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IWASAKI ERI : LE PARFUM DE L'ENCENS AUX GRAINES DE PAVOT, « ATTACHE L'OURLET DE MA ROBE, POUR Y RETENIR L'ÂME EN DEUIL QUI A ERRÉ DANS LES CIEUX » Par Iwasaki Eri (née en 1968), signé et scellé par l’artiste Japon, Kyoto, 2019 Pigments minéraux broyés (iwa-enogu) et peinture au platine sur papier de mûrier japonais (washi). Monté sur un panneau de bois. Peinture minutieuse représentant une jeune femme pâle et spectrale émergeant des ténèbres, enveloppée de volutes sinueuses de fumée évoquant le parfum des graines de pavot brûlées lors du rituel goma. Inscriptions : sur le bord droit, sceau 繒 [E]. Au verso, signé 岩崎絵里 (Iwasaki Eri) avec le sceau 繒 [E] et intitulé 芥子の香。嘆きわび、空に乱る々わが魂を 結びとゞめる 下がりの褄。岩崎絵里。Keshi no kaori (Keshi no ka). Nageki wabi, sora ni midaruru waga tamashii o musubi-todomeru sagari no tsuma [Le parfum de l’encens aux graines de pavot : « Attache l’ourlet de ma robe, pour la retenir en moi, mon âme affligée qui a erré dans les cieux »]. DIMENSIONS 33,5 x 53 cm État : Excellent état. Le présent lot allie des matériaux et un univers iconographique traditionnels japonais à une sensibilité résolument contemporaine. L’utilisation du washi (papier de mûrier japonais) et de l’iwa-enogu (pigments minéraux broyés) rappelle les surfaces lumineuses et riches en minéraux de la peinture japonaise classique. De subtiles touches de rouge autour des yeux de la femme rappellent le beni, ce rouge traditionnel dérivé du carthame, historiquement utilisé sur les lèvres, les joues et autour des yeux, et particulièrement familier grâce à l’apparence des geishas et des maikos. Cette association reste suggestive plutôt que définitive, mais elle confère une résonance supplémentaire intrigante au tableau et à son inscription. Le mot tsuma (褄), qui désigne le bord inférieur ou l’ourlet d’un kimono, est particulièrement évocateur. Dans la culture vestimentaire japonaise, l’expression « tsuma o toru », littéralement « relever l’ourlet », a également acquis une connotation liée aux geishas, en raison de la coutume consistant à relever l’ourlet gauche du kimono en marchant. Dans l’inscription poétique d’Iwasaki, cependant, l’ourlet traînant revêt un rôle symbolique plus profond : il devient le dernier lien physique capable de retenir une âme accablée de chagrin qui menace de se disperser dans le ciel, suspendant ainsi le personnage entre le corporel et l’immatériel. Les formes amples et circulaires qui entourent le personnage créent des rythmes sinueux rappelant les célèbres représentations de pieuvres de Katsushika Hokusai (fig. 1 ; voir Hokusai, Tako to Ama [La pieuvre et la plongeuse] dans Kinoe no Komatsu [Le désir d’amour], 1814), tandis que la femme pâle et spectrale émergeant de l’obscurité évoque les apparitions féminines envoûtantes de Tsukioka Yoshitoshi (fig. 2 ; voir Yoshitoshi, Oshu adachigahara hitotsuya no zu [La maison solitaire de la lande d’Adachi], 1885, LACMA M.84.31.138a-b). Parallèlement, cette figure éthérée, dont le corps semble se dissoudre dans les fils qui l’entourent, introduit une réflexion moderne sur l’instabilité de l’identité et la frontière entre la forme humaine et la forme immatérielle, faisant écho aux thèmes explorés dans *Ghost in the Shell* (1995 ; fig. 3). Eri Iwasaki (née en 1968 à Hyogo, au Japon) a commencé à étudier le Nihonga au lycée et est diplômée du Kyoto Saga Junior College of Arts. Figure de proue parmi les artistes contemporains du Nihonga, Eri Iwasaki a exposé ses œuvres dans de nombreux lieux, notamment à la SEIZAN Gallery de Tokyo, à la SEIZAN Gallery de New York, chez Mitsukoshi à Tokyo, à Sendai et à Osaka, chez Takashimaya à Osaka, ainsi qu’à la KAHO Gallery de Kyoto, parmi tant d’autres. Ses œuvres font partie de la collection d’art de la préfecture de Kyoto. Iwasaki vit et travaille à Kyoto, au Japon. Comparaison aux enchères : Comparez un tableau similaire de plus grand format de la même artiste, intitulé « Eri » (scellé), daté de 2022, 90,5 x 116,5 cm, vendu chez Christie’s lors de la vente « Art japonais et coréen », le 19 mars 2024, lot 129 (vendue 32 760 USD, soit environ 30 000 EUR après conversion et ajustement en fonction de l’inflation au moment de la rédaction).
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