Intitulé Concert dans un intérieur (est. 20 000 – 30 000 €), ce tableau est caractéristique des scènes de joyeuse compagnie, un genre très prisé dans la peinture néerlandaise et flamande du XVIIe siècle. Ces compositions mettent en scène des groupes d’hommes et de femmes s’adonnant à la musique, à la conversation ou à la dégustation de vin — des instants de sociabilité souvent feutrés, parfois lestés de symboles moraux ou galants. Lorsqu’un ou plusieurs personnages jouent d’un instrument, on parle volontiers comme dans notre tableau, de «concert » ou de « fête musicale».
Pieter Jacobsz CODDE (Amsterdam 1599 - 1678)
Concert dans un intérieur
Panneau
Est. 20 000 / 30 000€
Actif à Amsterdam, Pieter Codde (1599–1678) s’est imposé dès les années 1620 comme l’un des représentants majeurs de ce genre. Dans le sillage de Willem Buytewech, et aux côtés de Dirck Hals, Anthonie Palamedesz ou Willem Duyster, il développe un style caractérisé par une grande attention portée aux attitudes, aux vêtements et à l’atmosphère des intérieurs. Ces artistes sont parfois rattachés à la veine dite « monochromiste », marquée par une palette sobre et un traitement raffiné de la lumière.
Les tableaux de Codde sont généralement de petit format et dépeignent des scènes d’intérieur où l’élégance des costumes répond à la précision de l’observation. Dans
Concert dans un intérieur, la scène se déroule dans une pièce meublée avec soin, et les vêtements des personnages suggèrent une certaine aisance. Mais loin de l’agitation parfois joyeusement tapageuse que l’on retrouve dans d’autres joyeuses compagnies, c’est ici la retenue et l’élégance d’une joie domestique, que Pieter Codde choisit de figer sur le bois.
A noter également dans la même vente,
un ensemble de près de 80 oeuvres de la collection du peintre Albert Flocon (1909-1994). Né Albert Mentzel à Berlin, est un graveur et théoricien de la perspective formé au Bauhaus notamment auprès de Paul Klee ou Josef Albers. Exilé à Paris en 1933 pour fuir le nazisme, il s'engage dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il adopte le nom de son aïeul Ferdinand Flocon, et obtient la nationalité française. Il se forme à la gravure, notamment au burin. En parallèle, il mène une réflexion théorique approfondie sur la perspective en art, notamment à travers ses écrits et son enseignement aux Beaux-Arts de Paris.