DROUOT
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MANUSCRITS ET AUTOGRAPHES

Conan Belleville Hôtel d'Ainay - +33472734567 - Email CVV

8-10, rue de Castries 69002 Lyon, France
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Lot 4 - BOTANIQUE. Ensemble de 2 documents : - Jean-Marie, Léon dit LEON-DUFOUR (1780-1865), entomologiste, arachnologue et botaniste français. Lettre autographe signée. Saint-Sever, dans les Landes, 14 octobre 1846. 3 pp. in-4. Dufour fait parvenir à son correspondant un souvenir de botanique, il envoie une centaine de plantes phanérogames (dont les organes de reproduction sont apparents). Il étudie la botanique et l'entomologie «dans ce moment je suis dans un paroxysme de lichénomanie» ; il évoque les lichens qu'il a récoltés au Pic du Midi et voudrait revoir l'ouvrage de Duby «La Flore française», étudie le genre des Parmelia et des Lecidea, des échantillons d'acharins de Fries, Persoon et Candolle, etc. - Louis OLIVIER (1854-1910), botaniste, microbiologiste et bactériologiste français. Lettre autographe signée. Paris, 24 février 1880. 3 pp. in-8. Intéressante lettre scientifique du botaniste qui annonce la préparation de son ouvrage majeur : L'Appareil tégumentaire des racines. «Monsieur Cahours m'a donné de vous de bonnes nouvelles, ayant reçu la veille même votre visite. […] M. Van Tieghem [le botaniste et biologiste Philippe van Thieghem (1839-1914)] m'a conseillé, au bout de quelques jours de laboratoire, d'entreprendre des recherches originales, de faire une thèse. J'ai choisi comme sujet de travail les formations tubéreuses dans les racines : c'est principalement une étude anatomique. […] ma grande ambition serait de faire de la physiologie générale, car j'ai la conviction que les phénomènes vraiment vitaux doivent être étudiés dans la série des êtres vivants, animaux et végétaux. Malheureusement cette idée, bien que soutenue par Cl[aude] Bernard, n'est pas encore adoptée dans l'enseignement, et, au point de vue de la carrière, on ne peut se présenter que comme zoologiste ou botaniste […]». L'Appareil tégumentaire des racines sera salué et récompensé par l'Académie des Sciences.

Estim. 200 - 300 EUR

Lot 6 - Alexandre BRONGNIART (1770-1847), minéralogiste. Lettre autographe signée au physicien Alexandre-Claude-Martin Le Baillif (1764-1831), spécialiste d'instruments scientifiques de haute précision. 2 pp. in-4. 5 mars 1825. Adresse au dos. Sur ses collections minéralogiques et géologiques. Il lui adresse les cartes dont il a besoin. «Vous avez des droits nombreux à être admis et accueilli dans les galeries du Muséum toutes les fois que vous vous y présenterez». Il le recevra en personne et sera heureux de «faire la connaissance personnelle d'un amateur distingué que je connais de nom depuis longtemps. Je vous remercie de l'exemplaire que vous avez bien voulu m'envoyer de votre essai sur le chalumeau, je le tiens de vous et il me devient plus précieux que celui que je m'étais procuré il y a quelques temps. Je regrette seulement de n'en avoir pas eu connaissance lorsque j'ai rédigé il y a plus d'un an mon introduction à la minéralogie. Je regrette aussi, monsieur, de ne pouvoir vous offrir de venir continuer sur ma collection, les recherches que vous faisiez sur celles des illustres savants que vous me citez. Mais outre qu'elle était bien inférieure en mérite à la leur, je l'ai tout à fait détruite depuis que je suis professeur au Muséum. J'ai placé dans cette grande collection, dont j'ai la garde et l'usage, tous les morceaux de la science qui pouvaient lui convenir sous un rapport quelconque et j'ai dispersé le reste dans ma collection géologique ou dans mes doubles à donner […]».

Estim. 300 - 400 EUR

Lot 8 - Nicolas de CONDORCET (1743-1794). Lettre autographe [à Turgot]. 4 pp. in-4. Beaume 22 juillet 1772. Magnifique lettre scientifique publiée dans la Correspondance inédite de Condorcet et de Turgot 1770-1779 (Paris, Charavay, 1883, lettre LXXI, pp. 93-95). «J'ai fait la sottise d'attendre votre réponse pour faire partir le vannier et la sottise encore plus grande de l'attendre pour vous écrire. Le vannier va partir, du moins à ce que j'espère, car j'ai laissé́ ce soin à ma mère et je cours le monde environ quinze jours pour aller voir M. de Saint-Chamans à Givet [Joseph-Louis vicomte de Saint-Chamans, ami de Julie de Lespinasse]. J'ai lu l'ouvrage de M. de Morvaux [Louis-Bernard Guyton de Morveau (1737-1816)] sur le phlogistique, je n'en suis pas mécontent ; mais il est au-dessous de ce que j'en espérais. Il détruit toutes les idées que nous avons de la pesanteur et que tout le reste des phénomènes nous oblige d'admettre. En effet, pour que le phlogistique fit que treize onces de plomb n'en pèsent que douze dans l'air, il faudrait que le phlogistique contenu dans le plomb plus une once de plomb fussent en équilibre avec un volume d'air égal au volume total du plomb, or une once de plomb est toute seule beaucoup plus pesante que ce volume, donc, etc. De plus, dans le vide même le moins parfait, la chaux de plomb se rapprocherait du poids du plomb, avant sa calcination, d'une manière très sensible, et cette expérience qui est fort simple à faire suffirait pour détruire l'opinion de M. de Morvaux. Je ne connais rien du tout aux aurores boréales ; quant au magnétisme, je crois qu'il faut, avant de rien expliquer, tâcher de deviner la loi quelconque à laquelle la direction de l'aiguille est assujettie, d'abord pour le même lieu et ensuite pour des lieux différents dans le même temps. De là on s'élèverait à la loi générale pour tous les temps et tous les lieux. J'aurais bien voulu que dans les observations faites pour Paris elle eut suivi, en s'approchant de la direction du méridien, où elle a passé en 1666, la même variation qu'en s'en éloignant ensuite de l'autre côté. Mais cela n'a point eu lieu et rend la loi bien plus difficile à deviner. L'explication du Docteur Halley qui n'est suffisante que pour la variation dans les différents lieux est absolument précaire et vague. Quant à la variation pour les différents temps sa marche constante vers le même coté, depuis plus de cent quatre-vingts ans, ne permet guère de ne pas lui supposer une cause assujettie à une loi calculable et je n'en vois point de bien plausible que l'effet des planètes sur notre globe, les équations de l'orbite terrestre, celles de la rotation et la précession me paraissent celles qu'il faudrait considérer les premières. Quant à l'inclinaison de l'aiguille, il faudrait nécessairement la continuer avec l'autre variation, parce que nous savons que les forces perpendiculaires à l'orbite des planètes influent sur les équations de ces orbites rapportées à un plan. Peut-être un jour calculerai-je tout cela si cependant les détails n'en sont pas trop rebutants. Je lis M. de Morvaux sur la dissolution et les cristallisations. J'ai peur qu'il ne soit pas assez géomètre pour se bien tirer de toutes ces théories de pesanteur. Adieu, Monsieur, à propos vous jugez trop sévèrement l'auteur du livre sur les Deux Indes [l'abbé Raynal], je lui écrirai un peu sur sa physique, et je lui offrirai le peu que je sais pour la seconde édition. Mademoiselle de l'Espinasse est trop bonne de vous parler de moi. Je n'ai fait que des essais pour donner à mes confrères une idée de mon style ; l'un sur la vie de Fontaine, qui n'est que pour M. de Fouchi ; l'autre sur l'influence de l'imprimerie, qu'on mettra dans les journaux si je peux le rendre passable. Quand cela sera fait vous le verrez, mais je voudrais bien que l'éloignement ne m'eût pas privé de vos conseils.

