Un événement traumatique a marqué un tournant dans son parcours : le vol d’une partie importante de sa collection dans les années 1980. Ce coup dur aurait pu l’éloigner de l’art, mais il a agi comme un catalyseur d’un changement radical. C’est alors qu’il croise Jean Paul Barbier-Mueller, célèbre collectionneur et fondateur du musée Barbier-Mueller à Genève. Cette rencontre s’avère décisive. Comme aimait à le rappeler Barbier-Mueller : « Le chemin le plus court entre deux êtres humains, c’est l’art. » Sous son influence, Blanpain découvre les terres cuites africaines, une révélation qui élargit ses horizons et ravive sa passion. Les œuvres Nok, Djenné ou Bankoni, enfouies dans les réserves du musée Barbier-Mueller, le laissent « pantois face à ces découvertes aussi merveilleuses qu’inattendues. »
Blanpain entreprend alors une exploration assidue de l’art africain, élargissant progressivement son intérêt au-delà des terres cuites pour s’immerger dans la richesse et la diversité de ce patrimoine. Dans cette quête, il bénéficie également des conseils avisés de Pierre Dartevelle, un ami d’université devenu antiquaire, et de Bernard de Grunne, qui l’a délicatement guidé dans l’affinement de ses goûts. Blanpain témoigne de l’importance de son amitié avec Barbier dans la formation de son œil. Pendant cinq ans, il s’en remit systématiquement à son jugement, lui envoyant des photos détaillées de chaque pièce envisagée avant toute acquisition. « Son avis était pour moi sans appel », écrit-il, soulignant à quel point cette relation a renforcé leurs liens.
Aujourd’hui, à 86 ans, Marc Blanpain choisit de tourner une nouvelle page en se séparant de sa collection et afin que ces objets, choisis avec tant de soin, puisse trouver de nouveaux foyers et toucher d’autres amateurs, dans un esprit de renouveau et de transmission.
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