un buste dans un médaillon coiffé de divers couvre-chefs ; écu cantonné de rinceaux feuillagés à la partie inférieure. Deux prises au dos. Début du XVIe siècle H. 11,2 cm - L. 7,7 cm L'inscription est tirée du premier verset du chapitre 12 du livre de l'Apocalypse : «Un grand signe apparut dans le ciel. Une femme revêtue du soleil et la lune sous les pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles». Différentes interprétations ont été faites de cette vision, la Femme représentant soit la Vierge Marie, la Nouvelle Eve ou encore l'Église. Dans les angles, les bustes semblent être ceux de sybilles, d'empereurs ou de personnages bibliques tels que l'on peut en voir dans les premiers livres d'Heures imprimés de Philippe Pigouchet pour Simon Vostre. Cette plaque était d'ailleurs vraisemblablement destinée à l'impression d'une page d'un livre d'Heures, l'écu laissé vierge pouvant être peint à la main aux armes du commanditaire. Il est à remarquer que peu de matrices originales nous sont parvenues et qu'aucune estampe correspondante n'a pu être identifiée.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR

Lot 77 - Chausse-pied en corne de bovidé sculptée et gravée avec rehauts de noir. De forme très effilée, elle présente un décor partagé en quatre registres séparés par des frises de hachures ou d'entrelacs ; de haut en bas, groupe de fruits, jeune soldat muni d'une épée et d'un bouclier, coiffé d'un chapeau à plumes et une collerette autour du cou, lansquenet tenant une lance, une épée suspendue derrière lui, un couple en costume Renaissance, la femme levant une coupe de sa main gauche, l'homme assis près d'elle, les deux portant une fraise ; date 1593 dans le champ ; embout à pans et tourné. Allemagne ou Flandres, fin du XVIe siècle, 1593 L. 47 cm (léger manque à l'extrémité évasée) Ce chausse-pied fait partie de ces objets d'usage quotidien, au matériau peu onéreux mais au décor soigné et raffiné mettant en scène des personnages pittoresques ou héroïques. Un certain nombre de chausse-pieds en corne sont répertoriés dans les musées, certains portant des inscriptions ou des dates. Ainsi, on connaît le nom d'un artisan, Robert Hendart Mindum, actif en Angleterre de 1593 à 1613 qui a signé plusieurs de ces objets ; on pense qu'il était d'origine wallonne ou qu'il s'agissait d'un Huguenot français ayant traversé la Manche suite aux Guerres de Religion, avant la promulgation de l'édit de Nantes en 1598. La facture de son travail est cependant légèrement différente de celle du chausse-pied présenté ici qui est davantage à rapprocher d'un exemplaire conservé au musée du Louvre, cependant de réalisation plus tardive car daté 1623 (inv. 0A.190, fig.a, a'). Ce même atelier, à l'image de celui de Mindum, produisait également des poires à poudre comme le montre celle, également au Louvre, ornée d'un homme en arme sous les jambes duquel figure une souche comme ici sur les deux registres supérieurs (fig.b.). Ouvrage consulté : - P. Malgouyres, Ivoires de la Renaissance et des Temps modernes, Paris, 2010, cat. 128 et 185, p. 186 et 235