Estim. 5 000 - 6 000 EUR

Lot 11 - [Georges CUVIER (1769-1832), naturaliste]. 17 lettres adressées à Cuvier ou le concernant. - Lettres adressées à Georges Cuvier: le botaniste et ornithologiste Guillaume-Michel Jérôme MEIFFREN LAUGIER (au sujet de la concession de houille pour la compagnie des fonderies et forges de la Loire), Charles-André POZZO DI BORGO (recommandant un médecin russe), Trophime-Gérard marquis de LALLY-TOLENDAL (invitation avec d'autres académiciens), Emmanuel de PASTORET, baron PORTAL, le chimiste Edme-Jean-Baptiste BOUILLON-LAGRANGE, Emmerich-Joseph de DALBERG, François SAUVO (au sujet de l'éloge fait à Lacépède). - Lettres le concernant: le portraitiste anglais Henry William PICKERSGILL (à la baronne Cuvier, avec enveloppe, 1834, se remémorant les moments exquis passés au Jardin des Plantes), Mme CUVIER à Rayer (sept. 1832, après la mort de son mari qui l'a rendue «faible, vieille et malade», sur papier de deuil), Charles-Frédéric CUVIER (3 lettres à Rayer sur la fondation de la Société de Biologie), comte d'ARGOUT à Frédéric Cuvier (lui annonçant sa nomination d'officier de la légion d'honneur, 1831), le navigateur Louis de FREYCINET (à Richard Yates, sur l'envoi d'une lettre de Cuvier, 1833), Jean-Alexandre BUCHON (à Sophie Duvaucel, belle-sœur de Cuvier, au sujet d'une démarche entreprise auprès de l'illustre naturaliste), Charles-Dominique NICOLLE (à Mme Cuvier). - Carte d'entrée au Muséum d'Histoire Naturelle, portant la signature autographe de Georges Cuvier (contrecollée) On joint quelques gravures et documents iconographiques.

Estim. 1 200 - 1 500 EUR

Lot 14 - Anselme Gaëtan DESMAREST (1784-1838). Ensemble de 2 lettres autographes signées à l'éditeur Pitois. Paris et s.l., 15 août 1828 et 18 décembre 1821. 1 p. in-4 avec adresse au verso et 1 p. in-8. Belles lettres à propos de la rédaction de son Dictionnaire des Sciences Naturelles avec Auguste Duméril entre 1816 et 1830. Il envoie à l'éditeur Pitois les articles de la lettre « i ». Il manque cependant « Ivoire » du zoologiste Georges-Frédéric CUVIER (1773-1838) ; « Ixode » [tique], « Iule » [mille-pattes] et « Issus » pour l'entomologiste, herpétologiste et ichtyologiste Auguste DUMÉRIL (1812-1870) ; « Isurus » [requin] pour le zoologiste Hippolyte CLOQUET (1787-1840) et « Isochilus » [orchidée] pour le botaniste et explorateur Jean-Louis Marie POIRET (1755-1834). « Les deux premiers de ceux-ci, ixode et iule étant les noms d'un genre d'arachnides et d'un genre d'insecte reviennent à Mr Duméril. Je ne suis chargé que des crustacés proprement dits. Je n'ai pas vu le commencement de l'article ichthyologique, ni les articles qui sont sur la même famille, quoi que j'aie demandé cette feuille plusieurs fois à Mr Bertrand. Leman ne l'a pas reçu non plus ». Il évoque ensuite ses propres travaux d'ichtyologie et de zoologie puis biffe ce passage. « Je viens de recevoir les placards 6 et 7 de l'imprimerie […] ». Il réclame à Bertrand les épreuves « de la 1ere feuille du 57e volume ». « Les mots velelle, vérétille, vermiculaire, vermilié, veronicelle et vertigo de M. de Blainville manquent […]». Il évoque ensuite l'article sur la vessie de Cloquet et le biffe, etc.

Estim. 400 - 600 EUR

Lot 15 - Jules DESNOYERS (1800-1887), géologue, membre fondateur de la Société géologique de France, membre et bibliothécaire du Muséum, on lui doit la création du terme «quaternaire». 3 lettres autographes signées dont 2 à l'éditeur Baillière, 3 pp. in-8, une à en-tête du Muséum d'Histoire Naturelle. Paris, «au Jardin des Plantes», 1843-1854. Une adresse au dos. Il complète la Bibliothèque du Muséum. «Je vous renvoie, monsieur, un des volumes du Naturalist library que vous avez adressé à la Bibliothèque du Muséum: nous l'avions déjà; mais il nous manque le 34e: Birds of Great Britain part III, formant la 12e de l'ornithologie, publié vers 1842. Celui que je rends avait été substitué par erreur à celui qui nous manque». Il demande aussi à ce qu'on lui reprenne 3 cahiers du Journal botanique de Hooke car ils ont déjà un exemplaire complet. «Vous savez que ces trois cahiers contiennent presque autant de planches que le reste de l'ouvrage. Je joins ici la note de ce que nous avons du Botanical miscellany: il ne nous manque pour compléter les 2 premiers volumes que les pages 209 à 256, sans planches […]. L'un des portraits du Journal of Botany, celui de Olof Swarth, se trouve répété dans les tomes 2 et 3, il doit en manquer un autre. Voici la liste de ceux contenus dans le 4e vol. […]». Il demande à ce que Baillière lui envoie le mémoire des ouvrages fournis au Muséum pour la somme de 800f. en lui demandant certaines vérifications…

