DROUOT
mercredi 29 mai à : 18:00 (CEST)

CHÂTEAU DE BEAULIEU - MOBILIER & OBJETS D'ART

De Baecque et Associés - 01.58.40.82.92 (Paris) - 04.72.16.29.44 (Lyon) - 04 91 50 00 00 (Marseille) - Email CVV

5, rue Vincent Courdouan 13006 Marseille, France
Exposition des lots
lundi 27 mai - 14:00/18:00, Marseille
mardi 28 mai - 10:00/12:00, Marseille
mardi 28 mai - 14:00/18:00, Marseille
mercredi 29 mai - 10:00/12:00, Marseille
mercredi 29 mai - 14:00/17:00, Marseille
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94 résultats

Lot 14 - Le clavecin Orlandini-Corsini Clavecin en bois peint et doré, les portillons, rabat, couvercle et éclisses à décor de scènes historiées sur le thème de la musique, le revers du rabat peint aux armoiries des familles florentines Orlandini et Corsini, le clavier en buis et amourette à quatre octaves (ravalé d'une note dans les basses), la caisse intérieure en cyprès à double chevalet et double sillet (la rosace en parchemin probablement rapportée à une date ultérieure ; petits accidents), avec un tiroir à partitions sous le clavier, reposant sur un piétement à cinq pieds en double balustre surmonté d'une frise de rinceaux dorés Italie, probablement Florence, fin du XVIIe siècle - début du XVIIIe siècle H. 93 cm - L. 197 cm - P. 84 cm PFD Petits accidents et restaurations, notamment au décor des pieds Provenance : Anciennes collections des familles Orlandini-Corsini, Vente Paris, étude Ribeyre, les 14, 15 novembre 2006, lot 343 (avec l'indication de provenance d'un château bordelais). Ce clavecin a été restauré dans les années 1980 par Anthony Sidey. Les rapprochements entre les décors de clavecin et les peintres répertoriés de la même époque sont assez rares et souvent délicats à réaliser. Plusieurs attributions ont cependant été effectuées notamment sur des clavecins des XVIe, XVIIe ou XVIIIe siècles à des peintres italiens comme Luca Giordano (1634-1705) et Sebastiano Ricci (1659-1734) notamment pour un fragment de couvercle de clavecin conservé au musée du Louvre (inv. MI 866), mais aussi comme Annibale Carracci (1560-1609) avec un couvercle de clavecin conservé à la National Gallery de Londres (inv. NG 94), et plus récemment sur un couvercle attribué à Pietro Paolo Bonzi (1576-1736) appartenant à la galerie Antoine Tarantino à Paris. Les sujets du décor illustrent parfois des scènes sur le thème de la musique. C'est le cas du clavecin de la collection du château de Beaulieu mais également de celui d'Andreas II Ruckers (1607-1655) conservé au musée de la Musique à Paris ainsi que celui de Jacob Stirnemann (1724-1790) du musée d'Art et d'histoire de Genève. Le clavecin demeure probablement en Europe jusqu'à la fin du XVIIIe siècle le principal instrument de musique, son histoire est parfaitement résumée par Michel Brenet dans son Dictionnaire pratique et historique de la musique en 1926 : « Pendant une période de près de trois siècles, le clavecin a tenu dans la pratique musicale un rôle d'une importance extrême. Non seulement toutes les œuvres des virtuoses clavecinistes, depuis le milieu du XVI° siècle jusqu'après la mort de J.-S. Bach (1750) et de Rameau (1764), lui ont été destinées (puisque la vogue du clavicorde et du clavecin à marteaux ne s'est établie qu'avec Emanuel Bach et Mozart), mais il a tenu, auprès du luth et du théorbe tout d'abord, puis seul auprès de l'orgue, l'emploi alors essentiel de la basse continue. Sauf, jusqu'à un certain point, en France, on ne concevait pas une exécution de musique de chambre, de concert, de théâtre et même d'église, sans clavecin. Les Allemands surtout s'expriment catégoriquement à ce sujet. C'est au clavecin que s'asseyait le chef d'orchestre. C'est autour du clavecin que se groupaient les instruments choisis du « petit chœur ». Lorsque, dans les exécutions de musique ancienne, on le remplace aujourd'hui par le piano, la sonorité de l'ensemble se trouve dénaturée. Les défauts qui ont à la longue fait abandonner le clavecin, sa sécheresse, sa froideur, la presque impossibilité d'obtenir des nuances d'intensité, hormis les effets d'écho résultant de l'opposition de deux claviers, avaient contribué à la création d'un style spécial de composition, dans lequel furent produits des chef-d'œuvres, car ces défauts, que Couperin lui-même reconnaissait en partie, étaient, selon son jugement, compensés par autant d'avantages : « la précision, la netteté, le brillant ». Pour leur mise en valeur, une attaque impeccable, une finesse de détails portée à l'extrême étaient nécessaires ; nul dessin ne pouvait être traité ni joué comme accessoire ; l'agencement des parties contrepointiques, leurs nombres, leur complication tenaient lieu d'effets dynamiques, les broderies ténues, les ornements enroulés autour des notes principales, donnaient l'illusion des sons soutenus. L'esprit, l'humour des détails pittoresques occupaient des auditeurs qui ne demandaient pas encore à la musique instrumentale d'exprimer un contenu sentimental très profond. Le « style clavecin » a été porté à son apogée pendant le XVIII° siècle par Couperin et Rameau, en France, par Domenico Scarlatti, en Italie, par Froberger, Kuhnau, Haendel et Bach en Allemagne »

