DROUOT

Royal Provenance

Royal Provenance - +33 6 50 00 65 51 - Email

75009 Paris, France
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13 résultats

- Carl TEGELSTEN - AIGUIÈRE ET SON BASSIN EN ARGENT RUSSE AU CHIFFRE DE LA GRANDE-DUCHESSE OLGA NICOLAEVNA Par Carl TEGELSTEN, Saint-Pétersbourg, 1840 En argent 84 zolotniks (875 °/°°), l’aiguière de forme balustre appliquée au centre sur une face du chiffre « ON » en cyrillique d'Olga Nicolaevna et sur l’autre face de l’aigle impériale de Russie, la base à décor ciselé de feuilles de vignes dans une bordure de rocailles, la prise à décor de feuillages, godrons et frise de perles. Le bassin rond de forme chantournée appliqué de feuilles d’acanthe et centré du même chiffre « ON » en cyrillique, reposant sur une base chantournée en suite. Intérieur en vermeil. Saint-Pétersbourg, 1840. Maître-orfèvre : Carl Johann Tegelsten (1798-1852). Essayeur : Dmitry Ilyich Tverskoy (actif 1832-1850). H. 36,5 cm (aiguière) - H. 10,7 x D. 37,7 cm (bassin). Poids : 1763,0 g (aiguière) - 2092,0 g (bassin). Provenance - Provenant du service de dot commandé par le tsar Nicolas Ier pour sa fille, la grande-duchesse Olga Nicolaevna de Russie (1822-1892), future reine Olga de Wurtemberg, à l'occasion de son 18e anniversaire en 1840. - Collection privée européenne. Histoirique La grande-duchesse Olga Nicolaevna (1822-1892) est la deuxième fille de l'empereur Nicolas Ier (1796-1855) et de l'impératrice Alexandra Feodorovna (1798-1860), née Charlotte de Prusse. La fastueuse dot d'Olga Nicolaevna comprenait des fourrures, des ensembles de meubles, des voitures, de la porcelaine, du verre, du linge de lit, mais les bijoux et le service en argent constituaient la partie la plus précieuse de la dot. En effet, le service commandé par Nicolas Ier pour sa fille comprenait près de cinq cents pièces, une commande passée au principal fournisseur d'argenterie et de bronzes de Saint-Pétersbourg qu'était le Magasin Anglais, fondé en 1815, racheté en 1829 par les marchands Nicholls et Plincke, et qui a existé jusqu'en 1898. Le tsar offrit à chacune de ses trois filles un service en argent pour leur mariage qui devait être à la "dernière mode anglaise particulièrement belle et fine" (M. N. Lopato, Iuveliry starogo Peterburga, Saint-Pétersbourg, 2006, p. 128). Quand Olga Nicolaevna épouse le prince héritier Charles de Wurtemberg (1823-1891), le 1er juillet 1846 au palais de Peterhof, près de Saint-Pétersbourg, une grande fête est organisée au palais d’été et la dot est emportée par les jeunes mariés à Wurtemberg. Mais au début du XXe siècle, le service complet fut vendu à des musées et à des collections privées et aujourd'hui, 19 pièces du service d'Olga Nicolaevna sont actuellement conservées dans la réserve du musée d'État de Peterhof, certaines sont exposées au Musée Fabergé de Saint-Pétersbourg. Rares sont les pièces en argent provenant des services de la dot de la grande-duchesse encore conservées en mains privées, certaines pièces ont été vendues en ventes aux enchères, notamment une impressionnante soupière provenant de la collection Van Cliburn et précédemment acquise à Vienne dans les années 1960 (Christie’s, New York, 17 mai 2012, The Van Cliburn Collection, lot 21).