Estim. 400 - 500 EUR

Lot 18 - ENTOMOLOGIE & ZOOLOGIE. Ensemble de 4 documents : - Philogène Auguste Joseph DUPONCHEL (1774-1846) entomologiste français, spécialiste des lépidoptères. 2 lettres autographes signées, l'une à l'entomologiste et imprimeur strasbourgeois Gustave Silbermann (1801-1876), l'autre à l'entomologiste et bibliothécaire Étienne Mulsant (1797-1880). Paris, 25 janvier 1833 et 17 mars 1841. 5 pp. ½ in-4. Duponchel ne peut s'engager fermement à écrire pour une revue d'entomologie étant en train de faire publier deux ouvrages par la Société d'entomologie, dont ils sont tout-deux membres. Il évoque la description d'une nouvelle espèce d'insecte. La seconde lettre concerne les recherches de Duponchel, destinées à renseigner Mulsant, à propos de l'oxyomur d'Eschscholtz. «J'ai consulté tous les coléoptéristes de Paris et tous s'accordent à dire que ce genre n'a jamais été publié et que c'est un nom de catalogue ou de collection, comme tant d'autre adopté par M. Dejean». A propos du Gymnopleurus asperatus [petit scarabée noir], décrit par Steven lors de ses voyages dans le Caucase et en Russie septentrionale : les mémoires (7 à 8 volumes) contenant lesdites descriptions, «se trouvaient disséminés parmi ceux des naturalistes de l'Académie impériale de Moscou, lesquels […] ont été brûlés dans l'incendie de Moscou en 1812. Or le hasard veut que votre Gymnopleurus asperatus se trouve précisément décrit dans un de ces volumes brûlés». Alexandre Grigorievitch Fischer von Waldheim (1803-1884), zoologiste et botaniste, président de la Société impériale des naturalistes de Moscou, «aurait fait réimprimer depuis les vol. brûlés ; mais ni l'Institut ni le Muséum n'ont pas encore cherché à se le procurer». Duponchel évoque ensuite la représentation de la larve du Dorcus parallelipipedus (dit aussi «petite biche», coléoptère noir de très grande taille), dans l'ouvrage de John Obadiah Westwood (1805-1893), prêté par l'entomologiste Gustave du Bois, baron de Romand (1810-1871). - Émile BLANCHARD (1819-1900), entomologiste et ichtyologue français, titulaire de la chaire d'Histoire naturelle des crustacés, des arachnides et des Insectes du Muséum Lettre autographe signée adressée à un «cher confrère». Paris, 1er décembre 1878. 1 p. ½ in-8. Deux minimes déchirures marginales, sans atteinte au texte. Blanchard réclame des «pièces ostéologiques fort nécessaires pour l'enseignement de la zoologie à l'institut agronomique» et adresse une liste destinée au professeur d'anatomie comparée au Muséum. - [Étienne GEOFFROY SAINT-HILAIRE]. Portrait gravé sur cuivre par A. Freart. 14 x 12 cm (sur un feuillet de 27 x 18,7 cm). Beau portrait en médaille du grand naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, de profil. Le visage du naturaliste est surmonté de mot « Utilitati » et entouré d'un écrin d'animaux : singe, rongeur, oiseux crocodile (avec un petit oiseau dans la bouche), poisson et sarcophage égyptien avec hiéroglyphes (représentant entre autre des oiseaux), feuilles et végétaux. Ce portrait provient de l'ouvrage, publié du vivant de E. Geoffroy Saint-Hilaire : Discours sur l'Histoire universelle, publié par Curmer [Paris, 1839], pour lequel A. Feart dessina les illustrations.

Estim. 200 - 300 EUR

Lot 26 - Adolph Eduard GRUBE (1812-1880), zoologiste prussien. 2 lettres autographes signées à Henri Milne-Edwards. 4 pp. in-8. Königsberg et Dorpat, 1843-1845. Une adresse au dos. Belles lettres sur ses recherches sur les Argyronètes [espèce d'araignée qui peut vivre sous l'eau] et les Annélides. Il le remercie de lui avoir envoyées «recherches sur la circulation des Annélides», et lui présente à son tour ses travaux: «la description des Actinies, des Echinodermes et des Annélides, que j'ai rencontré aux bords de la mer Méditerranée, et de deux leçons populaires, une sur les réunions des Euglena Sanguinea comme couvertures d'étangs et l'autre sur les Argyronètes et leur manière de vivre. Comme vous voyez, Monsieur, les Annélides ne sont plus les seuls animaux dont l'histoire naturelle j'étudie, quoique je continue de les observer avec un intérêt particulier. Chez les Argyronètes existent des trachées aussi bien que des poumons, et la structure, et la structure de ces organes paraît être la même que chez les Dyodères et les Segestrées. Un autre résultat de mes recherches sur les Aranéides est ce que j'ai tiré de l'anatomie du système vasculaire: c'est-à-dire que le cœur de ces animaux a des ouvertures latérales, par lesquelles entre le sang, pendant qu'il sort par les artères se ramifiant dans l'abdomen et dans le céphalothorax. La même chose j'ai prouvé chez les scorpions. En égard des Annélides, je me suis presque toujours occupé des espèces indigènes, et je continuerai dans l'été prochain de ramasser des lombrics pour me persuader combien nous possédons des trente-cinq espèces que compte Monsieur Dugéo en France. Cependant je n'ai pas manqué d'étudier aussi - à ce qu'il est possible aux individus, conservés dans esprit de vin - l'anatomie des Annélides étrangères et nouvelles, par exemple l'anatomie du genre Ammotrypene, découvert par monsieur Rathke aux côtes de la Norvège. Vous avez raison, en parlant «sur la nécessité de l'étude des fonctions de l'économie sur le vivant, mais l'anatomie me paraît en beaucoup de cas d'être suffisante pour s'assurer de la place que doit prendre une Annélide dans les séries naturelles. Vous lirez les descriptions des Annélides Norvégiennes de Monsieur Rathne dans le volume prochain des Acta Naturae-curiosorum […]». Dans une seconde lettre il lui adresse mon «mémoire sur le développement des Clepsines, Annélides, qui s'éloigne t dans ce regard des sangsues proprement dites».

Estim. 800 - 1 000 EUR

Lot 36 - Henri LORET (1811-1888), botaniste, grand spécialiste des plantes du Midi de la France, et en particulier de la flore de Montpellier et de l'Hérault, dont il a publié plusieurs monographies. En 1848 et 1852, il herborisa dans les régions de Cannes, Grasse, Saint-Vallier et Thorenc, et publia le fruit de ses observations dans le Bulletin de la Société Botanique de France. 23 lettres autographes signées au botaniste Honoré Ardoïno (1819-1874), spécialiste de la flore de Provence. 106 pp. in-8 d'une dense écriture. Castellane, Cannes, Toulouse, Vernoux (Ardèche), Montpellier (majoritairement), Lunas et Bains de Lamalou (Hérault), 1850-1867. Très longue et passionnant correspondance entièrement consacrée à la botanique et à l'histoire naturelle. La première lettre raconte son excursion naturaliste débutée dans les Pyrénées et terminée sur les côtes de l'Estérel; il finit sa lettre par une longue liste des plantes récoltées à Cannes et aux îles de Lérins, à Saint-Vallier et à Castellane. Dans une lettre de 12 pages d'une écriture très serrée, il commente très longuement son Catalogue des plantes de Menton et Monaco, comparant les espèces avec celles de la région de Montpellier. De longues lettres sont consacrées à ses courses botaniques dans la région montpelliéraine et à ses découvertes (il publiera Flore de Montpellier, en 2 volumes en 1876). Dans une lettre de 10 pages d'une écriture dense, il se lance dans une comparaison systématique des plantes des régions de Grasse et de Menton avec celles de la région de Montpellier. «J'ai de Menton sous le nom Malva Lylvestris un petit malva à poils étoilés que plusieurs prennent pour le M. ambigua […]. Le Prenanthes raussissima All. Envoyé par Balbis à Dunal est le nôtre, mais cette plante ne diffère du L. viminca Gh que par le port buissonneux et non élancé. Balbis l'a envoyée aussi cultivée et transformée ainsi en vrai L. vimainca. A Cette [Sète] où nous avons le p. ramississima, on le trouve au même lieu, mélangé de pieds grêles et élancés qui ne diffèrent en rien du L. viminca, d'où je conclus que c'est la même espèce dont le port seul distinctif est même variable. Toutefois si la plante de Balbis et la nôtre sont le vrai Premanthes ramossissima, ce que je crois, il faut reconnaître que la figure d'Alliani est infidèle. Dans cette figure, en effet, le calice est composé d'écailles imbriquées, inordonées, toutes courtes et inégales, tandis que notre plante et celle de Bellardi ont comme un double calice, l'intérieur long à folioles égales et sortant d'un calicule très court formé de 4 à 5 pièces comme cela a lieu dans les L. viminca et L. chaudrilloeflora […]».