Estim. 40 000 - 60 000 EUR

Lot 22 - Deux grandes figures en marbre représentant une bacchante, la chevelure mêlée de raisin et tenant une coupe contenant du raisin, et une figure d'Erigone, coiffée de feuilles de lierre et regardant une grappe de raisin, avec un tronc d'arbre et crotales Attribuées à Jean Joseph Foucou (1739-1815). Fin du XVIIIe siècle-début du XIXe siècle. H. 97 cm et 99 cm PFD Petits accidents et restaurations, notamment à la base Provenance : Vente Paris, étude Néret-Minet, Couteau-Bégarie, le 1er décembre 1989, lot 128. Vente Paris, étude Néret-Minet, le 21 novembre 2008, lot 76. Bibliographie : A.L. Poulet et G. Scherf, Clodion, cat. exp., Musée du Louvre, Paris 1992, p. 380-381 Une certaine similitude de style et de sujet suscite parfois la confusion entre les œuvres de Clodion et celles de Jean Joseph Foucou. A ce titre le catalogue de l'exposition Clodion de 1992 donne la Bacchante tenant un satyre enfant sur l'épaule du musée du Louvre (n°83) à Foucou. La notice du catalogue effectue alors un certain nombre de rapprochements et cite notamment ces deux figures de marbre en pendant passées en vente à Paris, hôtel Drouot le 1er décembre 1989, lot 128, l'une représentant une bacchante et l'autre Erigone, cette dernière contemplant amoureusement une grappe de raisin (correspondant à la transformation de Bacchus pour la séduire), avec des crotales suspendus au tronc d'arbre. Le catalogue de l'exposition Clodion rapproche par analogie, la figure de bacchante de celle du musée du Louvre, tandis qu'il évoque la possibilité que la figure d'Erigone corresponde au marbre de Foucou du salon de 1806 (n°598 du livret).

Estim. 15 000 - 20 000 EUR

Lot 29 - Armoire monumentale en bois peint mouluré, sculpté, peint et argenté, de forme mouvementée en façade et sur les côtés, ouvrant à deux vantaux et deux tiroirs, à décor de cartouches, rocailles, guirlandes de fleurs et palmes. Probablement entourage de Johann Christian Hoppenhaupt (1719-1785). Allemagne, probablement Posdam, vers 1750-1760. H. 248 cm - L. 210 cm - P. 70 cm PFD Provenance : Ancienne galerie Fischer-Boehler, Munich, collection privée, Allemagne, vente Zurich, Koller, le 18 juin 2009, lot 1070. Le style rocaille parisien se propagea dans le courant du XVIIIe siècle en Allemagne grâce aux gravures de François de Cuvilliés (1695-1768). Cuvilliés en intensifia les caractères marquants, l'amenant vers un style plus débridé, accentuant les courbes asymétriques et développant des modèles plus déchiquetés par de plus nombreuses découpures du contour des motifs. Ses nombreuses gravures inondèrent le marché vers le milieu du XVIIIe siècle de sorte qu'un grand nombre de sculpteurs allemands adoptèrent un type de décor très caractéristique que l'on retrouve notamment chez Johann August Nahl (1710-1781) et ses élèves, les frères Johann Michael (1709-1755) et Johann Christian Hoppenhaupt (1719-1785). Ce style se répandit dans toute l'Allemagne dans le second tiers du XVIIIe siècle. Il connut un grand essor dans le sud, autour de Munich, notamment au pavillon d'Amalienburg au château de Nymphenburg. Décoré par Cuvilés et le peintre-stucateur Johann Baptist Zimmermann (1680-1758), la salle des glaces-rondes est entièrement ornée d'une profusion de motifs rocailles couleur argent sur fond bleu. On retrouve le même esprit également en Prusse et particulièrement à Potsdam au Nouveau Palais à Sanssouci dont un de nombreuses pièces reçoivent un décor argent sur fond blanc. Les principaux sculpteurs tant pour les boiseries que pour le mobilier sont les frères Haupenhaupt. Johan Christian réalisa de nombreux modèles de meubles qu'il fit éditer en gravure dans un style tout à fait comparable à l'armoire présentée. Il constitue à cet égard une attribution plausible pour cette armoire. De nombreux meubles similaires sont toujours conservés au Nouveau Palaus (voir G. Streidt et P. Feierabend, Prussia, art and architecture, Oldenburg, 1999), d'autres sont notamment publiés dans P. Meister et H. Jedding, Les beaux meubles au fil des siècles, Heidelberg, 1958.

Estim. 10 000 - 15 000 EUR