25 000 EUR

- ANTON KOTHGASSER - ANTON KOTHGASSER (VIENNE, 1769–1851) Vue de la cathédrale Saint-Étienne à Vienne Gobelet évasé en verre, à décor peint d'une vue de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Légendée en or "Domkirche zu St Stephan in Wien". Signé sur la courbe du pied diamétralement opposée à la scène peinte : "A[nton]. K[othgasser]". Une tache à la scène peinte, un éclat au revers de la base. Vienne (Autriche), vers Conservé dans son étui d'origine en maroquin rouge. H. 11,5 x L. 8,5 cm.   Provenance Famille aristocratique française depuis le début du XIXe siècle.   Littérature - Gustav E. Pazaurek, Eugen von Philippovich, Gläser der Empire-und Biedermeierzeit, 1976, p. 189, fig. 169. - Kovacek, Katalog Biedermeier, Einblicke in die Idylle, 2007, p. 74, cat. no. 41, un gobelet comparable avec bord du fond échancré signé A. K. en noir. - Paul von Lichtenberg, Mohn & Kothgasser, Transparent bemaltes Biedermeierglas, 2009, p. 286, fig. 170.   Œuvres en rapport Un gobelet très similaire avec de légères variantes dans le décor, vendu chez Auktionshaus im Kinsky GmbH, Vienne, 18 octobre 2016, lot 409 (ill. 1).   Historique Anton Kothgasser (ou Kothgaßner), né à Vienne en 1769, était un peintre sur porcelaine et verrier à partir de 1781 à la Wiener Kunstakademie. Il a étudié le dessin figuratif avec le peintre allemand Heinrich Füger, de 1784 à la Wiener Porzellanmanufaktur à 1840, employé comme peintre de dessin le plus important, peintre n° 96. À partir de 1811, en même temps de travailler pour la Manufaktur et indépendamment d'elle, il s'adonna à la peinture sur verre, à laquelle il fut initié par Gottlob Samuel Mohn, qui avait vingt ans de moins que lui et s'était installé à Vienne en 1811. Il reçut de nombreuses récompenses, entre autres le 6 septembre 1811, et l'autorisation le 20 mai 1816 "de travailler chez lui pendant quelques mois à sa peinture sur verre". Il s'est d'abord consacré à la peinture sur plaque de verre, mais a rapidement préféré la peinture sur verre creux utilisant la couleur de l'émail transparent (peinture transparente). Cette technique fut inventée par Samuel Mohn, qui s'est particulièrement intéressé à cette méthode entre 1815 et 1830.

15 000 EUR

- Victoire Boizot - TABATIÈRE EN OR ET ÉMAIL DE PRÉSENT ROYAL Offerte par le roi Charles X en 1826 à son secrétaire Tabatière en or (840 millièmes ou 2e titre) et émail bleu roi, le couvercle monté à charnière est orné du monogramme CP de Charles Philippe (Charles X), sous couronne royale de France, dans un cartouche rectangulaire à fond sablé orné de quatre fleurs de lys aux angles rehaussées d'émail bleu, les côtés à décor guilloché de damiers. Gravée à l'intérieur d'une dédicace : "Donnée par le Roi / à M. Queignard de Valdené / Le 16 Février 1826." Bon état général. Paris, Maître-orfèvre : Victoire Boizot (active 1808-1813). Numéro de commande gravée : 328. H. 2,5 x L. 8,7 x P. 6 cm - Poids brut : 174,0 g   Provenance - Offerte par le roi Charles X à M. Queignard de Valdené, secrétaire du Cabinet de Sa Majesté, le 16 février 1826. - Vente Bonham's, Londres, 23 novembre 2011, lot 2. - Collection privée française.   Historique Victoire Boizot était la veuve du célèbre orfèvre Joseph-Etienne Blerzy (actif 1750-1806). Elle reçut son poinçon en 1808 qui fut détruit en 1813, datant assez précisément notre boite de alors que Charles Philippe n'était encore que Comte d'Artois. La présence de la couronne fermée de Roi de France sur le chiffre CP indique que la tabatière fut vraisemblablement gardée dans le stock royal pour présents, jusqu'à 1826 où Charles Philippe devenu Charles X, l'offrît à Queignard de Valdené. Ce-dernier, nommé officier de la Légion d'honneur le 1er mai 1821, est cité comme secrétaire du Cabinet de Monsieur (Charles Philippe, comte d'Artois, futur Charles X) au sein des Archives Nationales françaises (O/3/828 dossier 32, 1815-1826).  

