La présence n’est jamais un état achevé
Elle n’est ni une position stable, ni une identité définitivement constituée. La présence advient au sein de relations mouvantes — entre proximité et distance, apparition et retrait — tout en étant continuellement façonnée par les mondes auxquels elle répond. Exister relève alors moins d’une condition fixe que d’un processus continu de devenir : une négociation, un ajustement, une forme toujours en cours de transformation. Modes de présence ne cherche pas à définir ce qu’est la présence, mais à interroger les conditions par lesquelles elle se manifeste. Comment devient-elle perceptible à travers le corps, la matière, l’échelle, le temps, l’espace ou les formes de sensibilité ? Comment se transforme-t-elle au contact de réalités multiples et de contextes en perpétuelle mutation?
Ici, la présence ne se donne jamais au singulier.
Elle apparaît sous une pluralité de formes : persister, traverser, résister, hésiter, disparaître ou encore se révéler à travers les traces les plus infimes. La présence ne se présente jamais comme une posture unifiée, mais comme un assemblage provisoire d’états, de positions et de relations complexes.
Réunissant diverses pratiques issues de la scène contemporaine asiatique, cette exposition ne vise pas à construire un récit homogène fondé sur une appartenance géographique, identitaire ou culturelle. Au contraire, « l’Asie » y est envisagée comme un espace d’expériences en mouvement — traversé par des superpositions, des déplacements et des recompositions constantes — davantage comme une condition en devenir que comme une définition stable.
Les œuvres présentées n’apportent pas de réponses.
Elles ouvrent plutôt des espaces de perception où certaines formes d’existence, encore instables ou non nommées, deviennent momentanément sensibles. Car la présence ne consiste pas à occuper un espace, mais à continuer de devenir à travers la rencontre avec les autres, les environnements et le temps.
Les artistes exposé·e·s
Ruimin Ma
La vie mobile, 2024-2026
Acrylique sur papier marché
env. 10 × 8 cm, dimensions variables
Courtesy de l’artiste © Ruimin Ma
"Le téléphone portable est l'outil que j'utilise le plus dans ma vie quotidienne. À travers son écran, il représente un autre espace qui est connecté au monde réel. C'est toute une série.Je souhaite mettre en avant la fragmentation de l'information que les téléphones véhiculent, à la fois par leur nombre et par leurs formes différentes."
— Ruimin Ma
Manman Zheng
Ce qui reste, 2025
Coton, bois, fer
21 x 161 cm, 7 pièces, dimensions variables,
Courtesy de l’artiste © Sara Farhangui
"Ce qui reste explore la manière dont une présence persiste à travers ses traces. Entre apparition et effacement, l’œuvre interroge ce qui demeure perceptible lorsque le corps et le temps ont déjà traversé la matière."
— Manman Zheng
Zihua Fan
Flicker, 2025
Bague, broche, argent 925, perles d’eau douce
43 x 57 mm, 23 x 46 mm,
Courtesy de l’artiste © Zihua FAN
"À travers l’ampoule, j’explore la brièveté de l’existence. Inspirée par Zhuangzi, cette œuvre interroge moins la disparition que les traces laissées par chaque éclat de lumière, comme autant de formes fragiles de présence."
— Zihua Fan
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Chuhan Xiao
Echoes in the Blur, 2025
Weaving the Unheld, Argent fin, quartz, vase, 80 × 80 × 90 mm
Stitched with Silence, Argent sterling, verre, vase, 100 × 100 × 150 mm
Vestige Skin Maillechort, verre, nacre, gilet, 460 × 240 × 10 mm
Courtesy de l’artiste © Chuhan Xiao
"À travers
Echoes in the Blur, j’explore la manière dont la présence persiste à travers des traces fragiles. Entre apparition, transformation et effacement, mémoire et émotions prennent une forme matérielle. Le corps devient un lieu d’inscription, où des expériences incomplètes continuent d’exister."
— Chuhan Xiao
Ivy Zishan Tang
A soft whisper in my heart, 2024-2025
Mixed media on canvas
24 × 30 cm, 4 pièces
Courtesy de l’artiste © Ivy Zishan Tang
"À travers des compositions en techniques mixtes inspirées de la peinture traditionnelle chinoise, l’œuvre explore la manière dont une présence persiste à travers mémoire, paysage et expérience vécue. Entre formes organiques, textures diffuses et gestes superposés, les paysages deviennent des espaces sensibles où souvenirs, héritage et perception continuent d’exister."
— Ivy Zishan Tang