Estim. 3 000 - 4 000 EUR

Lot 39 - Henri MILNE-EDWARDS (1800-1885), zoologiste. Lettre autographe signée un «savant confrère» [de l'Académie des sciences], 4 pp. in-8, en-tête gaufré à son chiffre. Paris, 26 mai 1870. Au sujet des travaux de l'anatomiste autrichien Josef Hyrtl (1810-1894, fondateur du Muséum d'anatomie comparée, à Vienne) et du prix qui lui a été décerné par l'Académie des sciences. «Il me semblerait bien difficile de revenir sur la décision prise par l'Académie en faveur de M. Hyrtl et la nouvelle récompense me paraît justifiable. En effet, le prix de Physiologie décerné à ce savant en 1861, pour l'ensemble de ses recherches d'anatomie comparée s'adressait essentiellement à ceux de ses travaux qui se rattachaient le plus directement à la physiologie et le rapporteur tout en citant brièvement le mémoire sur la morphologie des organes génito-urinaires des poissons signale principalement 1° les observations de M. Hyrtl sur l'angiologie comparée, sur l'absence de vaisseaux sanguins dans les parois du cœur de certains vertébrés, etc. et sur les réseaux admirables […]. Pour se mettre à l'abri de toute critique à ce sujet, il suffirait il me semble d'introduire dans le rapport quelques mots explicatifs. J'ajouterai que toutes les décisions prises en comité secret sont bientôt connues du public, qu'il a été parlé plus d'une fois à des étrangers du prix accordé à M. Hyrtl et que de toute probabilité ce savant n'ignore pas ce qui a été fait en sa faveur». Il est donc d'avis de laisser les choses en l'état. «De même que vous, j'estime beaucoup les travaux de M. Pellegrin et il serait bien entendu que nous ferions l'un et l'autre tout ce qui serait en notre pouvoir pour faire décerner le prix Godart de 1870 à cet anatomiste habile […]».

Estim. 400 - 500 EUR

Lot 41 - [ORNITHOLOGIE]. Jules VERREAUX (1807- 1873), ornithologue et botaniste français. Il ramena de ses expéditions des milliers d'espèces d'oiseaux. Plusieurs spécimens d'oiseaux portent son nom : Le Coua verreauxi (Alfred Grandidier), Leptotila verreauxi (Charles-Lucien Bonaparte), Paradoxornis verreauxi (Richard Bowdler Sharpe), Aquila verreauxii (René Primevère Lesson), etc. Ensemble de 5 documents : - 4 lettres autographes signées, adressées au comte de RIOCOUR, ornithologue et collectionneur d'oiseaux. Paris, Londres et s.l., 22 juillet et 4 décembre 1870, 18 décembre 1871 et 27 août 1872. 9 pp. ½. in-8. Trois en-têtes du Muséum d'Histoire naturelle et un en-tête de la Zoological Society of London. Denses courriers. Verreaux évoque Milne-Edwards et l'intérêt de ce dernier pour ses travaux, son entrée difficile au Muséum où « il y a au moins un tiers des collections qui vient de ma famille et de moi » ; il est arrivé en Angleterre et séjourne à Cambridge avec ses amis Newton, Gurney, etc. Il va aller voir une collection de rapaces au musée de Norwich et évoque ses travaux (notamment des oiseaux de Sibérie), la rédaction de la faune de Madagascar de son grand ami Alfred Grandidier [naturaliste et un explorateur français (1836-1921)], etc. - [VERREAUX, Jules]. Adèle VERDEY. Lettre autographe signée. S.l., 11 septembre 1873. 4 pp. in-8. Papier de deuil. Édifiante relation des derniers moments et de la mort de Jules Verreaux. Adèle Verdey, compagne de Jules Verreaux, raconte au comte de Riocour les derniers jours et les dernières heures de Verreaux, avec maints détails sur les maux [de ventre et violents vomissements] survenus en août 1873 et qui le tuèrent en septembre. « […] mon pauvre ami ne fit que s'affaiblir jusqu'au dimanche 7h du matin ou il s'éteignit dans mes bras, son frère et son neveu que j'avais fait appeler aussitôt que cela avait commencé ne l'ont pas plus quitté que moi […] je n'étais pas sa femme […] Merci Monsieur de vous intéresser à ma douleur […]». [Il existe un inventaire intitulé Catalogue des oiseaux composant le cabinet de M. le Cte de Riocour [Davis du Boys], à Aulnois (Nancy, Barbier 1829), sous le numéro S24735 à la BnF. Et un catalogue contenant les 1763 espèces de la collection du Comte Antoine Nicolas François de Riocour (Imprimerie Paul Bousrez, Tours, 1889)].

Estim. 300 - 400 EUR

Lot 42 - [ORNITHOLOGIE]. Louis Pierre VIEILLOT (1748-1830), ornithologue français. Ensemble de 8 documents. Cachets de la collection du Comte de Riocour. Très intéressante correspondance scientifique d'ornithologie. - Correspondance de 6 lettres autographes signées et un billet autographe, adressés au comte de RIOCOUR, ornithologue et collectionneur d'oiseaux. Paris et s.l. 1818 à 1830, année de sa mort. 13 pp. in-4 et in-8 et 1 p. in-12 oblong. Dense correspondance d'ornithologie. 21 avril 1818 : Vieillot détaille les listes d'oiseaux qu'il a achetés, reçus et qu'il recherche ; les oiseaux du Sénégal arrivés par bateau au Havre (Pie du Sénégal différente de la pie à culotte, ; il attend la description de Riocour : les narines découvertes ne sont-elle pas plus proches de la pie-grieche ?) ; une erreur entre la tourterelle maillé et la tourterelle à nuque perlée « non décrite dans le Buffon » mais bien dans Les Voyages de Sonnerat [le naturaliste et explorateur Pierre Sonnerat (1748-1814)] » ; il critique longuement l'ornithologue Coenraad Jacob Temminck, (1778-1858) : « ce présomptueux […] veut donner une suite à Buffon. Ce sera une caricature car il se croit un second Buffon » ; découverte de huit nouvelles espèces dont certaines sont contestables « je ne serois pas étonné qu'il fut les chercher en Sibérie pour les placer en Europe », etc. Départ du naturaliste et explorateur Pierre Antoine Delalande (1787-1828) « pour les grandes Indes » [avec son neveu l'ornithologue Jules Verreaux] ; prix de certains spécimens d'oiseaux, etc. - 18 octobre 1820 : cigogne brune, francolin mâle, faisans à collier, « Kakatoes » à huppe rouge « mais celui-ci a toutes les parties inférieures défaites plumes à plumes », héron blanc bien décrit par Buffon « à bec jaune et pieds noirs » avec longue description du plumage d'hiver du héron adulte, un gypaëte, etc. Vieillot réclame ensuite une décoration par le truchement de son correspondant « pour le baptême de son altesse le duc de Bordeaux » et se justifie « Mes voyages et mes frais pour le progrès de l'Histoire naturelle et mes ouvrages d'ornithologie me donnent, à ce que je crois, quelques droits à une décoration […] » ; il évoque Cuvier, etc. A étudier. - une pièce signée avec apostille autographe. Sotteville-Lès-Rouen, 5 juillet 1829. 3 pp. in-4. Longue liste des voyages de Vieillot (Amériques et Antilles) et de ses travaux (Histoire naturelle des oiseaux de l'Amérique septentrionale [Desray, 1807-1808] ; Histoire naturelle des plus beaux oiseaux chanteurs de la zone torride ; Histoire naturelle des oiseaux dorés ; Système de l'ornithologie ; etc.). Vieillot "accablé d'infirmités & menacé d'une cécité absolue », demande à «Sa Majesté» une pension. Ce document n'a manifestement pas quitté le bureau du comte de Riocour. [Il existe un inventaire intitulé Catalogue des oiseaux composant le cabinet de M. le Cte de Riocour [Davis du Boys], à Aulnois (Nancy, Barbier 1829), sous le numéro S24735 à la BnF. Et un catalogue contenant les 1763 espèces de la collection du Comte Antoine Nicolas François de Riocour (Imprimerie Paul Bousrez, Tours, 1889)].