Estim. 4 000 - 6 000 EUR

Lot 78 - Suite de quatre cuillères d'apôtre en argent ciselé, gravé et doré. Cuilleron arrondi au revers orné de fleurs de lys et d'entrelacs ; manche ouvragé et orné, sur une face, d'une figure d'apôtre sous une arcature (Paul, André, Jean et Jacques le Mineur), sur l'autre, d'un blason armorié avec lambrequins et casque couronné, surmonté d'ailes et d'une étoile, tête d'angelot d'un côté et de l'autre, tige à pans portant une inscription double face en polonais : AT NARODIL . SE . Z . MARIE . PANNY / [...]IE : GENZ : SE : POCZAL . ZDVCHA // S : M : APO . SMRTI . ZIWOT . / . WIECZNY . * . AMEN . * . // GELISTA . TRPIEL . POD . PONTSKIM . PILAT / IZOVVAN . VMRZEL . APOHRZBEN . * . // S : IVDAS : TIELA . ZMRTWIC / WZKKISSENI . ; extrémité à décor d'une figurine du Christ bénissant et tenant l'orbe. Poinçons non identifiés mais répertoriés, poinçon d'importation au charançon. Pologne ?, fin du XVIe siècle L. 20,2 cm - Poids total : 259,2 g (petit accident à un cuilleron) La série complète des cuillères d'apôtre était au nombre de douze. Les plus anciennes datent de la fin du XVe siècle et la production semble s'arrêter vers 1660. Il était d'usage, dans les pays du nord de l'Europe du nord et en Europe centrale, de les offrir au moment du baptême. Les familles les plus riches les faisaient réaliser en argent comme ici ; on donnait une série complète ou une seule avec le saint correspondant au nom de l'enfant. Chez les plus modestes, elles étaient dans une matière moins onéreuse, étain ou laiton. Le musée national de Cracovie conserve deux exemples très comparables avec des inscriptions liturgiques sur les manches. Il est remarquable de pouvoir en présenter quatre d'une même série. Ouvrages consultés : - A. Bochnak et K. Buczkowski, Decorative Arts in Poland, Varsovie, 1972, cat. 159, p. 202 - M. Rosenberg, Der Goldschmiede Merkzeichen, Berlin, 1928, vol. IV, p. 600

Estim. 3 500 - 5 000 EUR

Lot 85 - Coffret à dessus bombé avec âme en chêne, ornementation de plaques en os ajourées et posées sur un fond toilé, décor de rosaces et de remplages gothiques, de fleurs et de feuillages, garnitures en laiton repoussé et mouluré. Région alpine du sud de l'Allemagne, XVIe siècle H. 15,5 cm - L. 24,6 cm - P. 11,5 cm Clef Étiquettes de collection sur le fond. (petits accidents et manques, une plaque refaite, serrure démontée) Sofia Rodriguez Bemis, directrice du Musée national des arts décoratifs de Barcelone, a rapproché ce coffret de l'ancienne collection Junyent à la production nurembergeoise s'appuyant sur l'emploi du laiton. Cette thèse ne semble pas très convaincante et il serait plus vraisemblable de situer la réalisation de ce type de coffret plus au sud, peut-être dans les régions alpines du sud de l'Allemagne. Provenance : - Ancienne collection Oleguer Junyent (1876-1956), Barcelone. Oleguer Junyent (1876-1956) fut un peintre, décorateur, collectionneur et antiquaire principalement connu pour son voyage autour du monde réalisé en 1908 - Acheté à la Tefaf à Artur Ramon, antiquaire à Madrid - Collection privée, Barcelone Expositions : - Exposition Barcelone 1929, El arte en Espana, Palacio nacional, cat. 2886 - Exposition Barcelone février-mars 1961, Oleguer Junyent, Palais de la Virreina, p. 48, cat. 222 Ouvrage consulté : - S. Rodriguez Bemis, El arte en el tiempo del Tratado de Tordesillas, Tordesillas, 1994, n°91

