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Géricault, Théodore Tableau comprenant 5 dessins : Autoportrait de Géricault pendant sa dernière maladie ; Garçon au chapeau ; Étude pour le portrait de Louise Vernet enfant ; Étude d'une main ; Étude pour le portrait d'Olivier Bro de Comères enfant avec un chien. 5 dessins : plume à l'encre brune et crayon, chacun monté aux coins sur un papier bleu provenant d'un album à tranches dorées (probablement une page de l'album Violet). Dimensions : environ 4,5 x 3 cm à 7,3 x 6,2 cm chacun. Au dos du cadre, diverses étiquettes, cachets et annotations manuscrites ultérieures à la plume noire et au crayon. Cet agencement exceptionnel de cinq dessins de Théodore Géricault sur un passe-partout comprend l’autoportrait unique de l’artiste alité peu avant sa mort. Peu d’autoportraits de sa propre main de l’artiste nous sont parvenus ; ce dessin au crayon, que Géricault a réalisé malgré sa maladie, n’en est que plus significatif. Le sentiment émouvant de voir l’artiste dans la dernière phase de sa vie est renforcé par le format intimiste de l’œuvre. Les portraits connus de l’artiste réalisés par ses amis, venus lui rendre visite à son chevet, montrent pour la plupart le visage émacié du malade. L’effet produit par ce dessin au crayon est en revanche tout autre, puisqu’il représente l’artiste allongé paisiblement sur son lit. On sait que Géricault entretenait des liens étroits avec le colonel Louis Bro et la famille Bro de Comères (cf. Sophie Bostock : An Inspired Soldier. The Algerian Album of Olivier Bro de Comères 1833-1840, Londres 2025, p. 2-3). Non seulement Géricault a réalisé des portraits des membres de la famille, mais il a également offert plusieurs dessins à Louis. Ces feuilles ont été conservées dans les carnets de croquis du fils de Louis, le colonel baron Olivier « Dominique » Bro de Comères, qui était lui-même artiste. Ces albums sont désignés par la couleur de leur reliure : « Album Violet », « Album Jaune », etc. Après le décès de Claire Le Page, l'épouse d'Olivier, en 1908, les œuvres de Géricault sont réparties entre leurs trois enfants. Sur une étiquette du marchand d’art Adolphe Wüster portant l’adresse « 4, rue Belloni », utilisée entre 1930 et 1941, figurent les numéros « 13 » et « 18 » ont été inscrits à la main ; ceux-ci correspondent à ceux figurant dans le projet de partage successoral des biens de la veuve d’Olivier Le Page de Comères (cf. Bazin 1987, vol. I, doc. 385). L’autoportrait de Géricault décrit ci-dessus, réalisé pendant sa dernière maladie, qui emporta l’artiste à l’âge de 32 ans seulement, est déjà mentionné par Charles Clément dans le premier catalogue raisonné de l’artiste (cf. Clément 1866-67, n° 162), aux côtés d’autres croquis représentant des vaches, des chevaux et des membres de sa famille. Les dimensions sont toutefois indiquées de manière erronée. Au lieu de 55 x 50 mm, Clément écrit 550 x 500 mm. Cette erreur n’est pas corrigée dans les éditions suivantes du catalogue raisonné, mais elle l’est dans le catalogue de l’exposition organisée à l’Hôtel Jean Charpentier en 1924 (cf. cat. exp. « Exposition d’Œuvres de Géricault », n° 296). Aucune de ces publications ne comporte d’illustration, mais toutes font toujours référence à la collection de la famille Bro de Comères. Après l’exposition chez Charpentier en 1924, l’autoportrait et les neuf autres esquisses proposés sous ce numéro de lot et les suivants ont dû quitter la collection familiale. Les œuvres sont probablement passées, par l’intermédiaire d’Adolphe Wüster (voir ci-dessus), entre les mains du marchand d’art et collectionneur Maurice Gobin, qui les a exposées en 1935 dans sa galerie sous une forme similaire à la présentation actuelle (cf. cat. d’expo. cat. Exposition de Dessins [...], 1935, n° 74 et 75). Il identifie l’autoportrait comme étant le dessin mentionné chez Clément. Le fait qu’il s’agisse bien de la feuille redécouverte ici est confirmé par la reproduction de l’autoportrait dans le petit ouvrage de Maximilien Gauthier consacré à Géricault (cf. Gauthier [1935], n° 1). Il y est intitulé « Géricault malade » et attribué à la collection Gobin. Germain Bazin n’ayant pas pu retrouver les esquisses de la collection Gobin, il a par erreur catalogué deux fois l’autoportrait : sous le n° 2 avec une illustration erronée et sous le n° 3 comme œuvre d’un artiste inconnu (cf. Bazin 1987, tome I, p. 205, et tome II, n° 2 et n° 3). Il est désormais enfin possible, grâce à l’original, de regrouper ces numéros sous la paternité de Géricault. Cette attribution est également confirmée par le fait que l’esquisse du milieu est considérée par Bazin comme une œuvre de sa main (cf. Bazin 1992, vol. V, n° 1738). Il s’agit d’une première ébauche du portrait, réalisé sous forme de tableau, d’Olivier Bro de Comères enfant avec un chien (Harvard Art Museums, n° d’inv. 2021.192). À gauche de celle-ci se trouve une autre esquisse préparatoire pour le portrait de Louise Vernet, fille de Géricualt et d’Horace Vernet, ami artiste de Louis Bro (cf. le tableau conservé au musée du Louvre, n° d’inventaire RF 1938 92). P
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