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live 24 novembre | 16:00
Millon

15 - Importante commode en marqueterie de croisillons

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Estimation

80 000 - 120 000 €

Frais de vente

34 %

Importante commode en marqueterie de croisillons ouvrant à deux tiroirs, les côtés incurvés également en marqueterie de croisillons, le dessus de marbre brèche d’Alep reposant sur des montants pincés terminés par des pieds cambrés, les bronzes dorés à chutes et poignées ajourées, sabots en griffe, tablier et entrées de serrures (manques ; dorure refaite), avec les marques à l’encre : N° 2321 et F N°152 ; (importantes restaurations au placage et à la marqueterie, replacage). Époque Louis XV. H : 90 cm, L : 151 cm, P : 68 cm Ce meuble est accompagné de son certificat de libre circulation. Provenance : Livrée sur ordre du 8 mai 1764 par Gilles Joubert sous le n°2321 « pour servir à la chambre de Monseigneur le Comte d’Artois » au château de Fontainebleau puis inventoriée dans la chambre du même appartement en 1786 et 1787. Vente Lille, le 23 avril 1989, Vente Paris, Piasa, le 26 juin 2001, lot 89, Vente Paris, Artcurial, le 12 décembre 2012, lot 53. Le n°2321 inscrit à l’encre au revers de la commode correspond au numéro d’entrée au journal du Garde-meuble de la Couronne pour l’année 1764. La mention de cette livraison était à l’origine répertoriée au folio 42 aujourd’hui disparu des Archives Nationales. On retrouve cependant le n°2321 au titre de rappel dans la marge de l’inventaire de 1786 réalisé au château de Fontainebleau. Ainsi, le 1er novembre 1786 on peut lire : « Une commode en tombeau à deux grand tiroirs plaquée en mosaïque et champs de bois de violette sur fond de bois de rose, poignées, entrées, chutes sabots de bronzes dorés, dessus de marbre brèche d’Alep, de quatre pieds et demi de large ». Il est intéressant de noter la précision « en tombeau » qui n’est pas comme on pourrait le penser de façon anachronique une erreur du rédacteur de l’inventaire mais l’utilisation d’un terme qui trouvera sa signification actuelle (une commode à trois tiroirs dont le troisième tiroir est positionné très bas, à quelques centimètres du sol) au XIXe siècle ; il indique simplement ici une commode bombée dont la densité évoque celle d’un sarcophage. On la retrouve l’année suivante en 1787 toujours dans la chambre du comte d’Artois sous le numéro 152 correspondant à la nouvelle numérotation du Garde-meuble de la Couronne. Cette description est par ailleurs complétée par un mémoire de livraison de Gilles Joubert en 1764 que l’on peut selon toute vraisemblance rapprocher de cette commode et qui en reprend les principales caractéristiques, nombre de tiroir, décor, dimensions et type de marbre, auxquelles sont ajoutées la présence de rosettes de chaque côté du meuble aujourd’hui manquantes. L’appartement du comte d’Artois situé dans l’ancien appartement des chasses au château de Fontainebleau, était constitué de huit pièces au rez-de-chaussée donnant sur la cour ovale. Après la mort du dauphin, fils de Louis XV (1729-1765), dans cet appartement même où il se trouvait pour la saison des chasses, le très jeune comte d’Artois s’y installe jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Des aménagements sont effectués à partir de 1773, date du mariage du comte d’Artois avec Marie-Thérèse de Savoie. Si le contenu de l’appartement n’a pas été étudié, il convient cependant de signaler une bergère récemment identifiée (vente Paris, Sotheby’s, le 11 décembre 2025, lot 15) faisant partie d’un meuble de damas bleu et blanc livré pour le cabinet intérieur et le cabinet d’entresol en 1774. Sur le plan stylistique, notre commode demeure assez emblématique du style de Joubert vers 1760. La marqueterie de treillages notamment, se retrouve sur les quatre encoignures des bains de Louis XV à Versailles livrées également en 1764 et conservées dans une collection particulière (P. Verlet, Le Mobilier royal français, tome IV, Paris, 1990, p. 32-34), indiquant très clairement le goût pour la marqueterie en mosaïque au milieu des années 1760. Concernant le décor de bronze, il est intéressant de noter que le célèbre bureau en vernis rouge du Metropolitan Museum, livré par Joubert en 1759 pour le cabinet intérieur de Louis XV à Versailles possède les mêmes poignées de tirage très caractéristique avec ses parties latérales ajourées ainsi que le même tablier au milieu de la ceinture.

Vente

Masters - Siècles Classiques & Arts de la table
mardi 24 novembre
16:00
Hôtel Drouot
9, rue Drouot
75009 Paris, France

Maison de ventes

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