L ’ensemble réuni par le couple, comprenant cette œuvre de Chamberlain, révèle un intérêt marqué pour les recherches qui, dans les années 1960-1970, ont redéfini les rapports entre peinture, sculpture, objet et espace.
Dans Madison, réalisée en 1965, John Chamberlain transforme des fragments de carrosserie automobile en une sculpture compacte, où le métal est pris dans un mouvement de compression. Des tôles peintes en rouge bordeaux et en bleu turquoise sont pliées, écrasées et soudées les unes aux autres. Leurs surfaces conservent les traces de ces déformations: arêtes saillantes, creux profonds, replis et changements brusques de direction. Né en 1927 aux États-Unis, Chamberlain s’impose dès les années 1950 par son utilisation de pièces récupérées. À rebours de la sculpture traditionnelle, fondée sur le modelage ou la taille d’un matériau, il travaille à partir d’éléments déjà façonnés par l’industrie. Leurs formes préexistantes déterminent en partie les possibilités de l’assemblage. Par le recours à la carrosserie automobile, emblème de la société de consommation américaine d’après-guerre, Madison entretient un lien avec l’imaginaire