Estim. 400 - 600 EUR

Lot 43 - [ORNITHOLOGIE - Louis Pierre VIEILLOT (1748-1830), ornithologue français]. Comte de RIOCOUR. Ensemble de 5 manuscrits autographes consacrés à l'ornithologie de Vieillot, de 1814 à 1820. Tampons de la collection Riocour. - 3 manuscrits autographes contenant les tables « des matières traitées dans les lettres de M. Vieillot », pour les années 1816, 1817, 1818 et 1819. 12 pp. in-4. - manuscrit autographe contenant une « Table analytique des matières contenues dans les lettres de M ; vieillot » pour les années 1814 et 1815. 4 pp. in-4. - manuscrit autographe « Analyse des lettres de M. Vieillot » pour l'année 1820. Riocour consigne les contenus de lettres de Vieillot adressées à lui durant 6 ans : 1820 : observations d'oiseaux italiens et sardes avec l'ornithologue Franco Andrea Bonelli (1784-1830) ; projet de "Faune française" avec Baillon et Delamotte ; renseignements sur les oiseaux de l'île de France ; moyens de se procurer des oiseaux venant d'Amérique ; Cuvier, Buffon ; annonce de parution du manuel du zoologiste Coenraad Jacob Temminck (1778-1858) qu'il tient en médiocre estime, etc. A étudier. [Il existe un inventaire intitulé Catalogue des oiseaux composant le cabinet de M. le Cte de Riocour [Davis du Boys], à Aulnois (Nancy, Barbier 1829), sous le numéro S24735 à la BnF. Et un catalogue contenant les 1763 espèces de la collection du Comte Antoine Nicolas François de Riocour (Imprimerie Paul Bousrez, Tours, 1889)].

Estim. 100 - 200 EUR

Lot 44 - [ORNITHOLOGIE]. Armand DAVID (1826-1900), missionnaire Lazariste basque, zoologiste, botaniste et ornithologue en Chine, Mongolie et Tibet et correspondant du Muséum d'Histoire naturelle. Il écrivit de nombreux ouvrages de référence sur les oiseaux asiatiques, notamment Les Oiseaux de la Chine avec Oustalet. Important ensemble de 19 documents : - Correspondance de 12 lettres autographes signées du Père David, adressées au comte de RIOCOUR, ornithologue et collectionneur d'oiseaux. Pékin, Paris, Bayonne et Alger et s.l., 1865 à 1882. 44 pp. in-8. Exceptionnelle correspondance consacrée à l'ornithologie. Pékin, 22 septembre 1865 : « […] C'est par moi-même et avec beaucoup de peine que j'ai pu prendre, préparer et envoyer le peu d'oiseaux qui sont au Muséum […] par l'entremise des apathiques chinois. […] le nombre des espèces que j'ai observé ici monte à deux cent soixante et j'en possède seulement neuf ou dix, ce sont l'anas falcata, Pyrrhula rosea, Emberiza spodocephala, Chrysophris, fucata, Phythyoruis […] ». David va envoyer des oiseaux à Riaucour et attend en retour des oiseaux « des pays chaud ou remarquables par des caractères extraordinaires, dont je voudrais réunir le plus d'espèces possible dans une collection que je forme ici pour attirer et intéresser nos papathiques chinois […] ». Pékin, 29 avril 1868 : « […] Au moment de partir pour la Mongolie, j'avais laissé à Pékin une petite boîte contenant une quinzaine de peaux d'oiseaux […] » confiée aux bons soins de son confrère M. Favier. Elle lui est revenue, il évoque ses envois d'oiseaux pour le Muséum et liste les espèces destinées à l'ornithologue Jules Verreaux. Le Père David mentionne son ouvrage sur les oiseaux de la Chine supérieure, il ne peut lui procurer d'aigle de Macé « qui est propre à l'Inde » ni de sarcelle mandarine, il a eu la chance d'observer un rare Hirundo refula ; le catalogue de M. d'Hamonville ; une vente d'oiseaux à Drouot où il veut acheter une chouette Harfang, une chouette nébuleuse, un Caparacoch et une spatule rose ; le missionnaire lazariste évoque ensuite ses observations sur les oiseaux d'Afrique depuis Alger, la Société zoologique, leurs confrères et travaux (Vian, Alléon, le marquis Doria et le professeur Enrico Hillyer Giglioli en Italie, leurs collections à tous respectives ; il disserte et compare des oiseaux rares, etc. Dense, à étudier. - 5 documents de la main du comte de Riocour contenant trois listes de noms d'oiseaux contenus dans les caisses envoyées par Armand David (avec symboles dessinés) au comte de Riocour ; la copie d'une lettre de David à Riocour et un brouillon de lettre scientifique de Riocour à Armand David. - Ensemble de 2 imprimés sous couvertures d'attente bleues, grandes marges. De la Bibliothèque du Comte de Riocour : « Catalogue des oiseaux de Chine observés dans la partie septentrionale de l'Epire (au nord du fleuve-bleu ». 12 pp. grand in-4 (32,6 x 25 cm). - « Rapport adressé à MM. Les professeurs-administrateurs du Muséum d'Histoire naturelle […] le 15 décembre 1871 ». Tiré à part de 24 pp. grand in-4 (32,6 x 25 cm). Grandes marges. La Bibliothèque nationale de France possède un exemplaire du « Catalogue des oiseaux composant le cabinet de M. le Cte de Riocour, à Aulnois» (Nancy, Barbier, 1829), sous le numéro d'inventaire S-24735).

Estim. 800 - 1 200 EUR

Lot 45 - [ORNITHOLOGIE]. Baron Louis Tardif D'HAMONVILLE (1830-1899), ornithologue et malacologue français. Ensemble de 3 lettres autographes signées adressées au comte de RIOCOUR, ornithologue et collectionneur d'oiseaux. 12 pp. in-8. Dijon et Manonville, 1857 et s.d. Correspondance consacrée à leurs acquisitions d'oiseaux (notamment du genre Bruant) ; « j'ai pris à votre intention chez Verreaux [l'ornithologue Jules Verreaux (1807- 1873)] un magnifique Phalarope » doté d'une peau superbe « Monsieurs de Véze et autres n'en avaient jamais vu, vous savez qu'il est fort rare […] ». Il dresse des listes de noms d'oiseaux : Falco, Sylvia provincialis, Embriya, flamants, vautours, etc. Il évoque ses écrits d'ornithologie, le jardin des Plantes, sa « faunes », recommandations d'oiseaux rares, etc. On joint : - une L.A.S. d'une dame [Saralta F?], adressée au comte de Riocour. Tajna [en Solvénie ou Hongrie ?], 20 mai 1880. 8 pp. in-12. Encre violette. Elle lui envoie le plus grand aigle qui lui ai été donné de voir, dès qu'il sera empaillé et séché. - Une L.A.S. de Maidze [?] envoyée depuis Dieppe en 1818. A propos de l'ornithologue Gerbe et d'envoi d'oiseaux depuis l'Oural. - Une L.A.S. de A. Allian au sujet d'un Héron en duvet et d'une Rousserolle, etc. [Il existe un inventaire intitulé Catalogue des oiseaux composant le cabinet de M. le Cte de Riocour [Davis du Boys], à Aulnois (Nancy, Barbier 1829), sous le numéro S24735 à la BnF. Et un catalogue contenant les 1763 espèces de la collection du Comte Antoine Nicolas François de Riocour (Imprimerie Paul Bousrez, Tours, 1889)].

