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GRANDE STATUETTE EN BOIS (121 CM) EXCEPTIONNELLE ET MAGNIFIQUEMENT SCULPTÉE, REPRÉSENTANT UN RAKAN PRÉSENTANT UN JOYAU, DANS LA TRADITION KEI, PÉRIODE DE KAMAKURA À MUROMACHI Japon, XIVe-XVe siècles, de la fin de la période Kamakura (1185-1333) à la période Muromachi (1333-1573) Sculpté de main de maître, ce rakan émacié se tient debout, le bras droit sculpté séparément tendu, la paume tournée vers le haut pour présenter un joyau pointu, dont la base arrondie est enserrée par ses doigts fins. Sa longue robe monastique est maintenue à l’épaule gauche par un anneau et un cordon noué, laissant l’épaule opposée et une partie de sa poitrine émaciée à nu, les côtes se dessinant nettement sous la peau. Le vêtement se fronce sur l’abdomen en plis profondément creusés et superposés avant de descendre en longs plis lourds, dont les contours arrondis sont interrompus par des bords nettement marqués. Les manches amples tombent presque jusqu’aux pieds, le bras gauche étant dissimulé sous le drapé ondulant. Le visage est sculpté avec une intensité remarquable ; ses pommettes saillantes et ses joues creuses sont accentuées par des sourcils profondément sillonés et des rides marquées qui se rassemblent autour des yeux et de la bouche. La tête rasée et les lobes d’oreilles allongés et percés renforcent le caractère ascétique du personnage, tandis que la bouche ouverte révèle des dents en os incrustées séparément. Les yeux, peints derrière du verre, sont particulièrement saisissants : leurs pupilles sombres sont entourées d’anneaux peints en or vif. Capant la lumière sous les sourcils épais, ces accents lumineux confèrent au regard une extraordinaire immédiateté, captant l’attention même de loin. Associée à la main tendue, cette expression crée un contact direct, presque provocateur, avec le spectateur. Les pieds ont fait l’objet d’une observation tout aussi minutieuse, avec des orteils articulés individuellement reposant dans des sandales ouvertes. Une seule gousse de lotus est maintenue entre le gros orteil et le deuxième orteil de chaque pied ; sa tête aplatie est minutieusement détaillée, avec des cavités individuelles pour les graines. Le grain prononcé du bois apporte une texture supplémentaire à l’anatomie tendue et aux plis profondément sculptés, renforçant le contraste entre le corps épuré et la robe enveloppante. HAUTEUR 107 cm (sans socle), 121 cm (avec socle en bois) État : Excellent état, aucune réparation ni restauration visible sous lumière UV. Légères traces d’usure et fissures dues à l’âge, comme on peut s’y attendre. Dotée d’un grand socle en bois ajouté ultérieurement, la figure est montée sur deux chevilles et est entièrement amovible. NOTE DE L’EXPERT : La tradition Kei et sa puissance expressive intemporelle Le présent rakan incarne avec force les idéaux naturalistes de la tradition Kei. Une anatomie minutieusement observée, un visage résolument individualisé et un drapé finement articulé s’unissent dans une sculpture à la présence physique et spirituelle saisissante. Porté à maturité par les grands maîtres Kei de la fin du XIIe et du début du XIIIe siècle, ce langage sculptural a continué à s’épanouir pendant la période Muromachi. Sa force expressive est ici magnifiquement mise en valeur par le contraste entre la silhouette austère de l’ascète, les robes richement travaillées et la présentation imposante du joyau. Les « Dix disciples du Bouddha » de Kaikei au Daihoonji, à Kyoto, datés du XIIIe siècle (fig. 1), offrent des comparaisons particulièrement éclairantes. La bouche ouverte et les traits émaciés de Daikasho (Mahakashyapa) traduisent un caractère spirituel intense, tandis que Mokukenren (Maudgalyayana) allie des côtes saillantes à des vêtements tombant en cascades. Ces qualités sont réunies avec une assurance remarquable dans le rakan présenté ici : l’anatomie nettement définie confère au corps une réalité physique saisissante, tandis que le drapé ample et la main tendue animent la figure au-delà de sa posture droite. Comparaison aux enchères : Comparez avec une statue en bois apparentée représentant Jizo Bosatsu, datée de la période Muromachi, d’une hauteur de 95 cm, chez Christie’s, Art d’Asie, le 8 juin 2010, à Paris, lot 414 (vendue 91 000 euros, soit environ 120 000 euros après ajustement à l’inflation au moment de la rédaction). Notez l’échelle comparable, les yeux peints en creux et le traitement des robes monastiques. En raison des restrictions de longueur imposées par Drouot, cette fiche a été raccourcie. Pour une description complète, veuillez consulter www.zacke.at.
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