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Annonces de ventes

MILLON - Collection Arturo Aguinaga, Barcelone - Arts de l’Amérique précolombienne
samedi 01 décembre 2018
Expert : Serge Reynes

Samedi 1er décembre, la maison Millon présentera à Drouot l’exceptionnelle collection d’art précolombien d’Arturo Aguinaga, fruit de son insatiable curiosité et de son amitié avec le célèbre marchand, Federico Benthem. Provenant essentiellement du Mexique Occidental, des cultures Maya, Veracruz, Nazca et Mochica du Pérou, l’ensemble de 136 œuvres proposées aux enchères est estimé entre 800 000 et 1,2M€.

L’ensemble de qualité muséale fait l’objet d’une sortie de territoire extraordinaire pour une collection de cette envergure. Celle-ci fut autorisée par le Ministère de la culture espagnol, après une tentative d’acquisition par le Museo Nacional de Arqueología de Madrid, qui ne put réunir les fonds nécessaires.
 
Arturo Aguinaga ©Millon/Drouot

Arturo Aguinaga, un « aventurier des temps modernes »

Comme il se plait à le dire lui-même, Monsieur Arturo Aguinaga est un « Aventurier des temps modernes ». Très tôt, alors qu’il n’a que 20 ans, il organise des voyages d’exploration à travers l’Amérique du Sud et l’Amérique Centrale.

C’est au cours de ces voyages qu’il découvre les civilisations de l’Amérique Précolombienne, au propre comme au figuré. En effet, lors d’une de ses expéditions, il survole un site Maya inexploré (à la frontière entre le Guatemala et le Mexique) et dont il dresse un tracé sommaire. Ce site fut par la suite redécouvert et fouillé par des archéologues. Arturo Aguinaga part dans des régions improbables souvent peu explorées, voire inexplorées : en Amazonie, sur la Cordillère des Andes, au Mexique ou au Guatemala. Dans le sillage d’Antonin Artaud il parcourt le désert de San Luis Potosi où il assiste aux processions chamaniques et religieuses dans le village indigène de Real del Catorce. C’est à la recherche du célèbre mythe El Dorado, qu’il parcourt les régions montagneuses de Colombie et c’est sur les traces de l’archéologue Ferdinand Anton qu’il se perd dans les cités Mayas. Aventurier infatigable, il reste tout au long de son existence avide de nouvelles découvertes et de rencontres inédites.

Monsieur Aguinaga, aujourd’hui retraité, travailla en tant que directeur général Europe pour l’une des plus grandes entreprises de travaux publiques espagnole. Habitant de Barcelone, c’est au cours d’une exposition au début des années 1960 qu’il rencontre le célèbre marchand d’Art Précolombien Federico Benthem et acquiert ainsi ses premières pièces. De cette rencontre va naître une amitié solide.

Né à Malaga en 1944, Federico Benthem est le petit-fils de la troisième marquise de la Casa Loring, et de Ricardo Gross Orueta, fondateur du Museo Loringiano de Arqueologia de Malaga. De son grand-père, il reçoit, alors qu’il n’est qu’un jeune enfant, un important don d’œuvres d’art. Cela marqua le début de sa vie de collectionneur ainsi que l’origine d’une passion sans borne pour l’archéologie et les Antiquités, qui le guida tout au long de sa vie. À dix-huit ans, Federico Benthem part pour Barcelone pour y suivre des études d’architecture. C’est l’époque de ses premiers voyages dans le continent américain, où il visite le Pérou, et surtout le Mexique. C’est également l’époque de la découverte des cultures pré-hispaniques, qu’il commence à collectionner activement. Aventurier infatigable, il parcourt le monde et développe un intérêt grandissant pour les cultures traditionnelles des Amériques, d’Afrique, d’Océanie et d’Asie. De cette fascination pour les arts et la culture surgit l’idée de se consacrer à l’activité de marchand d’art. Il commence alors à construire sa vie professionnelle depuis Barcelone, prenant part à des salons nationaux et internationaux, et participant à des congrès et des expositions. Membre de l’association d’antiquaires de Barcelone, il sut gagner rapidement la reconnaissance de ses pairs et la confiance de ses clients tels Arturo Aguinaga. Il fut également admiré par bon nombre de collectionneurs pour la qualité des pièces qu’il gardait dans sa collection personnelle. Autrement dit, son goût exquis, ses connaissances approfondies et son charisme ont fait de lui un véritable référent en Espagne, et quelqu’un de très respecté en dehors de son pays natal.