Estim. 80 - 120 EUR

Lot 47 - Alexandre PARENT-DUCHATELET (1790-1836), médecin hygiéniste. Lettre autographe signée, adressée à son cousin le botaniste spécialiste du Brésil Auguste de SAINT-HILAIRE. S.l., 1er avril 1828. 3 pp. in-4. Adresse au verso du second feuillet. Intéressant courrier à propos des tentatives d'édition du manuscrit de Voyage dans les provinces de Rio de Janeiro, de Saint-Hilaire. Il a obtenu une offre de l'éditeur Dondey Dupré pour faire imprimer le « manuscrit » d'Auguste Saint-Hilaire, c'est-à-dire de 1000 francs par volume pour un tirage de 1000 exemplaires et de 1200 francs pour 1200 exemplaires avec une carte et des planches. Cette offre ne lui paraît pas satisfaisante. Parent-Duchatelet évoque l'aide qu'il a reçu du directeur de Journal des Voyages, fervent admirateur de séjour brésilien de Saint-Hilaire. « Continuez la rédaction de votre intéressant voyage, il faut que vous ne perdiez pas les fruits de toutes les peines que vous vous êtes donné […] ». Il évoque les évènements « abominables » de 1793, l'entomologiste Pierre-André LATREILLE (1762-1833) et son aide pour obtenir des oiseux et prédit la mort imminente du naturaliste Louis Augustin Guillaume BOSC D'ANTIC (1759-1828) qui surviendra effectivement quatre mois plus tard «celui qui vous a supplanté pour la place d'agriculture au Muséum […] ne va pas bien, et que sa place sera probablement vacante avant quelques mois […] j'ai su qu'il était miné par une maladie organique de la vessie […]». Il venait de terminer la parution des Plantes usuelles des Brésiliens avec Adrien de Jussieu & Jacques Cambessèdes, faisait publier Conspectus Polygalaearum Brasiliae meridionalis (1828) et cherchait à faire éditer Voyage dans les provinces de Rio de Janeiro et de Minas Geraes (Paris, Grimbert et Dorez, 1830).

Estim. 300 - 400 EUR

Lot 48 - Louis PASTEUR (1822-1895). Lettre autographe signée à M. Genteur. 2 pp. ½ in-8, en-tête de l'École Normale Supérieure. Paris, 25 juillet 1864. Certaines parties soulignées à l'encre rouge. Très bel éloge du zoologiste Henri de LACAZE-DUTHIERS (1821-1901). «Parmi les maîtres de conférence de la section des sciences, se trouve depuis un an seulement M. Lacaze-Duthiers, zoologiste d'un mérite reconnu, deux fois lauréat de l'Académie des sciences, tout récemment pour un beau travail sur le corail, et auteur d'un grand nombre de mémoires très estimés qui lui ont valu l'honneur de figurer au second rang sur la liste de présentation de la section de zoologie à la dernière vacance. Enfin, M. Lacaze-Duthiers a professé neuf années l'histoire naturelle à la faculté des sciences de Lille». Mais il n'est pas encore chevalier de la légion d'honneur et il est attaché depuis trop peu de temps à l'École Normale pour qu'il soit promu pour ce titre. «En présence de ces faits, j'ai pensé, monsieur le secrétaire général, qu'il était de mon devoir de signaler officieusement à votre attention bienveillante la situation particulière de M. Lacaze-Duthiers, d'autant plus qu'en qualité de doyen de la Faculté de Lille, de 1854 à 1857, j'ai pu apprécier le mérite de M. Lacaze comme professeur et comme savant». Mais s'il avait encore des doutes quant à son mérite, «vous pourriez prendre l'avis de MM. Milne-Edwards et de Quatrefages qui sont plus particulièrement au courant des travaux scientifiques de leur jeune collègue […]».

Estim. 1 200 - 1 500 EUR

Lot 49 - Louis PASTEUR (1822-1895). Lettre autographe signée au biologiste Louis Thuillier (1856-1883), proche collaborateur de Pasteur avec qui il travailla sur la rage, découvreur du microbe responsable de la maladie du rouget de porc, mort à 27 ans du choléra. 2 pp. in-8, en-tête du Laboratoire de chimie physiologique de l'École Pratique des Hautes Études «Directeur M. Pasteur». Paris, 23 avril [1882?]. Exceptionnelle lettre sur les expériences de vaccination des moutons contre la maladie du charbon, que menèrent conjointement Pasteur et Thuillier (Thuillier découvrant le bacille de cette maladie le 15 mars 1882). «Les 10 moutons qui n'avaient reçu le 9 avril que le vaccin que vous avez inoculé le 19, et qui le 19 ont reçu du sang très virulent et très chargé de bactéridies se comportent bien. Ils ont eu des bactéries sans doute parce qu'ils ont reçu le (?) très virulent à la cuisse opposée à celle de l'inoculation du 7, cuisse non inoculée encore […]. Mais aucun n'est mort encore et nous sommes au 4e jour et leur température ne s'est pas élevée sensiblement. Puisque vos bêtes ont reçu un 1er vaccin avant ce 2ème, nous pouvons donc espérer que tout que tout ira bien […] lors de l'inoculation du virulent par du sang charbonneux. Enfin, sur ces 10 on a inoculé 3 div. […]. C'est trop. Ne donnez qu'une division au plus des seringues […]. Par cette manière vous aurez peut-être moins de bactéries». Il lui donnera d'autres nouvelles des 10 moutons le 26 ou le 27.

