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Jean Jacques Thérésa DE LUSSE (1758-1833) Portrait de femme en buste, coiffée d’un bonnet de dentelle, dans un ovale Pastel et rehauts de craie blanche sur papier Signé et daté en bas à droite De Lusse delineavit (?) 1789 Piqûres, rousseurs On y joint un portrait d'homme du XVIIIème siècle dans l'entourage du même artiste. Expert : Mégane OLLIVIER Le sieur de Lusse, peintre et protégé des Académies royales de Paris, nouvellement arrivé à Angers, curieux de faire voir ses talents aux yeux des amateurs et connaisseurs en cet art, ainsi à ceux qui désireraient se faire peindre, fait savoir qu'il peint le portrait tant à l'huile qu'au pastel, et en miniature, et le paysage en grand. Il enseigne aussi en ville le dessin pour ces sortes de genres.» (Affiches d'Angers, 1776) Elève de François-André Vincent, Jean Jacques Thérésa de Lusse développe une activité particulièrement variée, pratiquant aussi bien le pastel, la peinture à l’huile que la miniature. Après plusieurs séjours en province, notamment à La Rochelle, Grenoble, Valence et Saintes, il revient à Paris où il est décrit comme « miniaturiste du Palais-Royal ». De 1797 à 1804, il enseigne le dessin à Saintes, avant d’être nommé conservateur du musée d’Angers, où il aura notamment David d’Angers parmi ses élèves. Notre pastel, daté de l’année révolutionnaire, témoigne de son talent de portraitiste. Le modèle, représenté en buste et légèrement de trois-quarts, est caractérisé par une exécution délicate et fondue, particulièrement sensible dans le traitement du visage, des cheveux et des étoffes. Notice : Formé auprès de François-André Vincent, Jean Jacques Thérésa de Lusse appartient à cette génération de portraitistes qui, dans les dernières décennies de l'Ancien Régime, font du pastel et de la miniature des genres à part entière. Son maître est alors proche d'Adélaïde Labille-Guiard, qu'il épousera en 1800, et qui fut l'une des grandes pastellistes de son temps, dans le sillage de Maurice-Quentin de La Tour et de Jean-Baptiste Perronneau. Le parcours itinérant de De Lusse, de ville en ville au gré des commandes, rappelle celui de nombreux portraitistes provinciaux de la période, tandis que son activité de miniaturiste le rapproche de figures comme Jean-Baptiste Isabey ou Peter Adolf Hall. Son rôle à Angers, où il compte parmi ses élèves le jeune Pierre-Jean David, futur David d'Angers, avant que celui-ci ne rejoigne l'atelier de Jacques-Louis David à Paris, inscrit son nom dans l'histoire artistique de la ville.