BEAUSSANT LEFÈVRE & ASSOCIÉS - La Collection Ulmann totalise plus d'1M€

JEUDI 10 ET VENDREDI 11 FÉVRIER 2022


Experts : Cabinet de Bayser et Gérard Augier
 
Les 10 et 11 février derniers, la maison Beaussant Lefèvre & Associés a dispersé l'importante collection de Jacques et Colette Ulmann, essentiellement constituée de dessins anciens (en savoir plus ici). Trois jours d'exposition, deux jours de vente et près de 500 coups de marteaux ont été nécessaires pour proposer plus de 1 000 dessins en 503 lots, rassemblés passionnément pendant 60 ans par le couple Ulmann. Amateurs, collectionneurs, en salle, au téléphone ou sur Drouot.com qui a décompté 833 inscrits, tous s'étaient donné rendez-vous pour tenter d'acquérir l'une des feuilles de la collection. Tous, dont le musée de l'Armée, qui s'est manifesté à trois reprises pour exercer son droit de préemption sur trois lots (388, 392 et 393). L'ensemble dépasse de loin les espérances, totalisant plus d'1M€, avec 93% de lots vendus. 
 
 
« Avec le succès des ventes de la collection ULMANN, dont le résultat dépasse largement l’estimation prévue en franchissant le cap du million d’euros, la maison de ventes parisienne BEAUSSANT LFÈVRE & Associés confirme sa place d’acteur incontournable dans la vente de prestigieuses collections en France. 
La forte demande provenant de la clientèle internationale extrêmement active au téléphone et sur Internet via le live, et l’importante fréquentation des expositions publiques à l’Hôtel Drouot, présagent d’un premier semestre 2022 prometteur. » a précisé Arthur de Moras, Commissaire-priseur associé.


La première partie était composée des feuilles les plus importantes, dont de nombreuses écoles du nord du XVIIe siècle, représentant principalement des scènes quotidiennes. C’est notamment le cas de Nature morte avec femme portant un plat de Franz SNYDERS (1579-1657) estimé entre 15 000 et 20 000 € et acquis 35 560 €. Ce dessin était une étude préparatoire à un tableau conservé dans la collection Fritz Fray à Burgenstock, près de Lucerne. De nombreux détails les différencient néanmoins, à l’instar du fond où Snyders supprime, dans le dessin, les fenêtres et modifie la balance suspendue.
 
Un dessin à la plume et encre brune de Hieronymus WIERIX (1553-1619) représentant Diane et Actéon dans un paysage de campagne, estimé entre 6 000 et 8 000 € a changé de mains pour 30 480 €. Wierix était réputé pour sa maîtrise de la gravure et l’on retrouvait dans ce dessin l’âme et la soif du détail et de la minutie. L’artiste décrivait ici le moment où, Actéon à la chasse, surprend Diane dans son bain. Furieuse, elle le transforme alors en cerf, et Actéon finit chassé et dévoré par ses propres chiens.

Une autre œuvre phare de la vente était le Projet pour le frontispice du « Sinne-en Minnebeelden » de 1618 d’Adriaen van de VENNE (1589-1662). Ce dessin fait parfaitement le lien entre les écoles du nord et l’architecture, autre thème très présent à travers la collection. Estimé entre 10 000 et 15 000 € il a trouvé preneur pour 44 450 €. Il s'agissait d'un dessin préparatoire au frontispice du « Silenus Alcibiadis, sive Proteus » de Jacob Cats, publié en 1618, et plus connu sous le nom « Sinne-en Minnebeelden », « Le livre d’emblèmes ». Le dessin est reproduit sur le site du Emblem Project Utrecht, pour le « Sinne-en minnebeelden » de 1627, dans l’introduction en néerlandais sous la gravure du frontispice de 1618. Jacob Cats est le poète le plus publié au Pays-Bas au XVIIe siècle, son « Houwelyck » est vendu à plus de 50 000 exemplaires, soit le plus gros tirage d’un livre après la Bible.
 
      

Des XIXe et XXe siècles, une feuille de Maurice DENIS (1870-1943), représentant Lecture, « DE IMITIATIO ME » - Sainte Anne et la Vierge avec un ange, réalisée en 1906 à l’aquarelle rehaussée de gouache a été vendue 13 970 €, bien au-delà de son estimation initiale de 2 000 à 3 000 €. Il s’agissait là d’une étude préparatoire pour la partie inférieure du panneau L’orgue du paravent de l’Éternel Été, conservé au Musée d’Orsay.

Enfin, le très attendu ensemble de cinq dessins de Victor HUGO (1802-1885), rassemblés dans un montage, a remporté 31 750 €. Le cadre inclut Porte du salon des tapisseries communiquant avec la salle des billards (en haut à gauche), Façade de l’hôtel particulier (en haut au centre), Deux chapelles (en haut à droite), Architecture (en bas à gauche), et Empreinte dentelle avec le nom de Victor Hugo (en bas à droite). Comme à son habitude, Victor Hugo laisse couler ses taches d’encre, et de celles-ci jaillissent un beffroi, une muraille… Les taches déterminent la base son dessin ; il les rejoint entre-elles par des traits de plume énergique d’où émerge la composition.

Et Frantisek KUPKA (1871-1957) de clôturer la première partie de la vente, avec un fusain encre de Chine et lavis gris, représentant « Bons citoyens » : une procession d'enterrement croisant celle d'un mariage s'est envolée 22 860 € alors qu'estimée entre 6 000 et 8 000 €
 
      
Tous les montants indiqués incluent les frais.

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Beaussant Lefèvre & Associés

Dessins, tableaux anciens - Collection Ullmann

Vente : jeudi 10 février 2022
Salle 5 - Hôtel Drouot - 9, rue Drouot 75009 Paris, France
Maison de vente
Beaussant Lefèvre & Associés
Tél. 01 47 70 40 00