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Armoire aux Vertus cardinales en deux corps en noyer et chêne ouvrant à quatre portes et deux tiroirs en ceinture ; deux tiroirs dans le soubassement. Riche décor de grands termes engainés sur les montants extérieurs et pour les dormants. Les vantaux du corps supérieur sont ornés de frontons triangulaires brisés soutenus par des colonnes jumelées à fût lisse, reposant sur des consoles feuillagées ; un chou frisé émerge du fronton. Dans la partie inférieure, les tiroirs sont ornés de feuilles de lauriers ; les vantaux sont sculptés de mascarons avec chutes de guirlandes de fruits. Les panneaux centraux des vantaux sont peints en camaïeu d’or sur fond noir à l’effigie des Vertus cardinales, identifiées par des inscriptions. La Force (FORTITVDO) s’appuie sur une colonne brisée ; la Justice (IVSTITIA) tient une balance ; la Prudence (PRVDENTIA) arbore un miroir et un serpent ; la Tempérance (TEMPERENTIA) verse de l’eau dans une coupe de vin. Bourgogne, attribuée à Hugues Sambin (Gray, vers 1520 – Dijon, 1601) et son atelier, et Évrard Bredin (v. 1550 – 1599), dernier quart du XVIe siècle H : 204,5 cm – L. : 153,5 cm – P. : 57 cm (Restaurations, petits accidents) Provenance : Collection Franco Codognato, Florence Collection privé italienne, Crema Exposition biennale d’antiquités au palais Strozzi, Florence, 1981 Cette armoire spectaculaire présente tous les canons de la production burgondo-lyonnaise de la fin du XVIe siècle. Son décor de termes et de caryatides engainés offre une remarquable proximité avec les gravures que publie Hugues Sambin à Lyon en 1572 dans son œuvre de la diversité des termes dont on use en architecture. Pourrait-il s’agir d’un meuble sculpté par ce grand ébéniste dijonnais de la fin de la Renaissance ? L’étude comparative qui suit tente de montrer les correspondances de notre meuble avec un corpus qui se formalise autour de la figure de Hugues Sambin et de son atelier. Les archives sont silencieuses pour beaucoup de meubles de ce corpus bourguignon du dernier quart du XVIe siècle ; mais certaines œuvres conservées dans des collections muséales ont été particulièrement étudiées et permettent de confirmer l’hypothèse d’Hugues Sambin à Dijon autour des années 1580-1590. Le J. Paul Getty Museum a organisé une exposition autour d’une armoire conservée dans leur collection et qui a été requalifiée après une série de recherches scientifiques sur le mobilier bourguignon de la fin de la Renaissance réalisées entre 2002 et 2005. Ce cabinet renaissance, longtemps réputé être un pastiche du XIXe siècle, peut sésormais être compté au rang des œuvres de l’ébéniste. Avec prudence et grâce aux analyses scientifiques poussées, le nom de Hugues Sambin a pu avancé et la date de 1580 inscrite sur le meuble est confirmée. UNE TECHNIQUE D’ASSEMBLAGE CARACTERISTIQUE Cette « Armoire aux Vertus cardinales » présente une technique d’assemblage en tous points similaire à celle des productions attribuées par les spécialistes à l’atelier de Hugues Sambin. Les deux corps, de même largeur, confèrent au meuble une silhouette presque rectangulaire : elle est scandée dans le sens horizontal par les moulures saillantes de la corniche, de la ceinture et du soubassement, et dans le sens vertical par les termes et les caryatides. Autre trait caractéristique : les fonçures sont faites de chêne, tandis que les panneaux de façade sont en noyer. On retrouve cette alternance sur les deux armoires conservées au Musée du Louvre (OA 6254 et OA 12873), ainsi que sur le cabinet du Getty Museum (inv. 71.DA.89). De même, l’assemblage de la structure procède par un système de tenons et mortaises, tandis que les panneaux sont fixés au moyen de rainures et languettes (fig. 1). D’une manière générale, on observe dans l’ensemble de la production un contraste net entre la technique de sculpture des côtés, en très léger relief, et les très hauts reliefs qui ornent la façade. Les rehauts d’or que l’on observe sur les colonnettes des vantaux comptent également parmi les éléments techniques fréquents. On les observe notamment sur l’armoire de l’ancienne collection Arconati-Visconti, aujourd’hui au Louvre (OA 6254). LE STYLE GENERAL DU DECOR Les spécialistes qui se sont penchés sur la production de meubles attribués à Hugues Sambin ont souvent observé la déclinaison de motifs variés à partir d’un éventail de modèles communs, adaptés à chaque commande. Notre meuble partage ainsi des traits stylistiques avec un ensemble bien documenté de meubles produits dans la décennie 1580, qui ont tous été rapprochés de la production du maître et de son atelier. On remarque, de fait, des références à plusieurs figures publiées dans L’Œuvre de la diversité des termes (1572). Ainsi, les guirlandes de fleurs et de fr