Estim. 2 000 - 3 000 EUR

Lot 52 - Philippe-Isidore Picot de LAPEYROUSE (1744-1818), naturaliste et minéralogiste français. Lettre autographe signée adressée au chimiste Louis-Bernard GUYTON DE MORVEAU (1737-1816). Toulouse, 31 janvier 1781. 4 pp. in-4. Longue et très intéressante lettre scientifique. Lapeyrouse commente la traduction de l'Opuscula physica et chimica, de Torbern Olof Bergman (1735-1784), chimiste et minéralogiste suédois, commencée en 1780 par Guyton de Morveau, qu'il vient de recevoir : «Je n'ai fait que le parcourir ; mais j'en ai assez vu, pour que je ne sois pas surpris, que toute la secte sagienne en ait jeté les hauts cris.» [Balthasar-Georges Sage (1740-1824)]. Il poursuit en évoquant ses profonds désaccords avec son ancien ami le physicien et minéralogiste Jean-Baptiste Louis Romé de L'Isle (1736-1790) : «Voici dans quel sens j'ai nié les cristaux prismatiques rhomboïdaux de manganèse. Je n'ai pas dit pag. 5. qu'il n'en eut pas ; mais bien qu'ayant plusieurs fois rencontré cette variété dans nos mines, l'essai m'a convaincu que ce n'était que des crystaux de mine de fer ipathique noire bien incrustés d'une chaux régulière de manganèse ». Le scientifique poursuit sa démonstration en s'appuyant sur la formation des dentrites, l'ochre de fer jaune, l'absence de fluor, etc. Il promet d'envoyer « tout ce qu'il lui sera possible » au naturaliste le marquis de Grollier. Il réclame également quelques morceaux de « spath séléniteux rouge de Montalieux ». Lapeyrouse ajoute : « A propos des crystaux j'ai prié M Foulquier de Labastide [naturaliste français] nommé intendant à Saint-Domingue de vous faire passer un groupe de prétendües tourmalines du Tyrol, une jolie roche composée de stéatité de mica et de talc cristalisé. […] je dis prétendues parce qu'en dépit de tous les zélateurs, ou peut-être par bêtise, je n'ai pu y découvrir que les plus faibles lueurs d'électricité […] ». Lapeyrouse évoque ses expériences et ses doutes : « j'ai eu un schorl absolument réfractaire et un asbeste très fusible, ce ne sont pas les caractères de ces substances ». Il fait part des observations « très curieuses » d'un savant étranger, etc. Dense.

Estim. 600 - 800 EUR

Lot 53 - POUCHET. Ensemble de 2 documents : - Félix-Archimède POUCHET (1800-1872), biologiste, il défendit la théorie de l'hétérogénie (génération spontanée), s'opposant à Pasteur ; il fut aussi, avec Négrier, le premier à décrire scientifiquement le mécanisme de l'ovulation dans l'espèce humaine et chez les mammifères. Lettre autographe signée adressée au zoologiste, paléontologue et entomologiste Paul GERVAIS (1816-1879), alors directeur de la chaire de zoologie et d'anatomie comparée de la faculté des Sciences de Montpellier. Rouen, 7 février 1847. 2 pp. in-4. En-tête imprimé du Museum d'Histoire Naturelle de Rouen. Adresse au verso du second feuillet avec marques postales. Quelques froissements. Courrier consacré à la création d'une faculté des Sciences à Rouen, calquée sur le modèle de celle de Paris et de Montpellier. Pouchet explique son projet et questionne Gervais sur les pratiques en vigueur dans l'Institution montpelliéraine. - Georges POUCHET (1833-1894), naturaliste et anatomiste français, spécialiste des poissons et des cétacés et professeur au Muséum d'histoire naturelle. Il fit partie de l'expédition des sources du Nil et participa à une expédition polaire. Carte autographe signée adressée au physicien Edmond BECQUEREL (1820-1891). Paris, 1er septembre 1888. 1 p. ½ in-12 oblong. En-tête imprimé du Journal de l'Anatomie et de la Physiologie. Pliure avec légère déchirure, sans atteinte au texte. Pouchet demande à Becquerel s'il peut lui emprunter son spectroscope, appareil destiné à observer les spectres lumineux, ayant oublié le sien à Concarneau, où il dirigeait alors Laboratoire de biologie marine. [Edmond Becquerel fit grand usage de ce spectroscope : il découvrit en 1839 l'effet photovoltaïque, par la génération d'une tension électrique par action de la lumière sur un conducteur. Il mit aussi en évidence des phénomènes grâce à la photographie en spectroscopie].

Estim. 100 - 150 EUR

Lot 58 - César SARATO (Nice 1829-1893), botaniste, conservateur du Musée d'Histoire Naturelle de Nice; il a particulièrement étudié la flore des environs de Nice. 7 lettres autographes signées à Honoré Ardoïno (1819-1874), botaniste, spécialiste de la flore de Provence), accompagnée d'une liste autographe. 23 pp. in-8. Nice, 1865-1867. Très intéressante correspondance entièrement consacrée à la flore des environs de Nice et de Menton (une lettre illustrée d'une série de petits croquis), accompagnée d'une longue liste de plantes avec lieu de récolte. Citons le début de la 1ère lettre, représentatif de l'ensemble de la correspondance. «Je prends la liberté de vous écrire pour vous faire part d'une petite trouvaille qui vient à l'appui, je crois, de l'opinion que vous avez émise dans le Catalogue au sujet du Plagius virgatus DC. J'ai rencontré, l'année dernière, un exemplaire de cette espèce avec des fleurs rayonnantes au bord du capitule. La tige, transplantée dans mon jardin, n'a pas laissé d'y fleurir. Les capitules portent à la circonférence des fleurs rayonnantes et jaunâtres. Le limbe de ces corolles bien plus grandes que celles du disque, est divisé en 2-5 lobes inégaux et plus ou moins révolutés. Les fleurs rayonnantes, au nombre de 30 à 40, sont très serrées et comme sur deux rangs. Si le Plagius virgatus DC n'était qu'une variété du Leucanthénum vulgare Lam, ma plante se rapprocherait davantage, ce me semble, du type. Elle s'en éloigne beaucoup au contraire par ces corolles paille et nullement en languette. J'ai recueilli les akènes afin de propager, s'il est possible, cette jolie variété du Plagius vigatus […]». On joint 4 lettres de botanistes italiens adressées à Honoré Ardoïno: Patrizio GENNARI (avec 2 longues listes d'une centaine d'espèces de plantes), Luiggi RICCA, Ferdinando ROSELLINI, etc.

Estim. 800 - 1 000 EUR

Lot 61 - [André THOUIN]. Ensemble de 2 documents : - Georges Louis Marie DUMONT DE COURSET (1746-1824), botaniste et agronome français, protégé de Thouin. Lettre autographe signée, avec apostille autographe signée de BOSC D'ANTIC. Courtes, 19 août 1805. 1 p. in-4. Intéressante lettre relative à une pépinière d'arbres américains : cette plantation renferme «tous les arbres et arbrisseaux qui peuvent être plantés en France» et «qu'il s'en trouvoit beaucoup de nouveaux pu de peu répandus, venant de l'Amérique septentrionale». Il mentionne Thouin et réclame des boutures des arbres américains qu'il veut élever à des fins d'études utiles. Dumont de Courset ajoute «Vous avez bien voulu, Monsieur, accepter et revoir avec indulgence les 4 premiers volumes du botaniste cultivateur [son ouvrage en cours de parution : Le Botaniste cultivateur, ou description, culture et usage de la plus grande partie des plantes étrangères, naturalisées et indigènes, cultivées en France et en Angleterre, rangées suivant la méthode de Jussieu, Paris, 1798-1802-1805] ». Il annonce le cinquième volume à paraître « incessamment », évoque le tulipier de son correspondant, etc. Apostille autographe signée du naturaliste Louis-Augustin Bosc d'Antic : «Agriculteur nature du botaniste cultivateur. Bosc». - [AUDE]. André THOUIN (1747-1824), botaniste français. Lettre autographe signée au baron Claude-Joseph Trouvé. Paris, 14 mai 1817. 1 p. in-4. Thouin assure son correspondant de son aide pour la souscription de l'un de ses ouvrages à paraître relatif à l'Aude : Description générale et statistique du département de l'Aude [Paris, Firmin Didot, 1818], ainsi que du soutien de ses confrères Bernard-Germain de LACÉPÈDE, Louis-Augustin BOSC D'ANTIC, etc. ; et lui transmet les « amitiés de la part de tout le jardin des plantes », etc.