Cette collection, rassemblée dans les années 1960 est le reflet d’un rapport de confiance entre ce marchand barcelonais aujourd’hui disparu et Arturo Aguinaga. Ayant tous deux une conscience accrue de la préservation de ce patrimoine extraordinaire, Federico Benthem et Arturo Aguinaga se font un point d’honneur à acquérir ces objets auprès d’anciennes collections européennes constituées dans la première moitié du XXe siècle.

Monsieur Aguinaga insiste encore aujourd’hui sur le fait qu’il a sélectionné chaque objet de sa collection sur des critères esthétiques mais aussi sur l’état de conservation de chacune des œuvres. En effet, il est rare de trouver un ensemble aussi important d’objets précolombiens présentant si peu de restaurations ou de cassures. Une grande partie de ses œuvres sont dans un état parfait.

En 2010, Monsieur Aguinaga est approché par le Museo Nacional de Arqueología de Madrid qui souhaite acquérir sa collection. Malheureusement, ce dernier ne parvient pas à recueillir la somme requise pour finaliser la transaction. C’est ainsi la première fois que le Ministère de la Culture Espagnol entérine la sortie de son territoire d’une collection d’art précolombien de cette importance.

Aujourd’hui âgé de 80 ans, Monsieur Aguinaga souhaite disperser sous le feu des enchères parisiennes sa précieuse collection.
 
Terre cuite avec traces de polychromie éparses.
Ile de Jaina, région de Campeche, Mexique, fin de la période
Classique, 800-900 après J.C.
28,5 x 20,5 cm
Estimation sur demande. ©Millon/Drouot

Cette coupe tripode à grelot destinée est probablement à être utilisée au cours des cérémonies magico-religieuses. Elle présente au centre un médaillon évoquant un seigneur sur son trône et faisant face à un prêtre nain levant un bras vers le ciel dans un geste symbolique. Cette scène fait référence certainement à l'appel des forces divines dont le chamane nain est le représentant sur terre, afin que le seigneur puisse bénir la terre et son peuple. Sur le pourtour un bandeau représente deux singes tenant des fruits en signe d'offrande, leur queue spiralée symbolise le mouvement du temps et le cosmos. Entre eux, figurent deux chevreuils bondissant, animaux solaires symbolisant le cycle de l'obscurité vers la lumière.
 
Terre cuite polychrome
Maya, Mexique ou Guatemala, époque Classique, 600 à 900 après J.C.
10 x 32 cm
Estimation : 20 000 - 30 000 €
©Millon/Drouot

Ce réceptacle cultuel présentant le dieu Itzamna arbore les traits du dieu Chauve Souris et il tient dans une de ses mains un serpent ondulant personnifiant le dieu Kukulkan. Il est vêtu d’un pectoral figurant un félin stylisé sur le torse et trois amulettes en forme de fève de cacao sur le ventre (le chocolat étant la boisson sacrée des seigneurs chez les Mayas). Son visage est dirigé avec intensité vers le ciel dont il est le maître et créateur. Terre cuite ayant conservé en partie sa magnifique polychromie d'origine.
 
