BEAUSSANT LEFÈVRE & ASSOCIÉS - Illustration du savoir-faire français aux enchères

vendredi 10 juin 2022
Les 9 et 10 juin prochains, la maison de ventes Beaussant Lefèvre & Associés remet à l’honneur le grand goût français à travers une vente florilège rappelant les grandes ventes évènement qui font le prestige de l’Hôtel Drouot et de cette maison de vente. De la France à la Chine en passant par la Turquie, cette vente estimée plus d’1M€ réserve quelques chefs-d’œuvre.

Après deux jours d’exposition, 368 lots seront proposés à la vente lors de deux vacations. La première se déroulera le jeudi 9 juin à 18h et la seconde le lendemain, vendredi 10 juin à 13h30. Provenant de plusieurs grandes demeures françaises et d’appartements parisiens, les objets sélectionnés au cours des six derniers mois seront répartis en plusieurs chapitres.

Le premier jour de vente sera réservé à la céramique. Sous l’expertise de Michel Vandermeersch, plusieurs collections seront dispersées. Une collection de faïences de Strasbourg et de Niderviller, dont deux rares et importantes terrines en forme de faisan attireront l’admiration des passionnés (estimation : 50 000 - 60 000 €, chacune). Ces deux faisans ont été produits à Strasbourg, dans la fabrique de Paul  Hannong vers 1749-1751. Une collection de faïences du Midi - Marseille et Moustiers - et deux importantes collections de porcelaines de Meissen clôtureront ce premier chapitre.
 

Strasbourg - Deux terrines couvertes en forme de faisans
Hauteur 31 cm - Longueur : 71 cm
Estimation : 50 000 - 60 000 €, chaque
 

Le second jour de vente sera dédié aux dessins et tableaux anciens, instruments de musique, objets d’art et meubles classiques.

Répartis sous 33 lots de la vente, un rare ensemble de dessins aquarellés d’oiseaux d’une école Italienne du XVIIIe siècle, sera proposé. Attribués à Violante VANNI (1732-1776) et Lorenzo LORENZI (connu  de 1750 à 1780), ces dessins ont probablement un rapport avec les travaux du médecin ornithologue Saverio MANETTI (1723-1785) et son Histoire naturelle des oiseaux, publiée à Florence entre 1767 et  1776. Chaque aquarelle, remarquablement bien conservée, est estimée entre 1 000 et 1 500 €. 
 
      
 
Deux rares dessins d’Eugène LAMI (1800-1890) représentent respectivement Le palazzo Durazzo Pallavicini, via Balbi à Gênes et la Voiture de gala du duc d’Orléans - illustré ci-dessous. Ce second dessin  avait été offert par le général comte de Rohan-Chabot, premier écuyer du roi Louis-Philippe. L’artiste y représente ce dernier, alors duc d’Orléans, sortant des écuries de Neuilly pour le baptême du duc de Bordeaux ; il est attelé de six chevaux blancs aux crinières tressées de rubans rouges, tenus en main par un piqueur en livrée rouge. Ce beau témoignage est estimé entre 8 000 et 12 000 €.
 
 
Les pages suivantes du catalogue révèlent un dessin de Victor HUGO (1802 -1885) et une grande feuille de Gustave DORÉ (1832-1883) sur laquelle un combat féroce illustrant le Roland furieux se déroule sous nos yeux (estimation : 3 000 - 5 000 €).

Le chapitre dédié aux tableaux anciens comporte une riche sélection d’œuvres importantes. Il ouvre par un impressionnant panneau de bois figurant La tentation de saint Antoine estimé 40 000 à 60 000 € et attribué au groupe MANDYN-HUYS Jan MANDYN (1502-1560) et Pieter HUYS (1519-1581/84) qui traduit tout l’esprit des suiveurs de Jérôme Bosch - illustré à gauche. D’un tout autre registre, figure un  important Portrait d’un officier supérieur, chevalier de l’ordre de Saint-Louis par Hyacinthe RIGAUD (1659-1743) estimé 120 000 - 180 000 €, deux tableaux de fleurs de Jean-Baptiste MONNOYER (1635-1699) (lot 193 estimé 4 000 - 6 000 € et lot 194 estimé 60 000 - 80 000 €, illustré ci-dessous) et une nature morte de DE SOMME (actif à Paris au milieu du XVIIe siècle) (lot 174, estimée 30 000 - 40 000 €).
 
