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LA REINE FARIDA D'ÉGYPTE (ÉGYPTIENNE, 1921-1988) FIGURES DANS L'OBSCURITÉ techniques mixtes sur toile 61 x 47,8 cm (73,3 x 61,1 cm avec cadre) L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par un membre de la famille de l'artiste et elle figurera dans le prochain catalogue raisonné Provenant d'une collection privée, Londres Provenance Dr Mohammed Said Farsi Acquise auprès de ce dernier par l’actuel propriétaire en 2013 Dans la trame de l’histoire égyptienne du XXe siècle, la vie de la reine Farida, née Safinaz Zulficar, se dessine comme une transformation poignante : d’icône captive de la royauté à voix libérée de l’avant-garde. Si son mariage avec le roi Farouk en 1938 l’a propulsée aux yeux du public au rang d’« Émeraude de l’Orient », ce sont son divorce et son exil qui lui ont permis de faire ressortir une facette bien plus durable de son âme : son identité de peintre. Son parcours artistique n’a jamais été un simple passe-temps de la classe aisée ; c’était un refuge psychologique. Sous la tutelle précoce de son oncle, le légendaire maître égyptien Mahmoud Sa’id, Farida a développé une sensibilité alliant la grandeur de son éducation à une humanité brute et introspective. Lorsque la révolution de 1952 abolit enfin la monarchie, elle troqua l’étiquette étouffante du palais d’Abdeen contre les ateliers bohèmes de Paris et de Beyrouth. C’est là, dépouillée de sa couronne mais parée des couleurs vibrantes de son héritage, que Farida trouva véritablement son royaume. Sa prose sur toile s’écrivait en jeux d’ombre et de lumière. Son œuvre s’inscrivait résolument dans un impressionnisme lyrique, caractérisé par un profond sentiment de nostalgie. Elle peignait souvent les paysages égyptiens de mémoire, ses coups de pinceau capturant l’humidité brumeuse et dorée du Nil ainsi que la géométrie rythmée des derviches soufis en pleine pirouette. Ces sujets n’étaient pas de simples motifs culturels ; ils étaient les manifestations de sa propre quête d’équilibre spirituel et un moyen de combler la distance entre son exil européen et cette terre qui restait sa plus grande muse. À la fin de sa vie, le retour de Farida au Caire marqua un triomphe discret. Elle n’était plus perçue à travers le prisme d’une tragédie politique, mais comme une pair respectée au sein de l’élite artistique égyptienne. Son héritage reste un témoignage de l’idée que les titres et le statut sont éphémères, mais que l’esprit créatif, une fois libéré de tout fardeau, est souverain. Elle est décédée en 1988, laissant derrière elle une œuvre qui fait office de pont vivant et coloré entre le monde disparu des pachas et le cœur battant de l’art égyptien moderne. Les œuvres de la reine Farida ont été présentées dans de nombreuses expositions, dont la plus récente s’est tenue à la galerie Liwan au Caire en 2025, aux côtés de celles de sa petite-fille Yasmine Perreten. Les œuvres de l’artiste font désormais partie des collections du Mathaf : Musée arabe d’art moderne (Doha, Qatar), du Musée de la reine Farida / Galerie Al-Shumu’a (Maadi, Le Caire), du Musée des Beaux-Arts d’Alexandrie (Alexandrie, Égypte), du Musée national de la civilisation égyptienne (Le Caire, Égypte), au Musée royal des bijoux (Alexandrie, Égypte), dans la collection privée de Janet Gaynor et Paul Gregory (États-Unis) ainsi que dans diverses collections privées (Paris, Zurich et Beyrouth).
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