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Bonino

12 - Roberto Poloni (1938)

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Roberto Poloni (1938) Le chant du coq Huile sur toile 89,5 x 80,2 cm Signature : « Poloni » en couleur au recto ; « Roberto Poloni » au verso au feutre Autres inscriptions : au verso, titre, authentification et inscription illisible sur la toile ; numéro « 36 » sur le châssis Provenance : Veneto Banca SpA en LCA État de conservation. Support : 95 % État de conservation. Surface : 95 % Pour une assistance directe via WhatsApp avant et pendant la vente aux enchères en direct : +39 346 12 999 80 // Assistance directe via WhatsApp avant et pendant la vente aux enchères : +39 346 12 999 80 Ippolito Caffi (Belluno 1809 – Lissa 1866) peut à juste titre être considéré comme le dernier héritier de la grande tradition de la peinture de paysage vénitienne, genre que l’artiste a renouvelé grâce à l’étude du naturel. Son séjour à Rome a toutefois joué un rôle décisif dans la formation de son langage artistique. S’y étant installé en janvier 1832, il entra en contact avec la communauté artistique internationale résidant dans la Ville éternelle, et se prit d’admiration pour Camille Corot et William Turner. Les variations de la lumière, des premières heures de l’aube jusqu’à la nuit, constituent l’élément caractéristique de ses vues les plus célèbres, reproduites en plusieurs variantes. Son séjour à Rome fut entrecoupé de séjours à Venise, Milan et Trieste, ainsi que, entre 1843 et 1844, d’un voyage en Orient qui le conduisit à Naples, Athènes, en Turquie, en Palestine et en Égypte. Esprit inquiet et fervent patriote, il participa en 1848 aux combats pour l’indépendance de Venise et, contraint à l’exil, voyagea entre le nord de l’Italie, Londres, l’Espagne et Paris, avant de revenir à Rome en 1855. En 1860, il rejoignit l’armée garibaldienne et mourut le 20 juillet 1866 lors de la bataille navale de Lissa, lors du naufrage du navire « Re d’Italia », à bord duquel il s’était embarqué pour immortaliser les exploits militaires contre les Autrichiens. La place Saint-Pierre est l’un des motifs sur lesquels Caffi revient à plusieurs reprises, tant dans les années 1840 que lors de son deuxième séjour à Rome entre 1855 et 1857, afin de répondre aux demandes de sa nombreuse clientèle, en variant la luminosité, des conditions atmosphériques et de la présence ou non de figures humaines. Comme le note Federica Pirani, c’est l’un des thèmes pour lesquels le choix du cadrage permet d’établir un lien entre l’artiste et les recherches des proto-photographes actifs à Rome au cours de ces mêmes années (Federica Pirani, fiche « Bénédiction papale à Saint-Pierre », dans Annalisa Scarpa (dir.), « Caffi. Luci del Mediterraneo », catalogue de l’exposition, Milan, 2005, p. 271, n° 47). Plus précisément, l’œuvre étudiée fait partie d’un sous-groupe spécifique caractérisé par la présence d’une foule en liesse attendant la bénédiction papale, l’un des événements les plus importants du calendrier romain tant pour les fidèles locaux que pour les touristes de passage. Il convient de signaler, en particulier, les tableaux publiés dans le catalogue de l’exposition « Caffi. Luci del Mediterraneo » (p. 146, n° 47, Rome, Musée de Rome, inv. MR 5680 ; p. 148, n° 49, collection privée) ainsi que dans la monographie dirigée par Ferdinando Peretti (Ferdinando Peretti, « Ippolito Caffi 1809-1866 », Rome, 2016, p. 84, n° 45-46, tous deux provenant d’une collection privée ; p. 85, n° 47-48, tous deux provenant d’une collection privée ; p. 86, n° 49, Venise, Ca’ Pesaro ; p. 87, n° 51-52, tous deux provenant d’une collection privée ; p. 88, n° 53-54, tous deux provenant d’une collection privée). La date de 1843 pour le premier tableau de la série et celle de 1856 pour le dernier témoignent du fait que Caffi revient constamment, au fil du temps, sur le même motif. L’analyse stylistique de l’œuvre, caractérisée par un trait rapide et concis, permet de situer cette vue lors de son deuxième séjour à Rome. La place est représentée depuis un point de vue légèrement surélevé, probablement depuis l’un des palais qui occupaient la Spina di Borgo, démolie entre les années 1930 et 1950 pour créer la via della Conciliazione, baignée par la lumière zénithale de midi, moment où le souverain pontife se penchait depuis la Loggia delle benedizioni, protégé par un baldaquin blanc, comme en témoignent les ombres courtes et la clarté presque éblouissante des édifices. La foule, bien que représentée de manière synthétique, est minutieusement étudiée dans ses costumes, reflétant l’ensemble de la société romaine, du petit peuple aux nobles, des zouaves pontificaux aux étrangers. On sait en effet que Caffi avait pour habitude de toujours emporter avec lui un carnet sur lequel il dessinait les gens du peuple. Le tableau en question, apparu sur le marché en 2007 à Francfort-sur-le-Main, devait appartenir à une collection allemande au moins depuis le début du XXe siècle, comme l’atteste le catalogue de la vente « Gemälde neuer und alter Meister, Plastik, Aquarelle, Zeichnungen, Möbel, antike Teppiche aus oberhessischem und verschiedenem », qui s’est tenue au Kunsthaus Wilhelm Ettle en février 1943. Teresa Sacchi Lodispoto

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