32 000 EUR

- Manufacture royale de Sèvres - Manufacture royale de Sèvres Tasse à glace du service du Gobelet du Roi En porcelaine dure, à décor polychrome de guirlandes de barbeaux et feuilles de myrte autour de filets rouges et bleu. Un éclat sur le pied et mini-éclats au revers du pied, légère usure d'or. Sans marque. XVIIIe siècle. H. 6,5 cm. Provenance Service du Gobelet du Roi, château de Versailles. Historique Commencé en 1782, le service dit du Gobelet du Roi est livré au château de Versailles le 11 mai 1783, complété par des suppléments chaque année entre 1784 et 1791. La décoration est nommée dans les registres des travaux des peintres et d'enfournements conservés aux archives de la manufacture de Sèvres "guirlandes de barbeaux" accompagnée de la désignation "Service du Roy" (Arch. Sèvres, Vj'2, f° 141 et VI'2, f° 53). La livraison du 27 mars 1784 apporte davantage de précisions sur le décor : "On a livré pour le Roi le supplément de service guirlande de myrtes et barbeaux" (Arch. Nat. 01 2061, pièce 70). Il est adressé lors des livraisons successives à Jean-René-Christophe Roth, contrôleur du Gobelet du Roi. 144 assiettes unies sont livrées en 1783 au prix de 15 livres chaque. Le service était destiné à la table des officiers qui avaient droit à la seconde salle à manger dite des "salles neuves". Le service suit sans doute la Cour lors du déménagement aux Tuileries en 1790. Le Château de Versailles conserve aujourd'hui plusieurs pièces de ce service dont 8 tasses à glace, dont une également non marquée. D'autres éléments sont conservés au musée du Louvre, au musée des Arts décoratifs, au Bowes museum, au Victoria and Albert museum ou au Schloss Fasanerie de Fulda. Oeuvre en rapport Une tasse à glace également non marquée, vendue chez Piasa, 11 juin 2014, lot 146 (expert Cyrille Froissart). Littérature - Baulez, C., Vers un Retour des Sèvres, La Revue du Louvre, déc. 1991, p. 68-69. - Peters, D., De Versailles à Paris : Le Destin des Collections Royales, 1989, n° 129, p. 262. - Versailles et les Tables Royales en Europe, 1993, p.120. - Sèvres plates and Services of the 18th Century, 2005, vol. III, n°83-2, pp. 663-665.

