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ROSTAND (Edmond), 1868-1918. L.A.S. ""Edmond Rostand"", Arnaga, Cambo (Basses-Pyrénées), s.d., 1 p. et ½ in-8, [à Jules Claretie, administrateur général de la Comédie-Française]. Intéressante lettre sur la genèse de Chantecler, dans laquelle Rostand envisage sa création à la Comédie-Française tout en réaffirmant sa fidélité absolue à Coquelin. Alors que circulent dans la presse des rumeurs concernant le théâtre où sera créée sa nouvelle pièce, Rostand expose très franchement sa position. Charles Le Bargy lui a demandé s'il ne préférerait pas voir Coquelin revenir au Français plutôt que jouer Chantecler à la Gaîté : ""Je n'ai jamais vu, et ne verrai jamais, que Coquelin dans Chantecler"", répond-il, tout en reconnaissant qu'il souhaiterait voir les dernières années de la carrière du grand comédien consacrées à ""de belles manifestations classiques sur la scène nationale"". Rostand serait même disposé à sacrifier l'avantage financier d'un théâtre commercial : si Coquelin consentait à revenir au Français, ""j'aurais volontiers renoncé au nombre plus grand de représentations que m'assure la Gaîté"". Mais sa loyauté envers celui pour lequel il a conçu le personnage reste entière : ""Je ne ferai rien pour forcer Coquelin. La pièce, quand je voudrai la donner, sera à lui, et il la jouera où il voudra."" Il dément ainsi catégoriquement les informations parues dans la presse : ""Je ne sais ce que disent les journaux que je ne lis plus depuis longtemps, mais toute autre version est fausse."" Et, tout en avouant à son correspondant que l'interprétation, la mise en scène et ""l'atmosphère"" de la Comédie-Française correspondraient davantage à ses goûts, il conclut sans ambiguïté : ""je ne retirerai pas ma pièce à Coquelin, qui seul d'ailleurs peut en jouer le rôle principal."" Document particulièrement révélateur des hésitations qui entourèrent les premières destinées de Chantecler et de l'extraordinaire fidélité de Rostand à Constant Coquelin, pour lequel il avait déjà écrit Cyrano de Bergerac. La mort soudaine de Coquelin en janvier 1909 bouleversa finalement ces projets : ce sera Lucien Guitry qui interprétera le rôle lors de la création de la pièce en février 1910 au Théâtre de la Porte-Saint-Martin. On y joint, du même : - une L.A.S. (carte pneumatique) ""Edmond Rostand"", slnd (cachet du 5 juillet 1901, Paris), 1 p. in-12 adressée à Mme Henry Fouquier. Il a été touché par le récit du ""joli geste que vient de faire votre Henriette"". Valentine avait du vous dire combien nous avions aimé cet amour gentil et brave, et combien la simplicité poétique de ce dévouement nous avait charmés."" Ils sont très heureux de leur bonheur et il félicite ""de tout cœur le fiancé qui par son âme vibrante et fine et sa fierté délicate mérite de marcher, dans la vie, à côté de la beauté"". - un ensemble de 3 cartes de visites autographes signées (remerciements et recommandations) et de 3 cartes autographes signées à liseré de deuil (remerciements et excuses).
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