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Hans Josephsohn 1920 Königsberg - 2012 Zurich Sans titre. 1975 Relief en laiton, par endroits recouvert d'une patine noire 3/6. Monogrammé et daté par estampage dans le coin inférieur gauche : JOS. 75. Au verso, poinçon du fondeur et numérotation : KUNST GIESSEREI ST. GALLEN 1065 Profondeur 23 cm, largeur 73 cm, hauteur 110 cm Outre la série de six exemplaires, deux exemplaires d'artiste (AP) supplémentaires ont été réalisés. Cette œuvre est enregistrée à la Kesselhaus Josephsohn, à Saint-Gall, sous le numéro d'inventaire : 1065. Nous remercions Ulrich Meinherz pour ces aimables informations. Hans Josephsohn compte parmi les sculpteurs les plus importants de l’art européen d’après 1945. Issu d’une famille juive, il s’est réfugié en Suisse en 1938 et a étudié de 1939 à 1943 auprès du sculpteur suisse Otto Müller à Zurich. Pendant plus de six décennies, Josephsohn a développé une œuvre sculpturale résolument originale, qui, loin des courants artistiques changeants, se consacrait à la figure humaine et à sa présence dans l’espace. Ce n’est que tardivement que son œuvre a connu une reconnaissance internationale plus large. Aujourd’hui, la « Kesselhaus Josephsohn » à Saint-Gall se consacre à la conservation, à la documentation et à la diffusion du legs artistique de Hans Josephsohn. En étroite collaboration avec la fonderie d’art de Saint-Gall, elle joue un rôle central dans la préservation et la présentation de son œuvre. Avec son langage formel aux allures archaïques et sa surface rugueuse, le relief en laiton proposé plonge immédiatement le spectateur dans l’univers plastique de Josephsohn. De la surface sombre, parsemée de tons terreux de brun et d’ocre, émergent des formes volumineuses qui se densifient pour former une composition figurative suggérée. Des silhouettes humaines semblent jaillir du fond du relief, se rapprocher de celui-ci tout en se confondant à nouveau avec lui. Les contours restent fragmentaires, les limites des corps s’estompent ; la figure et l’espace environnant ne font plus qu’un. Cette œuvre illustre de manière saisissante la manière dont Josephsohn aborde le relief comme une forme à mi-chemin entre la surface et la sculpture libre. Contrairement à un relief traditionnel, qui reproduit ses figures à l’aide de contours clairement définis et d’une gradation spatiale ordonnée, la composition se déploie à travers un jeu d’intensification, de superposition et d’espace vide. Les corps ne semblent pas simplement représentés sur une surface, mais se détachent d’une masse. Le regard tâtonne sur les reliefs et les creux irréguliers, découvre des fragments de corps isolés et les perd à nouveau dans le fond sombre. Le traitement de la matière est également caractéristique. Josephsohn travaillait principalement le plâtre, qu’il modelait, taillait à l’état sec, puis complétait à nouveau. Les traces de ce processus continu de modelage, fait d’enlèvement et d’ajout, qui ont été transférées de manière permanente dans le métal lors de la coulée, restent délibérément visibles. La patine, sombre par endroits, renforce l’effet de profondeur de la surface et fait ressortir les reliefs plastiques sous une lumière changeante. Le matériau apparaît ainsi moins comme un métal précieux que comme une matière consolidée, façonnée au fil du temps. L’année 1975 marque une étape importante dans la carrière de Josephsohn : outre une exposition individuelle qui lui est consacrée au Museum zu Allerheiligen de Schaffhouse, il participe à l’exposition « Kunstszene Zürich 1975 » au Kunsthaus de Zurich. À cette époque, sa réflexion sur l’existence humaine avait déjà donné naissance à son langage formel unique, dans lequel la présence physique et l’abstraction poussée n’apparaissent pas comme des opposés, mais se conditionnent mutuellement. Le récit figuratif et la structure plastique autonome ne permettent pas une lecture univoque, mais déploient leur effet à partir de l’oscillation entre l’indétermination des formes et la présence physique de la figure. Avec sa composition en relief, sa patine nuancée et son métal aux teintes terreuses, cette œuvre illustre parfaitement la conception unique que Josephsohn se fait de la sculpture – un processus continu dans lequel la forme humaine se dessine à partir de la matière tout en y restant inscrite. C’est précisément là que réside la fascination durable que suscite son œuvre. Date de mise aux enchères : 27/11/2026 Heure approximative de mise aux enchères : 17 h 26 CET
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