2 800 EUR

- Jean Baptiste Jacques AUGUSTIN - Jean Baptiste Jacques AUGUSTIN (Saint-Dié, 1759-Paris, 1832) Louis XVIII, roi de France Portrait miniature octogonal peint à l'aquarelle et gouache, non signé. Louis XVIII (1755-1824), roi de France et de Navarre (1814-1824), est vêtu d'un habit bleu barbeau de petite tenu à double boutonnage avec épaulettes d'or de général, il porte l'étoile de poitrine de l'Ordre du Saint-Esprit, l'étoile de poitrine et l'insigne de l'Ordre de Saint-Lazare et Notre-Dame du Mont Carmel, et la croix de chevalier de l'Ordre royal français de Saint-Louis suspendu à un ruban rouge, un gilet blanc et une chemise, ses cheveux coupés poudrés. Bon état général, légères restaurations. Dans un cadre en or 18k (750 millièmes) à bordure ajourée sertie de saphirs taillés alternés de diamants taille simples et anciens taille brillant. Conservé dans un écrin rectangulaire en cuir rouge inscrit "Augustin" sur le couvercle, intérieur en soie et velours de soie à la forme. Plusieurs étiquettes de collections. H. 6,3 x L. 6,3 cm. Cadre : L. 8,5 cm. Poids brut : 55,0 g. Provenance - Propriété de l'artiste. - Sa femme Pauline Augustin, née Ducruet (1781-1865). -  Par legs en 1865 à sa nièce Justine Henriette Cornut de La Fountaine de Coincy (1810-1898). - Collection de J. Pierpont Morgan (1837-1913), New-York, depuis 1906. - Sa vente, Christie's, Londres, 24 juin 1935, lot 753. - Collection de Lady Shelley-Rolls. - Sa Vente, Christie's, Londres, 13 février 1962, lot 85. - Christie's, Londres, 2 avril 1968, lot 45. - Christie's, Londres, 22 octobre 1974, lot 40. - Collection de Richard Allen, Londres. - Sa vente, Bonham's, The Richard Allen Collection of Fine Portrait Miniatures, Londres, Knightsbridge, 21 mai 2014, lot 55. - Collection privée, France. Littérature - Dr G. C. Williamson, Catalogue of the Collection of Miniatures: The Property of J. Pierpont Morgan, 1908, Vol. IV, pp. 119-133, n° 705, ill. pl. CCLV (n° 3). - Bernd Pappe, Jean-Baptiste Jacques Augustin. Peintre en miniature, Saint-Dié-des-Vosges, Musée Pierre-Noël, 17 avril-20 juin 2010, p. 22, note 110. - Bernd Pappe, Jean-Baptiste Jacques AugustinUne nouvelle excellence dans l'art du portrait en miniature, Scripta Edizioni, 2015, pp. 54-55, cat. 1120 p. 354 (illustrée avec un autre cadre). Historique Comme il le fît pour Napoléon, Augustin réalisa d'innombrables portraits miniatures de Louis XVIII. Contrairement à son prédécesseur, le Roi pose devant so

20 000 EUR

- LIT D'ALCÔVE D'ÉPOQUE LOUIS XVI - LIT D'ALCÔVE D'ÉPOQUE LOUIS XVI AYANT FAIT PARTIE DU MOBILIER DU CHÂTEAU DE COMPIÈGNE ET DES PETITES ÉCURIES DE VERSAILLES Lit d’alcôve en bois d'hêtre polychromé gris-vert, les montants à cannelures, les coins de la face visible arrondis, système à tire-fonds. Époque Louis XVI. Porte des marques d'inventaire du château de Compiègne : au feu "CP couronné", et au pochoir "C 9180", ainsi qu'une marque d'inventaire au pochoir des Petites écuries de Versailles en partie illisible "VPE 4...". Garniture de tissu blanc refaite. H. 87,5 x L. 190 x P. 85,5 cm.   Provenance - Petites écuries du château de Versailles. - Château de Compiègne, aile des Ministres, 2e étage, chambre du télégraphiste. - Vendu par les Domaines en 1885. - Collection privée européenne.   Historique Le numéro d’inventaire du château de Compiègne inscrit au pochoir est celui de 1855, sous Napoléon III. Le lit se trouvait alors dans le logement 153 réservé au télégraphiste, situé au 2e étage dans le corridor des ministres. Ce lit est décrit comme tel : "9180 – une Couchette en bois d’hêtre peint, les pieds et les montants carrés, la dite couchette avec fond sanglé & roulettes à galets. Larg. 0.97 c." Il est indiqué comme vendu en 1885. La marque au feu CP couronné n’est pas celle que l’on trouve généralement sur les meubles qui se trouvaient au château dans la première moitié du XIXe siècle. Celle-ci date sans doute du Second Empire (source : Etienne Guibert, conservateur à Compiègne). Notre lit porte en outre une marque d'inventaire des Petites écuries du château de Versailles, « VPE 4… », qui date vraisemblablement d'une période antérieure, probablement de la Restauration ou de la Monarchie de Juillet. Les écuries du château de Versailles furent construites entre 1679 et 1682 par Jules-Hardouin Mansart, architecte du roi Louis XIV. Par rapport au château proprement dit, les écuries, Petites et Grandes, sont situées symétriquement de l'autre côté de la Place d'armes. Leur histoire liée à celle du château fut particulièrement mouvementée, elles subirent au cours du XIXe siècle de multiples affectations qui souvent ne correspondaient en rien à leur caractère originel.