Estim. 4 000 - 6 000 EUR

Lot 91 - Six plaques d'une même suite en émail peint polychrome avec rehauts d'or, émaux sur paillons d'argent et émaux translucides représentant des scènes de la légende de saint Martial de Limoges, l'une datée 1544. Contre-émaux saumonés en fondant, l'un portant le poinçon Pénicaud au revers. - saint Martial enfant assiste au miracle de la multiplication des pains. - saint Martial enfant est béni par le Christ. - Saint Martial ressuscite Austriclinien. - Dieu apparaît à saint Martial et ses compagnons à Limoges. Marque PL couronné sur le contre-émail. - Saint Martial prêchant. Datée 1544. - Dieu apparaît à saint Martial pour lui annoncer sa mort prochaine. Limoges, Jean II Pénicaud, milieu du XVIe siècle, datée 1544. H. 15 cm - L. entre 20,5 cm et 21 cm (quelques accidents et manques, altérations de certains émaux) Saint Martial, premier évêque de Limoges, était selon Grégoire de Tours un des sept Missionnaires envoyés de Rome pour évangéliser la Gaule. Ces plaques, illustrant la vie du saint patron du Limousin, font partie d'une importante série dont on estime le nombre à dix-huit. Cet ensemble monté dans un cadre était encore conservé en 1765 dans une chapelle de l'abbaye Saint-Martial de Limoges selon un témoignage de l'époque. Il fut par la suite dispersé sans qu'on en connaisse les circonstances exactes. Seulement trois de ces plaques étaient jusqu'ici localisées, une appartenant aux collections du British Museum de Londres (inv. 1913,1220.15, fig.a) et deux autres passées en vente en 2014 à Paris, préemptées par le musée des Beaux-Arts de Limoges (inv. 2014.8.1 et 2, fig.b et c). Elles représentent respectivement le Baptême de saint Martial, Sainte Valérie apportant sa tête à saint Martial et la mort du saint limougeaud. La plaque du British est particulièrement intéressante, vraisemblablement placée au commencement du retable, elle porte en effet la signature du peintre émailleur IOHA / NNES / MF / PENI / CAUD / IUS / IV qui permet donc de reconnaître en Jean II Pénicaud l'auteur de cette importante commande. Il est à remarquer que la dernière des six plaques proposées à la vente, celle où Dieu apparaît pour annoncer la mort prochaine du saint, reprend le même arrière-plan que les deux plaques conservées à présent au musée de Limoges et qui provenaient de la collection du Baron Gustave de Rothschild (1829-1911). Plusieurs plaques de la série, les deux conservées au musée de Limoges et celle de la collection Bardinet où Dieu apparaît sur fond de la capitale limousine, portent le poinçon de la famille Pénicaud, le PL couronné, qui attestent bien de la double activité d'orfèvre et de peintre émailleur de cette famille. Les six plaques Bardinet n'étaient cependant pas complètement inconnues des historiens d'art car elles avaient été en effet décrites en 1855, du temps où elles appartenaient au collectionneur limougeaud, par le conservateur des Monuments historiques Maurice Ardant. Il mentionne ainsi dans son ouvrage Emailleurs et Emaillerie de Limoges une série de plaques de la Vie de saint Martial réalisée en 1544. Il y décrit les sujets et précise leur provenance : «Ces tableaux, datés de 1544, décoraient la chapelle consacrée à ce saint dans l'ancienne et vaste église qui portait son nom». Suite à l'acquisition par le musée des Beaux-Arts de Limoges des deux plaques du Baron Gustave de Rothschild à la vente Christie's de 2014, la conservatrice Véronique Notin a fait paraître un remarquable article faisant le point sur ce retable illustrant la légende du saint patron de Limoges, réputé provenir de l'abbaye Saint-Martial. Elle publie un tableau récapitulatif mentionnant 16 plaques, numérotées de 1 à 16, avec indications de leur lieu de conservation, leur provenance et présence dans une exposition. Illustrées par un ancien cliché déposé au musée (fig. d), pris à la fin du XIXe ou au début XXe, celles de la collection Bardinet (n° 4 à 9) sont bien mentionnées mais non localisées. Il s'agit donc ici d'une véritable redécouverte. À la différence des deux plaques Rothschild, elles n'ont pas été restaurées des altérations dues à des réactions chimiques concernant notamment les émaux de certains manteaux, état que l'on pouvait déjà constater au milieu du XIXe siècle. Cependant elles témoignent de la qualité de l'artiste qu'était Jean II Pénicaud que cela soit dans le traitement des têtes et des mains, l'éclat des verts et des bleus ainsi que la richesse de ses arrière-plans notamment dans la vue qu'il donne de la ville de Limoges dans laquelle on reconnaît l'abbaye Saint-Martial (fig.e). Il sera ainsi possible désormais de répondre à l'ancienne conservatrice du musée de Limoges, Véronique Notin, qui terminait son article en évoquant la possibilité d'avoir des informations sur les «détails architecturaux de monuments antiques ou d'inspiration antique de Limoges, e