Estim. 300 - 400 EUR

Lot 63 - François-Hippolyte WALFERDIN (Langres 1795-1880), géologue et collectionneur, il prit part au forage du puits de Grenelle. Lettre autographe signée à l'entomologiste et médecin Charles Coquerel (1822-1867). 3 pp. in-4. Paris, 11 juin 1841. Adresse au dos avec cachets postaux. Creusement et visite du puits de Grenelle [le puits artésien de Grenelle fut foré de 1833 à 1841; après avoir creusé 548 mètres, au bout de 7 années d'efforts, le 26 février 1841, l'eau jaillit enfin]. «Je suis tout à votre disposition quand vous et monsieur votre oncle vous voudrez visiter notre puits de Grenelle […]. Puisque monsieur votre oncle a bien voulu, sur votre parole, croire à mer bibus, je me ferai un plaisir de les lui expliquer en quelques instants; puis nous irions visiter l'atelier de M. Colas qui est mon voisin […]; puis enfin nous cheminerions de là vers le puits de Grenelle où nous trouverions encore la collection des échantillons des terrains traversés […]. Vous verriez en outre une partie du tube en cuivre étamé que l'on descendra d'ici à un mois. Je vous remercie mille fois, monsieur, de votre bonne incitation pour me faire dire quelque chose, en haut lieu, sur les observations de température souterraine. Parmi toutes celles qui ont été faites jusqu'à présent, j'en sache un si petit nombre qui soit rigoureusement admissibles que je ne manquerais pas d'être taxé d'orgueil peut-être, ou tout au moins d'exagération. Si je disais tout haut ce que j'en pense, en présence de personnes surtout qui n'ont pas jugé comme vous, monsieur, de quelles difficultés ces sortes d'expériences sont entourées, et combien on a peu de chances de les rendre aussi rigoureuses que la dernière que nous avons faite et que l'on a cependant si grossièrement interprétée. Je me contente de recueillir dans mon coin, comme vous faites dans le vôtre, quelques faits observés avec précision, et quand ils seront plus nombreux, nous verrons […]»

Estim. 400 - 500 EUR

Lot 64 - ZOOLOGIE & MUSÉUM. Ensemble de 5 documents : - Armand Charles Paul Dieudonné SABATIER (1834-1910), zoologiste français, du laboratoire de zoologie marine de Sète. Ensemble de 2 lettres autographes signées. Montpellier, 27 février 1893 et 30 Juillet 1894. Un en-tête de la faculté des sciences de Montpellier « Laboratoire de Zoologie - Station Maritime de Cette [sic] ». 4 pp. ½ in-8. Intéressants courriers scientifiques relatifs à ses travaux sur la morphologie des membres chez les poissons, sur la « spermateyerie des crustacés décapodes » et sur la publication qu'il en tirera « ce sera un mémoire volumineux ». Sabatier évoque aussi son préparateur Etienne de Banville, la rédaction d'articles scientifiques, sa surcharge de travail, etc. - Émile OUSTALET (1844-1905), zoologiste et ornithologue français. Lettre autographe signée à l'ornithologue Lucien Pilastre. Paris, 15 novembre 1904. 1 p. ¼ in-8. Enveloppe conservée. Deux en-têtes imprimés du Muséum d'histoire naturelle, chaire de Zoologie, mammifères et oiseaux. A propos d'échanges d'œufs de mammifères et d'oiseaux entre le Muséum et Pilastre, sous conditions. - Armand MOREAU (1823-1881), médecin, chef des travaux Physiologiques au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, préfacier des OEuvres de Claude Bernard. Lettre autographe signée adressée au physicien Edmond BECQUEREL (1820-1891). Paris, 8 octobre 1869. En-tête gaufré au chiffre AM. Lettre scientifique contenant ses observations sur les nerfs et l'alcali : « […] J'ai trouvé cette semaine au laboratoire du Muséum un mot à mon adresse pour savoir si le nerf était plus excitable par l'alcali ou par acide. C'est toujours avec des acides que l'on excite les nerfs en Physiologie. Je me propose de faire des recherches sur le point spécial que vous désirez aussitôt que l'on pourra entrer dans le laboratoire qui est encore pour quelques jours occupé par des ouvriers de toutes espèces. Mais en attendant vous pouvez considérer comme une chose établie que l'acide est un excitant par rapport aux nerfs […] ». - photographie originale d'époque représentant l'équipe de l'entomologiste et herpétologiste André Villiers (1915-1983) du Muséum d'Histoire naturelle, en mission au Sénégal. Provenance : archives d'André Villiers.

Estim. 400 - 600 EUR

Lot 88 - DOUBS. Jules MALDINEY (né à Mandeure, Doubs, en 1864), chef des travaux de physique à la Faculté des sciences de Besançon, président du Photo-club de Besançon, auteur d'une brochure intitulée: Les Véritables inventeurs du cinématographe sont les frères Lumière nés à Besançon. 2 lettres autographes signées à Auguste et Louis Lumière. 5 pp. ½ in-8, en-têtes du laboratoire de Physique de la Faculté des sciences de l'Université de Besançon. Besançon, janvier - juin 1926. Accompagnée d'une carte de visite. Sur le projet d'une rue Lumière à Besançon et d'une plaque commémorative sur le lieu de naissance des frères Lumière. «[…] Dans ce vœu, je demandais que le nom de Lumière fût donné à l'une des rues de la ville de Besançon, associant les noms de ses fils Auguste et Louis à celui du père, en témoignage d'admiration pour leurs travaux scientifiques et industriels. La commission du Conseil municipal chargée de dénommer de nouvelles rues est saisie de ce vœu depuis quelques jours déjà, et je crois pouvoir vous dire que l'affaire est en bonne voie. J'espère aussi pouvoir faire apposer une plaque commémorative sur la maison de la rue du Château où vous êtes nés et où se trouvait le premier atelier Antoine Lumière photographe; il me suffira de pouvoir réunir les fonds nécessaires à son exécution». À cette fin, il fait paraître une brochure et demande aux frères Lumière de lui procurer quelques photos. «J'y joindrai aussi l'atelier de la rue des Granges et la photo du Char des Grenouillards de la nautique que je vous ai présentée à mon dernier voyage à Lyon […]». Mais les affaires trainent en longueur. «Si c'était possible, j'aimerais bien conserver la photographie de votre père et celle de M. Louis Lumière qui me serviront encore au moment où je pourrai comme je l'ai annoncé, faire placer sur votre maison natale, place Victor Hugo (anciennement place Saint-Quentin) une plaque commémorative. Comme je l'ai dit à la Soc. d'émulation et au Congrès des soc. savantes de Fr. Comté, si nous étions en Amérique, il y a longtemps que cela serait fait. Et les étrangers, en visitant Besançon, pourraient remarquer que la place Victor Hugo contient à la fois la maison natale de Victor Hugo et la maison natale des inventeurs du cinématographe et de nombreuses découvertes scientifiques, et cela à quelques mètres l'une de l'autre […]. La rue Lumière est une nouvelle rue que l'on construit au milieu de Saint-Claude, derrière la gare Viotte. On n'a pas voulu faire de changement de noms de rues au centre de la ville. Excusez tous ces détails, mais je pense qu'ils peuvent vous intéresser, comme souvenirs de famille. Je viens de terminer aujourd'hui par une leçon sur la photo des couleurs, procédé Lumière, mon cours public de photographie que je fais gratuitement à l'Université de Besançon depuis 25 ans […]».

Estim. 400 - 500 EUR