3 800 EUR

- PAIRE D'APPLIQUES ROYALES EN BRONZE DORÉ À DEUX LUMIÈRES D'ÉPOQUE LOUIS XVI - PAIRE D'APPLIQUES ROYALES EN BRONZE DORÉ À DEUX LUMIÈRES D'ÉPOQUE LOUIS XVI Provenant de la chambre à coucher de la reine Marie-Amélie au château d'Eu Époque Louis XVI, Paris, vers 1785. Marques aux fers : EU sous couronne royale, surmontant les numéros d'inventaire 1558 et 1559, visibles sur le côté gauche de chaque applique. H. 54,5 x L. 37,5 cm. Provenance - Probablement Jean-Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824), duc de Parme, provenant des hôtels d'Elbeuf et de Roquelaure avant 1816. - Collection de la duchesse douairière d'Orléans, née Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre (1753-1821). - Par descendance, à son fils Louis-Philippe d'Orléans (1773-1850), futur roi Louis-Philippe Ier, au château d'Eu à partir de 1821. - Mentionnées dans l'inventaire de 1841 du château d'Eu (Archives nationales, 300 AP 1-1595) dans la « Chambre à coucher de Sa Majesté la Reine ». - Probablement ventes de la succession du roi Louis-Philippe, Christie's Londres, 5 mai 1853 ou 5-6 juin 1857. - Galerie Perrin, Paris. - Collection privée, France. Archives Un inventaire du garde-meuble du Roi au château d'Eu, énumérant les entrées avant 1841, mentionne nos bras de lumières dans les appartements de la reine Marie-Amélie, et plus précisément dans la « Chambre à coucher de Sa Majesté la Reine » (Archives nationales, 300 AP 1-1595) : - 1558 1 bras doré, forme ancienne, surmonté d'un vase, 2 lumières. - 1559 1 bras idem. Historique La traçabilité de notre paire de bras de lumière est quasiment certaine à partir de 1816, par sa présence dans l'inventaire de 1841, mais elle reste non établie pour la période antérieure. Cependant, certains constats nous permettent légitimement d'en tracer l'histoire, jusqu'à remonter à l'époque de leur fabrication sous le règne de Louis XVI (1774-1792). Bien différentes du style Louis-Philippe de la chambre de la Reine au château d'Eu, nos appliques décrite de "forme ancienne" dans l'inventaire de 1841 sont incontestablement d'époque Louis XVI, le travail de la ciselure du bronze doré étant même de très haute qualité. Il est très probable qu'elles proviennent de la succession de la mère du roi Louis-Philippe, la duchesse douairière d'Orléans, fille du duc de Penthièvre. En effet, Louis-Philippe et sa soeur Adélaïde vont hériter de leur mère un important patrimoine immobilier et mobilier, dont plusieurs meubles et objets d'art de provenances illustres, d'époque Louis XVI, qu'ils vont répartir entre le Palais Royal et le château d'Eu. Ces objets proviennent pour une partie des collections du duc de Penthièvre, et pour l'autre de l'hôtel de Roquelaure à Paris, acheté en 1816 par la Duchesse douairière d'Orléans à l'archichancelier de l'Empire Régis de Cambacérès (1753-1824), contraint à l'exil. Napoléon avait auparavant doté Cambacérès d'une première résidence parisienne, l'hôtel d'Elbeuf, tout en le meublant en puisant dans les réserves de l'ex-garde meuble royal, riche d'un patrimoine provenant notamment des émigrés. C'est ainsi qu'on a retrouvé à Eu et chez les Orléans un mobilier prestigieux et de haute qualité, quasiment royal, à l'instar des encoignures de Levasseur, réalisées pou

