Chandelier mamelouk en laiton incrusté d'argent au nom d'un grand émir (officier…
Description

Chandelier mamelouk en laiton incrusté d'argent au nom d'un grand émir (officier) du Sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun

Egypte, 1293-1341 De forme typique avec une base tronconique, un col tubulaire et une bobèche cylindrique inclinée, une épaule concave, à décor incisé et incrusté d'argent et de pâte noire. Le corps est décoré d'une inscription monumentale en thuluth divisée par deux médaillons floraux, le tout sur un fond de rinceaux ondulants et spiralés, et est encadré de bandeaux mineurs à décor de chevrons en relief et de feuilles stylisées séparées par une bande de rinceaux ondulants. L'épaule est avec une inscription radiale en thuluth ponctuée de deux feuilles de lotus épanouies, et cernée du même registre de feuilles stylisées séparées par une bande de rinceaux ondulants. La bobèche est inscrite d'une phrase en coufique ponctuée de trois rosettes à six pétales. Le col reprend ce motif et celui de la fleur de lotus épanouie associé à des motifs flammés. Base de la panse avec une fêlure, bon restes de l'incrustation d'argent. H. 27 cm Provenance : Collection Jean-Charles Tauzin (1889-1957) Le terme "mamelouk", qui signifie "possédé" en arabe, désigne les esclaves guerriers turcs qui ont d'abord servi la dynastie ayyoubide avant de devenir des souverains à part entière. Les sultans mamelouks ont régné sur des territoires clés du monde islamique, notamment les villes saintes de La Mecque, de Médine et du Caire qui, en tant que capitale mamelouke, est devenue une puissance artistique et culturelle d'une importance capitale. À cette époque, l'art et l'architecture font l'objet d'un vaste mécénat et constituent un moyen d'afficher sa richesse et son pouvoir politique. Les élites mameloukes ont construit des mausolées, des madrasas et des mosquées somptueusement décorées, ce qui a entraîné une augmentation de la production d'objets décoratifs. Les objets métalliques mamelouks qui subsistent sont des bols, des plats, des boîtes, des armes, des armures et des chandeliers destinés à l'ornementation ou à un usage actif. La plupart des techniques et des styles d'incrustation sont issus d'une tradition préexistante qui trouve ses racines dans l'Iran et l'Irak du XIIe siècle. Au XIIIe siècle, des artisans métallurgistes de haut niveau, généralement basés à Damas ou au Caire, excellaient dans l'incrustation complexe d'argent et d'or dans des objets en laiton ou en bronze. Les chandeliers de ce type et de cette qualité ont été largement produits dans la première moitié du XIVe siècle et leur splendeur reflétait le rôle important qu'ils jouaient dans les cérémonies mameloukes. À cette époque, les compositions figuratives qui caractérisaient les objets métalliques mamelouks antérieurs, comme le "Baptiste de Saint-Louis" (Louvre, Paris, inv. n° LP16), avaient été remplacées par un goût plus austère pour les grands panneaux calligraphiques. L'utilisation d'une écriture thuluth audacieuse confère à ce chandelier une monumentalité et une gravité qui conviennent à un personnage important de la cour. L'inscription sur ce chandelier affirme qu'il était destiné à un membre éminent de la cour «al-amiri a/l-kabiri » du sultan Sultan al-Nasir Muhammad fils de Qala'un, dont le règne long et relativement paisible (1293-1341 apr. J.-C.) a vu l'apogée de la métallurgie mamelouke (Atil 1981, p. 52). Ce chandelier à base conique a conservé une importante partie de ses incrustations d’argent et d’un matériau organique noir appliqué sur le fond. L'état de la pièce est remarquable par l'absence de réparations modernes. Œuvres en rapport ; Un chandelier similaire, également attribué au sultan al-Nasir, a été vendu chez Sotheby’s, le 8 octobre 2008, lot 116. Un autre exemplaire, également du règne du sultan al-Nasir Muhammad ibn Qala'un, réalisé pour Sayf al-Din Qushtumur, major-domo de Tuquztamur al-Hamawi, a été vendu chez Sotheby’s, le 6 avril 2011, lot 325. Deux autres exemples se trouvent au Musée d'art islamique du Caire (Wiet 1932, n° 4043 et 3982, pl. XXXI-XXXII). Un chandelier très similaire se trouve dans les collections du Louvre (inv. no. AO 5005 ; voir Paris 1977, n° 101, pp. 82-83, et Wiet 1932, n° 168, pp. 198-199). Deux autres exemples très similaires se trouvent au Musée d'art islamique du Caire (Wiet 1932, n° 4043 et 3982, pls.XXXI-XXXII). Inscriptions : Sur le corps : al-maqarr al-‘ali al-mawlawi al-amiri a/l-kabiri al-‘alimi al-maliki al-nasiri ‘The high authority, the lordly, the great emir, the learned, the affiliated with al-Malik al-Nasir’ La haute autorité, le seigneur, le grand émir, l'érudit, l'affilié à al-Malik al-Nasir'. Autour de l'épaule : al-maqarr al-‘ali al-mawlaw[i] al-amiri al-kabiri al-mujahidi al-mura/biti al-‘alimi al-‘adili al-maliki al-maliki [sic] al-nasiri ‘The high authority, the lordly, the great emir, the champion of the faith, the defender, the learned, the just, the affiliated with al-Malik, the possessor [sic], al-Nasir’ La h

97 

Chandelier mamelouk en laiton incrusté d'argent au nom d'un grand émir (officier) du Sultan al-Nasir Muhammad ibn Qalawun

Les enchères sont terminées pour ce lot. Voir les résultats