Null Applique de porte de case Kanak jöpwö, Nouvelle Calédonie.

Bois dur à pati…
Description
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Applique de porte de case Kanak jöpwö, Nouvelle Calédonie. Bois dur à patine brun foncé noir H. 157,5 cm . Epoque : XIXe siècle Provenance : - Collectée in situ vers 1900 par Armand Victor de Lartigue (1860-1931), officier de la Marine française. - Transmis par descendance familiale Chez les Kanak le symbole du pouvoir est tout entier concentré dans la maison donnée au chef par les aînés des familles du pays. Cette « Grande Case » est dans son architecture même la représentation de la société organisée autour du chef, intercesseur entre les vivants et les esprits des ancêtres. Les sculptures qui en ornent la porte sont l’évocation du regard de ces ancêtres sur le pays qui légitiment le pouvoir des vivants. (In. Carnets Kanak - Voyage en inventaire de Roger Boulay, page. 28) D’une portée symbolique majeure dans la culture vernaculaire, les appliques ornaient de part et d’autre la porte des maisons cérémonielles Kanak. Les premiers explorateurs, parmi lesquels Cook et d’Entrecasteaux, témoignent de la qualité de ces bas-reliefs sculptés qui retiennent la même attention, aux premières heures du XXe siècle, des observateurs, tel le naturaliste Fritz Sarasin, dont une photo prise en 1910-1911 illustre le continuum du décor architectural. Evocation puissante de la figure de l’ancêtre au sein de la culture Kanak, cette oeuvre témoigne aussi de la vigueur de ses canons esthétiques. Sous un front où se devine le lien en courts chevrons de la cordelette d’une fronde, le regard s’inscrit sous une arcade sourcilière marquée. Le nez, puissant, contraste avec la double échancrure de la bouche, esquissée. Le percement au sommet permettait, à l’aide de lianes, de raccorder l’applique à la panne sablière et aux poteaux de tour de l’architecture. Les deux tiers inférieurs, ornés en bas-relief d’une succession d’entrecroisements savants, évoquent les ligatures retenant l’ancêtre défunt, enveloppé dans un linceul végétal. Ce bel enchevêtrement de quatre liens réunis par brins, est remarquable dans sa sculpture, comme dans le réalisme de son dessin. Cette pratique mortuaire est décrite par la littérature de la fin du XIXe siècle : Les hommes se rangent en cercle et se font passer de main en main le mort empaqueté dans des nattes (Docteur Vincent, 1895, In. Kanak - L’art est une parole, page 272). Ne dépasse alors de ce linceul végétal, comme ici, que la tête de l’ancêtre dont la présence est commémorée. La base de l’oeuvre, érodée et sans décor, était pour sa part fichée dans le sol, parfois jusqu'à vingt centimètres de profondeur. Elle était plus exactement retenue par les pierres rapportées qui font le tertre de la case (In. Roger Boulay, La grande case Kanak, page. 283) Confirmant l’appartenance de notre exemplaire au corpus des appliques anciennes, on notera sa convexité naturelle. Les attaques cycloniques notamment, fragilisaient les grands arbres, et favorisaient l’évidement de leur cœur. Une fois à terre, ces pièces de bois incurvées, que leur chute dans un milieu fongique finissait de marquer, étaient prélevées et travaillées, le volume arrondi préservé. C’est à partir de l’introduction en Nouvelle Calédonie d’outils occidentaux que seront réalisées des appliques rectilignes. Conservée dans la même collection privée depuis plus d’un siècle, cette œuvre-mémorial, destinée à garder toute proche la protection de l’ancêtre, est un précieux témoignage de la culture Kanak, venu aujourd’hui jusqu’à nous. Bibliographie : Docteur Vincent, Les Canaques de la Nouvelle-Calédonie, esquisse ethnographique, Paris, A. Challamel, 1895 Carnets Kanak - Voyage en inventaire de Roger Boulay, Editions Musée du Quai Branly Jacques Chirac, Paris, 2022 Kanak - L’art est une parole, Editions Musée du Quai Branly Jacques Chirac/Acte Sud, Paris, 2013 Roger Boulay, Hùp - Ethnologie et esthétique de la statuaire de la Grande Case kanak, Editions de L’Etrave, Igé, 2022 Roger Boulay, La grande case Kanak, Les rapports entre architecture et sculpture en Nouvelle, Thèse de Doctorat, Université de Paris I, Panthéon Sorbonne, 1986 Roger Boulay, La maison Kanak, Collection Architectures traditionnelles, Parenthèse - A. D. C. K. - Orstom, Marseille, Nouméa, Paris, 1990 Collectée in situ autour de 1900 par l'officier de Marine Armand Victor de Lartigue (1860-1931) Expert : Emmanuelle MENUET, Membre du SFEP +33 06 70 89 54 87 - [email protected]

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