60 000 EUR

- JEAN II PENICAUD - JEAN II PENICAUD (actif 1532–1549) Le Christ ressuscité entouré de la Vierge et de Saint Jean l'Évangéliste Émail peint en grisaille sur cuivre, rehauts d'or. Dans son cadre cintré en cuivre, l'anse au dos terminée par un trèfle. Très bon état de conservation. Limoges, première moitié du XVIe siècle. H. 8,1 x L. 6,1 cm. Émail : H. 6,4 cm.   Historique Toujours enchâssée dans sa monture en cuivre doré, cette image a conservé sa fonction liturgique originale d’osculatoire (ou baiser de paix). Au XVIe siècle, les baisers de paix présentent fréquemment l’iconographie du Christ au tombeau. Mais dans notre cas, le Christ est représenté vivant, les yeux ouverts, la tête à peine tournée vers Marie : il vient donc de ressusciter. Assis sur une base au centre de la scène, son torse face au spectateur, le Christ constitue l’axe de symétrie de ce groupe isocéphale. Un périzonium peu épais entoure sa taille, ses plaies sont encore saignantes et des rayons lumineux émanent de sa tête. Il est soutenu par Marie sur sa droite, et Saint Jean l’Évangéliste sur sa gauche, tous deux auréolés et tournant leur tête vers lui. Le groupe se détache avec netteté du fond noir. Excluant la partie basse de la scène, le cadrage resserre encore l’attention sur le centre de la composition, occupé par le buste du Christ. La technique parfaite de la grisaille teintée avec des touches de fondant rose, combinée au dessin précis, varié et influencé par l’antique et le maniérisme italien, nous invitent à donner la paternité de notre émail à Jean Penicaud II (1515-1588). Issu d’une famille d’émailleurs, Jean II Penicaud fût actif à Limoges durant le deuxième tiers du XVIe siècle. La beauté de ses oeuvres et leur rareté sur le marché font de cet émailleur un artiste tout particulièrement recherché.   Œuvres en rapport - Jean II Penicaud (att. à), Vierge à l’Enfant, émail monté en baiser de paix, h. 11 cm, conservé au Musée des Arts Décoratifs (inv. 16741) (ill. 1). Marie porte un voile long avec le même plissé ; bien qu’inversée, la position de sa tête un peu baissée et son visage vu de trois-quarts sont comparables. Aussi, la petite attache ronde sous le col à bordure circulaire d’où partent les plis sur la poitrine se retrouve très explicitement répétée sur le vêtement du saint Jean de notre émail. - Jean II Penicaud, Le Christ portant la Croix, émail circulaire, d. 12,1 cm, conservé au Metropolitan Museum de New York (inv. 32.100.256) (ill. 2). Dans la figure du Christ d’abord, son visage est pareillement vu de trois-quarts, il possède la même barbe bifide, des cheveux longs, et de très fins rayons dorés émanent de sa tête. La figure de sainte Véronique possède un vêtement très similaire à celui de Marie ; le drapé sur l’épaule droite du personnage portant le bas de la croix est similaire à celui de Marie sur notre émail. Le visage et les cheveux du bourreau en tunique sont proches des traits de notre saint Jean. Enfin, on retrouve sur l’émail de New-York la notation prononcée du genou sous l’étoffe présente chez Marie ou Saint Jean l’Évangéliste. - Jean II Penicaud, La Crucifixion, plaque cintrée en émail, h. 15,2 cm, conservée au musée du Louvre (inv. OA 2524) (ill. 3). La figure du Christ est très proche : même moustache débordante au-dessus des lèvres, mêmes rayons dorés autour de la tête, même précision anatomique dans le rendu musculaire, périzonium fin au plissé équivalent ; similitudes également dans le traitement des parties ombrées sur la partie gauche du torse. Trois personnages féminins situés au pied de la croix portent le même type de voile long que Marie sur notre émail. La sainte femme debout contre la bordure de gauche possède sur l’épaule le même revers de drapé lui découvrant le bras que notre Vierge.

15 000 EUR