Le cœur de cet ensemble est dédié à cinq peintures monumentales de Simon Hantaï provenant de l’ancienne collection Jean Fournier dont quatre apparaissent pour la première fois en vente publique. En cinq toiles exécutées entre 1956 et 1970, ce groupe témoigne de la diversité du travail de l'un des plus grands peintres de la seconde moitié du XXe siècle.
Simon Hantaï - figure magistrale de l'abstraction
La surprise de cet ensemble réside notamment dans la présence de trois toiles de Simon Hantaï datant d’une période particulièrement rare et méconnue de son œuvre : celle qui suit sa rupture avec le mouvement surréaliste, qu’il fréquente dans les années 1950. Dès 1955, Hantaï s’affranchit du groupe et engage une série d’expérimentations radicales, cherchant à repousser les limites de la peinture et à renouveler profondément son rapport à la matière.
Cette période, encore peu représentée sur le marché de l’art et, jamais réunie dans un ensemble proposé aux enchères, constitue l’un des temps forts de la collection. Fortement marqué alors par la peinture de Jackson Pollock, Hantaï explore une abstraction gestuelle et physique, obtenue notamment par de grands mouvements de raclage.
Simon Hantaï
Sans titre, 1970
Huile sur toile, monogrammée et datée
122,5 x 97 cm.
Estimation : 120 000 - 150 000 €
Ces œuvres témoignent d’un moment charnière dans la trajectoire de l’artiste, à la veille des recherches qui feront de Hantaï l’une des figures majeures de l’abstraction française. Elles font également écho à l’emblématique Sexe-prime. Hommage à Jean-Pierre Brisset, aujourd’hui conservé au Centre Georges Pompidou, et offrent un regard particulièrement rare sur les expérimentations qui ont contribué à l’émergence de son langage pictural.
Simon Hantaï
Sans titre, 1956
Huile sur toile, signée et datée
106 x 147 cm.
Estimation : 50 000 - 70 000 €
Jean Fournier – soutien indéfectible de Simon Hantaï
En 1963, Jean Fournier ouvre sa galerie rue du Bac à Paris et, rapidement, ce nouvel espace devient un lieu de liberté pour les artistes et un point de rencontre. Il est l’un des premiers à exposer les artistes américains arrivés à Paris grâce aux G.I. Bill, bourses mises en place après la guerre par les Etats-Unis. Simon Hantaï, admirateur de l'art américain, lui présente ainsi Sam Francis et Joan Mitchell et Jean Paul Riopelle, lié à ce groupe grâce à sa relation avec Joan Mitchell.
Considérant l’art comme une quête, un échange d'idées et de visions, Jean Fournier nourrit avec les artistes un profond dialogue intellectuel et esthétique. Défendeur visionnaire de la modernité, il sait promouvoir et diffuser largement le travail de ses artistes, assurant ainsi leur reconnaissance internationale.
Simon Hantaï
Meun, 1967
Huile sur toile, monogrammée et datée
197 x 187 cm.
Estimation : 200 000 - 300 000 €
Si la rencontre avec Simon Hantaï est déterminante pour Jean Fournier, elle constitue également un tournant majeur pour le peintre d’origine hongroise. Hantaï révèle au jeune galeriste une nouvelle vision artistique, tandis que Fournier lui apporte un soutien indéfectible, qui l’accompagnera tout au long de sa vie.
Autres artistes majeurs issus de collections privées mis en vente à l’Hôtel Drouot
La collection s’illustre également par des œuvres signées des grands noms de l’écurie Fournier au premier rang desquels Marie Abbott, James Bishop, Jean Degottex, Marcelle Loubchansky, Bernard Piffaretti, Judit Reigl et Claude Viallat.
Elle compte aussi des peintures par Valerio Adami, Karel Appel, Étienne Beöthy et Errö ainsi que pièces de Design exécutées par Pierre Chapo, Jean Dunand, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand, toutes issues de collections privées.