Estim. 25 000 - 30 000 EUR

Lot 94 - Coupe à deux anses en émail peint polychrome avec rehauts d'or. Fond orné des armes de l'évêque Guillaume Le Boux d'argent, au chevron d'azur, accompagné en chef de deux hures de sanglier arrachées de sable, et en pointe d'une tête de limier de gueules accolée d'argent ; aile à décor de rinceaux feuillagés en relief dans des réserves ; sous le pied, paysage avec château et cavalier ; tout autour, rosaces et points sur fond noir et rinceaux dorés. Limoges, attribuée à Jean-Baptiste Poyllevet, fin du XVIIe siècle H. 4,7 cm - L. 18,3 cm (quelques restaurations, légers éclats d'émail notamment en bordure et au pied) Jean-Baptiste Poillevet ou Poyllevet, également connu sous le nom de Jean II Poyllevet, appartient à une famille d'émailleurs de Limoges. Exerçant dans les années 1690, il semble avoir peu produit. Son style se caractérise par une utilisation généreuse de l'émail comme le montrent ici les rinceaux et les rosaces en fort relief ainsi que par le recours récurrent à un motif de cordelettes visibles sous le talon et délimitant les réserves. Guillaume Le Boux, le commanditaire ou le destinataire de cette jolie coupe, est le fils d'un batelier. Sa vie témoigne d'une ascension sociale remarquable : d'abord balayeur de collège, il fut successivement, capucin, oratorien, curé, puis évêque de Dax de 1659 à 1666. Cette année-là, il est élevé au siège de Périgueux. C'est en demandant pour lui cette dernière dignité que ses amis auraient eu ce bon mot, que «Boux était né gueux, qu'il avait vécu gueux, et qu'il voulait Périgueux (périr gueux)». Il restera de fait évêque de Périgueux jusqu'à sa mort en 1693. C'est sans doute à la fin de cet épiscopat que cette coupe a été réalisée. Ouvrage consulté : - «Boux (Guillaume Le)» Biographie universelle ancienne et moderne, t. V, Paris, Michaud, 1812, p. 412

Estim. 1 000 - 1 500 EUR

Lot 99 - Bague avec calcédoine chromifère de couleur verte et monture en or finement ciselé, ajouré et émaillé, émaux blanc, rouge et noir. Chaton carré serti d'un camée en fort relief représentant une tête d'enfant joufflu au cou entouré d'une fraise ; anneau à filet saillant avec ergots latéraux, culot du chaton arrondi orné de nervures en X, saillantes et striées. Camée : époque romaine en partie retaillé à la Renaissance Monture : XVIe siècle, vers 1570/80 H. 2,9 cm - Poids brut : 3,6 g (quelques manques aux émaux) La calcédoine chromifère était largement employée pour la réalisation de bijoux et de sceaux dans tout l'Empire romain pour ensuite voir son usage disparaître après le IIe siècle. L'origine de ce minéral n'est pas claire, car si Pline l'Ancien l'a décrit comme provenant de l'Inde, aucun gisement n'a été découvert dans ce pays. Il semblerait qu'elle provienne d'Anatolie, l'actuelle Turquie. Il s'agit vraisemblablement ici d'un camée représentant Eros, thème très répandu dans l'Antiquité comme on peut en voir dans plusieurs collections de gemmes. Il aurait été adapté au goût de la Renaissance en retaillant le cou pour former une collerette afin d'épouser la mode de l'époque portée par les enfants durant le troisième quart du XVIe siècle comme le montre le buste en marbre d'une fillette visible au musée du Louvre (inv. RF 1634, fig.a). Ce même musée conserve par ailleurs une bague à la monture approchante cependant moins raffinée, trouvée dans la Seine en 1841 (inv. OA 654, fig.b,b'). Ouvrages consultés : - R. Gennaioli, Le gemme dei Medici al Museo degli Argenti, Florence, 2007, p. 355 à 357 - P. Vittellozzi, Tesori di una collezione privata intagli, cammei, gioielli, objets de vertu, Pérouges, 2017, cat. 131 et 132, p. 183 et 184

Estim. 20 000 - 30 000 EUR