   
 
Parmi les objets d’art, trois lots découverts récemment dans un château de province française se distinguent : deux pots à gingembre couverts chinois impériaux, d’époque Qianlong (1736-1795) pour l’un et d’époque Jiaqing (1796-1820) pour l’autre (estimation : 10 000 - 12 000 €, chaque), ainsi qu’une aiguière et son bassin en « tombak » probablement réalisée pour la princesse Mihrimah Sultan (1812-1838), fille du Sultan Mahmud II (r. 1808-1839). Le tombak, ou cuivre doré au mercure, est une technique particulièrement appréciée dans le monde Ottoman pour la dorure d’objets luxueux en cuivre (tels que des aiguières et leurs bassins, ou encore des éléments d’armures comme des casques, boucliers et chanfreins). L’application de cette épaisse dorure rendait alors ces objets d’autant plus précieux. Le terme proviendrait du malaisien tumbaga, utilisé pour nommer un alliage cuivreux. Par ailleurs, les décors dits « à pointes de diamant » comme celui-ci sont très rares. Seuls quelques exemples sont connus, dont  une aiguière et son bassin conservés dans les collections du Musée des Arts Turcs et Islamiques d’Istanbul. L’aiguière et son bassin qui seront présentés le 10 juin sont estimés entre 20 000 et 30 000 €.
 

Une importante commode à portes « à la Régence », à façade et côtés galbés, estampillée M. Criaerd, illustre le Grand Siècle français ; elle est estimée entre 80 000 et 120 000 €. Malgré la tradition familiale  des propriétaires actuels, qui indique qu’elle est conservée dans la même famille depuis les ventes révolutionnaires à Versailles où elle aurait été acquise, l’absence de numéro d’inventaire semble contrer  cette hypothèse royale.

Le décor marqueté en frisage de bois de violette, dessinant des croisillons et pointes de diamant, est caractéristique de l’oeuvre de Mathieu Criaerd, au début de son activité. Le style de l’ornementation des bronzes correspond au goût en vigueur dans la première moitié du règne de Louis XV et utilise un répertoire plus proche de celui de Gaudreaus ou Cressent que celui habituellement rencontré chez Criaerd. Si l’on considère donc que le décor de ces bronzes est antérieur à 1750, qu’ils sont exempts du poinçon au « C couronné » (1745-1749), que Criaerd a été reçu à la maitrise en 1738 et que le fer de  l’estampille n’est pas encore émoussé par l’usage, on peut dater ce meuble du début de l’activité de Criaerd en tant que maître ébéniste et marchand, entre 1738 et 1745. Une commode similaire, traditionnellement attribuée à BVRB II, est conservée à la Wallace Collection de Londres.
 
   

Dans ce chapitre figure également le mobilier de de Pierre-Augustin CARON de BEAUMARCHAIS (1732-1799) divisé en deux lots (quatre fauteuils estimés 25 000 - 35 000 € d’une part et une paire de  chaises estimée 10 000 - 15 000 € d’autre part). Redécouverts dans deux inventaires différents et réunis pour la vente, ces deux ensembles réalisés par Georges Jacob, provenaient du « Salon de Madame ».
Beaumarchais s’était en effet fait construire en 1788, boulevard Saint-Antoine (actuel boulevard Beaumarchais) un hôtel particulier, démoli en 1818. Celui-ci, de style palladien et d’une architecture moderne très originale comprenait notamment un salon en rotonde, bâti par l’architecte Le Moine avec des décors d’Hubert Robert, et un jardin anglo-chinois excentrique dessiné par François-Joseph Belanger (l’architecte de Bagatelle). 
L’hôtel particulier, et son mobilier, sont ensuite légués à la fille unique de Beaumarchais en 1796, qui épouse André-Toussaint Delarue « un bon jeune homme qui s’obstinait à la vouloir quand on croyait que je n’avais plus rien ». Il fut aide-de-camp du général de La Fayette en 1789, administrateur des droits réunis sous l’Empire, colonel de la 8e légion de la Garde Nationale sous la Restauration et la Monarchie de Juillet et enfin, Maréchal de camp dans la Garde Nationale.
 

Enfin, une tapisserie en laine et soie de la tenture des Sept merveilles du monde antique représentant le mausolée d’Halicarnasse avec une scène de l’Histoire du roi David, réalisée par la Manufacture 
de Jasper van Brugghen
, Bruxelles au milieu du XVIIe siècle, est estimée 25 000 - 30 000 €.


Vente aux enchères publique - Hôtel Drouot - Salle 5/6
Jeudi 9 juin 2022 - 18h (lots 1 à 111)
Vendredi 10 juin 2022 - 13h30 (lots 112 à 368)

Exposition publique - Hôtel Drouot - Salle 5/6
Mercredi 8 juin 2022 - 11h/18h
Jeudi 9 juin 2022 - 11h/20h
Vendredi 3 juin 2022 - 11h/12h


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Beaussant Lefèvre & Associés

Tableaux anciens, objet d'art et ameublement

Vente : vendredi 10 juin 2022
Salle 5-6 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot 75009 Paris, France
Maison de vente
Beaussant Lefèvre & Associés
Tél. 01 47 70 40 00