Maya, état de Quiché, Guatemala, période
Classique 550 à 950 après J.C.
59 x 32 cm
Estimation : 70 000 -90 000 €
©Millon/Drouot

Itzamna est le dieu créateur aux multiples aspects et le premier du panthéon maya. Son totem est le serpent et son nom, en langue maya Itzamna, signifie la « maison du reptile ». Dans la cosmogonie maya, le serpent est le symbole du ciel, de la terre et de l’inframonde. Itzamna est la personnification de toutes ces forces et il forme une entité unique représentant chacune d’elles. Le culte du dieu créateur est lié au pouvoir des dynasties régnantes dont il est le plus grand protecteur. À l’occasion de la nouvelle année du calendrier maya, de nombreuses cérémonies lui sont dédiées et il est invoqué pour éloigner dangers et calamités. Il est toujours bénéfique et à la différence des autres dieux son image n’est jamais associée à la mort ou à la guerre. À la fin de la période classique, les peintures représentent Itzamna sous les traits d’un scribe. Sur les codex, il apparaît comme un seigneur doté de magnifiques attributs sacerdotaux (comme dans cette œuvre). Les témoignages sur la religion maya à l’époque Post-Classique décrivent Iztamna comme le premier prêtre de l’humanité et l’inventeur de l’écriture. Il n’est donc pas étonnant que les seigneurs possédant les qualités de prêtre, scribe et peintre aient fait d’Itzamna leur divinité principale et patron de leur art d’exercer et de transmettre le pouvoir.
 
Terre cuite avec traces de polychromie ce qui est
rare sur les oeuvres du Veracruz, Mexique, époque
Classique, 650 à 950 après J.C.
61 x 38 cm
Estimation : 20 000 - 30 000 €
©Millon/Drouot

Ce prêtre debout, une main levée en signe d'accueil, tient dans l'autre main un sceptre à tête glyphtique évoquant probablement le dieu Serpent, Kukulkan. Il porte une tunique, un large collier avec amulette ; ses oreilles sont distendues et arborent deux riches ornements circulaires. Ses chevilles sont agrémentées de grelots probablement utilisés au cours des danses cérémonielles.
 
Pierre granitique beige mouchetée sculptée et polie.
Région du Veracruz, Mexique, 550 à 950 après J.C.
30 x 23 x 3,5 cm
Estimation : 60 000 - 90 000 €
©Millon/Drouot

Cette exceptionnelle hacha présente une tête de singe humanisé, la dentition marquée par des incisions et des arcades sourcilières sculptées en relief. Sa tête est surmontée de la figure totémique d'un toucan au bec légèrement aquilin posé symboliquement sur le front.
 
Pierre dure avec traces de polychromie.
Olmèque de transition Maya, côte Pacifique, époque Préclassique Terminale, 500 av. - 300 ap. J.C. environ
56 x 17 x 16 cm
Estimation : 100 000 - 150 000 €
©Millon/Drouot

Ce jaguar assis sur son arrière train, la gueule ouverte montrant les crocs, est prêt à bondir symboliquement sur sa proie. L'animal est ici représenté avec naturalisme. Les pattes avant évoquent la transformation chamanique de l'homme en animal. Sa tête est surmontée d'un épi de maïs stylisé et ses oreilles sculptées à l'arrière par des spirales évoquant le mouvement cosmique. Cette divinité est posée sur un socle quadrangulaire sculpté sur les parois latérales de glyphes primitifs.

 
Conférence sur le monde Maya, par le Dr. Pascal Mongne – Drouot – Salle 15
Samedi 1er décembre – 14h30

Vente aux enchères publique – Drouot – Salle 15
Samedi 1er décembre – 15h30

Exposition publique – Drouot – Salle 15
Vendredi 30 novembre – 11h / 18h
Samedi 1er décembre – 11h / 12h

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Art de l’Amérique Précolombienne

Expositions des lots : vendredi 30 novembre - 11:00/18:00 - samedi 01 décembre - 11:00/16:00
Vente : samedi 01 décembre 2018 - 15:30
Salle 15 - Drouot-Richelieu - 9, rue Drouot 75009 Paris
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